| Né le 28 décembre 1947 à
Saint-Pol-de-Léon (Finistère), Louis Floch présente la particularité d'être appelé
en équipe de France en octobre 1970 alors qu'il évolue en D2 avec Monaco.
En trois ans, il
marquera deux buts sous le maillot tricolore contre la Norvège, un mois après sa
première cape, et contre une sélection d'Afrique en juin 1972.
C'est sous le
maillot du Paris FC que l'attaquant breton connaît ses moments les plus glorieux. Il
marque 16 buts en 1972-1973 et 14 en 1973-1974, avant de signer au Paris Saint Germain
(PSG).
À vingt-huit
ans, il décide de finir sa carrière à Brest en D2, mais retrouve tout de même l'élite
en 1979. Il y inscrira ses trois derniers buts.
|
 |
|
Louis Floch, vous
avez terminé votre carrière à Brest en 1980.
Qu'avez-vous fait depuis ?
En fait, quand je suis arrivé à Brest
en 1976, j'ai acheté une maison de presse à côté, à Roscoff. Tout en la possédant,
j'ai continué à jouer au football. Je suis d'ailleurs venu dans le coin dans le but
d'avoir ce commerce. C'était une opportunité pour revenir dans ma région d'origine.
Quand ma carrière s'est achevée, j'ai pris plus de temps pour m'occuper de mon travail.
Et, aujourd'hui, je suis toujours au même endroit. Mais j'ai mis ma maison de presse en
vente. Cela fait un an maintenant.
Mais vous êtes
quand même resté dans le milieu du ballon rond.
Tout à fait. J'ai collaboré avec des clubs du Finistère, de niveau Division d'Honneur
ou Division supérieure régionale. J'ai commencé à Cléder puis je suis passé
entraîneur-joueur à Roscoff. Ensuite, je suis devenu entraîneur chez les jeunes à
Saint-Pol-de-Léon puis président du même club. Actuellement, je suis à Morlaix
(Division d'Honneur), en tant que conseiller de l'entraîneur. Cela fait cinq ans que j'ai
cette fonction.
Et n'avez-vous
pas eu envie de connaître une telle expérience
avec des clubs de plus haut niveau ?
Disons que mon métier m'a toujours pris beaucoup de temps. C'est un commerce important,
pas une petite boutique. Si j'avais eu plus de temps, oui, pourquoi pas, cela m'aurait
plus d'être dirigeant ou accompagnateur d'une équipe telle que Brest. Mais le manque de
temps, c'est ce qui m'a ralenti. Aujourd'hui, je ne peux même pas aller voir les joueurs
de Morlaix lors des séances d'entraînement. Je passe à côté de certaines choses.
Vous avez
connu le milieu pro puis les amateurs.
Que préférez-vous ?
Sans hésiter, le milieu professionnel.
C'est plus sérieux. Dans les clubs amateurs, il ya parfois des choses curieuses. Ce n'est
pas aussi rigoureux, il y a plus de tricheries. Par exemple, quand j'étais président à
Saint-Pol-de-Léon, il y avait certaines personnes qui pensaient plus à la 3e mi-temps
qu'au reste. À cette époque, on m'a aussi reproché d'être un peu trop proche des
joueurs ! Alors, à ce niveau, il n'y a pas toujours de compétence.
Au fait,
continuez-vous à jouer ?
Maintenant j'ai un peu décroché. Il y a quatre-cinq ans, je faisais encore quelques
matches avec le Comité des internationaux français, l'équipe de Daniel Rodighiero, ou
avec les anciens de Rennes. À ce moment-là, je pouvais encore me déplacer. Je me
rappelle avoir été jusqu'à Moscou avec l'équipe. Mais désormais ce n'est plus
possible. Et cela me manque.
Et votre
carrière, qu'en reste-t-il maintenant ?
Plein de bonnes choses. Il y a eu toute la période à Paris. À Monaco, c'était bien
aussi. Mais les meilleurs souvenirs remontent à l'époque où je jouais au Paris FC puis
au Paris Saint Germain. C'est là que j'ai complètement éclaté. Je suis devenu le
chouchou du Parc des Princes. Le public m'avait surnommé Loulou. Il y avait bien des
joueurs supérieurs à moi techniquement. Mais le préféré, c'était moi. Et cela m'a
beaucoup touché.
Quelques regrets
peut-être ?
Un grand regret, oui. Les entraîneurs que j'ai connu ne m'ont pas tous fait confiance.
J'aurais aimé jouer plus souvent comme avant-centre, comme au Paris FC. Mais cela n'a pas
été possible partout. Dommage. Sinon, j'ai également dû mettre très tôt un terme à
ma carrière internationale. Mais là, c'est différent. C'est parce que mon fils était
très malade. Il a dû être opéré à coeur ouvert. Alors, bien sûr, vous pensez que
cela n'était pas important du tout de ralentir ma carrière dans un tel contexte.
Heureusement, aujourd'hui, il va mieux. Il a même pu continuer à jouer au foot.
D'autres
événements vous ont-ils marqués ?
Je me souviens avoir été gravement
blessé, quand je jouais avec l'équipe de France juniors. J'ai dû cesser le foot pendant
un an. À un moment, on a même dit que je ne pourrais plus rejouer. Pendant une saison,
je suis venu me faire soigner... à Roscoff. Tous les matins, en me rendant aux soins, je
passais devant une maison de presse. Sans savoir que j'en deviendrais le propriétaire
beaucoup plus tard. »
|