La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 178 - 1963 - Décembre

- Avec nos saisonniers


AVEC NOS SAISONNIERS

Le manque d'emploi et la petitesse des fermes obligent, chaque année, des centaines d'hommes de notre région côtière à quitter leur pays et leur famille, durant de longs mois, pour aller chercher du travail ailleurs.

Une enquête sommaire, réalisée surtout auprès de la mairie, grâce aux passeports délivrés depuis 3 ans, a révélé que, environ 180 à 200 "Johnnys" traversent encore la Manche, chaque année, pour aller vendre leurs oignons en Angleterre, pendant 6 à 8 mois de l'année.

L’éloignement et aussi leur dispersion à travers les îles Britanniques, depuis le Sud de la Cornouaille jusqu'au Nord de l’Écosse, ne permet pas de les visiter régulièrement sur leurs lieux de travail.

Par contre c'est devenu presque une tradition d'aller, chaque année, visiter les “Sucriers”, au moins quand la saison se prolonge durant plusieurs mois. C'est Monseigneur Favé, alors Curé-Archiprêtre de Saint Pol de Léon, qui inaugura ce genre d' apostolat auprès de ces saisonniers bretons.

Plus de 900 hommes de la région de St Pol, dont 50 de Roscoff, partent chaque année, faire la saison dans les usines de sucreries du nord et de l'est de la France.

J'ai eu l'occasion, cette année de faire la tournée des sucreries de l'est, en compagnie de Monsieur l'abbé Perrot, vicaire à St Pol, tandis qu'une équipe de deux autres prêtres se rendait dans le nord.

En prenant le départ de ce voyage, le samedi 2 Novembre, je pensais aux missionnaires partant pour une tournée pastorale dans la brousse, avec cette différence qu'au lieu d'un maigre bidet, dont dispose souvent le missionnaire, nous avions une confortable Dauphine.

Notre visite, qui était annoncée et attendue, a été accueillie partout avec beaucoup de joie. Elle a été l'occasion d'une véritable détente, au milieu de cette campagne qui s'annonce assez longue.

La tournée a débuté à Pithiviers où nous avons pu assister à une fête bien organisée, groupant Bretons et Basques dans une ambiance très sympathique. Un groupe folklorique basque et un sonneur breton (hélas seul représentant de la Bretagne de Paris) animaient cette fête.

Ailleurs, s'il n'y a pas eu de tel rassemblement, la gaieté et l'entrain ne faisaient pas défaut aux veillées du soir qu'il fallait souvent écourter pour permettre à nos sucriers de prendre un repos bien mérité. Au cours de ces soirées chacun se faisait un plaisir de chanter sa petite chanson, qui était enregistrée sur bande de magnétophone. Cet instrument, bien utile pour la circonstance, servait de trait-d'union entre les différentes sucreries.

Mais le but de notre visite était surtout d'apporter à nos sucriers un réconfort spirituel. Le travail qui leur est demandé est souvent pénible. Le repos du dimanche n'est pas respecté, l'usine ne s'arrêtant qu'une fois la saison terminée. Les horaires de travail ne permettent pas toujours à ceux qui le désirent de participer à la messe. Aussi chaque fois que les circonstances nous le permettaient, soit le matin, soit le soir, nous avons tenu à célébrer une messe à l'occasion de notre passage.

Là où nous avons pu pénétrer à l'intérieur de l'usine et voir les sucriers au travail, nous avons été frappés par les dures conditions de travail auxquelles ils sont astreints, surtout à certains postes. Le souvenir de ces hommes, travaillant aux presses, dans la chaleur, la vapeur d'eau, le bruit, torse nu et dégoulinant de sueur restera, longtemps gravé dans ma mémoire.

Si certaines usines ont fait un effort pour offrir à leurs ouvriers des logements et une cantine confortables (telles Artenay et Montereau), d'autres par contre s'intéressent fort peu à ces problèmes.

Cependant, malgré ces conditions de travail et de logement le moral des hommes semblait excellent . Nous avons senti surtout une bonne camaraderie et un grand esprit d'entr'aide.

Quand les reverrons-nous au pays ?

Si certains espèrent être rentrés avant Noël, beaucoup d'entr’eux passeront les fêtes de Noël et du premier de l'An, loin de chez eux, pour ne rentrer que vers le 10 ou le 15 Janvier.

F.S.

Voici l'itinéraire de notre visite :

3 Novembre


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