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Paul Signac naquit dans une
famille bourgeoise et s'orienta dès avant sa majorité vers une carrière de peintre. Ses
premiers travaux s'inscrivirent dans la suite de ceux des impressionnistes.
En grande
partie autodidacte, il ne fréquenta pas l'Ecole des Beaux Arts. Il fut en 1884 parmi les
membres fondateurs de la Société des Artistes Indépendants et c'est à cette occasion
qu'il rencontra le peintre Seurat. Cette rencontre fut déterminante et c'est grâce à
l'apport de Seurat que Signac devint, avec ce dernier, le principal artisan du
divisionnisme.
Avec le
divisionnisme s'amorça un retour en force du dessin en réaction à l'éblouissement
lumineux de la période précédente, et la systématisation de la réalité découverte
par Monet.
Convertissant
par la même occasion Pissarro, il rédigea d'ailleurs sur cette technique picturale une
étude intitulée "De Delacroix au Néo-Impressionnisme".
Ses oeuvres
sont pour la plupart des paysages, thème auquel il resta toujours attaché. Dans les
sujets comme Arbres en fleurs, Signac montra un grand intérêt pour les réflexions
scientifiques sur le contraste simultané des couleurs. Nous avons vu que, selon la
théorie divisionniste, la division des tons par la juxtaposition de touches de couleur
devait permettre de recomposer les valeurs à distance, et Signac pratiqua cette technique
avec application. |
Par la suite,
cette systématisation de la touche tendit à s'estomper mais Signac, travailleur
infatigable, chercha toujours par le biais de voyages et d'inlassables recherches à
préserver l'originalité de son oeuvre. En l'occurence, les théories sous-jacentes n'ont
pas empêché l'artiste de réaliser une oeuvre sensible et vivante et, en juste retour,
l'influence de Signac fut considérable sur les peintres de la génération suivante.
Lorsqu'il ne réside pas sur la côte française, le peintre fréquente les bords de
Seine. C'est là que, sous la houlette de Gustave Caillebotte, il est initié au canotage
et à la pratique de la voile.
A l'image de
Caillebotte, Paul Signac n'est pas seulement un amoureux du paysage marin, c'est un adepte
de la voile, qu'il s'agisse de promenade ou de régate.
Paul Signac sur Google Images |
A chaque
période de sa vie, dans chaque lieu de résidence, le peintre vit en compagnie des
bateaux. Il en possédera au total près d'une trentaine, allant de la barque de rivière
de quelques mètres au yacht de mer de plus de dix mètres. Si le Hareng-Saur
épileptique est l'un des premiers - Signac y emmène Seurat en promenade dès 1885 -,
il est vite suivi par le Tub que Signac place au premier plan de deux tableaux en
1888. Viennent ensuite le Faux-Col, l 'Ubu, la Walkyrie . Comme le
souligne son ami le critique Félix Fénéon,« c'est une véritable flottille au service
de la peinture ». Signac
navigue en différents points du littoral français avec le Mage , un sloop à
tape-cul de 10 mètres, l 'Olympia , commandé en 1891 au chantier Kerenfors à Roscoff, l 'Axel et l 'Henriette . Fin 1931, peu avant sa mort, il emmène le Ville-d'Honolulu
à Barfleur. Ce sera son dernier bateau. Deux amis peintres témoigneront de la constance
de cette passion de naviguer. Théo Van Rysselberghe peint en 1897 Paul Signac à la
barre de son bateau et, trente ans plus tard, Pierre Bonnard réalise une grande huile
sous le titre Signac sur son bateau .
PA U L S I G N A C U N P E I N T R E C O M P A G N O N D E S B A T E A U X
Le musée de Pont-Aven accueille actuellement environ 80 aquarelles «
bretonnes » dun des grands noms du post- impressionnisme, Paul Signac. Le
conservateur du musée Estelle Guille des Buttes-Fresneau, considère Paul Signac comme «
lun des plus grands aquarellistes du XX e siècle ».
Paul Signac ayant rencontré le peintre Caillebotte régatier bien connu, va a son contact
sinitier et ne deviendra pas seulement un amoureux du paysage marin, mais un adepte
de la voile, qu'il s'agisse de promenade ou de régate.
Une véritable flotille au service de la peinture
A chaque période de sa vie, dans chaque lieu de résidence, le peintre a vécu en
compagnie des bateaux. Il en possédera au total près d'une trentaine, allant de la
barque de rivière de quelques mètres au yacht de mer de plus de dix mètres. Il
commencera avec sa périssoire LeManet Zola Wagner. Sur sa yole aviron le Hareng-Saur épileptique bien dans lesprit des canotiers
dArgenteuil Signac emmène Seurat en promenade dès 1885. Lannée suivante ce
sera le Tub jeu de mots canotier entre le sujet de la femme
à sa toilette et le bateau qui se remplit à la gite. Vient ensuite la Walküre cette norvégienne canot daviron de
formes élégantes. En octobre 1889 il devient propriétaire de Roscovite. un voilier destiné à la croisière en mer
quil nomme Mage, sloop tape cul de 6 tonneaux. Comme le souligne
son ami le critique Félix Fénéon,« c'est une véritable flottille au service de la
peinture ».
Devenu lami de Jacques de Thézac il commande en 1891 au chantier Kerenfors à Roscoff l'Olympia en hommage au tableau de Manet, puis il
commandera à M. Mors un monotype quil nommera Faux
Col qui sera étrenné par Mallarmé
à Saint Tropez. En 1894 il fera construire au Petit Gennevilliers un cotre de régate à
dérive Axël très remarqué pour son élégance, puis le
dériveur Aleph quil revendra rapidemente. Il se
passionnera pour un petit sharpie Ubu
etfera lacquisition dun dériveur américain Lark quil nommera Acarus puis
en 1908 de l'Henriette un canot
automobile. Au moment de ladoption de la jauge internationale il fera
lacquisition dun des premiers bateaux de course de la Série Nationale Fricka .
En 1913 sur des données précises il fera construire un grand yawl de croisière Sindbad , puis fera lacquisition la même année
de Balkis. En 1927 alors quil
séjourne en Bretagne il fait lacquisition dun solide canot du genre de ceux
de Belle-Ile nommé Ville-d'Honolulu.
Ce sera son dernier bateau. Deux amis peintres témoigneront de la constance de cette
passion de naviguer. Théo Van Rysselberghe peint en 1897 Paul Signac à la barre de son bateau et, trente ans plus tard, Pierre Bonnard
réalise une grande huile sous le titre Signac
sur son bateau .
Le Musée de Pont-Aven est ouvert tous les jours.
Musée de
Pont-Aven.
Escale dété pour Paul Signac
« Lun des plus
grands »
Estelle Fresneau, le conservateur du
musée, considère que Paul Signac est « lun des plus grands aquarellistes du XX e
siècle ».
Les cimaises du musée de Pont-Aven
vont accueillir, cet été, environ 80 aquarelles « bretonnes » dun des grands
noms du post- impressionnisme, Paul Signac. Vernissage samedi.
Paul Signac naimait pas Pont-Aven, ce « pays ridicule de petits coins à cascades
pour aquarellistes anglaises ». Il faut dire quà lépoque, il avait une dent
contre Paul Gauguin... Mais sur les bords de lAven, on nest pas rancunier, et
cest donc cet artiste qui sera en pleine lumière de juin à octobre, dans les murs
du musée. Il faut dire que sil nappréciait pas Pont-Aven, Paul Signac
adorait la Bretagne ; au moins la maritime, celle des ports et des grands voiliers. Et il
y venait très régulièrement, de Saint-Malo à Guérande et de Roscoff à Concarneau ;
dautant que ce Parisien était aussi un excellent régatier qui a possédé, dans sa
vie, achevée en 1935, pas moins de 32 bateaux !
Considéré comme post-impressionniste,
adepte du pointillisme et du tachisme, admirateur de Seurat et Delacroix, il avait une
grande liberté dans la touche et un sens profond de la couleur. Bref, un peintre hors
pair dont les uvres sont disséminées dans le monde entier. Il a fallu deux ans à
Estelle Fresneau avec, comme chaque année laide financière du CMB, pour rassembler
les 80 uvres en question. Certaines viennent de lArkansas, dautres des
Pays-Bas et de grands musées français, et 25 collectionneurs privés ont aussi été
sollicités pour mettre sur pied ce qui constituera sans nul doute lun des grands
événements culturels de lété breton.
Le public devrait être au rendez-vous
: laissant sourdre bien des rêves de grands départs, ces grand-voiles et ces vieux
gréements couchés sur la toile il y a une centaine dannées constituent en quelque
sorte un clin deil idéal à Brest 2008.
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Le Télégramme du 5 juin 2008
Article de l'Ouest-France du 24 juillet 2008 |