La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 186 - 1964 - Septembre / Octobre

- La chapelle St Sébastien
- La révolution à Roscoff - Naissance d'une commune


LA CHAPELLE SAINT-SEBASTIEN

Cahiers de Mr Le Corre

Les précautions n’empêchaient pas la contagion, puisque une seconde chapelle, dédiée à St Roch fut construite près de St Pol en 1630, pour le service des malades de l'hôpital bâti à cette époque pour recueillir les pestiférés.

bulletin-paroissial-peste.jpg (19426 octets)

( voir lien sur la peste )

En Octobre 1665, “Défense était faite de par le Roi aux ports de Bretagne de recevoir les navires anglais, à raison du mal contagieux dont le dit pays est affligé ; et ordre donné de courir sus aux réfractaires, de couler leurs vaisseaux à fonds pour prévenir les inconvénients qui pourraient arriver de leur communication.”

Il était défendu également de faire aucune cargaison pour l'Angleterre et l'Irlande.”

Cette ordonnance du Roi, transmise par Mazarin devait être bannie aux ports de Penpoul et Rosgoff”(Registre des Délibérations du Minihy-Léon - Mairie de St Pol de Léon).

Les Pestiférés, même au cercueil, ne laissent pas d’être un objet de terreur. Ainsi, lors de la, peste de 1626, les Carmes remontrant aux Juges de St Paul “qu'ils souffrent grand dommage de ce que depuis 10 ou 15 jours, et tout fraîchement hier à l'issue des Vêpres où afflue un grand peuple, ceux du village de Kerfiziec passent (avec les corps morts) devant la porte du Couvent, les portes de leur église, par devant les fenêtres des 18 chambres du dortoir des religieux et par devant leur jardin." En conséquence les Carmes demandent "qu'on donne autre passage aux corps morts et personnes suspectes, ou plutôt  qu’on n'enterre pas les contagieux au cimetière neuf, en la paroisse de Toussaint, mais au cimetière du St Sébastien, près le bourg de Roscoff, lieu fort éloigné de toute hantise du peuple, sur le bord de la mer, fort commode à ceux du village de Kerfiziec et, d'ailleurs, béni et dédié pour les pestiférés.”

Claude du Tertre, Sr de la Villeneuve, procureur-syndic, faisant droit à cette requête, ordonne "qu'on enterrera les contagieux de Kerfiziec à St Sébastien, à peine de 300 livres d'amende et autres vaines et qu'il faudra pour cela passer à au moins 500 pas de la ville, à peine d'être poursuivis et repoussés par les armes, et on sonnant une cloche devant le cortège pour avertir le monde." (abbé G. Pondaven - St Pol-de-Léon - Extraits des délibérations de la Maison de ville de St Paul de Léon?.

Le 1er Mai 1629, Vanne Thépaut, veuve de Guillaume Henry avait fait don à St Sébastien d'un champ (annales Roscovites - page 110)

Par son testament du 21 Octobre 1645, Messire Yves Gouérou, curé de Roscoff ordonne à bailler de ses biens à la chapelle de Saint Sébastien près le dict bourg de Rosgoff, soixante sols...

En 1652, Ie 18 Juillet, Ie Corps Politique décide de faire faire une quête et d'employer les ressources acquises "à la réparation des maisons de Santé (de St Sébastien) qui menacent prompte ruine"

Le Pardon de la chapelle avait lieu le 20 Janvier. Un Bref du Pape Innocent XI du 11 Juin 1677 accordait, aux conditions ordinaires (confession et communion) une indulgence plénière aux pardonneurs qui visitaient la chapelle de St Sébastien au jour du Pardon. Ce Bref était muni du visa de l’Évêque de Léon : Pierre Le Nebour de la Brosse (1671-1701).

Pour la célébration des 1ères Vêpres, de la Grand-Messe et des 2èmes Vêpres, Ie clergé recevait la somme de 5 livres. A l'occasion du Pardon on renouvelait la provision de cierges. Ainsi les comptes de la Sacristie portent :

- pour 1735 "Vendu 4 cierges à St Sébastien - 2 Livres 8"

- pour 1754 "Donné une demi-livre de cierges jaunes à St Sébastien 2 Livres 5";

- pour 1758 "Donné pour St Sébastien, 10 cierges

- pour 1757 - 4 cierges

- pour 1758 - 6 cierges -4 Livres 14 sols" ...etc

Dans le courant de Novembre, chaque année, on y chantait un office pour défunts.

On y venait parfois en procession de tout le Minihy. Ainsi au mois de Septembre 1629 on se rend en procession à St Sébastien “pour être exempté de la contagion de la peste, qui affligea le Léon au XVII° siècle - cf. Le Minihy-Léon p.150 - Peyron.

Jusqu'à la Révolution la chapelle eut une administration spéciale indépendante de celle de l'église.

Voici le compte que rendait en Mai 1794 à la Municipalité le citoyen Kersauson, administrateur des biens appartenant à la chapelle de St Sébastien de Roscoff, de: son administration des dits biens depuis le 1er Octobre 1782 (vieux stile) jusques y compris - année 1790 (aussi vieux stile) époque à laquelle ces biens ont été administrés pour et au compte de la Nation”.

RECETTES -

-           Chap. I - Revenu des fermages - 166 L

-           Chap. II - Offrandes à la chapelle - 102 L 6d

-           Chap. III - Reliquat en caisse - 132-L 6s

§        Total : 400 L 6s 6d

La dépense (réparations, cierges, office etc..) montait à 219 L 15.

En sorte qu'il restait en caisse : 180 Livres, 11. sols, 6 deniers...

Le Compte fut approuvé par les officiers municipaux :

Picrel l'aîné, Dutour, J.Jacques Mège et Yves Heurtin.

La Chapelle reçut, pendant la période de la Révolution, la visite d'ouvriers chargés d'en enlever les armoiries et autres marques de féodalité : l’Inventaire, prélude de la confiscation, y fut fait. On n'oublia pas d'enlever la cloche, le calice, les ornements pour les porter au District, à Morlaix (cf. La Révolution à Roscoff : Inventaire des chapelles).

Les biens de la chapelle St Sébastien, n'ayant pas été vendus pendant la. Révolution, furent donnés à la fabrique de l'église paroissiale, qui les a perdus par la loi de Séparation (1906).

Ces biens étaient ainsi cadastrés :

D'après les comptes de 1808 on enleva les pierres tombales du cimetière de St Sébastien pour les transporter au cimetière de la paroisse.

La Chapelle elle-même ne tarda pas à tomber en ruines. En 1813, Mr Henry Lahalle achetait 36,.francs les pierres de démolition de la Chapelle...

A part le clocher que, Mr Lahalle donna en 1821 à la chapelle Sainte Barbe, les matériaux : " Tant pierres de taille que moëllon composant les murs de la Chapelle" ne furent enlevés qu'en 1833. Monsieur Lahalle, par une lettre du 16 Août 1833, les avait offerts à l'Eglise...

Ces matériaux servirent à la construction de deux maisons à Pen-ar-C' hreac' h. Dans l'une d'elles la pierre d'autel doit servir de pierre de foyer.

On voit encore, quelques vestiges de l'ancien cimetière et deux gros bénitiers, encastrés dans un mur. Quand on enleva les tombes en 1808, on enterra en un tas les ossements découverts.

Le tableau du “Martyr de St Sébastien" qui se trouve à Ste Barbe doit provenir de l'ancienne chapelle du lazaret.


LA REVOLUTION A ROSCOFF

(par Monsieur 1' Abbé Le Corre}

CHAPITRE 1 - NAISSANCE DE LA COMMUNE

L'Assemblée Nationale avait décrété, le 14 Décembre 1789, que les anciennes Communautés délibérantes du Royaume seraient .remplacées par de nouvelles municipalités.

Afin de se conformer aux instructions de l’Assemblée Nationale, le Conseil de St Pol de Léon, dans sa séance du 28 Janvier 1790, nomma des commissaires pour procéder au dénombrement de la population, qui se trouva monter à 8.293 habitants savoir :

Le dénombrement fait, "les électeurs (ceux qui payaient au moins 36 sous d'imposition) devaient procéder à l'élection de la nouvelle municipalité qui serait composée de neuf citoyens, du maire et d’un procureur de la commune et du Conseil général qui comprendrait dix-huit notables, conformément aux articles 25, 26 et 30 du décret du 14 Décembre 1789.

(pour être éligible, on devait payer 6 livres d'imposition en plus des 36 sous).

Le jour arrêté pour l'élection des membres de la municipalité et du Conseil de la Commune serait le 8 Février 1790, à 7 heures du matin, après avoir assisté préalablement à la messe du St Esprit qui serait dite à la Cathédrale".

Copie de la délibération et du tableau des citoyens actifs (c'est à dire électeurs et éligibles) fut adressée à Messieurs Elie Corre, recteur du Minihy, Hervé Paul, curé de Santec et Nicolas Jacques Loutin curé de Roscoff, avec prière de publier au prône de la grande messe du 31 Janvier.

Roscoff, qui avait déjà fait plusieurs tentative; infructueuses pour se détacher de St Pol et former une communauté indépendante, profita du décret de l'assemblée pour conquérir son autonomie

Au lieu d'attendre au 8 Février et de se rendre à St Pol, les électeurs de,Roscoff déclarèrent, le 31 Janvier, se constituer en municipalité, et ils élurent pour maire Gérard Mège, négociant et pour officiers du corps municipal René Toulgoat, Jean Chapalain, Alexandre Péron, François Corre, Pierre Diot, Le Squin Jeune (procureur), et Claude Bernard, (substitut du procureur de la Commune).

Le Conseil Général de la commune fut composé des mêmes et de : Yves Heurtin, Julien Madeleneau, François Corre, Noël Muselec, Joseph Séité, Jean Kerbrat, Jean Le Guerch, Pascal de Keranveyer, Sébastien Quéméner, Jérémie Creunen, notables et M.J. Boutin, curé.

Le 5 février, G.Mège notifia à la Municipalité de St Pol que l’assemblée tenue à Roscoff, le 31 janvier s’était constitué en municipalité, parce qu'il s'y trouvait plus de 1.900 âmes, qu’ils possédaient un corps politique régulier, sauf à donner ensuite avis à l'assemblée nationale et à la Municipalité de Léon.

Cette déclaration produisit grand émoi au sein de la Municipalité de St Pol.

Séance tenante les officiers de la Commune "arrêtèrent de considérer comme nul et illégal tout établissement de Communauté qui pourrait avoir été fait à Roscoff, attendu que les habitants de ce port n'ont ni possession, ni droit, ni aucune raison valable au soutien d'une pareille prétention :

·          .3°) - De tout temps immémorial Roscoff et ses habitants peu nombreux n'ont représenté qu'un faux bourg dépendant de la ville de Léon et régi par sa municipalité à laquelle ils ont toujours.fourni quelques délibérants;

Pour tous ces motifs la Communauté réserve de présenter une adresse à l'Assemblée nationale pour qu'il lui plaise casser et annuler toutes les opérations relatives à l'établissement de la prétendue municipalité de Roscoff, et sera une expédition de la présente adressée au Sieur Mège à ce qu'il ne puisse prétexter cause d’ignorance et pour qu'il en donne communication à ses concitoyens, s'il croit le devoir faire".

Signé : Hervé Chef du Bois, maire, Conversy procureur du Roi, syndic, Jaguet, Le Floc' h, Figuières, Langée, Corre recteur du Minihy, Meurzec greffier.

Au lieu de répondre à St Pol, la Municipalité nouvelle s'empressa de chercher appui en haut lieu.

Le 8 Février, elle écrivit la lettre suivante au Président de l’Assemblée nationale :

" Nous avons l'honneur de vous adresser ci-joint une copie de la délibération prise par le Général de cette ville le 31 du mois dernier, copie de la formation de notre Municipalité ordonnée par la dite délibération et un mémoire détaillé de tous les motifs qui y ont porté le Général.

" La justice de notre cause nous fait espérer que vous voudrez bien faire accueillir favorablement et approuver par l'assemblée nationale toutes nos opérations qui sont conformes à nos doléances. Nous croyons en être d'autant plus persuadés que nous pensons n'avoir fait que suivre l'esprit de ses décrets sur la formation des nouvelles municipalités..."

" Nous avons l'honneur, etc... Gérard Mège, maire, Pré Diot

A cette lettre était joint un mémoire à l'Assemblée nationale et indiquant les raisons qui incitaient les Roscovites à se séparer de St Pol et que nous reproduirons dans notre prochain numéro.


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