La vie quotidienne à Roscoff - Association - ACAL - Festival A Voix Haute

Association Culturelle & Artistique du Léon

Festival " A Voix Haute "
à Saint-Pol de Léon

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du " Printemps des poètes "

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2003
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Le jury est constitué de personnes compétentes du milieu enseignant, théâtral, francophones et bretonnantes, à titre professionnel ou amateur.

Réservé à l'origine au canton de Saint-Pol-de-Léon, (e Festival à Voix Haute est, depuis l'année 93, ouvert au Haut-Léon. La qualité des prestations des candidats depuis sa création autorise à le présenter comme un concours d'un niveau soutenu et la progression du nombre de candidatures permet de bien augurer de l'avenir.

L'assistance aux auditions est gratuite et ouverte à tous. La remise des prix se fait à l'issue d'un spectacle poétique gratuit.La petite anthologie qui suit a été établie selon les critères suivants : le choix des candidats, l'intérêt littéraire du texte, sa conformité au thème.

Nous avons écarté volontairement les textes très connus, les "inévitables", les valeurs sûres, d'abord parce qu'on peut les trouver facilement ailleurs, aussi parce que notre littérature est encore et toujours à explorer, et qu'elle n'a pas fini de nous étonner...

Le comité du Festival à Voix Haute souhaite que ce livret rappelle à tous les candidats leur enthousiasme à se préparer au concours et leur passage sur la scène d'une grande salle, devant un public nombreux, attentif et connaisseur. C'est, à coup sûr, une expérience qui vaut la peine d'être vécue.

Voici la douzième année que le Festival à Voix Haute existe. Créé en 1991 par l'A.C.A.L. sur une idée de Paul Rigolot et Michel Daniélou, il est, dès l'origine, une activité majeure de l'Association Culturelle et Artistique du Léon et le festival annuel de la ville de Saint-Pol-de-Léon.

C'est un concours qui a pour but de promouvoir et d'encourager l'expression orale sous l'un de ses aspects : la récitation en public et celle de la recherche de textes en français et en breton, de formes littéraires différentes (poésie, extraits de romans, de théâtre...) sur un thème défini par le .comité organisateur. Cette année le thème retenu est :

« Les animaux ».

Depuis 1994, le Festival s'intéresse à stimuler aussi la production littéraire en proposant une catégorie "Création".

Le nombre de candidats avoisine 600 cette année.

Ce Festival s'adresse à tous : enfants, adultes, scolaires ou non.

A ce sujet, le comité insiste sur la possibilité de s'inscrire en candidature libre pour ceux qui ne relèvent pas du milieu scolaire, ou doivent (ou préfèrent) se préparer individuellement.

II suffit de se procurer des formulaires d'inscription au siège de l'A.C.A.L. à la Maison Prébendale, place du Petit-Cloître, à Saint-Pol.

SOMMAIRE

Textes

Petit chat

Petit chat, ce matin,
A renversé son lait,
II a fait le gros dos
Pour une plume rousse,
A dédaigné mon chien
Qui, prudent, l'observait,
Et a pris du repos
Près des roses qui poussent,
II s'est bien étiré,
A bâillé très longtemps,
Puis il s'en est allé,
Doucement, chattement.

J.M. Polain

Le zèbre

Le zèbre, cheval des ténèbres,
Lève le pied, ferme les yeux
Et fait résonner ses vertèbres
En hennissant d'un air joyeux.

Au clair soleil de Barbarie,
II sort alors de l'écurie
Et va bouter dans la prairie
Les herbes de sorcellerie.

Mai la prison, sur son pelage,
A laissé l'ombre du grillage.

 Robert Desnos " Chantefables et chantefleurs "  Ed. Grund – Paris

La mouette

Aux coups de feu la mouette
N'a pas changé de chemin,
Et sa brune silhouette
Sur le ciel rose et carmin
Se découpe nette.

Par le seul appui du vent
Majestueuse elle plane,
Puis doucement, doucement,
Dans la brume diaphane
S'incline en avant ;

Et glisse de telle sorte,
Qu'elle va choir où l'on voit
L'horizon fermer sa porte.
Elle baisse, baisse et choit.
La mouette est morte.

Alphonse Beauregard (1881-1924) - (Recueil: ses forces)

Les araignées et les dictons

Araignées du matin : chagrin,
Pensait un bébé coccinelle
Cherchant à libérer ses ailes.

Araignée du midi : souci,
Grognait un rat dans son chagrin
De voir un chat près de sa belle.

Araignée du soir : espoir,
Disait au briquet l'étincelle
Mourant dans le vent du jardin.

Mais l'araignée dans sa nacelle
Prisonnière à vie de sa faim
Rêvait qu'elle était hirondelle.

Pierre Béarn

Mond a ra mad ?

- Mondara?
- Ya, mond a ra,
Mond a ra mad !
- Hag ar hi du ?
-Mond a ra ma dive!
Bennoz Doue!
- Hag ar haz gwenn ?
- Brao eo e benn.
- Hag al lapin bihan ?
-'N-eus greet re-vihan.
- Hag al logodenn ?
- Zo o lonka brenn.

Al logodenn

Chit ! Chit ! Chit !
Selaout !
Kra, kra, kra e-touez an éd !
Piou zo aze Band e bréd ?
Kra, kra, kra e-touez ar brenn
Kra, kra, kra, al logodenn.

Histoire d'une petite puce

II y avait un jour, une toute petite, mais alors une toute petite, petite puce qui rêvait d'un gros chien. Un gros, gros chien, comme un Saint-Bernard, par exemple, ou un chien des Pyrénées. Mais un Saint-Bernard ou un chien des Pyrénées, ça ne se trouve pas comme ça ! II faut aller au grand Saint-Bernard ou bien dans les Pyrénées.

Alors, la toute petite, mais alors la toute petite, petite puce prend son baluchon, avec dedans, ses affaires de montagne.

Arrivée au bout de la rue, elle se met à souffler, déjà toute épuisée. Passe un Pékinois, un tout petit, mais alors un tout petit, petit Pékinois. Ils se regardent, s'observent avec leurs tout petits, mais alors tout petits, petits yeux, et repartent ensemble.

La petite puce se disant que, vraiment, Pékin, c'est finalement bien moins loin que les Pyrénées.

Bêtes de nuit

Au milieu de la nuit
Le chat rêve aux souris.

Le chien songe qu'il ronge
Tous les os à la ronde.

L'araignée fait le guet
Au secret de ses rets.

Les insectes cachés
Grignotent le plancher.

La licorne et sa corne
A nos oreilles cornent,
Une étrange musique
Dans les pays magiques.

Et les bêtes du rêve
Dans nos têtes se lèvent
Et dans notre sommeil
Font mûrir le soleil !

Ce que dit le cochon

Pour parler, dit le cochon,
ce que j'aime c'est les mots porqs :
glaviot, grumeau, gueule, grommelle,
chafouin, pacha, épluchure,
mâchon, moche, miches, chameau,
empoté, choux gras, polisson.
J'aime les mots gras et porcins
jujube, pechblende, pépère,
compost, lardon, chouraver,
bouillaque, tambouille, couenne,
naver, vase, chose, choucroute.
Je n'aime pas trop potiron
et pas du tout arc-en-ciel.
Ces bons mots je me les fourre sous le groin
et ça fait un poème de porq.

Jacques Roubaud, Les Animaux de tout le monde,
O Editions Seghers, " Volubile '; 1990.

Le petit chat

C'est un petit chat, effronté comme un page.
Je le laisse jouer sur ma table souvent.
Quelquefois il s'assied sans faire de tapage,
On dirait un joli presse-papier vivant.

Rien en lui, pas un poil de son velours ne bouge ;
Longtemps il reste là, noir sur un feuillet blanc,
A ces minets tirant leur langue de drap rouge
Qu'on fait pour essuyer leur plumes, ressemblant.

Quand il s'amuse, il est extrêmement comique,
Pataud et gracieux, tel un ourson drôlet.
Souvent je m'accroupis pour suivre sa mimique,
Quand on met devant lui la soucoupe de lait.

Tout d'abord, de son nez délicat il le flaire,
Le frôle ; puis à coups de langue très petits,
II le happe ; et dès lors il est à son affaire,
Et l'on entend, pendant qu'il boit, un clapotis.

II boit, bougeant la queue et sans faire une pause
Et ne relève enfin son joli museau plat.
Que lorsqu'il a passé sa langue sèche et rose
Partout, bien proprement débarbouillé le plat.

Alors, il se pourlèche un moment les moustaches,
Avec l'air étonné d'avoir déjà fini ;
Et comme il s'aperçoit qu'il s'est fait quelques taches,
II se lisse à nouveau, lustre son poil terni.

Edmond Rostant

Chanson des grillons

Maman ne veut plus m'avoir dans ses jambes,
M'envoya chercher dehors du bois mort.

Sortant de la ville j'ai vu deux grillons
Qui se disputaient en langue grillon.

Je mange à midi un saule pleureur,
Disait le premier en jouant du violon.
Je mange à souper un gros âne mort,
Disait le second en jouant du violon.

Un coq qui passait par là, jabotant,
Vit les deux grillons, toujours disputant.

Mangea le premier, mangea le second.
Se disputeront dans son estomac.

Chanson enfantine de Shanghai' Adaptée par Claude Roy

Le serpent qui dépasse

J'ai peur
J'ai peur
Dans mon armoire
II y a un serpent
Qui dépasse
Ma raison qui n'est pas
Toujours sûre
Murmure
Tu vois, dans cette penderie
Ce ne sont pas des femmes
Qui sont pendues
Ni les miennes, ni les autres
C'est un serpent
Et quand il referme la porte
II dépasse
Pourtant ma raison sussure
*
Regarde bien c'est ta ceinture
Un vêtement de tous les jours
Qui rassure je t'assure
Mais rien n'y fait
J'ai peur
J'ai peur du serpent qui dépasse
Un jour un soir un matin
II me mordra
Et j'en mourrai
Je meurs déjà.

* Susurrer : dire doucement à l'oreille

Jean Tardieu, Da Capo, NRF, O Éditions Gallimard, 1995.

La linotte

Je suis idiote,
Dit la linotte.
J'ai oublié mes bottes
ma redingote
et ma culotte.
J'ai froid à mes menottes
et je grelotte.
J'ai la tremblote
en sautant sur les mottes.
Mais je ne suis pas sotte,
je chante sur six notes
et sur ma tête de linotte,
je porte une calotte
couleur carotte.

Paul Savatier

Le goéland

Le goéland,
Ce grand oiseau tout blanc qui plane dans le vent là bas sur l'océan
De quel pays parle-t-il aujourd'hui
Quand il lance son cri qui se perd dans la nuit ?
Que veut-il nous conter quand il se pose là
Sur ce bout de rocher tourné vers le détroit
A-t-il envie vraiment de donner son secret
Méritons nous cela du goéland ?

Le goéland,
Pleurant comme un enfant
Quand au creux de la vague il se blesse en volant
L’oeil attiré par mille proies aux abois dont-il n'est pas certain d'en faire son festin
Mais que doit-il penser quand il nous aperçoit
Debout sur la jetée une arme à tout bras
Espère-t-il encore retrouver un ami ?
Qui rongé de remords sauve son nid ?

Le goéland,
Lorsqu'il tremble de froid dans les brumes du nord et dans l'épais frimas
II se souvient d'un très lointain pays plus beau qu'un paradis au ciel souvent tout gris
Se retournant alors vers l'horizon sans fin
Rassemblant dans son corps ses forces du matin
II se dresse tout droit face au vent de suroît et se laisse porter vers son destin

Le goéland.

Pierre Maurice

Au hasard des oiseaux

J'ai appris très tard à aimer les oiseaux
je le regrette un peu
mais maintenant tout est arrangé
on s'est compris
ils ne s'occupent pas de moi
je ne m'occupe pas d'eux
je les regarde
je les laisse faire
tous les oiseaux font de leur mieux
ils donnent l'exemple
pas l'exemple comme par exemple Monsieur Glacis qui s'est remarquablement courageusement conduit pendant la guerre
ou l'exemple du petit Paul qui était si pauvre et si beau et tellement honnête avec ça et qui est devenu plus tard le grand Paul si riche et si vieux si honorable et si affreux et si avare et si charitable et si pieux
ou par exemple cette vieille servante qui eut une vie et une mort exemplaires jamais de discussions pas ça l'ongle claquant sur la dent pas ça de discussion avec monsieur ou avec madame au sujet de cette affreuse question des salaires
non
les oiseaux donnent l'exemple
l'exemple comme il faut
exemple des oiseaux
exemple des oiseaux
exemple les plumes les ailes le vol des oiseaux
exemple le nid les voyages et les clients des oiseaux
exemple la beauté des oiseaux
exemple le cœur des oiseaux
la lumière des oiseaux.

Jacques Prévert

La fourmi

Une fourmi de dix-huit mètres
Avec un chapeau sur la tête.
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi traînant un char
Plein de pingouins et de canards.
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Une fourmi parlant français
Parlant latin et javanais.
Ça n'existe pas, ça n'existe pas.
Eh ! Pourquoi pas ?

Robert Desnos Chantefables et chantefleurs

Le chien enchaîné

A l'entrée de la ferme
Dans un tonneau défoncé
Le chien mal rasé

Aux yeux de saltimbanque
Regardait la lune
Vagabonder à son aise.
II n'aboyait jamais
Sa voix était cassée.
II n'attendait personne.
Son maître rentrait tard
La nuit
En titubant.
Le vent caressait son échine
Mais les enfants avaient peur de sa mauvaise mine
Quand il sortait de sa niche
Sa chaîne
Derrière lui
Faisait un bruit d'enfer.
II ne songeait à rien
Pas même à la liberté
Et sculptait des os
Pour tuer le temps
Devant les canards médusés
Plantés devant sa loge
Comme devant un musée.
On l'avait condamné à la réclusion
A perpétuité.
Maintenant II lapait sa soupe à petits coups de langue
Dans la somnolence des pierres et des racines
Et mesurait d'un oeil limpide
La profondeur du ciel.

Lorsqu'il mourut
De vieillesse
Où d'oubli
On lui ôta son carcan.
Pour la première fois.

Robert Delahaye

Etablissements participant au Festival  -  A VOIX HAUTE 2002

  • Ecole Diwan - Saint-Pol-de-Léon

  • Ecole Notre-Dame de La Charité - Saint-Pol-de-Léon

  • Ecole Pierre Curie - Saint-Pol-de-Léon

  • Ecole de l'Ange Gardien Roscoff

  • Ecole jean Jaurès - Saint-Pol-de-Léon

  • Ecole Notre-Dame de Lourdes - Santec

  • Ecole Sainte-Thérèse - Plouzévédé

  • Ecole Saint Joseph - Cléder

  • Collège Sainte-Ursule - Saint-Pol-de-Léon

  • Collège Jacques Prévert - Saint-Pol-de-Léon

  • Collège Notre-Dame de l'Espérance - Cléder

  • Lycée du Kreisker – Saint-Pol-de-Léon

  • Ecole du Dossen - Santec


Production

Association Culturelle et Artistique du Léon

Idée originale de Paul Rigolot et Michel Daniélou

BULLETIN D'INSCRIPTION

Individuel: Groupe:
(nommer obligatoirement les groupes)
Nom  

Prénom

Nom du groupe:

Nombre d'élèves dans le groupe

Ecole Classe de

Cocher la case correspondante

Individuel

0

Groupe      0

CP

0 .
CE1 – CE2 0 .
CM 1 - CM2 0 .
6 ème - 5ème 0 .
4 ème – 3ème 0 .
Lycée 0 .
Adulte 0 .

Texte choisi

Auteur
  • Joindre au bulletin d'inscription le texte photocopié qui sera récité, conformément à l'article 5 du règlement.

  • Nous faire parvenir les candidatures avant le 31 janvier 2002, à l'adresse suivante :

FESTIVAL « A VOIX HAUTE »

Maison Prébendale
Rue de la Rive
29250 SAINT POL DE LEON
02 98 69 01 69

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Dernière mise à jour : 25 mars 2002