La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 190 - 1965 - Février

- Inventaire du couvent des capucins
- Fête du 14 juillet
- Remontrance au curé Boutin
- La portioncule au couvent des Capucins
- Paotred Rosko - Hymne roscovite - voir plus ici


INVENTAIRE DU COUVENT DES CAPUCINS

Nous avons interpellé les dits religieux présents de nous représenter l'argenterie, l'argent monoiés, les médailles dont ils peuvent être possesseurs, l'état actuel de leurs maisons, leurs dettes mobilières et immobilières et de nous représanter les titres qui les constatent. A ces interpellations les dits Religieux présents nous ont déclarés :

Tels sont tous les biens profanes et sacrés et papiers que nous avons trouvés à invantorier en la ditte communauté des Religieux Capucins à Roscoff sur les vües et montrées qui nous ont été faites par les dits Religieux présents, et sur leurs déclarations et affirmations de n'avoir volontairement omis, celles ny soustrait aucunes choses quelqu'onques, avons formellement déclarés aux dits Religieux présents Athanase de Lannion, Allain de Pont l'abbé, François de Quimper que nous laissons à leurs garde et charge tous les objets compris en l'état cy dessus et des autres parts mentionnés; et ont les dits Religieux signés avec nous qui leurs enjoignons de donner aux différentes natures de biens qu'ils exploiteront les soins nécessaires pour leurs conservations, et pour préparer la prochaine récolte, sous peine en cas de négligence de leurs parts d'y être pourvue par nous au frais de leur communauté; leur enjoignons pareillement (au cas que quelqu'un des religieux de leur Communauté veille sortir des Maisons de leurs Ordres, de souffir en leurs Communautés les dits religieux y vivre comme par le passé en attendant qu'il ait été pourvu à son sort par qui il apartiendra, et avant les signatures donnons acte de ce que la Communauté dont est cas n'est composée que de cinq religieux cy devant dénommés tant présents qu'absents, sans nul affilié; pareille acte de ce que la Maison des dits Capucins au dit Roscoff ne peut commodément contenire que le nombre de quinze religieux; acte encore de ce que les dits père Athanas de Lannion, François de Quimper, Séraphin de Brest déclarent formellement que leurs intantions est de rester dans les Maisons de leurs Ordres; acte enfin au dit Allain de Pont l'abbé de sa déclaration formelle de voulloir sortire des maisons de son ordre.

Fait et arretté au Monastaire des dit religieux Capucins au dit Roscoff les dits jours, mois et ans que devant.

Depuis le dit frère Allain, laissé par ses supérieurs délibérer, volontairement déclare persister dans ces sentimens de sortie et a signé :

Frère Allain de Pont l'abbé.

Prat secrétaire, gref. par intér. Pré Diot, Le Squin, Jne procureur de la Commune."

A ce long et minutieux inventaire où toute fois les commissaires oublièrent de mentionner le grand figuier de l'enclos des Capucins, qui était déjà et qui est toujours une des curiosités de Roscoff - se trouve joint le post-scriptum suivant :

" Depuis la clôture de notre présent procez verbal s'est présenté devant nous le nommé Jacques Salaun, garçon servant chez les Pères Capucins depuis environs cinquante ans, lequel nous a présenté un engagement réciproque qu'il auroit contracté avec laditte communauté le onze septembre 1740, dont la teneur suit .

In nomine domini. A notre couvent de Roscoff, ce onze Septembre 1740 le nommé Jacques Salaun, de la paroisse de Saint Pierre de Santec dans le Minihy de Léon, qui nous sert il y a quatre mois, qui est de bonne vie et moeurs et de bonne famille de Santec, nous ayant- témoigné plusieurs fois qu'il souhaitait s’engager et se donner toute sa vie au service des Capuçins en qualité de garçon tant pour i rendre tous les services qu'exige sa condission que pour y faire plus facilement son salut, et être participant des prières des nous aussy connaissant sa probité et sa fidélité, de l’avis de notre vénérable, Père vicaire et autres anciens de la. Communauté, nous acceptons s l'offre que nous fait le dit Jacques Salaun, et de le nourire et de l’entretenire sain et malade, jeune et vieux, et de luy fournire tous ses besoins sprirituels et temporel, tandisqu’il sera honêt homme et fidel. En foy de quoy nous soussignons conjoinctement avec luy et son oncle Pierre Parsévas de Santec, le dit jour et an que cy dessus. Ainsi signé f. Ange de Quintin gardien des Capucins de Roscoff, Jacques Salaun

" Dudit engagement le dit Jacques Salaün a déposé l'original pour rester d'attache à notre dit procés verbal ; avons audit Jacques Salaun donné acté de ses réquisitions à ce quil soit considéré et tenu comme vrai affilié au dit couvent des Religieux Capucins à Roscoff; luy avons délivré coppie dudit engagement de nous signé et a le dit Jacques Salaun signé la minutte de notre procés-verbal. "

Copie du procès-verbal de l’inventaire les Capucins fut adressé au district de Morlaix la 27 Septembre Le Frère Alain de Pont l'Abbé (Barthélémy Peilllet) ne revint pas sur sa détermination de vouloir quitter la Communauté; car le 29 décembre: il écrivit la lettre suivante au.officiers municipaux :

“Messieurs, désirant jouir des privilèges accordés par les lettres patentes du Roy sur un décret de l’Assemblée du, 13 février données à Paris le 19 du dit mois  et me voyant il y a très longtemps souffrir sous la tirannie de mes supérieurs de Roscoff, je requière, Messieurs. votre autorité pour sortir de la Communauté.”

“Suivant l'article II de la lettre patente du Roy du 19 février 1790 toutes individus peuvent sortir de leur Communauté en faisant leur déclaration devant la Municipalité du lieu. Je requière de plus, Messieurs, que vous ayez la bonté de venir avec moy à ma Communauté afin que je puisse avoir 27 livres 16 sols en argent et mes petits effets qui sont dans ma chambre. Vous ferez justice."

Fait à Roscoff, f. Allain de Pont l’abbé, capucin.

Reconnaissons, à l'honneur de la Municipalité de Roscoff, que le 5 novembre, elle transmit aux administreurs du Directoire du District de Morlaix " le voeu unanime de la Commune de se voir conserver la seule Communauté de Capucins qui existe dans son arrondissement.

Les Capucins resteront à Roscoff jusqu'en 1792. Cette année-là les Religieux s'y trouveront au nombre d'une vingtaine; le couvent de Roscoff ayant été choisi pour recevoir ceux qui avaient opté pour la vie commune .

Quand les officiers municipaux vinrent le 29 Septembre 1792 vérifier l'inventaire, conformément à une loi du 16 août, ils reconnurent que tous les effets inventoriés au procés verbal" existaient toujours, à part quelques peupliers abattus par la tempête, et un pris pour servir d'arbre de la liberté.

Aussi, trouva-t-il tout en l'état, le citoyen Joseph Marie Guillaume, commissaire nommé par le Directoire du District de Morlaix, quand les 13, 14, 15 et 17 Juin 1793, il vient, avec l'assistance de Charles Lavis notable nommé par le Conseil Municipal de Roscoff et de Pierre Marie Trobert, officier municipal de St Pol de Léon, procéder à la vente "des meubles des dits Capucins de la dite ci-devant Communauté."

A part quelques objets dont la Municipalité de Roscoff avait disposé pour ses casernes et celles de l’île de Siec et de l'île de Batz, tout fut vendu ou livré à la Nation.

La vente publiée à Roscoff par tambour (le crieur public de l'époque s'appelait Nicolas Bochet, demeurant à l'hôpital) et par affiches "à Léon, Roscoff, Morlaix, Landivisiau, Lesneven et Brest" rapporta la somme de 1.525 livres 14 sols 16 deniers.

Sur cette somme 704 livres 9 sols passèrent en frais divers : affiches, enregistrement, vacations de Mr. Guillaume et de son aide Jean Moal, journées employées par la "citoyenne Elizabette Le Roy" à l'estimation, etc..

Les plus ardents à la curée furent :

Ce dernier acheta pour 305 livres 17 sols de meubles, ornements, etc.. mais il n'avait pas de quoi payer ? Aussi le Commissaire "demande reprise de la somme de 305 livres 17 sols aux différentes ventes de Roscoff par le curé de cette ville (somme) qu'on put luy retenir au District et sur son traitement".

Quant à la bibliothèque, elle fut expédiée le 13 Septembre 1753 au Directoire du District de Morlaix par le gabarrier Morvan de Locquénolé (Archives du Finistère) .

La propriété elle-même ne fut vendue que plus tard.

Yves Heurtin acheta le tout. Le 4 thermidor an IV (22 Juillet 1796) l'enclos lui était adjugé pour 5.704 livres et la Maison de la Mère pour 1.758 livres; le 26 prairial an VII (14 Juin 1799) il achetait le couvent 22.000 livres.

Yves Heurtin, originaire de Maison (diocèse de Nantes), était venu à Roscoff comme tonnelier,

Le métier de tonnelier nourrissait son homme à Roscoff, centre important de commerce de fraude avec l'Angleterre, où l'on introduisait eaux de vie, thés, tabacs renfermés dans des barils.

Yves Heurtin ne tarda pas à monter dans l'échelle sociale. En 1793 il était déjà "gros négociant", puisque, lors de la déclaration des marchandises imposée par décret du 8 thermidor (26 Juillet), il avait dans ses magasins :

Officier Municipal, membre du fameux Comité du Salut Public de Roscoff, il était dénué de scrupules.

Avec son gendre, Jean Baptiste Alexandre Deschamps, (originaire de Chablis, diocèse de Langres ancien capitaine d’infanterie démissionnaire en 1798 à 29 ans et marié cette année-là à Marguerite Heurtin), il devint grand acquéreur des biens nationaux (biens religieux et biens des nobles confisqués par la Nation.

Ces biens ne coûtèrent pas cher, payés en majeure partie en assignats.

En 1884, le petit-fils des.Deschamps-Heurtin, Léopold Deschamps, banquier à Roscoff, dût déposer son bilan. Sa faillite amena la ruine de plusieurs familles roscovites, qui lui avaient confié leurs économies, évaluées à deux millions.


FETE DU 14 JUILLET 1790

Pour célébrer le premier anniversaire de la prise de la Bastille, les Municipaux de Roscoff arrêtèrent, le 14 Juillet 1790, "qu'il serait dressé sur la grande place un autel représentant le pied d'estal d'une colonne dorique surmontée d'un entablement sur laquelle - seroient placées deux mains jointes, simbol de la fidélité et de l'union fraternelle qui doit exister à jamais entre tous les citoyens de l'empire français- que la troupe nationale commandée par ses officiers se rendraient en armes au devant de l'hôtel de ville, tambour battant, enseigne déployée, pour de là accompagner Mr le Maire, les officiers municipaux ainsi que le conseil général de la Commune jusqu'au pied de l'autel, que là Mr le Maire et le Procureur-syndic de la Commune ayant prononcés chacun un discours analogue à la circonstance, le serment individuel d'être fidèle à la loi et au Roy et de Soutenir de toutes ses forces la Constitution décrétée et sanctionnée par le Roy serait prêté."

La fête eut lieu, et la Municipalité fut si fière du succès qu'elle obtint qu'elle en fit rédiger le compte-rendu sur le Registre des Délibérations.

" Le serment prêté, y lisons, nous, a été terminé par des acclamations de "vive le Roy et la liberté" et soutenu par plusieurs décharges d'artillerie."

Mais on ne s'arrêta pas là "Cette première cérémonie achevée, lit-on au compte-rendu, la Municipalité, les Notables, ainsi que la garde nationale et le peuple se sont rendus dans le plus grand ordre à l'église paroissiale pour rendre grâce à Dieu des bienfaits qu'il daigne répandre sur la France et le prier de luy conserver son roy. Le Te Deum, ensuite la.prière pour le Roy ont été entonnés par la Municipalité, les prêtres desservant cette église ayant refusés leur ministère pour une cérémonie aussi sainte qu'auguste."

Et la fête se termina par une distribution de pain aux indigents.

Dans leur enthousiasme les Municipaux décidèrent d'adresser le compte-rendu de la fête à la Municipalité de Paris et au Président de l'assemblée Nationale. L'envoi était accompagné de  ces réflexions :"Le procès-verbal de la fête fédérative qui a eu lieu le 14 exprime bien sincèrement nos voeux pour le rétablissement de la paix e t de la tranquillité dans toutes les parties de la France, et nous devons penser avec tous les bons patriotes que ce serment prononcé à la fasse du ciel inspirera au moins une crainte respectueuse aux malveillants et les forcera à reconnoitre la sagesse d'une Constitution faite pour le bonheur de tous."

Fait le 28 Juillet 1790, etc.. P. Diot, Mège.

Voir gravure


REMONTRANCES AU CURE BOUTIN

Le Dimanche 9 Septembre 1790, Monsieur Boutin, curé de Roscoff, avait invité les habitants à payer la contribution dite de capitation es mains de Monsieur Figuière à St Paul".

Quoi ! Roscoff n'est donc pas Commune ? La Municipalité se rassembla à la hâte le jour même, et la lettre suivante fut écrite à Monsieur Boutin :

“ Monsieur, la Municipalité vient d'apprendre que vous avez fait ce matin, au prône de votre Grande messe, une publication relative au payement de la Capitation des habitants de cette ville es-mains de Mr Figuiére à St Paul.

La Municipalité rie vous ayant pas requis cette publication, vous ne deviez et ne pouviez la faire qu'au préalable vous l'en eussiez prévenue.

En conséquence, vous voudrez bien, Monsieur, publier à l'issue des Vêpres que la susdite capitation, pour ce qui concerne Roscoff, se percevra à, Roscoff. Incessamment il sera nommé un collecteur à cet effet.

La  Municipalité vous prie et vous invite à l'avenir de ne rien publier à votre prône sans qu'elle soit prévenue.

Nous sommes avec attachement, etc... Mège, Diot, Le Squin.


LA PORTIONCULE AU COUVENT DES R.P. CAPUCINS

Le 2 Août, une grande foule de campagnards de Roscoff et des environs était venue célébrer la fête et gagner l'indulgence de la Portioncule au Couvent.

A quatre heures du soir une rixe éclata entre les cultivateurs et les militaires des régiments de Beauce et de Normandie en garnison à St Fol, venus à Roscoff au nombre de 200.

Après s'être battus contre les paysans sur la place devant le Couvent, les soldats marchèrent sur Roscoff, commettant "les excès les plus inouïs, ne respectant ny l'âge ny le sexe, sabrant et tirant sur tous ceux qui avaient le malheur de se trouver dans leurs passages, cassant les vitres, enfonçant les portes."

Plusieurs cultivateurs reçurent des blessures assez graves et six d'entr'eux furent "emmenés à Saint Paul par cette soldatesque éfrénés et constitués prisonniers comme otage des auteurs de la querelle."


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