La vie quotidienne à Roscoff - Anita Conti

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Anita Conti

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1899 - 1997

celebrites-anita_conti.jpg (10966 octets)

Ecrivain, Photographe,
1ère femme océanographe

née en 1899

et décédée
à Douarnenez
le 24/12/1997

Arrivée

à Douarnenez
qui fût son dernier voyage en 1997,
ses cendres furent dispersées dans la mer

 

Anita Caracotchian, née en 1899, grandit dans un milieu fortuné -son grand père, Albert Lebon, a participé à la création des Chemins de fer du Nord. Son père est médecin. Ses parents voyagent beaucoup et son éducation se fait au gré des escales. Anita Conti sera très tôt en contact avec la nature et la mer qu'elle apprendra à aimer, notamment autour des ports de Roscoff et de Concarneau. La famille passe la première guerre sur l'île d'Oléron. En 1914, Anita découvre le travail du cuir et en 1917 elle réalise ses premières photos sur les côtes atlantiques françaises. Ses premières reliures sont remarquées. « Attendons-nous à voir Mlle Anita Cara devenir chef d'école comme le fut Legrain » , peut-on lire en 1925 dans la revue Comoedia. Devenue Mme Anita Conti deux ans plus tard, son travail de relieur est salué par Pierre Mac-Orlan et de nombreux bibliophiles la sollicitent.

Mais la passion de la mer poursuit parallèlement Anita Conti. A la suite d'une série d'articles qu'elle écrit pour le quotidien La République, elle est engagée, en 1935 par Édouard Le Danois, directeur de l'Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes (O.S.T.P.M.), ancêtre de l'actuel I.F.R.E.M.E.R. D'abord « chargée de propagande » auprès de l'institution océanographique, elle est bientôt détachée pour des missions en mer à bord du Président Théodore Tissier. Édouard Le Danois mise sur sa connaissance des pêcheurs pour observer, noter, étudier les techniques de pêche, tracer des cartes, étudier les fonds, la température des eaux, la salinité, la profondeur des zones de pêche. Ses rapports alimenteront les bases de données à partir desquelles l'OSTPM répond aux interrogations et aux difficultés des marins et des pêcheurs.
A l'approche de la guerre, les crédits venant à manquer, l'OSTPM ne peut continuer à financer de longues campagnes sur ses propres navires. Anita Conti va alors embarquer directement sur les bateaux de pêche, et en particulier sur le Vikings, un Terre-Neuvas, pour aller étudier les zones de l' Atlantique Nord. Entre deux observations, entre deux sondages elle note et photographie :

« Photos dans le poste d'équipage. Invraisemblable décor éclairé sur chaque bord par les deux yeux pâles des hublots. Les couchettes paraissent creusées dans la paroi. Au centre, une table, où dans le plus fantastique désordre sont serrés cafetières, tasses, phonographe, épluchures, tabatières, et vêtements en boule. Sur les bancs, des hommes harassés, le dos arrondi par la lassitude, sont assis, effondrés plutôt. [. ..] Des hommes ? Non. Pas tout à fait. Des êtres privés de leurs familles, des corps empaquetés de vêtements, et qui n'ont plus de visible que des mains et des visages, et dans les visages quand i/ fait grand froid, ne vivent vraiment plus que les yeux. ..Alors des hommes qui ne sont plus que des gestes, et des regards, enfermés entre ces tôles de métal portées par deux cent cinquante chevaux-vapeurs, ces hommes-là, qu'ils soient d'intelligence ouverte ou d'énergie obstinée, qu'ils soient de pensées délicates ou grossières, sont toujours en quelque sorte, dédoublés. Leurs âmes sont ailleurs.
Au-dessus de nous, l'espace. Au-dessous, un miroir :
Et Vikings marche avec son cercle. N'existe sur la mer ni passé, ni futur : La trace des sillages s'efface. Il y a l'éternelle seconde qui est le centre, et l'horizon poursuivi recule, et rien, jamais, ne s'arrête. »
(Anita Conti, extrait de Journal de bord du Vikings, 1939.)

La mer, les marins, les poissons… Anita Conti connaît tous ces éléments comme sa poche. Anita Conti, relieuse de livre d’art, mais aussi et surtout océanographe et photographe de talent, est une femme étonnante. Toute sa vie durant, elle parcourt les mers du globe, seule femme à bord, des mers du Nord aux côtes de l’Afrique de l’Ouest, de Dahomey à Terre-Neuve…

J'ai regretté de ne pas avoir gardé plus longtemps relations avec cette femme exceptionnelle qui m’avait confié son amour de tout ce qui se rapporte à la mer et qui aimait dire: La mer est un miroir qui nous renvoie à notre propre ignorance. "

Site de J Chapalain

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