La vie quotidienne à Roscoff - Loulou Floch

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Loulou Floch
Footballeur

"L'Equipe" va à la rencontre d'une ancienne gloire du football tricolore. 

Que fait-il ? Quel contact a-t-il gardé avec le monde du ballon rond ? Quel regard porte-t-il sur le football d'aujourd'hui ? Aujourd'hui, Louis Floch (55 ans), ancien attaquant du Paris FC et de l'équipe de France.

Olivier PAQUEREAU

Né le 28 décembre 1947 à Saint-Pol-de-Léon (Finistère), Louis Floch présente la particularité d'être appelé en équipe de France en octobre 1970 alors qu'il évolue en D2 avec Monaco. 

En trois ans, il marquera deux buts sous le maillot tricolore contre la Norvège, un mois après sa première cape, et contre une sélection d'Afrique en juin 1972. 

C'est sous le maillot du Paris FC que l'attaquant breton connaît ses moments les plus glorieux. Il marque 16 buts en 1972-1973 et 14 en 1973-1974, avant de signer au Paris Saint Germain (PSG). 

À vingt-huit ans, il décide de finir sa carrière à Brest en D2, mais retrouve tout de même l'élite en 1979. Il y inscrira ses trois derniers buts.

Louis Floch, appellé "Loulou"

Carrière en France

Coupe d'Europe

 

Louis Floch, vous avez terminé votre carrière à Brest en 1980. 
Qu'avez-vous fait depuis ?

En fait, quand je suis arrivé à Brest en 1976, j'ai acheté une maison de presse à côté, à Roscoff. Tout en la possédant, j'ai continué à jouer au football. Je suis d'ailleurs venu dans le coin dans le but d'avoir ce commerce. C'était une opportunité pour revenir dans ma région d'origine. Quand ma carrière s'est achevée, j'ai pris plus de temps pour m'occuper de mon travail. Et, aujourd'hui, je suis toujours au même endroit. Mais j'ai mis ma maison de presse en vente. Cela fait un an maintenant.

Mais vous êtes quand même resté dans le milieu du ballon rond.
Tout à fait. J'ai collaboré avec des clubs du Finistère, de niveau Division d'Honneur ou Division supérieure régionale. J'ai commencé à Cléder puis je suis passé entraîneur-joueur à Roscoff. Ensuite, je suis devenu entraîneur chez les jeunes à Saint-Pol-de-Léon puis président du même club. Actuellement, je suis à Morlaix (Division d'Honneur), en tant que conseiller de l'entraîneur. Cela fait cinq ans que j'ai cette fonction.

Et n'avez-vous pas eu envie de connaître une telle expérience 
avec des clubs de plus haut niveau ?

Disons que mon métier m'a toujours pris beaucoup de temps. C'est un commerce important, pas une petite boutique. Si j'avais eu plus de temps, oui, pourquoi pas, cela m'aurait plus d'être dirigeant ou accompagnateur d'une équipe telle que Brest. Mais le manque de temps, c'est ce qui m'a ralenti. Aujourd'hui, je ne peux même pas aller voir les joueurs de Morlaix lors des séances d'entraînement. Je passe à côté de certaines choses.

Vous avez connu le milieu pro puis les amateurs. 
Que préférez-vous ?

Sans hésiter, le milieu professionnel. C'est plus sérieux. Dans les clubs amateurs, il ya parfois des choses curieuses. Ce n'est pas aussi rigoureux, il y a plus de tricheries. Par exemple, quand j'étais président à Saint-Pol-de-Léon, il y avait certaines personnes qui pensaient plus à la 3e mi-temps qu'au reste. À cette époque, on m'a aussi reproché d'être un peu trop proche des joueurs ! Alors, à ce niveau, il n'y a pas toujours de compétence.

Au fait, continuez-vous à jouer ?
Maintenant j'ai un peu décroché. Il y a quatre-cinq ans, je faisais encore quelques matches avec le Comité des internationaux français, l'équipe de Daniel Rodighiero, ou avec les anciens de Rennes. À ce moment-là, je pouvais encore me déplacer. Je me rappelle avoir été jusqu'à Moscou avec l'équipe. Mais désormais ce n'est plus possible. Et cela me manque.

Et votre carrière, qu'en reste-t-il maintenant ?
Plein de bonnes choses. Il y a eu toute la période à Paris. À Monaco, c'était bien aussi. Mais les meilleurs souvenirs remontent à l'époque où je jouais au Paris FC puis au Paris Saint Germain. C'est là que j'ai complètement éclaté. Je suis devenu le chouchou du Parc des Princes. Le public m'avait surnommé Loulou. Il y avait bien des joueurs supérieurs à moi techniquement. Mais le préféré, c'était moi. Et cela m'a beaucoup touché.

Quelques regrets peut-être ?
Un grand regret, oui. Les entraîneurs que j'ai connu ne m'ont pas tous fait confiance. J'aurais aimé jouer plus souvent comme avant-centre, comme au Paris FC. Mais cela n'a pas été possible partout. Dommage. Sinon, j'ai également dû mettre très tôt un terme à ma carrière internationale. Mais là, c'est différent. C'est parce que mon fils était très malade. Il a dû être opéré à coeur ouvert. Alors, bien sûr, vous pensez que cela n'était pas important du tout de ralentir ma carrière dans un tel contexte. Heureusement, aujourd'hui, il va mieux. Il a même pu continuer à jouer au foot.

D'autres événements vous ont-ils marqués ?
Je me souviens avoir été gravement blessé, quand je jouais avec l'équipe de France juniors. J'ai dû cesser le foot pendant un an. À un moment, on a même dit que je ne pourrais plus rejouer. Pendant une saison, je suis venu me faire soigner... à Roscoff. Tous les matins, en me rendant aux soins, je passais devant une maison de presse. Sans savoir que j'en deviendrais le propriétaire beaucoup plus tard. »

 

Photo officielle en équipe de France. Louis Floch pose aux côtés de Henri Michel à Salvador de Bahia (Brésil Loulou Floch en equipe de France Janvier 1974. 
Louis Floch est le buteur vedette du Paris FC. L'occasion d'un magazine sur le joueur breton
Loulou Floch

À l'entraînement, séance de jonglage avec le ballon.
En pleine action à Bucarest lors d'un match amical avec la France le 8 avril 1972 contre la Roumanie. Les Bleus s'inclineront (0-2). Loulou Floch

Lors d'un stage avec l'équipe de France au mois de décembre 1974.
Loulou Floch en stage à St Malo  Éliminatoires de la Coupe du monde 1974. La France reçoit l'Irlande au Parc des Princes.

Extrait du site 
du journal - L'Équipe