Anita Conti |
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Ecrivain, Photographe,
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Anita Caracotchian, née en 1899, grandit dans un milieu fortuné -son grand père, Albert Lebon, a participé à la création des Chemins de fer du Nord. Son père est médecin. Ses parents voyagent beaucoup et son éducation se fait au gré des escales. Anita Conti sera très tôt en contact avec la nature et la mer qu'elle apprendra à aimer, notamment autour des ports de Roscoff et de Concarneau. La famille passe la première guerre sur l'île d'Oléron. En 1914, Anita découvre le travail du cuir et en 1917 elle réalise ses premières photos sur les côtes atlantiques françaises. Ses premières reliures sont remarquées. « Attendons-nous à voir Mlle Anita Cara devenir chef d'école comme le fut Legrain » , peut-on lire en 1925 dans la revue Comoedia. Devenue Mme Anita Conti deux ans plus tard, son travail de relieur est salué par Pierre Mac-Orlan et de nombreux bibliophiles la sollicitent. Mais la passion de la mer
poursuit parallèlement Anita Conti. A la suite d'une série d'articles qu'elle écrit
pour le quotidien La République, elle est engagée, en 1935 par Édouard Le Danois,
directeur de l'Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes (O.S.T.P.M.),
ancêtre de l'actuel I.F.R.E.M.E.R. D'abord « chargée de propagande » auprès de
l'institution océanographique, elle est bientôt détachée pour des missions en mer à
bord du Président Théodore Tissier. Édouard Le Danois mise sur sa connaissance
des pêcheurs pour observer, noter, étudier les techniques de pêche, tracer des cartes,
étudier les fonds, la température des eaux, la salinité, la profondeur des zones de
pêche. Ses rapports alimenteront les bases de données à partir desquelles l'OSTPM
répond aux interrogations et aux difficultés des marins et des pêcheurs. « Photos dans le poste
d'équipage. Invraisemblable décor éclairé sur chaque bord par les deux yeux pâles des
hublots. Les couchettes paraissent creusées dans la paroi. Au centre, une table, où dans
le plus fantastique désordre sont serrés cafetières, tasses, phonographe, épluchures,
tabatières, et vêtements en boule. Sur les bancs, des hommes harassés, le dos arrondi
par la lassitude, sont assis, effondrés plutôt. [. ..] Des hommes ? Non. Pas tout à
fait. Des êtres privés de leurs familles, des corps empaquetés de vêtements, et qui
n'ont plus de visible que des mains et des visages, et dans les visages quand i/ fait
grand froid, ne vivent vraiment plus que les yeux. ..Alors des hommes qui ne sont plus que
des gestes, et des regards, enfermés entre ces tôles de métal portées par deux cent
cinquante chevaux-vapeurs, ces hommes-là, qu'ils soient d'intelligence ouverte ou
d'énergie obstinée, qu'ils soient de pensées délicates ou grossières, sont toujours
en quelque sorte, dédoublés. Leurs âmes sont ailleurs. La mer, les marins, les poissons Anita Conti connaît tous ces éléments comme sa poche. Anita Conti, relieuse de livre dart, mais aussi et surtout océanographe et photographe de talent, est une femme étonnante. Toute sa vie durant, elle parcourt les mers du globe, seule femme à bord, des mers du Nord aux côtes de lAfrique de lOuest, de Dahomey à Terre-Neuve |
| J'ai
regretté de ne pas avoir gardé plus longtemps relations avec cette femme exceptionnelle
qui mavait confié son amour de tout ce qui se rapporte à la mer et qui aimait dire: " La mer est un miroir qui nous renvoie à notre
propre ignorance. "
Quelques liens :
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