La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 203 - 1966 - Mai

- 1793 - Comité de surveillance- Le détenu Jacques DELABARDON
- Un trésor caché à Roscoff
- Tir au pigeon
- 1794 - L'argenterie et les vases sacrés de la Chapelle de Santec
- Inventaire de la chapelle Saint Sébastien
- Le maire de Roscoff revient de Landerneau
- Maisons sous séquestre


Cahiers de Mr Le Corre

CHAPITRE V - ANNEE 1793


NOTES CONCERNANT LES MEMBRES DU COMITE DE SURVEILLANCE

·        Benoist Louis Augustin Parfait, né à Versailles
Lieutenant de douanes,.

Comme on le voit, la plupart de ces Révolutionnaires, qui faisaient la Loi à Roscoff, étaient des marchands ou des fonctionnaires étrangers au pays.


LE DETENU JACQUES DELABARDON ou D’ALARBARDON

Le 18 frimaire (18 Décembre 1793), lecture fut donnée au Comité de surveillance de St Pol d'un certificat des officiers municipaux de Roscoff constatant que le citoyen Jacques Dalardon, prêtre, est détenu au Château de Brest depuis le 17 mai dernier. Sur ce le comité arrêta de mettre en liberté Pierre-Claude Dalabardon, détenu d'après, la suspicion de l'émigration de son frère, et de lui délivrer un laisser-passer pour aller à Brest voir son frère.


UN TRESOR CACHE A ROSCOFF

Nous croyons devoir reproduire ici quelques, lettres intéressantes dont les originaux avaient été déposé au comité de surveillance de St Pol. L'une de ces lettres est du 8 décembre, l'autre du 30. Cette dernière n’est que la répétition en termes presque identiques, de la première. Elles étaient adressées de Bicêtre par un prêtre qui y était détenu au cytoyen Picrel jeune, négociant à Roscoff. Les lettres furent interceptées par le comité de surveillance de St Pol et elles ne parvinrent pas à leur destinataire, celui-ci étant aussi lui même en état d’arrestation.

Dans ces lettres, il est question d'un trésor, consistant en or, de valeur importante.

Voici une de ces lettres :

8 Décembre - Quoique d'une part inconnue, que cette lettre, Monsieur ne vous surprenne point. Lisés et quelque délicat qu'en soit l'objet, profités sans inquiétude et sans trouble du secret que je vais vous révéler. Quant à vos principes en matière de Révolution quels qu'ils soient, persuadez-vous que la discrétion vous intéresse seul, car tout devient indifférent à, qui comme moi, ne tient plus à la vie.

" Lisés, vous dis-je. Sans vous arrêter à en approfondir les causes malheureuses trop communes contre nous ecclésiastiques, apprenez que sans espoir de la recouvrer jamais, j'ai perdu la liberté et qu'en attendant la décision qui doit me débarrasser de la vie, je traîne honteusement le reste de mon existence dans l'enceinte infernale de Bicêtre.

Mais un engagement sacré, dont j'ai le ciel pour témoin et pour Juge me fait loi de vous révéler un secret dont dépend sa satisfaction. Ma conscience une fois dégagée de cette obligation humaine, j'attendrai avec résignation et patience l’instant où il plaira. à l'Auteur de toutes choses de m’appeler à 2 Lui. Je laisse dans ce monde misérable, une Créature sans appui; sans fortune, car ce fût moi qui reçut le pot sacré. Cet objet n’est qu’une faible portion de tout ce que les évènements m'ont forcé de dérober aux recherches des hommes dans un moment où je n’avais pas encore perdu comme aujourd'hui, tout espoir de le recouvrer. Cependant assurés-moi le serment que vous l'acquiter, et je vous abandonne le reste ; or. vous faisant parvenir avec des détails plus étendus une indication plus précise dû lieu où est enterré ce trésor jusqu'à présent connu de Dieu seul et de moi.

" Je saisis avec avidité la première occasion qui m'a offert la possibilité de vous écrire, occasion rare et presque inespérable que j'épiais depuis quatre mois; elle est d'autant plus précieuse qu'il n'entre ni ne sort de cette maison aucune lettre qui ne soit lue. Je profite pour celle-cy d'un malheureux qui vient de subir une condamnation de quatre ans qui vient de finir, qui intéressé par son propre malheur au sort des autres infortunés s'est chargé de cacher cette lettre sur lui pour en sortir et la mettre à la poste en Paris. A la vérité j'ai été obligé de le tromper en lui disent qu'il ne s’agissait que d'affaires de famille, mais ce mensonge ne saurait être désagréable à Dieu, car je ne pouvais pas m'exposer à mettre cet homme dans une confidence aussi délicate.

" Quant à votre réponse, voici ce que j'ai avisé. Vous pouvés m'écrire comme s'il était question d'affaires de famille. J'entendrai toujours bien ce que vous voudrai me dire, par exemple, vous pouvés dire : je vous prie mon cousin de me marquer juste l'état de toutes vos affaires avec la famille si vous voulés que j'agisse en conséquence, etc.. Vous sentés qu'à cette manière je verrai aisément ce que vous me demandés : l'indication précise de l'endroit où est enterré ce dont je vous parle dans le cours de cette lettre. Je vous répondrai dans le même stile.”

" Par ce moyen vous ne serés nullement compromis, et pour vous éviter tout-à-fait de l'être en manière quelconque vous ferés votre signature à rebours, c'est-à-dire en commençant par la dernière lettre de votre nom et finissant par la première.

" Je sais bien qu'il me serait possible d'entretenir correspondance avec vous, d'une manière plus claire, en mettant dans mes intérêts un des hommes qui servent les prisonniers, car j'ai des preuves que cette sorte d' hommes est propre à tout, mais c'est à force d'argent qu'on obtiens d'eux des légers services tels que de mettre en secret une lettre à la poste, et malheureusement, je suis dépourvu, à cela près des quelques fonds trop modiques, pour cette entreprise et que ma situation, d'ailleurs me rend trop précieux pour les hazards, avant de connoitre vos intentions.

" Réflechissés maintenant, Monsieur, sur ce que vous avés à faire et rappelés vous surtout que les moments sont comptés. J'attends votre réponse que vous m'adresserés ainsi qu'il suit : au citoyen Jean Charles Renaux, détenu – Bicêtre. Par réflexion et. pour que mon nom ne, soit pas un :motif de compromise quoique l'on m'arracherait la vie avant mon secret, je profite de celui (du nom) d'un jeune homme qui est avec moi et qui reçoit beaucoup de lettres auxquelles on fait peu d'attention. Il est convenu de me remettre la vôtre à son arrivée pour quelques bagatelles que je lui donne. D'ailleurs comme elle ne contiendra que des détails de famille, il ne pourroit en abuser. "

Bicêtre, ce 8 décembre 1793. "

Si un des citoyens membres du Comité de Surveillance de St Pol, après avoir pris connaissance de cette étrange missive ne s’est pas .substitué à Picrel pour avoir le magot, le trésor doit toujours être caché,. à Roscoff évidemment.

Amis Roscovites, fouillez, prenez de la peine, c'est le fond qui manque le moins !


TIR AUX PIGEONS

Le 2 Décembre 1795 sur le folio 30 du journal de police, Alain Jacob de Kerestat se plaint de ce que : " Jeudy dernier trois jeunes gens de St Paul se sont permis de prandre de chez luy la clef de son colombier et de tirer ses pigeons.

A noter que le 25 Octobre 1799 Louis Guillou et Charles Guyader, tous deux canonniers de Roscoff, tiraient sur "les pigeons et volailles d'Alain Jacob".


CHAPITRE VI - ANNEE 1794

L' ARGENTERIE ET LES VASES SACRES DE LA CHAPELLE DE SANTEC

Le 3 Janvier 1794, 14 nivôse an 2, furent envoyés au District par le soin des officiers municipaux  à savoir :

Signé : Rozec, Verchin, Raoul et Silvestre Denis, Administrateurs du District.

Les décorations y furent aussi déposés : savoir


INVENTAIRE DE LA CHAPELLE SAINT SEBASTIEN

Le Directoire du Dystrict de Morlaix avait pris un arrêté mettant en demeure les municipalités de son ressort de nommer un de leurs membres pour procéder à un inventaire de l'argenterie, du linge et autres effets appartenant aux fabriques. La Révolution avait des appétits féroces qu'il était difficile, sinon impossible d'assouvir. De toute nécessité il fallait battre monnaie d'une manière ou d'une autre. Le système économique était chose inconnue. Après les rentes des fabriques restaient les vases sacrés, lies croix, les reliquaires, les cloches, les ornements, etc... C'était une proie. qui n'était pas à dédaigner. D'une extrémité de la France à l'autre le vol fut pratiqué sur une immense échelle. Que d'objets d'art disparurent alors !

La chapelle St Sébastien fut inventoriée le 15 mars 1794 - 25 ventose an II.

Voici cet inventaire :

" Les clefs des portes et armoires sont es mains du procureur de la Commune ou à la Municipalité.

Nota - Le calice avec son Boëtier a été pris de chez la citoyenne veuve Toulhoat où il étoit déposé, pour estre envoyé au district de Morlaix - signé : Kersauson. "


LE MAIRE DE ROSCOFF REVIENT DE LANDERNEAU

Le 23 mars, 3 Germinal an II, le Conseil général demanda que le maire Guibert, appelé au Département à Landerneau, revint se mettre à sa tête "vu le peu de capacité de presque la totalité de nous et qu'il est impossible de trouver un sujet comme lui pour occuper la place de maire, et attendu que cette commune par sa situation critique et, de plus, importante, demande à avoir un bon cheff et un vrai républicain."

Le voeu du conseil fut exaucé : Guibert revint


MAISONS SOUS SEQUESTRE

Le 13 mars 1794, 25 ventôse an II, se présenta le citoyen Guillaume, nommé par lettre du 16 du District de Morlaix, Commissaire pour mettre le séquestre sur les biens des citoyens de la commune de Roscoff détenus en arrestation.

Il opéra, en compagnie des citoyens :

sur les maisons et biens des personnes suivantes toutes détenues :

Cette Marie Moal, originaire de Plougoulrn, domiciliée à Roscoff, était allée depuis plusieurs mois, faute de travail à Roscoff, chercher de l'ouvrage à Plougoulm et à Plouénan. Elle était fileuse et peigneuse de lin. En apprenant qu'on avait banni la veille à son de tambour la vente de son ménage, elle se présenta le 30 fructidor an II (2 Septembre 94) à la Municipalité de Roscoff, pour y dire sa surprise et demander raison de cette vente.

Elle est ignorante, des poursuites dirigées contre elle : d'ailleurs elle n'a rien à se reprocher .

" elle a vécu et existé à Plouénan et à Plougoulm son pays natal, sans causer aucuns tors à qui que se soit non plus qu'à la république ny à la révolution"

Trois jours après (2 vendémiaire an III) elle déposait des certificats des Municipalités de Plougoulm et de Plouénan, certifiant qu'elle avait résidé quatre mois dans ces communes.

(journal de police - f.48)

Furent également mis sous séquestre les biens du défunt Kermabon appartenant à Drillet Lannigou de Morlaix, en arrestation au dit Morlaix.


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