La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 188 - 1964 - Décembre

- Naissance d'une commune
- Le "houragan" de la St François - 1765


CHAP. 1er - NAISSANCE DE LA COMMUNE

Le cahier des doléances poursuit

Ainsy signé sur la ditte doléance

Loué, François Séité, J. Autret, Yves Pleiber, Ker André, Yves Heurtin, Gérard Mège, Toussaint Vantigny, Jean Marie Kerhervé, Alexandre Péron, Joseph Quemener, André Péron, F. Cor, Jean Marie Tanguy, François Guillou, Jean Louis Kerhervé, Jean Queméner, Jean Marie Corre, Noël Musellec, François Tanguy, Paul Créac’h, Jacques Kerranfort, Mondisu, Claude Bernard, Pierre Quemener, Hervé Baron, Cardinal, Louis Le Roux, Pierre Le Roux, Yves Grall, Claude Le Guivarc’h et six autres qui ont fait leur Croix."

Après avoir fait appel au Président de l'Assemblée nationale, la Municipalité travailla à gagner les bonnes grâces de M.M. Le Guen de Kerangal et de Keraugon, députés de la Sénéchaussée de Lesneven. Le 15 Février 1790 le mémoire détaillé et une copie de la formation de la Municipalité leur furent adressés.

Le même jour, une autre lettre fut expédiée à l'adresse du Président du Comité de Constitution à l'Assemblée Nationale à Paris. Cette lettre répond victorieusement au grand argument de la délibération de la Municipalité de St Pol-de-Léon, demandant l'annulation des opérations relatives à la formation de la Municipalité de Roscoff en s'appuyant sur le décret de l'Assemblée Nationale rendu le 20 Janvier en faveur de la Municipalité de Chalons-sur-Saône contre les habitants du faubourg de St Laurent.

" Ce décret ne peut nous servir de condamnation. Nous sommes éloignés de la ville de St Paul-de-Léon d'une lieue, tandis que la séparation du faux-bourg St Laurent avec la ville de Chalons-sur-Saône ne consiste que dans le pont de pierre construit sur la rivière de la Saône," Et la lettre ajoute ironiquement : "Il y a apparence que les habitants de St Paul n'ont nulle connaissance de cette ville et de ce faux bourg, Roscoff est ville et n'a jamais été ni pû être faux bourg de St Paul de Léon."

Le 22, la Municipalité s'adressa au Président du Comité des Recherches à l'Assemblée Nationale, en précisant et en détaillant encore mieux les raisons qui étaient en faveur de Roscoff. Mais déjà la partie était gagnée. Dès le 19, l'Assemblée Nationale avait fait à Roscoff la réponse suivante :

" En vertu du décret du 14 Octobre, toute ville, bourg, paroisse et communauté a droit d'avoir une municipalité. Roscoff est une ville, dit-on, de 1.500 habitans. Elle a donc le droit, selon le décret, de former une municipalité particulière.

La ville de St Paul n'insistera pas plus long temps sur sa prétention. Il suffit qu'elle appartienne à la Bretagne pour qu'il ne soit permis de douter ni de son patriotisme ni de sa soumission absolue aux décrets de l'Assemblée Nationale, soumission sans laquelle il n'y a ni ordre ni paix à espérer dans le Royaume.

Au Comité de constitution, 19 Février 1790,

Signé : Target, Rabaut de St Etienne. "

Dès la réception de cette Lettre, la Municipalité de Roscoff expédia au Maire de St Pol (Mr Le Hir) le bulletin de victoire suivant (4 Mars)

“ Monsieur. La Ville de Roscoff, en conséquence du décret de l'Assemblée Nationale du 14 Octobre dernier s'étant érigée en Municipalité, qui a été aggrégée et approuvée, nous avons l'honneur de vous en faire part..."

“ Nous sommes on ne peut plus flattés, Monsieur, que cette circonstance nous mette à même de concourir avec vous à tout ce qui pourra contribuer au bien-être publique. Veuillez vous persuader que nous y employrons tous nos soins."

Nous sommes avec respect, etc.. Signé : G. Mège, P. Diot.

Et le jeune Maire de la Municipalité à peine éclose invita, le même jour, Monseigneur l'Intendant de Bretagne à Rennes à lui "adresser les exemplaires de tous les décrets de l'Assemblée Nationale, tant ceux rendus jusqu'à cette époque que ceux qui lui parviendront par la suite".

Voilà donc Roscoff commune. Pourquoi pas canton ? Il n'y a que le premier pas qui coûte.

Le 31 Mars 1790, la Municipalité écrivit aux Commissaires du Roi pour le Département de l'Ouest, à Quimper, la supplique suivante :

“ Messieurs. Nous croyons que Roscoff, par sa situation, étant le point central entre les paroisses de l’isle de Batz et Santec (le territoire de cette dernière se trouvant englobé en partie dans celui de Roscoff) peut convenir à ces deux endroits pour la réunion des assemblées primaires.

Nous prenons en conséquence le parti de vous adresser çi-inclus la notte du nombre des citoyens actifs de chacun de ces endroits qui désirent leur réunion à Roscoff au lieu de St Paul qui pourrait entrer en concurrence. Nous sommes.. etc..

Signé : Mége - Diot.

P.S.- Dénombrement des citoyens actifs des paroisses ci-après auxquelles Roscoff, par sa situation, pourrait convenir pour la réunion des assemblées primaires (c'est-à-dire pour canton).

Savoir

Cette demande ne fut pas jetée au panier. Elle tiendra plus tard une réponse favorable.

Nous lisons, en effet, au Registre des Délibérations, que l'Administration du Département, siégeant à Quimper, adressa le 23 brumaire an IV (12 Novembre 1795) à la Municipalité de Roscoff un arrêté d'après lequel la Commune de St Pol formerait seule une administration municipale; et les autres communes, faisant précédemment partie de ce canton, Plougoulm, Plouénan et l'île de Batz composeraient une autre administration municipale, dont Roscoff serait le chef-lieu.

La Municipalité,de Roscoff s’empressa, quatre jours après (le 27 Brumaire) d'inviter les officiers municipaux de ces trois communes à se réunir "à la cy-devant église, chef-lieu provisoire du canton, à 8 heures, le 1er Frimaire prochain (22 Novembre) pour élire le juge de paix, ses assesseurs et un président de l'Administration municipale du Canton."

Le nouveau canton eut, d'ailleurs, une vie éphémère.

Plouénan et Plougoulm s'en étaient détachés dès le premier jour (conformément à un arrêté du Département du 4 frimaire, 25 Novembre); et la Loi du 28 Pluviose an 7 (17 Février 1799) réunit de nouveau le canton de Roscoff à celui de Saint Pol de Léon.


CHAPITRE II.- ANNEE 1790

La besogne ne fit pas défaut à la Municipalité de Roscoff, pendant la période révolutionnaire.

Le Conseil siégea pour ainsi dire en permanence pendant une dizaine d'années.

Ces notes n’ont pas la prétention de donner l'histoire complète de Roscoff pendant la Révolution mais de relater seulement la partie religieuse de cette histoire par le récit des relations et des démêlés de la Commune et de l'église.

DECLARATION DES ECCLESIASTIQUES ET RELIGIEUX

Par un décret du 13 Novembre 1789, l'Assemblée Nationale avait prescrit aux titulaires de bénéfices et à tous les Supérieurs de Maisons et établissements ecclésiastiques de faire dans les deux mois la déclaration de tous les biens dépendants desdits bénéfices, maisons et établissements. C'était l'annonce d'une spoliation prochaine des biens de l'Eglise de France, conformément au vote du 2 Novembre mettant tous les biens ecclésiastiques à la disposition de la Nation.

Cette déclaration fut faite à Roscoff par Mr Boutin (Nicolas, Jacques, curé), le 27 Février pour lui-même, le 1er Mars pour MM. Jean Kerbiriou et Jacques Maurice Décourt, et le 9 Mars par Mr Julien Jean Marie de la Bourgonnière. Ces trois derniers étaient prêtres auxiliaires à Roscoff.

Les revenus de la Fabrique de l'église de Roscoff étaient à cette époque de 1.100 livres. L'acquit des fondations montait à 900 livres; il restait 200 livres pour le temporel de la Fabrique.

Le Supérieur du Couvent des R.P. Capucins, le R.P Athanase de Lannion (François Gouëlou) fit aussi sa déclaration. Celle-ci ne plût pas aux Municipaux de Roscoff, puisqu'en la transmettant le 24 Mars au Président du Comité ecclésiastique de l'Assemblée Nationale, ils l'appelaient "un apperçu informe" des revenus de la Communauté. (Archives du Finistère Série H 214).

En général, les Capucins n'ayant pas de biens, ne firent pas de déclaration.

DONS OFFERTS POUR LA CONTRIBUTION PATRIOTIQUE.

Le 24 Mars en expédia au Président de l'Assemblée Nationale la déclaration des dons offerts le 15 Décembre 1789 pour la Contribution patriotique, en exécution du décret du 6 Octobre.

Roscoff versa 14.849 livres, et de plus 285 livres 18 sous en espèces françaises, et 8 marcs 2 onces 6 gros, en espèces étrangères et argenterie (le marc, unité de poids pour les matières précieuses se divisait en 8 onces, et l'once en 8 gros. Le marc valait 244 gr 75 de notre système actuel.)

Voici les noms de quelques "donateurs" et l’énumération des sommes ou autres valeurs "offertes" (Ie montant du versement était le quart du revenu, et les 2,5 % de l'argenterie) :


Le HOURAGAN de la SAINT FRANCOIS

On n'a jamais vu ça ! disaient les uns, au spectacle des dégâts causés par l'ouragan de la Saint Denis 1964 (9 Octobre). D'autres, à l'air plus entendu, déclaraient :"La tempête du siècle !" Mais qu'en savons-nous ?

De nos jours, nous sommes à l'affût des anniversaires ou centenaires pour pallier l'indigence de notre information sur l'actualité. Il en est de biscornus, tel celui dont nous allons nous entretenir : le 199ème anniversaire de l'Ouragan de la Saint François 1765, "le houragan" comme l'écrit le marguillier dans ses comptes.

Grâce :à monsieur de Kerlidec Prigent nous avons quelques détails comptables sur les dégâts subis par l'église de Roscoff, ce 4 Octobre 1765.

Le clocher fut découronné de sa flèche, sur une hauteur que les documents ne précisent pas. Les pierres, dans leur chute, firent d'assez sérieux dommages à la toiture de l'église et à celle du porche.

On se préoccupa immédiatement de réparer ces toitures. Chrétien Quéran, le "charpantier'', se rendit chez "Paul Kerbiriou, marchand de bois de charpente" à St Paul sans doute. Sa journée lui fut comptée 1 livre 4 sols. La facture du bois se montait à 156 livres 12 sols,

La provision de "cloux" fut payée 16 livres 19 sols à Marguerite Mab cloutière à Saint Paul".

La mise en place des "échafauts" revint à 5 livres.

"La grande réparation" donna du travail à 4 charpantiers pendant 15 jours. Ils furent rétribués ainsi :

Les fenêtres de l'église avaient sans doute beaucoup souffert de la tempête :

“ au sieur Kergrach vitrier pour la réparation du domage causé par le houragan de la St François 1.765, 60 livres.

Le clocher ne fut réparé qu'en Mai 1767, à la suite d'une délibération du corps politique de la ville de Roscoff en date du Dimanche 3 "May" .

La place manque pour transcrire les détails du compte des travaux.

Notons l'essentiel :

• Franc funin neuf (cordage) pour hisser les pierres au clocher .. 46 L 16 s.

• Massons - 120 L

• Barrique de chaux vive et demi barrique de brique pillée et le port de Morlaix à Roscoff. 16 L 14 s.

• A Matthieu Chaoüen forgeron pour la façon de la croix de fer sur le clocher pesant 82 livres à 4 sols             ... 16 L 8 s.

Et comme il est naturel :

• Pour gratifications aux ouvriers le jour de la cloture de l'ouvrage - 1 L 10 s.

Nous avons de la chance, avait déclaré Prigent de Kerlidec aux édiles " ayant sur le lieu un ouvrier qui s'offre à accepter le travail, nous ne sommes pas surs d'en trouver quand nous le voudrons"

On se l'arrachait ?.. Déjà !

Dans les comptes de 1773 à 1777, on note une dépenses 49 livres 8 sols à Mr Kermabon pour fournitures : planchers, chevrons … du temps de la réparation de l’église en 1765.


Mais, l’église avait déjà subit d’autres dégâts.

 Le clocher fut aussi gravement endommagé par la foudre le 18 novembre 1722.

Le 11 juillet 1723, le travail de restauration était presque terminé ( devis de 1.200 livres).

Dimanche 22 novembre 1722 – Assemblée générale

«   L’accident funeste arrivé mercredy dernier au clocher de l’église trêvial de cette ville par le feu du ciel et le tonnerre expose non seulement les habitans de cette ville à être écrasés par des pierres qui sont ébranlées et prêtes à tomber au premier vent. Mais même le toit et la charpente de la dite église, ce qui causerait un dommage considérable et que pour éviter de tels accidents, ils trouvent ( Sieurs de Launay et de Kernéoual) convenable sous le bon plaisir de Messieurs le bourgois et habitans de démolir ce qui peut causer du risque en attendant la belle saizon pour rebattir ledit clocher.

Les nommés Laurans Saillour et Rolland Malgorn, maîtres maçons et travailleurs de pierre se sont présentés pour voir le dommage arrivé au clocher. Ils estiment le démolissement, et la mise en mesmes état de perfection suivant l’avis des experts, avec la fourniture d’échaffaux, cordages et autres matériaux quelconques, à la somme de 1.200 livres…

11 juillet 1723

La réparation étant sur le point d’être achevée, nommer des experts pour voir si l’ouvrage état.

 

1778

D’après les comptes, il y eut un autre accident le 21 février.

Il n’y eu pas de réunion du corps politique entre le 18 janvier et le 5 avril 1778 ( il n’est pas question de cet accident).

25 février :


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