| Liane de Pougy | Que dire de cette
femme dont la vie fut une succession de romans d'aventures, d'amours, de passions et d'intrigues... |
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Née Anne Marie Chassaigne dans la Sarthe, mariée à 16 ans, prostituée à 18, courtisane à la fin de la belle époque, aux amours saphiques, elle épouse Georges Ghika, Prince de Roumanie et devient la princesse Ghika. Elle écrit un livre qui fût un best-seller "Idylle saphique". Après la mort de son mari en 1946, elle termine sa vie comme soeur sous le nom de Soeur Madeleine de la Repentance, dans un couvent Dominicain. Il y aurait beaucoup à dire sur sa vie, mais une liste de quelques uns de ses amis peut nous en donner un aperçu : - Apollinaire, |
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Elle acheta à Roscoff la maison appelée " Clos Marie " en 1903 Dès lors elle y vint chaque année, l'incluant dans ses périples qui passaient par St Petersbourg, Lausanne, Nice, Deauville... Mais cette maison tenait une place particulière dans son cur: "Mon Clos, mon petit Clos-Marie, que j'ai surnommé la petite maison qui n'est pourtant pas si simple. Chère petite maison, sans prétention, tellement accueillante et que tout le monde aime... Je n'y suis jamais venu sans un pincement au cur, et les souvenirs y affluent." Vous la trouverez à l'angle des rues Jeanne d'Arc et Coadou, elle a gardé son nom. C'était la résidence d'été d'une courtisane et de son prince et si les murs pouvaient parler... |
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Clos Marie A
Roscoff aujourd'hui se souvient-on de Liane, Adieu
baisers impurs des amants, des amantes ! Avec
tes deux bouffons, le prince et le poète, Loin
de Roscoff, hélas ! et loin de Clos Marie
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Liane de Pougy fut élevée dans une institution de Sainte-Anne d'Auray. Devenue actrice du music-hall, elle fut célèbre non seulement en France, mais dans le monde entier, par sa beauté, son élégance, son intelligence. Amie de nombreux artistes, écrivains, musicien comme Raynaldo Hahn, Colette, Cocteau, max jacob, le couturier Poiret, etc... lelle exerca sur eux une influence réelle. En 1916, elle eut la douleur de perdre son fils unique Marco, aviateur, tombé sur le champ de bataille. Par son mariage avec un authentique prince roumain, Liane de Pougy devint "Princesse Ghika". | ![]() |
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Après une vie assez mouvementée, elle revint à la religion de son enfance, se consacra avec dévouement à une oeuvre charitable pour enfants anormaux et entra dans les ordres des Soeurs Tertiaires de Saint Dominique. Les anciens de Roscoff se souviennent bien de Liane de Pougy. |
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| Elle y venait régulièrement pour passer de longs mois dans sa propriété "Le clos Marie", rue Jeanne d'Arc. Elle y recevait les gens du monde et des artistes, dont la présence ne pouvait qu'améliorer l'image de marque de la station. Nous savons combien, elle était attachée à Roscoff depuis la publication de son journal "Mes cahiers bleus", Plon1977. Liane de Pougy appartient vraiment à l'histoire de Roscoff. | ||
| POUGY, Liane de. Liane de Pougy / par Jean Chalon.
Flammarion, 1994 (Grandes bibliographies) prise en photo ici avec une autre grande courtisane, Suzanne Dorval. Nombreux ouvrages des "Amazones" en vente ou en location à la B.H. Son journal 1919-1941, Mes Cahiers bleus, est certainement un des meilleurs que jai lu sur lentre deux guerres. On y découvre les goujateries dun Max Jacob, et le lancement de Roscoff, par cette princesse née en Bretagne. Pour le plaisir quelques extraits : « Cétait mon Otéro ! Il y a vraiment de la beauté pour tous les âges ! Elle roulait un peu sur sa graisse, mais portait beau et son ovale splendide nétait pas déformé » (p 71). « Cette lettre sur Jean Lorrain meffraie un peu. Nous étions souvent indignés lun contre lautre et, partant, pas très tendres toujours. Je veux vite dire ici que Lorrain fut pour moi un ami incomparable et charmant, quil ma ouvert des horizons, ma éclairée, protégée, prônée, malmenée, charmée, dégoûtée tour à tour, que je le regretterai toute ma vie, que sa conversation étincelante, vivante, élégante qui sétablissait sur une culture rare et une verve inépuisable doublée dune imagination fabuleuse et maladive, me manque terriblement. Il jouait avec les mots, les idées, les sentiments, les sensations, les vices. Il était enivrant et inquiétant ! Sa vie privée ? Mon Dieu ! sa vie privée ne nous regarde pas et que le premier qui na jamais péché lui jette la première pierre. Dailleurs, il se vantait autant pour effaroucher les foules que pour se faire passer pour un être extraordinaire, pour épater enfin Paris. Je lai entendu dire dun air fier et câlin : « On me pardonne tout, car on aime mon talent. » Et puis aussi : « Je dis du mal des gens, soit. Dabord : primo, cest un honneur pour eux ; secundo, si je fais de la peine à une personne, par la même occasion, je fais plaisir à cent cinquante autres ! » » (p76). « Je veux aujourdhui parler de mes conquêtes. Natalie ( C. Barney) retrouvée vint me câliner, me caresser, me murmurer : « Mon premier et mon dernier amour. » Je la revois, elle se penche et menlace et il me semble que je nai jamais quitté ses bras. Natalie linconstante qui sait être si fidèle malgré ses infidélités. Elle célèbre mon corps jusquà la taille. Cest tout ce que je me suis permis dabandonner. Le reste est à Georges, ne peut être touché par qui que ce soit. Le reste, ce serait un trop gros péché. Ce reste-là aussi a pris lhabitude de Georges et ne bat que pour lui. » (p 176). « Naturellement, jai rêvé de Mme Strauss que je rencontrais aux courses, belle et rajeunie. Jai encore rêvé dautres choses qui appartiennent à Freud. Il va falloir que je mabandonne aux caresses conjugales ce soir, par hygiène, habitude et amour en dépit de tout. » (p184). « 30 août 1924 Lu Corydon de Gide, livre déplaisant au possible qui veut expliquer ce qui ne sexplique pas et prouver ce qui est avéré. Livre inutile, nuisible, mécréant. Il joue des choses malpropres et semble y prendre un évident plaisir. »(p206). Sur loncle de son mari, Max : « « Mes enfants, il faut que je vous fasse un aveu. » Bon, pensai-je, il a cassé quelque chose dans sa chambre ! « Faîtes », dis-je tout haut. « Eh bien voilà ! Dans ma vie jai couché avec deux hommes » Cétait si drôle dentendre ça et de se le représenter que nous avons éclaté de rire. Il continua : « Lun deux fut Alexis Orloff, mon cousin. Il me disait vouloir se tuer si je lui résistais alors Je nai pas résisté, mais je refusai toute récidive. Le second et le dernier fut Lord Yume. Il était très joli garçon, il madorait, il voulait mépouser. Un peu excédé je lui dis : « Essayons-nous », et je fus sa maîtresse pendant dix jours. Jen eus assez, je refusai sa proposition. » (p 207). « 27 oct 1926- Je dis « Pierre, il ne faut pas me présenter le prince de Prusse. Ca mest égal quil soit pédéraste, mais je ne puis oublier que jai eu mon fils tué à la guerre Oh, Liane, fit Pierre, cest démodé, ça, la guerre, on ny pense plus ! » (p 234). « 11 Oct 1931- Jai fait une conquête féminine cette année. En général, les femmes maiment et me recherchent. Le temps où lon peut leur plaire est assez reculé comme limite. Je lai souvent remarqué chez les autres. Les vieux vétérans de lamour lesbien malgré leurs traits ravagés, la bouffissure de leurs chairs, suscitent de réelles passions féminines à près de soixante-dix ans ! Probablement les jeunes enflammées ont-elles, par moments, besoin de refuge contre la brutalité et linconstance masculine Elles veulent plaire à leurs aînées, se les attacher par la douceur et la tendresse dune amitié amoureuse. Là aussi, hélas, il y a des pleurs et des grincements de dents, des trahisons et des mensonges (p 260). « 18 Nov 36- Voici quil y eut une grève à mon Ritz. Une institution élégante comme le Ritz, être touchée par les modernes avatars ! Des clients sont partis, dautres ne sont pas venus. Je vais envoyer des condoléances à notre Olivier charmant et fidèle, sincère et dévoué avec affection et esprit protocolaire, Olivier, ami et confident de Marcel Proust que son existence sédentaire de malade avait voué aux racontars, aux cancans, aux ragots. » (p295). « Mon père jai vécu très librement. Sauf tuer et voler, jai tout fait. » (p 304). Voilà et noubliez pas tous les autres personnages célèbres
cités, Cocteau, Colette
Paris, Plon, 1977. (La carte postale n'est pas de Liane) Idylle saphique. Paris : librairie de la plume, 1901; réédité chez Lattès, 1979. L'insaisissable. Roman vécu. Paris : Librairie Nilsson, 1898. |
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