Histoire du Minihy de Léon
Saint Pol - Roscoff - Santec

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Quelques dates

Histoire du Léon


III - A 1

Le régime des terres

Extrait d’un mémoire
de Diplôme d’Études Supérieures de Géographie,
présenté par Mlle Noëlle HAMON
à la Faculté des Lettres de Rennes en novembre 1941.

Champ d'artichauts à Roscoff


Le Minihy du Léon a été de bonne heure le domaine de la petite et moyenne propriété. Sous la Révolution les propriétés ecclésiastiques qui étaient assez importantes furent transformées en biens nationaux et achetées par des bourgeois de Morlaix. Ceux-ci les revendirent par lots ou par exploitations si bien qu’au 19ème siècle et actuellement le régime de la petite propriété domine, sauf aux environ de Saint-Pol où la grande propriété subsista plus longtemps et où elle est encore représentée par des domaines importants, en particulier par ceux de Monsieur de Guébriant, d’une contenance de 444,38 hectares.

Le morcellement n’a fait que s’accentuer depuis 1847. Le nombre de grandes exploitations est allé en diminuant depuis cette date. Prenons comme exemple la commune de Roscoff où le fait est plus remarquable. En 1847, il y avait 25 propriétés supérieures à 10 hectares. Le maximum étant de 54 hectares 15 ares 41 centiares. En 1913, il n’y avait plus que 10 propriétés supérieures à 10 hectares, le maximum étant de 24 hectares 94 ares 60 centiares. En 1938, il n’y avait plus que 2 propriétés supérieures à 10 hectares. Il faudrait y ajouter la section de Santec où il n’y a qu’une seule propriété supérieure à 10 hectares dont 6 ou 7 hectares seulement sont labourables. Il ne reste plus que 3 propriétés supérieures à 10 hectares. Cette diminution des grands domaines s’explique par les partages successifs dans une région d’assez forte natalité. Les propriétés se trouvent parfois fragmentées à l’excès.

Il y a lieu de distinguer Roscoff - Santec où l’émiettement est presque absolu, à Saint-Pol les propriétés sont plus étendues. Les exploitations sont de plus en plus petites à mesure que l’on s’approche de la pointe de Roscoff. A Plouénan l’étendue moyenne des fermes est de 15 hectares, à Taulé de 12 hectares, à Plouescat entre 5 et 12 hectares, elle n’est plus que de 3 à 10 hectares à Saint-Pol. A Roscoff et Santec se morcelle encore davantage, l’étendue moyenne des fermes est de 1 à 2 hectares. Dans ces deux communes, en 1938, près de 90% des fermes sont inférieures à 1 hectare.

Avant 1913, on était déjà arrivé à un émiettement parcellaire exagéré dans la région de Roscoff - Santec, par suite des partages et héritages suivant le décès du propriétaire. Les exploitations inférieures à 1 hectare sont toujours les plus nombreuses et tendent à se multiplier. En 1847, dans cette région, il y avait 66% des propriétés qui étaient inférieures à 1 hectare ; en 1913 la proportion était de 71% ; et actuellement ( 1941) elle atteint 89% à 90%. On voit toujours des propriétaires de 0,75 are 0,95 are de terre labourable. Pour ces gens la terre n’est plus qu’une ressource d’appoint. C’est souvent un journalier qui place ainsi ses économies ; c’est aussi le Johnny qui revenant d’Angleterre après avoir réalisé une " bonne saison " peut enfin réaliser son rêve, devenir propriétaire en achetant " un petit morceau de terrain ". La fragmentation des parcelles est si exagérée que l’on peut citer le cas d’un cultivateur ayant 67,84 ares répartis en 37 parcelles. Cet émiettement tend à se poursuivre à Roscoff - Santec par suite de partages.

Il y a quelques timides essais de regroupement chez les paysans enrichis qui désirent agrandir leurs lots. Les divisions se font toujours aux héritages ; à Santec on aboutit à des parcelles minuscules. Parfois un des héritiers conserve l’exploitation et indemnise les cohéritiers. L’indivision étant fréquente autrefois avant la guerre de 1914. Par exemple un fils qui se mariait ne pouvant se procurer une ferme dans les environs où elles étaient fort chères et toujours occupées, demeurait dans la ferme paternelle où il était intéressé aux bénéfices, généralement dans la proportion d’un tiers. La coutume locale faisait que souvent le fils qui se mariait allait à la ferme de ses beaux-parents. L’indivision se pratique moins souvent. Parfois les partages se font du vivant des parents qui continuent à exploiter la terre ou qui reçoivent une rente.

A Saint-Pol, les propriétés sont moins petites. En 1937, 35% des fermes ont de 1 à 5 hectares, 55% de 5 à 10 hectares ; et 10% sont supérieures à 10 hectares. Les grands propriétaires n’exploitent pas directement leurs terres. Ils les divisent en un certain nombre de fermes, toutes ces fermes ont une superficie de 8 à 10 hectares. En 1940, sur 264 exploitants ( fermiers, métayers, propriétaires ) ayant déclarés des ensemencements de blé, un seul a une exploitation inférieure à un hectare, 167 ont une exploitation de 1 à 5 hectares, 85 de 5 à 10 hectares et 11 supérieures à 10 hectares.

Les grands domaines ne sont pas inconnus. Le plus étendu est celui de 444,38 hectares appartenant au maire de Saint-Pol et qui représente 19% de la superficie totale de la commune. Cette famille possède encore d’autres terres à Plouescat, Plounevez-Lochrist, etc… L’émiettement des propriétés se fait aussi sentir dans cette commune. Comme les fermes sont plus étendues et que parfois les fils de cultivateurs sont attirés par la ville ou la marine, le morcellement n’est pas exagéré. Il risque de le devenir au bout de quelques générations, si l’état actuel reste inchangé. Les grandes propriétés n’échappent pas toujours au morcellement. Les droits de succession étant tellement élevés sur les grosses fortunes, il arrive depuis quelques années que les héritiers soient obligés de vendre une partie plus ou moins importante des fermes.

Un remembrement des propriétés serait-il à désirer et serait-il réalisable ? Le morcellement exagéré comme à Santec et Roscoff aboutit à la ferme très petite. Le propriétaire ou l’exploitant doit pouvoir faire vivre sa famille sur ce coin de terre. La fertilité extraordinaire des terres les aide grandement à réaliser ce tour de force. Le cultivateur doit alors travailler comme " une bête de somme " pour obtenir dans un même champ deux ou trois récoltes par an ; il doit émigrer temporairement pour apporter un supplément de ressource à la famille. Les conséquences qui pourraient résulter de cet état de chose serait une diminution de la natalité. Le Minihy n’échappe pas complètement à ce fait qui a affecté toute la France depuis quelques années. Le remembrement ne semble pourtant pas facile à réaliser. Il faudrait le faire en force. La terre dans cette région est si fertile qu’elle atteint des prix exorbitants. Nul ne voudrait en ce cas abandonner sa part de terre au fils aîné contre des billets de banque qu’ils considèrent, peut-être avec raison, comme étant d’aucune valeur. On a vu dernièrement à Santec, à la suite d’une succession partager un unique champs entre trois héritiers.

L’autre fait remarquable depuis le début du 20ème siècle avec l’émiettement parcellaire est l’accession du fermier à la propriété. Le nombre des propriétaires n’a fait qu’augmenter depuis 1847. A à Roscoff en 1847, il y avait 443 propriétaires, en 1913 - 1.074 et en 1938 - 1.148, sans compter la section de Santec. Presque tous sont originaires de la région, on cherche à évincer de plus en plus l’étranger ( Étranger = ne pas être né dans la commune ). Prenons comme exemple Roscoff où en 1847, il y avait 222 propriétaires étrangers dont 214 ayant des domaines inférieurs à 10 hectares et 8 de 10 à 50 hectares. Tous étrangers étaient d’ailleurs bretons à quelques exceptions près. En 1938, il y avait 110 propriétaires étrangers ayant des domaines inférieurs à 10 hectares, et ces étrangers sont souvent de souches roscovites. En 1919-1920, beaucoup de cultivateurs ayant réalisés de superbes bénéfices pendant la guerre voulurent devenir propriétaires des terrains dont ils avaient la ferme. Le prix des terres était exorbitant, si bien que le fermier qui désirait les acheter se voyait souvent dans l’obligation de s’endetter.

Parfois c’était la nécessité qui l’avait contraint à acheter et à s’endetter. Les propriétaires mettant leur ferme en vente, le fermier de crainte d’être évincé à l’issue du bail par le nouveau propriétaire achetait à haut prix, en espérant que les gains réalisés pendant la guerre se poursuivraient. Dans la période qui va de 1920 à 1930 les hypothèques ont été très nombreuses dans le canton de Saint-Pol. A Roscoff et à Santec, plus des 2/3 des exploitations appartiennent aux paysans, tandis que dans la commune de Saint-Pol, le rapport est de 50%. A Saint-Pol très souvent l’exploitant est locataire d’une ferme et en même temps propriétaire d’une autre qu’il loue. Ce cas est particulier à Saint-Pol, car le plus grand propriétaire Monsieur de Guébriant, loue à un taux peu élevé. Ses fermiers peuvent devenir propriétaires en achetant une ferme avec leurs économies. Ils trouvent que leur intérêt est de louer leur propriété et de continuer à être locataire, leur ferme leur assure tous les avantages du propriétaire sans en avoir les inconvénients.

Les modes de tenures les plus fréquents sont le fermage et le faire-valoir direct. Il n’y a jamais eu de métayage, ni de domaine congéable. La terre est ici une rente pour le propriétaire. Les baux avant-guerre étaient conclus pour 9 ans et même parfois au-dessus par multiple de trois. Ce bail assez long était un avantage pour le fermier qui pouvait en toute sécurité entreprendre des améliorations dont il était sur de profiter ; mais étant donné l’instabilité des cours, depuis le début du 20ème siècle, le propriétaire n’avait aucun intérêt à ce bail à longue échéance. Le prix fixé lors de la signature vers 1900 / 1910, par exemple était dérisoire une quinzaine d’année plus tard. Le propriétaire " donnait " alors sa terre qui rapportait des bénéfices appréciables au fermier. Le phénomène inverse devait se produire vers 1933/1935 en pleine période de crise, lorsque les fermiers avaient du mal à s’acquitter de baux conclus en pleine prospérité. Faudrait-il alors envisager le bail à brève échéance qui permettrait un ajustement des prix ? Non, car le paysan n’étant pas assuré de demeurer dans la même ferme ne cherchera pas à l’exploiter minutieusement, ni à faire des améliorations qui pourraient profiter à son successeur et non à lui-même. Les terrains ne donneront pas alors leur plein rendement. Les paysans sont hostiles à ce bail de courte durée, comme le montrent quelques réclamations tirées du Registre des délibérations du Conseil Municipal de Roscoff.

Actuellement les propriétaires essaient d’imposer un bail assez court de 3 ou 6 ans qui leur permet de suivre un peu les fluctuations du cours de la vie. Monsieur de Guébriand est un des rares propriétaires de la région à donner un bail en nature à ses quarante fermiers. Le propriétaire et le fermier associent ainsi leur sort dans le bénéfice comme dans la perte. Ce bail en nature permet le retour au bail de longue durée en laissant le prix de la ferme suivre les circonstances économiques. Ce genre de bail n’est pas appliqué dans la zone Roscoff - Santec, qui est celle de la spéculation et où le paysan concevrait mal ce mode paiement en nature.

Avant la guerre de 1914, il existait un régime spécial au pays qui s’appelait " la société de ménage ". Ce système a disparu depuis ; il était assez répandu chez les fermiers pauvres. C’est une association de familles qui exploitent en commun des terrains leur appartenant ou affermés par eux. Deux familles pauvres pouvaient ainsi s’unir pour louer des terres dont le prix était assez élevé. Les bénéfices étaient répartis comme les pertes au prorata de chaque associé. La durée de cette association était illimitée car elle survivait au décès de l’un de ses membres qui pouvait être remplacé par un de ses fils ou un autre représentant. Pour la bonne marche de cette société l’entente parfaite devait exister entre ses membres. Les dissentiments étaient assez fréquents ; ce qui amena la disparition de cette forme d’exploitation.

Le faire-valoir direct est le régime le plus souvent appliqué dans cette région du Léon. A Roscoff, le cas le plus fréquent est celui du petit cultivateur qui est en même temps propriétaire et locataire, son propre terrain étant trop petit pour nourrir sa famille. Le sens de la hiérarchie sociale ne s’impose pas ne s’impose pas dans ces pays de petites et moyennes propriétés entre le propriétaire et le fermier. Vers le milieu du 19ème siècle à Saint-Pol, il y avait encore quelques propriétaires qui dominaient indirectement la région. Vers 1860, le propriétaire y imposait à ses fermiers des coutumes somptuaires. Par exemple, il surveillait de près la toilette des filles de ses fermiers et exigeait qu’elle ne fût pas trop luxueuse. Mais ces habitudes ont complètement disparu. La noblesse était pourtant assez nombreuse aux environs de Morlaix ; mais à part quelques exceptions, elle était peu riche. Il y a trop de petits et de moyens propriétaires pour qu’une solide hiérarchie foncière puisse se constituer. Les nobles à Saint-Pol dominent leurs ouvriers et leurs fermiers mais n’ont aucune action sur les propriétaires et la majorité des ouvriers.

La culture des primeurs et leur vente à un prix avantageux a amené une augmentation de la valeur des terres. Vers 1815, elles avaient atteint déjà un prix excessif à cause des grandes facilités de vente des produits. Le Léon ravitaillait la Flotte à Brest pendant la guerre de 1814/1815. Après la guerre, le prix était tombé annuellement comme le signale les Archives Roscovites à la date du 18 mai 1822. Par suite de l’achèvement de l’ancienne route royale Lorient - Roscoff ( actuellement Route Nationale n° 189 ) et de la création du chemin de fer Morlaix - Brest et Roscoff - Morlaix, le commerce s’est développé à nouveau et les terres ont repris de la valeur. Vers 1900, l’hectare de terre légumière valait de 6.000 à 8.000 francs ; il atteignait même 15.000 en 1914. Picard dans " L’ouvrier agricole " cite un terrain de Santec vendu 26.250 francs à l’hectare. A Saint-Pol, une petite ferme de 2 hectares onze ares atteignait le chiffre de 28.000 francs.

Depuis la grande guerre, le prix n’a fait qu’augmenter jusqu’à 1923 où il a subit un court moment d’arrêt pour reprendre sa marche ascendante. Le maximum fut atteint vers 1930 dans la région de Roscoff. En 1922-1923, l’hectare à Saint-Pol variait de 7.000 à 30.000 francs et dans une vente parcellaire, il atteignait 40.000 francs. Dans les pays voisins les terres ne montaient pas au-delà de 10.000 francs l’hectare. Vers cette même époque à Santec, 2 hectares furent adjugés 120.000 francs, tandis qu’à Plouénan, une ferme de 14 hectares de bonnes terres étaient vendues 120.000 francs. En 1931 à Roscoff, l’hectare était couramment 180.000 francs dans une vente parcellaire. Les terrains à légumes très petits s’achetaient fort cher, surtout lorsqu’ils étaient mis en adjudication. Les Johnnies revenant d’Angleterre les achetaient alors à très haut prix. A Roscoff, en juillet 1941, l’hectare montait à 467.000 francs dans une adjudication. La terre à Saint-Pol et dans certaines parties de Santec est vendue moins cher qu’à Roscoff. En août 1941 à Saint-Pol, on mettait en vente à 800.000 francs un terrain d’un hectare et demi environ.

Ce prix s’explique par la richesse du terrain et les forts rendements de la culture. La rareté des ventes fait également monter les prix et d’autre part, le grand comme le petit cultivateur du pays achète au prix fort pour évincer le nouveau venu. Nous assistons à un phénomène analogue dans une autre région de primeurs du Finistère, Plougastel-Daoulas où le terrain ne se cède qu’à prix d’or et demeure toujours entre les gens du pays. Il est bien difficile à l’étranger de devenir acquéreur de fermes dans ces régions. L’augmentation exagérée des terrains est due aux circonstances actuelles. Les paysans préfèrent acheter à n’importe quel prix que de garder des billets susceptibles de perdre leur valeur.

L’augmentation du prix des terres a produit l’augmentation du taux de location. Cette augmentation n’a pas suivi une courbe parallèle aux prix de vente. Des baux assez longs aux tarifs anciens étaient souvent établis et les propriétaires n’osèrent pas augmenter la location de ces fermes exploitées quelquefois depuis très longtemps par les mêmes fermiers.

Ce n’est que depuis 1923, que de nouveaux baux étant conclu, que l’on note une sensible augmentation du loyer. Au début du 19ème siècle quand les terres de l’intérieur étaient louées de 5 à 30 francs l’hectare, celles du Léon atteignaient 80 francs. En 1868, l’hectare de terres maraîchères était loué 180 à 300 francs à Roscoff. En 1922-19223, l’hectare à Roscoff et Santec était loué de 1.000 à 1.500 francs l’hectare et à Saint-Pol 800 francs lorsque c’était une terre maraîchère, 200 à 400 francs lorsque c’était une terre ordinaire. Actuellement les prix sont très variables, à Roscoff – 2.000 / 2.500 francs environ. Malgré ce prix assez élevé, la vente assez rémunératrice des légumes permet encore aux fermiers de retirer d’assez beaux bénéfices.

Les champs sont assez petits, surtout à Roscoff et Santec, puisque les propriétés ne sont pas d’un seul tenant. Ils sont carrés ou rectangulaires ou même parfois de forme assez bizarre. Cela résulte de l’habitude des partages qui découpent les terrains d’une façon plus ou moins arbitraire. Tous les champs sont entourés d’un étroit talus de terre appelé " fossé " dans toute la région. Les grands talus plantés d’ajoncs ont souvent été abaissés et sur ces talus ou turons qui servent de limite plus que de défense on plante des tamaris, des fusains, on sème de l’ajonc servant de nourriture au bétail. La terre est ici trop précieuse pour qu’on en sacrifie inutilement une parcelle. Ces talus jouent également un rôle de protection contre les vents. Vers Santec et l’Ile de Sieck, ce sont des petits murs de pierres sèches qui délimitent les champs.

La petite et la moyenne propriété s’étant constituée bien souvent par apports successifs, les terrains sont disséminés autour de la ferme. Deux cas se présentent. Le plus rarement cette dissémination est toute relative ; les terrains se groupent au tour de la ferme. C’est le cas de la ferme située à Kergadiou en Roscoff. Toutes les parcelles au nombre de 21, sont groupées autour des bâtiments. A Saint-Pol, on rencontre ce cas un peu plus souvent sur les fermes louées par le grands propriétaires qui ont découpé leurs domaines en plusieurs fermes, chacune formant un bloc assez homogène. Le plus souvent, les parcelles sont disséminées dans un rayon plus ou moins étendu. Un champ que l’on a recueilli par héritage se trouve isolé des autres et très éloigné de la ferme, parfois tout à l’autre extrémité de la commune. Les fermes se sont généralement constituées et agrandies au fur et à mesure par les achats réalisés avec les économies du cultivateur. Il ne se trouvait pas toujours un champs situé près de la ferme. Et attendre cette occasion, c’était risquer de ne jamais la voir paraître. Presque partout dans le Minihy, les fermes ont leurs terrains situés parfois à 2 ou 3 kilomètres. C’est le cas de la ferme du Rhun, dont certaines parcelles se trouvent à Pen A Lan, d’autres disséminées le long de la voie ferrée, d’autre au Moguérou et sur la limite de Santec.

Le cultivateur ne cherche pas à grouper ses parcelles car la commune n’est pas très étendue qu’il ne puisse se rendre rapidement à bicyclette à son champ ; d’autre part, il ne tient pas du tout à échanger sa terre contre une autre car il serait persuadé d’avoir cédé un terrain excellent et bien fumé contre un autre qui n’a pas la même valeur et qui n’a pas reçu les mêmes soins. Il a tendance à croire que sa terre est meilleure que celle du voisin. Voilà pourquoi les échanges sont très rares.

Pour éviter des pertes de temps, il serait peut-être souhaitable que les parcelles soient groupées. Mais cet état de dispersion se maintiendra encore, sans doute, bien longtemps.


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