1789 - Naissance
de la Commune de Roscoff
Par lAbbé Corre
Extrait du Bulletin paroissial de novembre 1964
LAssemblée Nationale avait décrété, le 14 Décembre 1789, que les
anciennes Communautés délibérantes du Royaume seraient remplacées par de nouvelles
municipalités.
Afin de se conformer aux instructions de lAssemblée Nationale, le Conseil
de St, Pol de Léon, dans sa séance du 28 janvier 1790,
nomma des commissaires pour procéder au dénombrement de la population, qui se trouva
monter à 8.293 habitants, savoir :
Quartier de Notre Dame - 1.083
Quartier de St Jean - 946
Quartier du Crucifix de la Ville - 1.157
Quartier du Crucifix des Champs - 952
Quartier de Trégondern - 1.240
Quartier de Toussaints et Roscoff 1.722
Quartier de St Pierre ( Santec et une partie de Roscoff ) 1.193
Le dénombrement fait, " les électeurs " ( ceux qui payaient
au moins 36 sous dimposition ) devaient procéder à lélection de la nouvelle
municipalité qui serait composée de neuf citoyens, du maire et dun procureur de la
commune, et du Conseil Général qui comprendrait dix-huit notables, conformément aux
articles 25, 26 et 30 du décret du 14 décembre 1789.
( pour être éligible, on devait payer 6 livres d'imposition en plus des 36 sous
)
Le jour arrêté pour l'élection des membres de la municipalité et du Conseil
de la Commune serait le 8 Février 1790, à 7 heures du matin, après avoir assisté
préalablement à la messe du St Esprit qui serait dite à la Cathédrale
Copie de la délibération et du tableau des citoyens actifs ( cest à dire
les électeurs et éligibles ) fut adressée à Messieurs Elie Corre, recteur du Minihy,
Hervé Paul curé de Santec et Nicolas Jacques Boutin curé de Roscoff, avec prière de
publier au prône de la grand-messe du 31 janvier
Roscoff, qui avait déjà fait plusieurs tentatives infructueuses pour se
détacher de St Pol
et former une communauté indépendante, profita du décret de lassemblée pour
conquérir son autonomie.
Au lieu dattendre au 8 février et de se rendre à St Pol, les électeurs
de Roscoff déclarèrent, le 31 janvier, se constituer en municipalité, et ils élurent
pour maire Gérard Mège, négociant et pour officiers du Corps municipal René Toulgoat,
Jean Chapelain, Alexandre Péron, François Corre, Pierre Diot, Le Squin Jeun ( Procureur
) et Claude Bernard ( Substitut du procureur de la Commune ).
Le Conseil général de la Commune fut composé des mêmes et de Yves Heurtin,
Julien Madeleneau, François Corre, Noël Muselec, Joseph Séité, Jean Kerbrat, Jean Le
Guerch, Pascal de Kerenveyer, Sébastien Quéméner, Jérôme Greunen, notables et Nicolas
Jacques Boutin, curé.
Le 5 février, Gérard Mège notifia à la Municipalité de St Pol que
lAssemblée tenue à Roscoff le 31 janvier sétait " constituée en
municipalité ", parce quil sy trouvait plus de 1.900 âmes,
quils possédaient un corps politique régulier, sauf à donner ensuite avis à
lAssemblée Nationale et à la Municipalité de Léon.
Cette déclaration produisit grand émoi au sein de la municipalité de
St Pol.
Séance tenante, les Officiers de la Commune " arrêtèrent de
considérer comme nul et illégal tout établissement de communauté qui pourrait avoir
été fait à Roscoff, attendu que les habitants de ce port nont ni possession, ni
droits, ni aucune raison valable au soutien dune pareille prétention.
1 - Leur prétendue population de 1.900 âmes n'est quune vraie chimère à
moins qu'ils n'y aient englobé les campagnes qui les environnent à une lieue à la
ronde;
2 - Leur Corps politique n'a été établi que pour administrer les biens et
revenus appartenant à leur Église, qui n'est ni paroissiale ni trêviale, mais une
simple succursale enclavée dans la paraisse du Léon.
3 - De tout temps immémorial Roscoff et ses habitants peu nombreux n'ont
représenté qu'un faux bourg, dépendant de la ville de Léon et régi par sa
municipalité à laquelle ils ont toujours fourni quelques délibérants;
4 - La preuve de cette dépendance absolue est qu'ils nont jamais eu un
rôle d'imposition distinct et séparé mais qu'ils ont été perpétuellement compris
dans le rôle de la ville de Léon;
5 - Ayant autrefois et tout récemment tenté de se rendre indépendants et
d'obtenir une municipalité, ils en ont été déboutés par un arrêt du Conseil du 30
Septembre 1608 et par délibération des États de cette province assemblés en 1786.
6 - L'Assemblée Nationale n'ayant ordonné le renouvellement des anciennes
municipalités que pour être formées sur le plan de leur arrondissement primitifs, les
habitants de Roscoff n'ont pu, sans s'écarter du respect dû à cette auguste Assemblée,
se détacher de la municipalité de Léon dont ils faisaient parties ni sériger en
municipalité de leur chef, en se rendant tout à la fois juge et partie de leur propre
cause;
7 - Les habitants de Roscoff sont dans le cas de lire leur condamnation
prononcée d'avance par un décret de l'Assemblée Nationale rendu le 20 Janvier dernier
en faveur de la municipalité de Chalons contre les habitants de son faux bourg, St
Laurent, qui avaient la même prétention que ceux-ci et ont été déchus provisoirement
Pour tous ces motifs la Communauté réserve de présenter une adresse à
lAssemblée Nationale pour quil lui plaise Casser et annuler toutes les
opérations relatives à létablissement de la prétendue municipalité de Roscoff,
et sera une expédition de la présente adressée au Sieur Mège à ce quil ne
puisse prétexter cause dignorance et pour quil en donne communication à ses
concitoyens, sil croit devoir le faire.
Signé :
Hervé Chef du Bois, Maire, Conversy, procureur du Roi, syndic, Jaguet, Le Floch,
Figuières, Langée, Corre, recteur du
Minihy, Meurzec Greffier.
Au lieu de répondre à St Pol, la Municipalité nouvelle s'empresse de
chercher appui en haut lieu.
Le 8 Février, elle écrivit la lettre au Président de lAssemblée
Nationale :
" Nous avons lhonneur de vous adresser ci-joint une copie
de la délibération prise par le général de cette ville le 31 du mois dernier, copie de
la formation de notre municipalité ordonnée par la dite délibération et un mémoire
détaillé de tous les motifs qui y ont porté le Général.
" La justice de notre cause nous fait espérer que vous voudrez
bien accueillir favorablement et approuver par lAssemblée Nationale toutes nos
opérations qui sont conformes à nos doléances. Nous croyons en être dautant plus
persuadés que nous pensons navoir fait que suivre lesprit de ses décrets sur
la formation des nouvelles municipalités"
" Nous avons lhonneur, etc
Gérard Mège, maire
Mémoire à lAssemblée Nationale pour la ville et
communauté de Roscoff.
Question
Les Trêves, annexes, succursales et autres Lieux do cette nature ayant la
population prescrite, par le décret de lAssemblée Nationale du 14 décembre 1789
concernant les municipalités, et quoique régies depuis plusieurs années par
l'administration d'un chef lieu sont-ils dans le cas de jouir de l'avantage dudit
décret ?
Telle est la question que les habitans de Roscoff osent soumettre aux
lumières de lauguste assemblée dont les travaux immenses, en établissant un
nouvel ordre des choses, répandent dans toutes les parties de France un espoir de bonheur
dont il étoit difficile que ce beau royaume pût jamais se flatter de jouir sous la
subversion totale de lancien régime fiscal.
Cette question se trouvant déjà déterminé par la loi même du 14
décembre, les habitans de Roscoff neussent jamais songé à distraire un instant
l'auguste Assemblée, s'ils n'eussent été instruits que la municipalité de St Paul de
Léon faisait des démarches pour faire revivre ses anciennes prétentions.
En effet Nosseigneurs, comment seroit - il possible quayant
prononcé par vos décrets la liberté individuelle, l'abolition des privilèges et,
prérogatives tenants à l'ancien Régime, la Municipalité de St Paul soit assez
aveuglée pour s'élever contre la sagesse de ces lois, en voulant maintenir Roscoff sous
sa dépendance absolue et vexatoire.
Ne seroit pas asservir une portion du peuple français au sein
même de la Liberté ?
Un abrégé succinct de la chronologie historique de Roscoff pourra vous
mettre à même, Nosseigneurs, d'apprécier la justesse de cette demande .
Roscoff, autrefois ville, maintenant bourg très considérable de
lÉvêché de Léon en Basse-Bretagne, nest guère connu dans l'histoire
moderne que par son port et havre dont l'avantage et la commodité sont d'un grand prix
pour la navigation et le commerce.
Sa fondation se perd dans la nuit la plus reculée. Une note ancienne de
1374 porte que cet endroit fut saccagé et brûlé par les ennemis de lÉtat, qui la
ruinèrent entièrement.
Mais la situation et la bonté de ses ports y ramenèrent bientôt après
une population nombreuse et un commerce florissant, et ce fut alors qu'en 1404 le
célèbre Penhoat, amiral de Bretagne, y assembla et avictuailla I'armée navale avec
laquelle il battit celle des Anglais à la hauteur de St Matthieu.
Roscoff, quoique considérable encore par son commerce et sa population,
l'étoit bien davantage au milieu du 16ème siècle, puisqu'on 1543, Henry,
fils du Roy, dauphin de Vienois, accorda à ses habitans par lettres patentes,
homologuées en 1544, létablissement dune compagnie d'arquebusiers avec droit
de Papegault et des franchises pour celui qui abateroit l'oiseau : ces privilèges ne
s'accordaient jamais qu'aux endroits considérés comme ville, et si cette qualité est
tombée en désuétude relativement à Roscoff cette perte n'est due qu'à sa dépendance
de St Paul et à la prépondérance trop nuisible de cette dernière.
Au commencement du 17ème siècle, Roscoff avoit droit de
députation aux États de la province; ses députés ont assistés à sept de leurs tenues
et cest en 1614 qu'a été aboli ce privilège à la sollicitation. de St Paul.
A ces privilèges notoires les habitants de Roscoff toujours actifs sur ce
qui pouvait tourner à leur avantage particulier et donner du nerf et de létendue
à leur commerce obtinrent en 1649 par Lettres patentes de Louis XIV, homologuées en
1655, confirmatives de celles de Henry IV, pour létablissement de six foires par an
; ces foires neurent pas lieu, les habitans de St -Paul. Rivaux de tous les temps de
Roscoff, y formèrent opposition
Indépendamment de ces prérogatives particulières, les habitans de,
Roscoff joindront des preuves plus sensibles dancienneté de leur ville en ce
quelles touchent au patriotisme. Lorsqu'en 1503 et 1534 on convoqua
larrière-ban, plusieurs particuliers, chefs danciennes maisons dont les
descendans subsistent encore, abandonnent leurs foyers, volent se faire inscrire au
catalogue et se vouent souvent à la défense de lÉtat.
Roscoff possède encore dans son sein un couvent de Capucins, fondé en
1622.
En 1573, établissement dun hôpital, fondé et doté par les seuls
habitans de Roscoff, pour les vieillards infirmes et les pauvres orphelins, aussi du lieu,
qui a toujours été ou dû être régi par deux administrateurs nommés par le Général,
sous linspection et conseil dun bureau composé de douze membres.
Cet asile se soutient par une sage économie, malgré laffluence
considérable des nécessiteux que la misère des tems et lhumanité souffrante
oblige dy recevoir.
Des titres aussi authentiques sur l'ancienneté de Roscoff, Ie rang qu'il
a occupé à différentes époques parmi les villes de la Province méritent dans cette
circonstance heureuse quelques considérations.
Dans ces tems où ses habitans jouissaient du bonheur de
sadministrer eux-mêmes, les richesses d'un grand commerce, fruit de leur activité
industrieuse, circulaient dans leurs mains et se propageaient de proche en proche; ces
beaux jours se sont écoulés, la réunion forcée de Roscoff à St Paul de Léon a tout
fait disparaître.
Les habitans de cette ville, jaloux dune prospérité qui ne pouvoit
cependant que tourner à leur avantage, soutenue de la puissance et du crédit de leurs
Évêques, ont demandés et obtenus tout ce qui pouvoit être préjudiciable à Roscoff et
se sont toujours opposés à son bien-être particulier, au point que ses habitans ayant
obtenus lagrément des États de la Province pour la confection dun grand
chemin vicinal pour joindre les routes qui aboutissent à Roscoff, a été encore
traversée dans ce projet utile pour son commerce avec lintérieur, tandis que des
Seigneurs, pour lembellissement de leurs terres, ont obtenus les mêmes faveurs avec
facilités.
De là, la source de ces animosités réciproques , de là une infinité
de procès et de vexations de tous genres.
Avant cette réunion fatale, Roscoff avoit obtenu en différens tems
quelques octroys, pour subvenir à des dépenses locales dune utilité reconnue et
indispensable, mais toujours après que le commerce avoit été entendu, dans la crainte
quils ne nuisissent à la branche quon auroit voulu y assujettir.
Depuis cette époque Roscoff na jamais été administré par la
municipalité de Saint Paul ni avec la même sagesse ni avec cette prudence qui dirige
lil intéressé à la chose, une multitude de droits fiscaux et
doctroyes ruineux ont étés successivement établis, et qui souvent mal adaptés,
ont détournés absolument des branches de son commerce en détruisant la concurrence et
la balance.
Cette administration a toujours été tellement vicieuses que, malgré ces
accumulations constantes et non interrompues, dans lesquelles Roscoff entroit pour les
trois quart au moins, lorsquil sest agi, dune dépense un peu majeure
pour les réparations, a été obligé de recourir à des contributions volontaires sur
lesquelles plusieurs particuliers de Roscoff ont encore à, réclamer depuis 1715 une
somme de 8.000 livres.
A tant de griefs, à cette multitude de vexations dont chacun doit
chercher à se dégager, en s'adaptant lorsquil en a le droit les principes de la
régénération présente, qu'aura à opposer la ville de St Paul ?
Elle dira, sans doute que de tems immémorial elle a englobé Roscoff dans
son rôle de capitation. Il n'y a pas d'abus qui n'ait son terme, et si par ensuite ].a
désunion demandée par Roscoff entrainoit une contestation (ce que l'on ne peut
présumer) ce seroit alors que devant démontrer péremptoirement et, par comparaison il
seroit facile de voir combien dans ce point seul ce dernier lieu la été lésé.
Quopposera telle encore ? Que les limites des deux endroits
n'étant pas posées, Roscoff n'a pu établir avec certitude sa population ?
La réponse à une pareille objection est facile. A défaut du rôle de
capitation, dont on a refusé une expédition, les habitans de Roscoff pour établir les
bernes de leur territoire se sont étayés :
1° - des registres de baptêmes, mariages et sépulture, de leur église.
2° - de l'usage très ancien quont certains manoirs dans la coupe
du gouëmon ou varech, qui se fait sur les isles dépendantes de Roscoff et les rives de
la mer qui bordent son propre territoire, usages dont les métayers ou autres se verroient
privés, s'ils n'optaient entre St Paul et Roscoff et s'ils ne supportoient une partie des
charges qui lui sont affectées.
Vous avez prononcés par votre décret du 14 décembre que toutes les
paroisses, bourgs et communautés où il y auroit 500 habitants se formeroit un corps
administratif. Roscoff seul, sans y comprendre ses dépendances, en réunit au moins
1.500. Il a donc droit à la chose, et doit jouir dans toute son étendue de l'avantage
que lui accorde la loi.
D'ailleurs, comment Roscoff, éloigné d'une lieue de St Paul pourroit
-il, suivant les principes du régime actuel, être administré, surveillé dans toutes
les parties du ressort des municipalités ?
La représentation qu'avoit Roscoff à celle de St Paul ne consistant
qu'en un membre contre onze, ayant été insuffisante pour contrebalancer les
délibérations prises à son détriment, ne pouvoit manquer de succomber et dêtre
accablé par la majorité.
La ville de Roscoff, malgré tous ces revers, malgré sa déchéance doit
se flatter que rendue à elle-même , dégagée des chaînes qui sappesantissoient
graduellement sur elle, elle se régénérera avec la France entière. Son commerce, son
industrie, son activité ne sont quassoupis ; la liberté dont elle va jouir va
lui donner une nouvelle force et lui rendre son premier éclat.
Signé :
Gérard Mège - maire - Pre Diot - échevin
- René Toulgoat - Le Squin Je, procureur de la Commune - A.Péron - F.Corre, + marque de Jean Chapalain - Pascal de Keranveyer
maréchal de camp
Claude Bernard, J.Kerbrat, J.Séité, J.Le Guerch,
Yves Heurtin, Julien Madéléneau, Y. Grall, N. Muselec, Sébastien Quéméner - Boutin Curé de
Roscoff.
La lettre de la Municipalité de Roscoff
à l'Assemblée Nationale fait allusion aux Doléances des Roscovites,
Voici ces dernières, elles sont assez curieuses,
Cahier des Doléances de Roscoff, du dimanche 29 mars 1789
En conséquence d'avertissement pronal pour obéir aux ordres du Roi portés par
ses lettres du 16 de ce mois, les règlemens du même jour et du 24 janvier dernier et
l'ordonnance de Mr Cosson de Kervodiès, sénéchal de la juridiction royale du Léon à
Lesneven du 27 mars, qui ont été publiés et affichés conformément aux dits
réglemens, le Général de Roscoff, à la Chapelle de St Nicolas, les pères de la
Commune ou le Corps politique a représenté et expliqué au dit Général les intentions
gracieuses de Notre auguste monarque et la invité à faire choix avec toute
liberté qui lui convient de deux sujets capables de soutenir ses intérêts lors de la
rédaction du Cahier de Doléances qui se fera à Lesneven, sans que ce choix puisse être
imputé à violence, subornation ou induction insidieuse.
A quoi se conformant le dit Général a donné sa voix et élus pour ses
représentants à. la rédaction du dit Cahier Mr Gérard Mège et François Séité, et
leur a enjoint de travailler dans cette circonstance, en honneur et conscience, pour le
bien de la Communauté dont ils font partie, de ne s'écarter en rien des charges qui leur
seront donnée et qu'ils feront fidellement enregistrer, qu'ils ne donneront leur voix,
que d'après une parfaite connaissance et sans partialité à ceux qu'ils croiront
capables de répondre à leurs vux aux États généraux et aux vues bienfaisantes
de notre bon Souverain : avec assurance de les approuver dans tous les points qui seront
insérés dans le dit " cahier ", protestants et réservants ce qu'il
appartiendra, en cas de contravention au serment qu'ils donneront de se fidellement
comporter.
Articles que les deux électeurs de la Commune de .Roscoff feront insérer sur le
Cahier de Doléances à Lesneven :
Supplier les États généraux
Article 1er - d'ordonner la contribution égale de tous impôts sans exception entre tous
les ordres de l' État.
Article 2ème - de supprimer les droits de franc fiefs, les tailles et fouages.
Article 3ème - de convertir la Corvée aux grands chemin en une imposition
payable par tous les sujets du Roi.
Article 4ème - d'accorder des exemptions pécuniaires à ceux qui feront du
défrichement et des plantations.
Article 5ème - d'ordonner que les frais de casernement des troupes se payent à
l'avenir par les trois ordres.
Article 6ème - de réformer tous les abus qui tournent à la pression du peuple
et du cultivateur. En un mot ils adhèrent et consentiront à tous les articles demandé
au nom et pour le bien du tiers état de la province.
Article 7ème - Ils demanderont spécialement que l'église succursale de Roscoff
soit érigée en paroisse, que le Recteur qui en sera inamovible sera à la nomination des
habitans de Roscoff, patrons et fondateurs de leur église.
Article 8ème - que le port et havre de Roscoff obtiennent le droit de ville,
faveur que sollicite et sa population et l'étendue d'affaire qu'il le fait et dont il est
encore susceptible.
Article 9ème - Qu'il soit absolument distinct et séparé de St Pol, seul moyen
de faire renaître la paix et l'harmonie entre les habitans respectifs.
Article 10ème - d'avoir un hôtel de ville, un maire et un greffier.
Article 11ème - d'avoir le droit de députer aux États de la province, droit
dont il a déjà joui en 1614.
Article 12ème davoir l'administration et manutention de ses deniers
d'octrois dont les fonds seront employés aux réparation du quai, de sa jetée et de sa
digue et aux autres endroits menacés de submergation.
Article 13ème - d'avoir un Corps politique légal composé du maire, de deux
fabriques procureurs généraux syndics d'administration des biens de léglise, deux
des administrateurs de lhôpital du lieu et de sept assesseurs, parmi lesquels on
nommera un miseur, deux collecteurs des impôts royaux et quatre conseillers surveillants
à la police.
Article 14ème - Les dits habitans de Roscoff étant patrons et fondateurs de leur
église succursale, de lhôpital, du couvent des Capucins, des chapelles St
Sébastien, Ste Barbe et Ste Anne, demander qu'il ne soit jamais permis à qui ce soit de
les interrompre ou troubler dans la, jouissance de leurs droits, privilèges et
possessions.
Article 15ème - Supplier très humblement Sa Majesté de vouloir bien prendre
cette ville sous sa protection particulière et ne jamais permettre qu'il soit décerné,
aucun droit qui tende à ruiner et détruire son commerce, seule ressource qui fasse
subsister ses habitans.
Rapidement lAssemblée
Nationale donna une réponse favorable à Roscoff.
En vertu du Décret du 14
décembre 1789, Roscoff qui est dit-on, une ville de 1.500 habitants a le droit de former
une municipalité particulière.
Saint Pol ninsista pas
plus longtemps sur sa prétention.
Roscoff devenait donc une
ville administrée par une municipalité et pourvue dun budget.
Son territoire à
lOuest englobait une partie de Santec et sétendait au Sud à mi-route de
Saint Pol.
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