La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 182 - 1964 - Avril

- Le cimetière du Vil - 1833
- Le prix des choses
- Le choléra de 1832


LE CIMETIERE DU VIL (1833)

 Les anciens cimetières à Roscoff

En 1830, pour une population d'environ 3,300 habitants, la commune de Roscoff disposait de trois cimetières : un à Santec (population de 1.200 hab.), un à l'Hospice pour les hospitalisés et le cimetière de l'enclos paroissial.

Une délibération municipale du 31 Mars 1834 signalera que "Les habitans de Kerfissiec et de Keravel' qui avant la révolution faisaient partie de la paroisse du Minihi (Saint Pol) ont généralement conservé leurs habitudes religieuses à Saint-Pol de Léon et la plupart des cultivateurs aisés s'y font enterrer."

Le cimetière de l'Hospice se devine encore dans le petit champ qui se trouve devant la façade de la chapelle Saint Nicolas, de l'autre côté de la route de Saint Pol. Cette route portait déjà alors le n° 169 et s'appelait : “ la route royale de 3ème classe de Lorient au port de Roscoff.” Nous aurons l'occasion d'en reparler.

cpostNicolas.jpg (28812 octets)
Chapelle et Hospice St Nicolas, vu de l'ancien cimetière

chapelle-st-nicolas.jpg (40778 octets)

A gauche la Chapelle St Nicolas, à droite l'entrée du cimetière

L’EXIGUITE DU CIMETIERE DE L'ENCLOS PAROISSIAL

Le 20 août 1831, le conseil paroissial, dit de Fabrique, se réunit en séance extraordinaire au Presbytère ; c'était alors la vieille maison de l'actuelle Mairie.

La séance était présidée par Monsieur d'Herbais, en présence de Mr Poncin desservant de Roscoff, Leschamps fils, maire, Valentin Le Dault, trésorier, Madeleneau aîné et Kermarrec.

L'objet en était le cimetière de l'enclos paroissial.

Depuis un grand nombre d'années on remarquait dans le cimetière, des pierres informes, tellement massives que le fossoyeur rebuté à la suite de vains efforts pour les déplacer, avait enfin renoncé à inhumer dans les emplacements qu'elles occupent. Il en est résulté que le Cimetière qui est déjà assez petit eu égard à la population, s'est il y a quelque temps, trouvé tellement insuffisant que l'on fut obligé d'inhumer dans celui de l'Hospice, au grand mécontentement des parents des décédés.

Un autre inconvénient s'en est suivi : le défaut de place a autorisé des inhumations dans les allées mêmes conduisant à l'Eglise et au point que l'accès en serait inévitablement par suite presque interdit aux personnes âgées à vue faible et à marche chancelante.

Le conseil, sur ces considérants, décide l'enlèvement de ces grosses pierres non gravées d’inscriptions; il détermine les dimensions maxima des pierres tombales, qui devront pouvoir être déplacées par deux hommes. On dégagera  à nouveau les allées qui conduisent à l'Eglise.

Pour faire face aux frais d’entretien du Cimetière le conseil paroissial décide à la majorité seulement, d'augmenter les prix de la location annuelle des Bancs de l'Eglise. Ils seront portés de 8 Fr à 10 Fr, de 6 Fr à 8 Fr, de 3 Fr à 4 Fr ; ceux d'un autre prix seront augmentés proportionnellement.

Nous possédons le mémoire de ce travail de nettoyage du cimetière par Louis Guillou, maître maçon :

Pour acquit, 12 sept. 1831.


LE PRIX DES CHOSES

Il ne nous est pas facile d'apprécier la valeur réelle de ces salaires. Cherchons du moins des points de comparaison.

A défaut de renseignements sur les prix dans l'alimentation et l'habillement, nous ferons état d'une démarche faite au début de 1829 auprès de la municipalité par Madame Bléas, de la rue des Perles.

Cette jeune femme, née Anne Jeanne Le Bris, avait alors 31 / 32 ans. Elle était la maman de 5 filles Elisabeth, Angélique, Suzanne, Hortense et Corolis. Plus tard viendront Augustine, Elvire et Joachim, qui ne vivra qu'une semaine.

Son mari, Joachim Marie Antoine Bléas, tenait un débit de tabac. A partir de 1830, il aimait à se prévaloir du titre Bléas de Closneuf. Il sera alors secrétaire de la mairie, gardant naturellement son commerce. En 1835 en le voit signer "Instituteur" (décès 1846).

Madame était partie à Brest comme élève sage femme. Elle demanda un secours à la mairie, "sauf à le rendre si elle venait à quitter la commune".

Le conseil en délibéra le 9 Avril 1829.

“ Considérant que cette dame n'a point les facultés nécessaires à pourvoir à sa pension et à celle de 5 petits enfants qu'elle laisse ici.”

“ Considérant la modicité des ressources de la commune et l'intérêt de soutenir une jeune et très intéressante famille et d'avoir une sage-femme à Roscoff.”

“ Vu l'état de la caisse au 31mars et l’État satisfaisant du produit de l’octroi pendant le dernier trimestre.”

Le conseil est d'avis :

“ Qu'il soit payé pour la pension de Mme Bléas, une somme de 24 fr par mois pendant son séjour à Brest comme élève sage-fernme et qu'on aide en nature ou acquits de fourniture ses enfants jusqu'à concurrence de 300 fr y compris la pension de la Maman”

“ En cas de départ pour aller exercer ailleurs, Mme Bléas devra rembourser la totalité des avances à elle consenties.”

Madame Bléas exerça, à Roscoff.

Ses honoraires de sage-femme, le traitement de Monsieur Bléas comme secrétaire de Mairie, 460 fr par an, les recettes du bureau de tabac, devaient donner à la famille Bléas une situation très confortable pour l'époque. Délibération du 29 mai 1836. En 1832, sa négligence et son inconduite obligèrent le maire à réduire son traitement de 60 fr, pour pouvoir ainsi payer une partie des écritures faites par d’autres.

Il est indispensable d'être au fait des tribulations financières de la commune en ces années 1830 pour sentir le drame que pouvait être l’édification d'un nouveau cimetière. Nous y reviendrons dans le prochain numéro.

Retenons aujourd'hui la pauvreté du budget municipal.

Voici, par exemple, le projet de budget pour 1831

Recette de toutes espèces = 4.304,75

Dépense sollicitée = 3.748,48

Excédent des recettes = 556,27

La population dans son ensemble était très pauvre. Les délibérations municipales ne cessent de le souligner à l'intention du préfet, en vue de l'apitoyer et “recommander le sort de la commune à la sollicitude paternelle de Monsieur le Préfet qui en connaît si bien les besoins “

(9 Octobre 1829).

Devant tant de pauvreté on comprend les répugnances de la commune à s'imposer la charge de créer un nouveau cimetière. Elle en avait pourtant été sollicitée par une demande de Monsieur Lahalle “ tendant à faire établir le lieu de sépulture hors-ville".

A la presque unanimité le conseil décida le 20 Mars 1828 qu'on continuerait l'usage de l' ancien cimetière, il serait agrandi du côté du nord si son insuffisance était reconnue.”

Le choléra de Novembre 1832 va contraindre la municipalité à ouvrir un nouveau cimetière au Vil.

Il y eut en 1832, dans la commune, 154 décès, auxquels on ajoutera 5 transcriptions de décès sur venus au dehors...


LE CHOLERA DE 1832 –
·         Voir Choléra à Quimper

Novembre, mois noir - miz du

Le simple relevé qui suit restituera mieux que toutes considérations, l'atmosphère de catastrophe qui s'abattit sur le pays.

1er Novembre

 3 Novembre

 5 Novembre

 7 Novembre

 9 Novembre

10 Novembre

11 Novembre

12 Novembre

13 Novembre

14 Novembre

15 Novembre

16 Novembre

17 Novembre

18 Novembre

19 Novembre

20 Novembre

21 Novembre

22 Novembre

23 Novembre

24 Novembre

25 Novembre

26 Novembre

28 Nov.

29 Novembre

30 Novembre

Du 1er au 6 Décembre, il y aura encore

Il semble dès lors que l' épidémie ait fini ses ravages; le 1er décès qui suit est celui d'un mort-né, le 14 Décembre; il porte le n° 155

Ainsi du 1er Novembre au 6 Décembre, il y eut. dans la commune 86 décès :

Le Télégramme du 20 Février 1964 signale, d'après les mémoires inédits de F. De Miollis, qu’on envoya de Brest deux médecins de Marine, MM.Pottel et Arnous. Les malades qu'ils purent soigner à temps furent guéris, tandis qu'à Carantec, à Henvic et à Taulé, les cholériques soignés par un vieux médecin de Morlaix, succombaient en quelques jours."


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