Histoire du Minihy de Léon
Saint Pol - Roscoff - Santec

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Quelques dates

Histoire du Léon


III - B 2 - c

Les autres cultures :
Oignons, carottes, ail, échalote, blé,...

Extrait d’un mémoire de Diplôme d’Études Supérieures de Géographie, présenté par Mlle Noëlle HAMON
à la Faculté des Lettres de Rennes en novembre 1941.


Le Léon se livre encore à la culture d'autres légumes. Ceux-ci ne rapportent pas d'aussi beaux bénéfices que la pomme de terre, le brocoli et l'artichaut. Les plus importants sont l'oignon qui, pour Roscoff et Santec principalement, donne naissance à un trafic particulier et la carotte qui, à Santec, est cultivée sur d’assez grandes étendues. Les choux-pommes se plantent dans les coins inutilisés du champ. Les asperges ont complètement disparues depuis 1890. A cette époque le manque d'acheteurs avait l'abandon de cette culture qu'on n'a pas essayé de reprendre. Quant au blé et aux céréales secondaires, la place fait défaut pour les cultiver.

L’oignon

L'oignon est un légume connu depuis très longtemps dans le Minihy, comme en témoignent les documents antérieurs à la Révolution. Cette plante a un bulbe arrondi ou ovale, variable de grosseur et de couleur. Il est formé de tuniques concentriques, charrues, recouvertes d'une tunique membraneuse très fine rouge ou blanche. On ne cultive dans le Minihy que deux variétés dites d'oignons d'été et d'oignon d 'hiver ; ce sont des espèces à membrane rouge peu appréciées à Paris, uniquement à cause de la présentation ; mais l'oignon à membrane blanche donne de très mauvais rendements dans les terrains du Léon. On cultive surtout, l'oignon rouge d'hiver.

Cette culture est compliquée et exige beaucoup de main d'œuvre. On sème les graines à la volée à raison de 500 à 600 grammes par are, du 15 août au 15 septembre dans un terrain bien exposé au midi, bien labouré et bien fumé. L'abri est de rigueur pour garantir les jeunes oignons de la grêle. Les sarclages doivent être fréquents. Les petits plants obtenus sont repiqués en janvier et février dans un terrain préalablement engraissé au fumier de ferme ou au goémon, à raison de 20 mètres cube par hectare ; certains fermiers mettent jusqu'à 50 mètres cubes. Généralement on les plante en planches de 70 centimètres de large, chaque plant étant distant de 10 centimètres pour les oignons d'été et de 12 centimètres pour les oignons d'hiver. L'oignon redoutant l'humidité, on donne aux plates-bandes une forme arrondie et aux allées une pente telle que l'eau de pluie s'écoule de suite.

Les ouvriers chargés du repiquage s'agenouillent dans les allées sur un petit paillasson et vont toujours à reculons. Chacun a devant lui des oignons dans un petit panier. Il en prend une poignée qu'il éparpille sur le sol : le plant est pris entre le pouce et l'index ; une pression du pouce le fait entrer à la profondeur voulue et un autre mouvement rapide du même doigt le recouvre d'un peu de terre. Les oignons se trouvent être souvent une culture intercalaire dans un champ d'artichauts ou de choux-fleurs. L'oignon réclame plusieurs binages et sarclages. Pour les oignons d'hiver, on fait deux sarclages ; l'un au début d'avril, l'autre au mois de mai; un troisième est quelquefois nécessaire avant l'arrachage. L’oignon d'été mûrit vers la fin de juillet et celui d'hiver en septembre.

Le rendement est de 20.000 kilos à l'hectare pour l'oignon d'hiver et de 18.000 kilos. pour l’oignon d'été. Certains cultivateurs de Roscoff ont même parfois obtenu des rendements de 30 et 40.000 kilos à I'hectare. Quelquefois la vente commence immédiatement, mais lorsqu’elle se fait attendre, on met les oignons au soleil dans la cour de la ferme ; puis on les places dans de grandes caisses à claires-voies placées en plein air et recouvertes de paille. Avant la guerre de 1939, ils étaient tout de suite expédiés en Grande-Bretagne.

L'ail et l’échalote

A Saint-Pol on cultive encore l'ail et 2 variétés d’échalote : l'échalote - oignon et l’échalote de .Jersey. Cette culture ressemble à celle de l’oignon, la seule différence venant d'une fumure moins importante : 15 mètres cubes à l’hectare.

Les surfaces cultivées en oignons et échalotes représentent pour Roscoff 12% de la surface totale, pour Saint-Pol - 6,5% et pour Santec - 5,5%. Mais part rapport aux surfaces cultivées, les proportions sont à peu près les mêmes pour Roscoff et Santec où elles sont respectivement de 12,25% et de 13% ; elle plus faible de moitié pour Saint-Pol – 6,85%.

Les carottes

Les carottes n’offrent un intérêt que dans la région de Santec. Les terrains sablonneux leur conviennent parfaitement aussi les dunes sont-elles parsemées de champs enclos de pierres sèches où, sur un terrain d’une blancheur éblouissante, poussent des carottes aux racines et aux feuilles très développées. Santec a 32% de ses terres cultivées occupées par ce légume, ( 12% de la surface totale ). A Roscoff, la proportion tombe a 2,60% des terres cultivées et à Saint-Pol à 0,68%.

Le blé

Santec produit relativement plus de blé que les autres communes du Minihy. Les proportions par rapport aux terres cultivées sont de 20% pour Santec, 8,85% pour Roscoff et 14,25% pour Saint-Pol. Le blé ou froment a toujours été cultivé dans le Léon, pays riche, qui s’opposait aux ségalas ( terre à seigle ) de l’intérieur. Autrefois, il occupait une place primordiale tandis qu’actuellement, il est supplanté par les légumes qui sont d’un rapport plus avantageux. La surface emblavée est toujours allée en diminuant ; ce phénomène s’observe particulièrement à Roscoff.

En 1841, avec la section de Santec, il y avait 167 hectares sous blé ; en 1938, avec la section de Santec 87 hectares. A Saint-Pol, en 1841, il y avait 474 hectares emblavés ; en 1938, 400 hectares. Ce sont surtout les céréales secondaires qui ont disparues. En 1841, la surface sous orge, avoie, sarrasin, méteil était de 877 hectares pour le Minihy ; en 1940, elle est de 32 hectares. Depuis la guerre de 1939, les surfaces emblavées se sont légèrement étendues. A Roscoff par exemple, il y avait 27 hectares de blé en 1938, 35 en 1939 et 50 en 1940 ; cet effort ne s’est pas maintenu, en avril 1941, on enregistre une diminution des surfaces emblavées. Les primeurs ont donc repris leur ancienne importance au détriment du blé.

Les surfaces en friches sont donc très rares sauf à Santec. Les surfaces cultivées occupent 83% du Minihy du Léon. Les légumes couvrent plus de 71% de cette surface cultivée. Le blé se trouve donc réduit au minimum, chaque ferme en cultivant uniquement pour ses besoins personnels.


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