Eglise Notre Dame de Croaz-Batz
de Roscoff

Menu

Roscoff, perle du Léon - 1938 - Description de l'ensemble des monuments religieux de Roscoff

Chapelle Sainte Barbe - Chapelle St Nicolas - Autres chapelles - Vie paroissiale

Chroniques historiques par l'Abbé Jean Feutren

Le présent feuillet résume la plaquette éditée par Mr DUCHESNE,
que l'on peut se procurer en librairie


roscoff-1857.jpg (33565 octets)

Photo en très grand format du clocher

autre photo panoramique du clocher

 

Les travaux de construction de l’Eglise de Roscoff commencèrent en 1515, début de la renaissance en France. Mais en raison des difficultés de liaison entre la France et la Bretagne, c'était encore le style gothique qui prédominait dans notre région à cette époque. Nous trouverons le style renaissance dans le clocher qui fut bâti à partir de 1550 et terminé en 1576.

Etude de l'origine de pierres de construction
-
Extrait du Bulletin de l'association archéolique du Finistère - 2003

Le Porche
L'entrée de l’église comprend le porche proprement dit, terminé en 1549 et le vestibule, construit en 1777. jusqu'à la construction du vestibule on entrait directement dans l'église par une porte monumentale en chêne remplacée ultérieurement par une porte à deux battants. Sur le montant droit de l'embrasure on voit encore les trous des loquets qui assuraient la fermeture de la porte primitive. Dans le vestibule nous remarquons un grand bénitier gallo-romain encastré dans la tour et qui servait probablement pour des baptêmes par immersion totale.

Vue générale de l'intérieur
L'église se présente sous la forme d'un beau berceau droit de style gothique, voûté de bois selon la coutume bretonne. Le lambris date de 1610, car à l’origine la charpente était apparente. En 1550, date de l'ouverture de l'église au culte, celle-ci se limitait à la nef actuelle, terminée par un chevet plat à hauteur des marches du chœur actuel.

 


Les Fonts baptismaux

A l'origine elle ne comportait que la vasque en granit et la petite piscine qui lui est accolée et qui permettait l’évacuation de l'eau consacrée qui s'écoulait du front du baptisé.
En 1690, à la demande de l'évêché de Saint-Pol-de-Léon, un marché fut passé pour la construction du dôme. Celui ci fut réceptionné en 1701. il a été entièrement restauré en 1991.
Chapelle des albâtres
A cet emplacement un porche latéral était prévu, mais à la demande de la Congrégation de St Joseph, ce projet fut remplacé par la construction d'une chapelle en 1634. Successivement cette chapelle fut dédiée à Notre-Dame de Guadalupe, puis au Sacré-Cœur de Jésus, pour finalement recevoir les albâtres. Celles-ci étaient au nombre de 7 à l'origine En 1981, trois furent volées et l'on dut, au début de 1985, confectionner un nouvel encadrement destiné à recevoir les quatre albâtres sauvées.Chapelle des Vierges
Trois statues ornent cet autel : Sainte Barbe à gauche, Sainte Geneviève au centre. A droite l'on a cru voir pendant de nombreuses années Sainte Catherine d’ Alexandrie. La statue de cette vierge figurait effectivement sur l’autel primitif déplacé en 1777. En réalité il s'agit de Judith, l’héroïne biblique qui avait décapité Holopherne général de Nabuchodonozor

Dans un médaillon au dessus de l'autel, Sainte Marguerite. Dévorée par un dragon, elle en sortit miraculeusement après avoir récité de nombreux Ave Maria. Depuis, elle est implorée en Bretagne pour les accouchements difficiles. Sur le rétable de cet autel on peut voir de ravissants tableautins représentant les 4 vertus cardinales : Tempérance - Prudence Justice Force.

Le Chœur
En 1550, l’église se terminait par un chevet plat comme celui de nombreuses églises et chapelles du XVI siècle. Le chœur primitif occupait dans la nef actuelle toute la superficie entre les marches de l'autel et l'arc diaphragme au-dessus de la chaire. Le chœur actuel a dû être ajouté à l’église au temps d’Henri IV, vers la fin de son règne, très probablement peu avant 1609. Par la suite il a été richement orné par les soins de Messire Le Hir de Penarpont prêre missionnaire, enfant du pays. Il porte un beau rétable Louis XIII, œuvre, dit-on d’un artiste hollandais, orné de deux tabernacles superposés. Au dessus de l’autel partiellement masqué, un tableau représente Notre-Dame du Rosaire. Au centre, la Vierge à l’enfant, entourée des 15 médaillons représentant les 15 mystères du Rosaire. Au bas du tableau, Saint Dominique qui institua le Rosaire au début du XII° Siècle, et Sainte Catherine de Sienne, tertiaire de l'ordre des Dominicains. Le style appelé " Jésuite " triomphe dans cette partie de l’église.

L'Autel Saint Pierre
A gauche, Saint André avec la croix de son martyre. A droite, Saint Jacques identifiable à son bâton de pèlerin et à la coquille de son chapeau. La partie centrale de l’ensemble de l'autel est dédiée à Saint Pierre et à diverses scènes de sa vie.
A remarquer sur le devant de l’autel ou " antependium " un panneau entièrement perlé, qui a fait l'objet d’une restauration.

La chaire
Elle a été construite vers 1700, sculptée par Lespaignol de Morlaix. Le corps est en chêne, les panneaux en châtaigner. Les quatre panneaux entourant la chaire proprement dite représentent les quatre évangélistes : Mathieu, Marc, Luc et Jean. Les trois panneaux bordant l’escalier représentent des scènes de la vie de la Vierge : Annonciation, Présentation au temple, Assomption.

La chapelle des agonisants
Elle a été construite en 1701 à la demande de la " Congrégation de la Bonne Mort ".
Au dessus de l'autel un tableau : " La mort du Juste ", de Villemoro Bouriquen (début du XVIII° siècle).
Au bas de l'autel un panneau en cuir de Cordoue repoussé et doré. Quelques vieilles statues garnissent cette chapelle : Sainte Marguerite, Saint Jérôme, Saint Jean.

 

ORGUES DE ROSCOFF

1 - LIEU : Eglise Notre-Dame de Croaz Batz. - Presbytère Tél. 02.98.69.70.17.

Orgue placé en tribune au bas de la nef.

2 - HISTORIQUE : La tribune est ce qui subsiste de l'ancien orgue construit par John BOURNE en 1606.

En 1649/50, Thomas HARRISON, gendre de Robert DALLAM, construisait l'orgue actuel, dont le buffet (modifié) abrite aujourd'hui un instrument de CLAUS (1888) restauré en 1930 par GLOTON, et reconstruit par RENAUD en 1985.

Protection MH. "Buffet et tribune du grand orgue, bois sculpté, 1606 et 1650, I.D."

3 - DESCRIPTION :

Buffet : Yves Richard, 1650, sur les plans de Harrison. Tribune de J.Bourne, 1606
Etat de l'instrument : bon
Entretenu par : RENAUD de Nantes
Composition : 2 claviers de 56 notes, pédalier de 30 notes

  GO

  RECIT

 PEDALE

Bourdon 16

Montre 8

Bourdon 8

Prestant 4

Doublette 2

Plein-jeu V

Cornet V

Flûte harmonique 8

Voix céleste

Gambe 8

Flûte octaviante 4

Octavin 2

Trompette 8

Basson-Hautbois 8

Bourdon 16

Basse 8

 Console en fenêtre, mécanique suspendue. Appel anches. Tremblant doux. Copula II/I, Tirasse II, I.

4 - REFERENCES :

- Abbé Jean Feutren, "Histoire des Orgues de Roscoff",  Bulletin Paroissial de Roscoff, 1968
- DUFOURCQ (N.), Le livre de l'orgue français, tome I p.501/5 (comptes de fabrique 1649/50)
- NOISETTE de Crauzat (Claude), Lorgue en Bretagne sous lAncien Régime, Thèse, 1974, ex.dact., p.534.
- J.C. Guéret "L'orgue de Roscoff de 1609 à 1984", Bulletin de la SAF 1983/2 p127.

5 - OBSERVATIONS :

- Instrument aux origines diverses, mais très amélioré par la restauration de 1985.
- Les panneaux avant de la tribune constituent les éléments les plus anciens actuellement visibles.
- Le millésime 1609 figure en médaillon sous l’avancée en surplomb qui servait de siège à l’organiste.
- Cette tribune, encastrée à l’origine entre les piliers du clocher, supportait un petit orgue dont pratiquement tout est méconnu, à l’exception d’un nom de facteur, Jean Bourne ou Bonneville, qui aurait œuvré à Roscoff en 1609.



Les ormes de l'église et la tempête du 9 octobre 1964

La tempête du vendredi 9 ctobre 1964 a soufflé avec violence entre 11 et 15 heures. Les ormes de l'enclos avaient été plantés pendant l'hiver 1840.

Trois d'entre eux du côté de la place de l'église, ont été victimes de l'ouragan, causant dans leur chute de très sérieux dégats. Deux petites voitures ont été écrasées.

La chute du 3ème orme fut amortie par la masse du fût du clocher. Cette chute et les travaux de dégagement de l'arbre ont causé des dégats d'ardoises assez réduits. Les scultures, par contre, ont bien souffert; cinq figurines se sont détachées. Le fronton de la lucarne nord du porche est tombé ainsi que des pierres de la facade. La toiture du porche était déjà bien délabrée. Les dernières dégradations vont sans doute provoquer une profonde restauration. Le plus spectaculaire est la disparition des deux canons du clocher qui surveillaient les deux extrémités du chenal. Ils symbolisaient la vigilance des roscovites face à l'ennemi d'autrefois, l'Anglais.


Extrait d'un roman de Mona Thomas.

L’action se passe dans l’Eglise Croas Batz de Roscoff


La belle église encore allumée. Il y a eu une messe, c'est vide, pourtant on sent la présence des gens en entrant, un désordre dans les chaises, les livrets. Une porte se ferme, les fleurs du chœur sont trop penchées. Un temple doit être habité par ceux qui connaissent le rite, les chants. Pas seulement visité.

Je voudrais voir une communauté se rassembler et chanter, ce serait bien de faire partie, dans un endroit comme ici, se reconnaître d'une vieille mémoire pour la partager.

Sur ma chaise au milieu de la cinquième rangée, j'étudie l'orteil en bois rose craquelé d'une sainte à robe rouge. Une dame munie d'un seau et d'un balai passe en faisant du bruit. Le jour est encore neuf contre les vitraux, on a apporté un carton de cierges, longues tiges grasses privées de lumière. Tout ce qui peut s'éteindre d'un coup, j'ai pensé, tout ce qui ne demande rien. Tout ce qui veut la même chose que moi, vivre, vivre jusqu'au bout.

Demeurer ici assise en attendant la sortie de ma mère. L'enclos pour unique refuge. Dans chaque commune, une maison pour les réprouvés. Un clocher qu'on voit de loin, abri des repris de justice, des malheureux, des assassins. je voudrais qu'on me montre une photo de mon père, je voudrais pouvoir pleurer pour lui, je voudrais savoir pourquoi ma mère l'a tué, je reste dans les reflets, les odeurs de ce qui a été. Glaïeuls prêts à casser, encens refroidi. Au pied de l'autel nappé de neige, le bleu des gros hortensias, explosion d'un nuage radioactif au-dessus du Japon. Tout est frais, assuré, d'un enchantement artificiel.

Je l'ai vu, je ne veux pas le voir. Plutôt les trois statues au-dessus de l'autel. Est-ce que la dame les connaît. Ici, sainte Barbe. Au centre, Geneviève. Là, Judith. Elle a décapité le général de Nabuchodonosor. Et les petits tableaux qu'on voit en entrant? Les quatre vertus cardinales. je donne un dernier coup, on a eu tellement de monde aujourd'hui, après je ferme.

Xavier s'est approché à pas de fourmi, la dame a compris que nous sommes ensemble: Viens voir.

J'ai trouvé un cadran solaire à l'extérieur de l'église. Il va t'intéresser.
Sur le mur en effet, creusé dans la pierre:
CRAIGNEZ LA DERNIERE
.

Une adresse à messieurs les corsaires, dit-il, le nez levé vers l'inscription. Tu crois? Une vanité. Messieurs les corsaires, vous dont la générosité a doté Roscoff de la très gothique Notre Dame, vous les valeureux, opulents de vos coffres bien remplis, CRAIGNEZ.


Court extrait d’un roman
de Mona Thomas

" On irait "

Editions Frontières / Gallimard
A la frontière entre les générations

Elle n’a pas connu son père. Née en prison, elle rend visite à sa mère au parloir. Alors Claire part avec Xavier ; qu’elle aime. Elle doit découvrir qui elle est. Qui étaient ses jeunes parents. Et si rechercher la vérité, c’était trahir sa mère ? L’histoire racontée sera la vraie, la violence confrontée. " On irait dans un petit hôtel sur la côte nord. Les grandes marées, on entendrait le vent. "

Cliquez et entrez dans le monde des cadrans solaires
Cliquez et entrez dans le monde des cadrans solaires

Mona Thomas est née en 1952. Elle vit entre la Bretagne et Paris, écrit pour le théâtre, collabore à des revues d’art et rédige des catalogues d’exposition.
Ses personnages négocient leur passage d’un monde à l’autre grâce au travail des mots, du souvenir, du désir.
Elle est l’auteur de l’essai Un art du secret – collectionneurs d’art contemporain en France ( Jacqueline Chambon, 1997 ).
Des romans Alar et Un grand rangement ( Fayard , 1995 et 1996 )

Chapelle Sainte Barbe - Chapelle St Nicolas - Autres chapelles

Dernière modification : 29 oct. 2010