La vie quotidienne à Roscoff - Liane de Pougy

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Liane de Pougy Que dire de cette femme
dont la vie fut une succession
de romans d'aventures,
d'amours, de passions et d'intrigues...

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1869 - 1950

Liane de Pougy

Née Anne Marie Chassaigne dans la Sarthe, mariée à 16 ans, prostituée à 18, courtisane à la fin de la belle époque, aux amours saphiques, elle épouse Georges Ghika, Prince de Roumanie et devient la princesse Ghika. Elle écrit un livre qui fût un best-seller "Idylle saphique".

Après la mort de son mari en 1946, elle termine sa vie comme soeur sous le nom de Soeur Madeleine de la Repentance, dans un couvent Dominicain.

Il y aurait beaucoup à dire sur sa vie, mais une liste de quelques uns de ses amis peut nous en donner un aperçu :

- Apollinaire,
- Henri Bataille,
- Sarah Bernhardt
(qui lui donna quelques leçons et lui fit comprendre qu'elle n'avait aucun talent !),
- Léon Blum,
- Cocteau,
- Colette,
- Gaby Deslys,
- Poirot et Doucet
(les couturiers),
- Marcel Proust,
- Mata Hari...
- Max Jacob

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.             Le Clos-Marie à Roscoff - Résidence bretonne de Liane de Pougy

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Liane de Pougy à Roscoff

Liane de Pougy sur "Gallica"

Elle acheta à Roscoff la maison appelée " Clos Marie " en 1903

Dès lors elle y vint chaque année, l'incluant dans ses périples qui passaient par St Petersbourg, Lausanne, Nice, Deauville...

Mais cette maison tenait une place particulière dans son cœur: "Mon Clos, mon petit Clos-Marie, que j'ai surnommé la petite maison qui n'est pourtant pas si simple.

Chère petite maison, sans prétention, tellement accueillante et que tout le monde aime... Je n'y suis jamais venu sans un pincement au cœur, et les souvenirs y affluent." Vous la trouverez à l'angle des rues Jeanne d'Arc et Coadou, elle a gardé son nom.

C'était la résidence d'été d'une courtisane et de son prince et si les murs pouvaient parler...

Clos Marie

A Roscoff aujourd'hui se souvient-on de Liane,
De Liane au Clos Marie,équivoque beauté,
A Roscoff où venait la belle courtisane
Chercher le reposoir après la volupté ?

Adieu baisers impurs des amants, des amantes !
Dans le vent, les embruns, s'apaisaient tes désirs
Et tu priais Sainte Anne à l'heure des tourmentes
D'effacer de ton corps la marque des plaisirs.

Avec tes deux bouffons, le prince et le poète,
Tu rêvais sur la grève à tes folles amours,
Tu gardais la taille fine et la jambe bien faite,
Mais déjà la jeunesse avait fui sans retour.

Loin de Roscoff, hélas ! et loin de Clos Marie
Est morte l'amoureuse en grande dévotion
Et seul l'enclos désert à la saison fleurie
Exhale en souvenir des senteurs de passions.

Pierre-Marie Mével

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Liane de Pougy Liane de Pougy fut élevée dans une institution de Sainte-Anne d'Auray. Devenue actrice du music-hall, elle fut célèbre non seulement en France, mais dans le monde entier, par sa beauté, son élégance, son intelligence. Amie de nombreux artistes, écrivains, musicien comme Raynaldo Hahn, Colette, Cocteau, max jacob, le couturier Poiret, etc... lelle exerca sur eux une influence réelle. En 1916, elle eut la douleur de perdre son fils unique Marco, aviateur, tombé sur le champ de bataille. Par son mariage avec un authentique prince roumain, Liane de Pougy devint "Princesse Ghika". Liane de Pougy
Liane de Pougy Liane de Pougy Liane de Pougy

Après une vie assez mouvementée, elle revint à la religion de son enfance, se consacra avec dévouement à une oeuvre charitable pour enfants anormaux et entra dans les ordres des Soeurs Tertiaires de Saint Dominique. Les anciens de Roscoff se souviennent bien de Liane de Pougy.

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Liane de Pougy

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Elle y venait régulièrement pour passer de longs mois dans sa propriété "Le clos Marie", rue Jeanne d'Arc. Elle y recevait les gens du monde et des artistes, dont la présence ne pouvait qu'améliorer l'image de marque de la station. Nous savons combien, elle était attachée à Roscoff depuis la publication de son journal "Mes cahiers bleus", Plon1977. Liane de Pougy appartient vraiment à l'histoire de Roscoff.

Naïg Rozmor    

POUGY, Liane de. Liane de Pougy / par Jean Chalon. Flammarion, 1994 (Grandes bibliographies)
prise en photo ici avec une autre grande courtisane, Suzanne Dorval.

  Nombreux ouvrages des "Amazones" en vente ou en location à la B.H. Son journal 1919-1941, Mes Cahiers bleus, est certainement un des meilleurs que j’ai lu sur l’entre deux guerres. On y découvre les goujateries d’un Max Jacob, et le lancement de Roscoff, par cette princesse née en Bretagne.

Pour le plaisir quelques extraits :

« C’était mon Otéro ! Il y a vraiment de la beauté pour tous les âges ! Elle roulait un peu sur sa graisse, mais portait beau et son ovale splendide n’était pas déformé » (p 71).

« Cette lettre sur Jean Lorrain m’effraie un peu. Nous étions souvent indignés l’un contre l’autre et, partant, pas très tendres toujours. Je veux vite dire ici que Lorrain fut pour moi un ami incomparable et charmant, qu’il m’a ouvert des horizons, m’a éclairée, protégée, prônée, malmenée, charmée, dégoûtée tour à tour, que je le regretterai toute ma vie, que sa conversation étincelante, vivante, élégante qui s’établissait sur une culture rare et une verve inépuisable doublée d’une imagination fabuleuse et maladive, me manque terriblement. Il jouait avec les mots, les idées, les sentiments, les sensations, les vices. Il était enivrant et inquiétant ! Sa vie privée ? Mon Dieu ! sa vie privée ne nous regarde pas et que le premier qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. D’ailleurs, il se vantait autant pour effaroucher les foules que pour se faire passer pour un être extraordinaire, pour épater enfin Paris. Je l’ai entendu dire d’un air fier et câlin : « On me pardonne tout, car on aime mon talent. » Et puis aussi : « Je dis du mal des gens, soit. D’abord : primo, c’est un honneur pour eux ; secundo, si je fais de la peine à une personne, par la même occasion, je fais plaisir à cent cinquante autres ! » » (p76).

« Je veux aujourd’hui parler de mes conquêtes. Natalie ( C. Barney) retrouvée vint me câliner, me caresser, me murmurer : « Mon premier et mon dernier amour. » Je la revois, elle se penche et m’enlace et il me semble que je n’ai jamais quitté ses bras. Natalie l’inconstante qui sait être si fidèle malgré ses infidélités. Elle célèbre mon corps jusqu’à la taille. C’est tout ce que je me suis permis d’abandonner. Le reste est à Georges, ne peut être touché par qui que ce soit. Le reste, ce serait un trop gros péché. Ce reste-là aussi a pris l’habitude de Georges et ne bat que pour lui. » (p 176).

« Naturellement, j’ai rêvé de Mme Strauss que je rencontrais aux courses, belle et rajeunie. J’ai encore rêvé d’autres choses qui appartiennent à Freud. Il va falloir que je m’abandonne aux caresses conjugales ce soir, par hygiène, habitude et amour en dépit de tout. » (p184).

« 30 août 1924 – Lu Corydon de Gide, livre déplaisant au possible qui veut expliquer ce qui ne s’explique pas et prouver ce qui est avéré. Livre inutile, nuisible, mécréant. Il joue des choses malpropres et semble y prendre un évident plaisir. »(p206).

Sur l’oncle de son mari, Max : « « Mes enfants, il faut que je vous fasse un aveu. » Bon, pensai-je, il a cassé quelque chose dans sa chambre ! « Faîtes », dis-je tout haut. « Eh bien voilà ! Dans ma vie j’ai couché avec deux hommes… » C’était si drôle d’entendre ça et de se le représenter que nous avons éclaté de rire. Il continua : « L’un d’eux fut Alexis Orloff, mon cousin. Il me disait vouloir se tuer si je lui résistais alors… Je n’ai pas résisté, mais je refusai toute récidive. Le second et le dernier fut… Lord Yume. Il était très joli garçon, il m’adorait, il voulait m’épouser. Un peu excédé je lui dis : « Essayons-nous », et je fus sa maîtresse pendant dix jours. J’en eus assez, je refusai sa proposition. » (p 207).

« 27 oct 1926- Je dis « Pierre, il ne faut pas me présenter le prince de Prusse. Ca m’est égal qu’il soit pédéraste, mais je ne puis oublier que j’ai eu mon fils tué à la guerre – Oh, Liane, fit Pierre, c’est démodé, ça, la guerre, on n’y pense plus ! » (p 234).

« 11 Oct 1931- J’ai fait une conquête féminine cette année. En général, les femmes m’aiment et me recherchent. Le temps où l’on peut leur plaire est assez reculé comme limite. Je l’ai souvent remarqué chez les autres. Les vieux vétérans de l’amour lesbien malgré leurs traits ravagés, la bouffissure de leurs chairs, suscitent de réelles passions féminines à près de soixante-dix ans ! Probablement les jeunes enflammées ont-elles, par moments, besoin de refuge contre la brutalité et l’inconstance masculine…Elles veulent plaire à leurs aînées, se les attacher par la douceur et la tendresse d’une amitié amoureuse. Là aussi, hélas, il y a des pleurs et des grincements de dents, des trahisons et des mensonges… (p 260).

« 18 Nov 36- Voici qu’il y eut une grève à mon Ritz. Une institution élégante comme le Ritz, être touchée par les modernes avatars ! Des clients sont partis, d’autres ne sont pas venus. Je vais envoyer des condoléances à notre Olivier charmant et fidèle, sincère et dévoué avec affection et esprit protocolaire, Olivier, ami et confident de Marcel Proust que son existence sédentaire de malade avait voué aux racontars, aux cancans, aux ragots. » (p295).

« Mon père j’ai vécu très librement. Sauf tuer et voler, j’ai tout fait. » (p 304).

Voilà et n’oubliez pas tous les autres personnages célèbres cités, Cocteau, Colette …Paris, Plon, 1977. (La carte postale n'est pas de Liane)
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Idylle saphique. Paris : librairie de la plume, 1901; réédité chez Lattès, 1979.

L'insaisissable. Roman vécu. Paris : Librairie Nilsson, 1898.

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