La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 200 - 1966 - Février

- 1793 - Chute de cheval du citoyen-général  Canclaux
- Arrivée d'un navire américain
- Recensement de la population
- Garde à l'église
- Relation entre le curé et la municipalité
- Canons cachés
- Déclaration des marchandises et des récoltes
- Réparation au presbytère


Cahiers de Mr Le Corre

CHAPITRE  V - ANNEE 1793


CHUTE DE CHEVAL DU CITOYEN – GENERAL CANCLAUX

Le célèbre général révolutionnaire, demeure à Saint. Pol après l'émeute du 19 mars et la bataille de Kerguiduff, se reposait de ses fatigues et de ses émotions en se promenant à cheval dans les environs. Le destin et quelque diable aussi le poussant, il se lança un jour sur le chemin de Roscoff à St Paul.. et il lui en cuisit, s'il faut ajouter foi au billet doux suivant, du 31 Mars.

Jean Baptiste Camille de Canclaux

'' Citoyen Jean_Baptiste_Camille_Canclaux, les citoyens de notre commune ont appris avec inquiétude la chute de cheval que vous avez faite les jours derniers sur le très mauvais chemin de Saint Paul à Roscoff.

" La santé d'un général patriote, est une propriété,e commune, et nos volontaires du contingent que nous fournissons à 'La deffense de la République une et indivisible sont venus nous dire avec cette effusion du cœur qui caractérise le vrai républicain : Nous eussions voulu être là, nous eussions reçu dans nos bras le général Canclaux, nous l'eussions serré sur nos cœurs, et il n'aurait pas eu de mal."

Nous vous transmettons, les sentiments de nos concitoyens et du Conseil général de cette Commune qui députent vers vous les citoyens (...) qui nous tranquilliseront sur votre situation en nous apprenant qu'un grand guerrier républicain est hors de tout danger et prêt à lever son bras, s'il le faut, pour l'exécution de la loi, le maintien de l'ordre et le repos de notre patrie."

Signé : les officiers municipaux et Membres du Conseil général de la, Commune (de Roscoff) en permanence.


ARRIVEE D'UN NAVIRE AMERICAIN

Le 11 Mars 1793 arriva sur rade de Roscoff, un navire américain, le “Lily”, capitaine Denis Pease de Baltimore qui venait prendre la famille anglaise Macculoth établie à Roscoff pour le commerce de la fraude..

Le navire amena trois passagers pris à Falmouth :

-          l'un de St Marc (ile St .Domingue),

-          l'autre de Bordeaux, capitaine du navire "La Créole" naufragé en Amérique,

-          le troisième, fils du Lamarque du Croisic, qui était en Angleterre pour apprendre la langue.

Malgré la guerre entre l'Angleterre et la France, le District de Morlaix autorisa le départ des Anglais établis à Roscoff (passeports des 16 et 18 Mars 1793). Mais le 22 mars, les officiers municipaux leur notifiaient ainsi qu'au capitaine Pease un ordre d'arrestation en date de ce jour du District de Morlaix. A partir de cette date ils devaient se présenter chaque jour aux bureaux de la. Municipalité.

Les Anglais furent appelés devant le district. Le navire "amériquain" ne partira que le 14 avril.


RECENSEMENT DE LA POPULATION

Le 12 Mars 1793 eut lieu le recensement :

-          Section. de Roscoff : 1.846 âmes

-          Section de Santec :         550 âmes

o       2.396 âmes


GARDE A L'EGLISE.

Le 28 mars, une garde fut posée, pour une nuit, à l'église.

Elle s'installa dans la chapelle du Sépulcre et y dépensa en pain, beurre et vin : 10 livres 5 sols que la fabrique paya.. (comptes de l'église).


RELATIONS ENTES LE CURE ET LA MUNICIPALITE

Le 28 mars, la Municipalité écrivait au District

Notre curé nous demande depuis deux jours dix livres pour aller prendre les Saintes Huiles à Morlaix ; Il dit que c'est l’usage .. S'il en est ainsi e t que vous l'approuviez, nous lui remettrons six livres pour faire remplir ses flacons."

Si la Municipalité ne mettait pas beaucoup d'enthousiasme à aider aux frais de culte, elle aidait en revanche le curé à faire son prône ! Le 9 Juin, en effet, le maire lui adressait ce billet

“ Nous maire et officiers municipaux de la commune de Roscoff requérons le citoyen curé de publier au prône de la Grand-Messe de ce jour, 9 Juin 1793, an 2ème de la République française (erreur, Monsieur le Maire ! En Juin 1793, on était encore en 1er., qui va du 22 Septembre 1792 au 21 Septembre 1793), les décrets de la Convention cy-joints depuis le n° 1er jusqu'au n° 10. Lesquels dits, décrets le citoyen curé nous fera remettre avec certificat de publication d'icéux."

Le curé s'exécuta, puisqu’il signa ainsi la feuille de sommation..., peu respectueuses : “ Lu et publié au prône de la Grand-messe, le 9 juin 1793, l'an 2 (tiens, lui aussi) de la République française “ signé : citoyen Luslac, curé de Roscoff.

Le curé, lui, y mettait davantage de formes, quand il correspondait avec la Municipalité, - "Je soussigné, écrira-t-il le 11 Juin, certifie avoir nommé pour mon sacristin Jean François Rolland, le 1er avril dernier. En conséquence je prie la Municipalité de fixer son traitement et d'engager Mr de Kersauson de lui payer son trimestre, parce qu'il en a grand besoin. "

A Roscoff, l'onze juin 1793, l'an 2 (encore !) de la R.F. - citoyen Luslac, curé de Roscoff.

La.municipalité de Roscoff était, à cette époque, ainsi composée .

Les relations n'étaient pas, toutefois, trop tendues entre le Curé et la Mairie. Les deux s'entendaient à faire la guerre au clergé fidèle. Le citoyen Luslac le dénonçait, et la Municipalité prenait des mesures contre le culte catholique. Ainsi, à la séance du  Conseil généraI de la Commune du 16 Juin, il fut délibéré et arrêté :

" 7° - que sur la dénonciation du citoyen Luslac, curé, qu'il se fait des enterrements et des mariages nocturnes à Santec, le citoyen Séité est nommé commissaire municipal avec Jean Guiader, membre du conseil et en compagnie du dit curé se transporte sûr le champ et sans délai au dit Santec pour vérifier les faits et les cérémonies religieuses illégalement exercées, qui pourroit troubler la tranquillité publique, et dont le curé annonce l’existence, laquelle commission sera assistée du citoyen Kerenfort, Procureur de la Commune, lequel requérra en l'endroit, et par la suite, ce qu’il verra de droit, de liberté, de sûreté publique et de propriété nationale.”

A la même séance on s'occupa du traitement du Sacristain et de la note des frais faits au presbytère à l’occasion de deux processions de, la Fête Dieu. Il fut décidé .

“ 8° - qu'il en sera écrit au District sur la réclamation du citoyen curé concernant le Batonier ou Sacristin par luy nommé depuis le mois d'avril dernier, et le traitement qu'il y aura lieu à accorder à ce servant, temporel de l'église, qu’il en sera aussi écrit au District concernant une somme de cent neuf livres, portée dans le mémoire de Dépense fait au presbytère le jour du Sacre et octave, lequel bordereau de dépense restera attaché au registre y recours, sur lequel objet le citoyen curé est aussy invité d'écrire."

Le mémoire réclamé fut vite fourni. Le voici in extenso,..

“ Mémoire de la dépense faite au presbytère le jour du Sacre et l'octave °

-          68 Bouteilles devin à 16 sols la bouteille : 73L 8s

-          Pour du fromage, amandes, prunes, raisins, pains et beure et eau de vie : 30L,

-          sans compter mon pain qui me coutoit de Morlaix.: 6L"

Le district accepta, et le curé perçut ses 109 Iivres, le 19 .Août.

A l'occasion de cette même fête du Sâcre, Antoine Maury "accommoda et décrassa l' ascensoire" et "raccomoda les 6 grands chandeliers du grand .autel". Son travail fut payé : six livres, le 9 Juin.


CANONS CACHES

Sur la dénonciation d'un citoyen, Heurtin, officier municipal, Benoit, Nourit officier de la Garde Nationale et Parloir enseigne de vaisseau, furent chargés le 7 Juillet par le conseil général d'aller prendre quatre canons, dont deux étaient cachés rue des Perles, dans la maison Kermabon, le troisième dans la maison du Cap (à Kermabon aussi) et le quatrième caché en terre au Tournant de Ste Anne.

Le même jour le conseil nomma des commissaires pour visiter les bois et ferrures des cloches qui, "d'après le Bedo Jean Provost, ne peuvent être mises en branle sans danger. De même le presbytère qui, d'après le curé Luslac, a, besoin de réparations.


DECLARATION DES MARCHANDISES ET RECOLTES

Pour se conformer à un décret de la Convention nationale du 26 Juillet 1795 (8 thermidor an 1er), les Négociants et les Cultivateurs vinrent au Bureau Municipal faire la déclaration de leurs marchandises ou de leurs récoltes.

Négociants .

-          Rouvier l'aîné : 103 barriques de riz, 6.563 barriques vides, 80 livres de Tabac en poudre (aux Capucins).

-          François Gillet, marchand de fagots.

-          Mauricette David : 50 barriques de chaux.

-          Mège cadet : 75 barriques de cidre, 45 barriques de vin.

-          Le Squin : 14 barriques de sucre, 3.400 veltes de genièvre d'Hollande, 10 veltes d'eau-de-vie, 4.000 barils vides, 100 barriques de charbon de terre, 300 livres d'étoupe,

-          Joseph Fichet de St Malo : 1.600 peaux de daim. Provenant de prises, 2.668 peaux de loups marins, 1.539 peaux de loups marins appartenant à des amis.

-          Mège frères : 43.597 livres de sucre, appartenant à Villehuchet de St Malo; 40 milles de bois à Hamon de Morlaix, 4 milles de fer, 40 tonnes de charbon, 200 livres d'acier d'Allemagne,

-          citoyenne Greunen : papier, cordes, bois.

-          citoyenne Jezéquel : 300 chaudières et marmites en fer, 40 tonneaux de Bordeaux vides.

-          Ursule Quéméner : fagots, chandelles.

-          Ursule Bernard : sucre, beurre, papier.

-          Yves Heurtin : 55 veltes d'eau-de-vie, 74 barriques de vin, 58 pieds de chêne, 200 barils vides, 220 livres de Tabac.

-          Marie Prigent : du lin.

-          Diot et Cie : 76 barriques de vin, 12 de genièvre, 9 pièces de madère, 20 pochées de sel blanc.

-          Jacques Picrel : 114 barriques et 24 1/2 barriques de riz, 23 muids de gros sel.

-          J.F. de la Marque : rogue, macreaux (!)

-          J. Kerenfors - constructeur , 22 pièces de bois.

Cultivateurs : noms et domicile.

-          Laurent Le Déroff, Rucat

-          François Tanguy, Téven

-          Jean Quéméner.

-          Isabelle Caroff, Keravel

-          Paul Daridon.

-          Julien Kervellec,

-          Louis Saillour, Lesleac'h

-          François Corre, Raz,

-          Yves Chappalain, Keravel,

-          Claude Guivarc' h, Kerguenec,

-          Joseph Tanguy, Pratérou,

-          François Séïté, Kerguenec,

-          Tanguy Guivarc’h, Kerjestin,

-          André Sévézen,

-          François Quéméner, Kerenhoret,

-          Jean Séité, Kerholaouen,

-          Paul Derien, Lagavran,

-          François Séïté, Penprat,

-          François Moual, Poulbrohou,

-          Catherine Craignou, Perennez,

-          André Cabioc'h,

-          Yves Moual, Lagavran,

-          Jean Chapalain, Kernenguy,

-          François Simon, Rhûn,

-          Olivier Craignou, Ruveic,

-          André Créac'h, Kernenguy,

-          Jacques Saillour, Keravel,

-          P.Dariden, Porz-ar-Bascound

-          Gme Daniélou, Kerholaouen,

-          André Tanguy, Kersulguen,

-          François Morgant, Kerfissiec,

-          François Caroff, Kerbrat,

-          P. Prigent, Poul ar c' ham,

-          Vincent Ollivier, Pen ar C'hreac'h,

-          Fr. Guiader, Kerestat,

-          Tanguy Simon, Pen ar c'hreac'h,

-          Jean Quéméner, Palut,

-          Jérôme Quéméner, Ruveic,

-          Yves Riou, L’Aber,

-          Benjamin Kerbiriou, Pratérou,

-          Jean Guivarc’h, Pratérou,

-          Yves Créac'h, Ruveic,

-          Hamon Cabioc'h, Palut,

-          F. Prigent, Penfeunten,

-          J. Guivarc'h, Kerbrat,

-          François Moual, Goasprat,

-          Goulven Nedelec, Kernenguy,

-          Vincent Cabioc'h, Aber,

-          Job Jacq, Kergestin,

-          Mazé Cabioc' h, Touligin,

-          P. Henry, Lagatvran,

-          G. Marchaland, Aber

-          Marie Tanguy, Keraison,

-          P. Marchalland, Kerbrat,

-          Jean Lavis, Kerbrat,

-          Hervé Burel, Pratérou,

-          Jacq Moual, Kerantraon,

-          Fr. Lavis, Porz-ar-Bascound,

-          Fr, Moual, Kerfissiec,

-          Jacques Prigent, Kerfissiec,

-          Joseph Simon, Kerfissiec,

-          Jeanne Bernard, Bonne Nouvelle,

-          Fidèle Tanguy, Pen-ar-C'hréac'h.


LES REPARATION AU PRESBYTERE

Elles ne se faisaient toujours pas. Le District faisait la sourde oreille, malgré le curé et le maire. Le billet suivant le prouve :

" Je soussigné, curé de Roscoff reconnois avoir reçu du citoyen Prat, secrétaire greffier de la Municipalité de Roscoff les deux procès-verbaux de l'état de la maison curialle de la commune de cette ville, par ordre du citoyen maire, afin de pouvoir les communiquer au Directoire du District de Morlaix, pour avoir une plus prompte expédition des réparations y mentionnées.

A Roscoff le 9 août 93, l'an 2ème de la République française une et indivisible."

Signé : G. Citoyen Luslac, curé constitutionnel de Roscoff.

Le District ne répondit pas encore. La Commune n'était pas en fonds : alors on trouva ce moyen ingénieux . "Le temps presse et les réparations à faire à la maison curialle ne s'effectuent pas. La Commune manquant de fonds, il n'y a donc d'autres moyens prompts pour y parvenir qu'une souscription proportionnelle à la Contribution mobiliaire


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