La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

169 170  171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266  267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303  304 305 306  -  Retour au sommaire   -   Menu

Précédent   - Suivant


Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 189 - 1965 - Janvier

- Dons offerts pour la contribution patriotique - 1790
- Inventaire du couvent des capucins

Dans le n°186 (Octobre 1964) du bulletin paroissial nous avons commencé la publication des cahiers de Monsieur l'abbé Le Corre consacrés à l'histoire de Roscoff pendant la révolution française.

Après avoir raconté dans un 1er chapitre la naissance de la commune Monsieur Le Corre nous entretenait dans un 2ème chapitre, de Roscoff en 1790; il avait relevé la liste des dons offerts pour la contribution patriotique. Nous en donnons la suite.


ROSCOFF en 1790

Une lettre de l'Evêque de Léon du 12 novembre 1789 avait invité les fabriques à donner pour les besoins de l'état l'argenterie qui n'était pas nécessaire pour la décence du culte.

L'argenterie de l'église, d'après un reçu du marchand orfèvre de Morlaix chargé du pesage et de la vérification, se composait d'une croix de procession, de trois calices, de quatre burettes et de cinq plats de quête dont un à compartiments.

L'accusé de réception, signé : de Virieu, trésorier à Paris, est du 8 Avril. Et l’Intendant de Bretagne est prié, le 16 Juin, d'enjoindre à la Municipalité de St Pol de ne pas exiger de Roscoff la contribution patriotique, le recouvrement s'en étant fait à Roscoff même.

Le 22 Juillet, la Municipalité “ taxa et collecta ” au rôle de la contribution patriotique

La réunion de la Municipalité de ce jour fût, contre l'habitude, assez orageuse. Cinq des membres : Mège, Heurtin, Madeleneau, Kerenveyer et Boutin curé protestèrent contre l'imposition des étrangers avant consultation préalable de l’Assemblée Nationale.


INVENTAIRE DU  COUVENT DES CAPUCINS

Dans la nuit du 4 Août 1789, le clergé avait déclaré renoncer à ses privilèges, à la dîme, au casuel, mais sa générosité n'avait pas empêché la confiscation, puisque le 2 Novembre l'Assemblée Nationale avait voté le texte suivant “ Tous les biens ecclésiastiques sont à la disposition de la Nation."

Après avoir dépouillé l'Eglise de ses biens, l'Assemblée manifesta son mauvais vouloir à l'égard de la profession religieuse. Le 1er article de son décret du 13 février 1790 est ainsi conçu “L'Assemblée Nationale décrète, comme article constitutionnel, que la Loi ne reconnaîtra plus de voeux monastiques solennels. Déclare en conséquence que les Ordres dans lesquels on fait de pareils voeux sont et:demeureront supprimés en France” !

Comme corollaire à cette Loi, un décret du 20 Mars prescrivit aux Municipalités de faire l'inventaire des couvents et d'interroger les religieux sur leur volonté de rentrer dans le monde ou de rester dans le cloître ceux qui voudraient demeurer fidèles à leurs voeux seraient concentrés, pour y attendre la mort, dans quelques monastères qui seraient conservés.

Les religieux Capucins avaient fondé un Couvent à Roscoff en 1621, à la demande des "Nobles bourgeois manans et habitants" qui leur avaient donné le terrain nécessaire.

Le 8 Mai 1790, les officiers municipaux, maire en tête, vinrent y faire l'inventaire.

Nous transcrivons, sans y rien changer, le récit de l'expédition, tel qu'il fut rédigé par les Membres du bureau Municipal.

“ L'an mil sept cent quatre vingt dix, le huit may, deux heures de relevée.

Nous Soussignés Sieurs Gérard Mège, Pierre Diot, René Toulgoat, Alexandre Péron, Jean Chapalain, le premier de nous maire, les quatre autres officiers municipaux de la ville de Roscoff, ayants avec nous comme Secrétaire-greffier Yves Prat, certifions et raportons qu'en vertu de Lettres patentes du Roy du vingte six mars dernier données à Paris le dit jour, vériffiées à Rennes par Monsieur du Falou, intendant de la province de Bretagne le vingt avril dernier, publiées et affichées en cette ville de Roscoff le premier du dit mois de May, en vertus aussi de la délibération de la Municipalité de cette dite ville, de ce jour, nous nous sommes transpportés à requette et en présence du Sieur Michel Louis Marie Lesquin, procureur de la Commune de la Municipalité de Roscoff au couvent des religieux capucins de la ditte ville; qu'étant introduits dans le réfectoire dudit couvent par le Père vicaire cy-après dénommé.

L'avons prié et interpellé de faire comparoître: devant nous tous les religieux composants la communauté; en conséquence le dit Père vicaire paroissant a été suivi des religieux cy-après savoir :

Nous ont des dits religieux présents déclaré et affirmé qu'eux et les deux absents composent leurs communautés dans leur couvent .de Roscoff. Avons par le dit Prat fait aux dits religieux présent lecture en langue française et ensuite exhibition des lettres patentes cy-devant citées.

En conséquence Nous dits Maire et officiers municipaux avons déclaré aux dits religieux, capucins présents que notre descente chez eux est à l'effet de remplir les voeux de l'article V des dites lettres patentes; avons interpellés,les dits religieux présents de nous faire ouverture de tous les êtres de leurs maison et dépendances afin de nous mettre à même de dresser sur papier libre et sans frais un état et description sommaire de l’argenterie, argent monoiés, des effets de la Sacristie, bibliothèque, livres, manuscrits, médailles et du mobilier le plus précieux de la maison.

A cette interpellation les dits religieux présent nous ont déclarés n'avoir moyens empêchant notre descente et nos réquisitions; en conséquence nous ont fait vue et montrée de ce qu'il suit et avons trouvé dans les etres nous montrées,

Savoir

·        AU CHAUFFOIRE
Une mauvaise crammollière

·        DANS LA CUISINE
Une crammollière, une paille, pincette, trépier et crochets, deux écumoires dont un pour le poisson, et une polie à frire.

·        AU REFECTOIRE
Cinq tables et un banc tout autour, et un tableau représentant la Cène, par Jean Déniel, année 1710.

·        A L'OFFICE
Un buffet et vessélier garnis d’assiettes,.de plus quatre chaises.

·        DANS LA CAVE
quatre bariques de vin rouge et blanc, dont deux en consommation.

Et attendu qu'il est six heures sonnée à l'orloge de cette ville, avons clos la présente journée et renvoyé la continuation d'icelle à lundy prochain à huit heures du matin, sous les seings de nous dits Maire, officiers municipaux, Prat et religieux susdits présent : frère Athanase de Lannion, capucin vicaire, f. Alain du Pont l'Abbé, f. François de Quimper ptre cap., Pre Diot, René Toulgoat, F. Cor, Le Squin Je pr. de la Commune, Gérard Mège maire, Prat secrétaire greffier par intérim.

Et avenus ce jour dixième may 1790, à 8 heures du matin, a été procédée à.la continuation du présent procez verbal ainsy qu'il suit :

·        DANS LA COMMUNAUTES OU LINGERIES
Une grande table au milieu, soutenus de petites armoires,
quinze douzaines de serviètes,
sept paires de draps de lit,
cinq couvertures de laine,
une douzaine tayëttes d'oreillers,
et une douzaine d'essuis mainz.

·        DANS LA MENUISERIE
Deux tablée avec leurs traitteaux, et l’établie à menusier.

·        DANS LA CHAMBRE DES GARC0NS
Trois lits garnies de leurs draps et couvertures,
trois movais coffres
et une mauvaise table.

·        DANS LA CAVE A CIDRE
Un pressoir pour faire du cidre.

·        AU JARDIN
Dans le 1er Combau :
26 arbres espaliers divers fruits,
109 arbres ,à, plein vent et buissons,
3 pieds de vignes,
deux petits jardins emmurés.


Dans le 2ème Combau :
23 arbres espaliers,
70 tant à plein vent qu'en buisson,
1 grotte avec une Vierge.

·        SUR LA LEVEE
73 pieds peupliers jeunes.

·        DANS LE GRAND VERGEE
33 espaliers divers fruits,
77 arbres en plein vent,
au bout du grand verger une pépinière contenante 95 jeunes arbres : chêne, ormes et hêtres.

·        DANS LE BOIS
63 jeunes peupliers,
14. frênes,
6 noyers,
129 ormes,
14 chênes, 12 jeunes chênes,
un âne avec son équipage,
17 arbres ormes et frênes encernant le couvent, et 7 arbres dits au parvis;
tous les dits terrains contenants ensemble environ trois journaux de terre.

·        INFIRMERIE

·        DORTOIRS – 1er ETAGE
à gauche : 7 cellules , sans lits.
à droite : 13 dito dont 5 garnis de leurs couvertes.

·        DANS LA SACRISTIE

o       4 calices d'argent,

o       l’ostensoire d'argent ou autrement un soleil,

o       1 saint ciboire d'argent,

o       un ensensoir, une navette cuivre
(le 6 Mars 1793, ces deux effets, encensoir et navette, ont été remis à Kerenfort pour le service de l'église paroissiale de Roscoff, en présence des commissaires Finchaud et Saillour);

o       12 ornements complaits, gallonnés seulement, en soye et laine pour toutes les fêtes

o       18 aubes,

o       24 amictes,

o       16 corporeaux,

o       24 purificatoires,

o       36 lavabos,

o       1 chape en soie

o       6 grands chandelliers d'autel en cuivre,

o       6 petits chandelliers idem.,

o       7 missels,

o       24 nappes d'autel.

·        AU COEUR
2 psautiers posés sur un pupitre en bois,

·        AU MAITRE AUTEL
2 reliquières en bois dorés,
4 chandelliers de bois,
1 tabernacle en bois doré,
1 lampe de cuivre,
5 devant d'autel dont un en soye et quatre en étoffes.

·        Chapelle de la Vierge : 4 chandelliers de bois

·        Chapelle de la vraie Croix : 4 chandelliers de bois.

·        JARDIN ATTENANT A LA MAISON MERE
1 petit champ semé en lin contenant environ un septième journal de terre,
22 arbres chêne et noyer (en marge : un tombé a été remplacé 1792).


Précédent   - Suivant