La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 205 - 1966 - Juillet / Août / Septembre

- Le calvaire de Rosko Goz
- Croas-Kovek
- 1794 - La caisse de l'église, caisse de prêts
- Nouvelles élections
- Réparation du toit de l'église
- Le commandant du " Vengeur " à Roscoff
- Rappel à l'ordre
- Fêtes civiques au temple de la Raison
- Le commerce du Lin

Le dernier numéro, à la suite de Monsieur Le Corre, posait la question comment se fait-il que le calvaire de Rosko-goz ait échappé au massacre général des croix en 1794 ?

Nous répondons ici à cette question. Nous ajoutons aussi quelques observations sur une croix très particulière, dite Croaz-Kovek, disparue probablement dans le massacre. Nous reprenons ensuite les cahiers de Monsieur Le Corre.


LE CALVAIRE DE ROSKO-GOZ - note de la rédaction

C'est aux familles du quartier que nous devons le sauvetage de ce très beau petit calvaire. Le fût et le crucifix furent cachés dans la maison voisine actuellement les RIOU. Le souvenir de ce pieux recel s'est conservé dans la famille.

Calvaire - Face Ouest
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Calvaire de Rosko Goz - Vue générale
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Calvaire de Rosko Goz - Face est
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Situer sur une carte >>> Croisement de la rue du Calvaire et de la Marquise de Kergariou

Ce calvaire pourrait être daté de la fin du 15ème siècle. Quelle fut sa fonction à l'origine ? Il est difficile .de répondre. Etait-ce la croix d'un cimetière dans l'enclos d'une chapelle à Rosko-goz ? C'était la règle déjà, en effet, qu'il y eût un calvaire dans les cimetières. L’église paroissiale et le cimetière de la chapelle St Sébastien eurent leurs Croix, dont nous avons déjà parlé; elles ont été victimes du vandalisme de 1794.

La croix de Rosko-goz était-elle la croix d'un placitre sans tombes d'une chapelle ? Les chapelles avaient aussi généralement leur calvaire. Peut-être était-ce, plus simplement, une croix de carrefour là même où elle se dresse maintenant. Le soubassement a dû être retouché ; on y relève en effet, des maladresses inhabituelles. Mais du côté sud il a été protégé par des pierres dressées les charrois se faisaient de ce côté. L'orientation a été sauvegardée dans la restauration le Christ est tourné vers le soleil couchant (ouest), la Lumière des hommes qui s'éteint ; la Vierge à l'Enfant, au revers, face au soleil levant, est un hommage à celle par qui la Lumière de Dieu s’est levée sur l'humanité.

Le soubassement du monument est fait de deux plates-formes carrées (2 mètres, 1m30) en dalles. Il porte le socle : c'est un bloc de pierre haut de 50cm carré, la base (72cm x 72cm), il passe à son sommet à huit côtés par un mouvement ondulatoire qui brise les arêtes à mi-hauteur. Le fût de la croix est planté dans le socle, insuffisamment peut-être ; lui aussi est monolithique (une seule pierre) ; sa base est carrée (22cm x 22cm}. A 45cm de hauteur il passe à 8 côtés (octogonal). Cette tige de pierre s'épanouit à 2,60m du socle en une modeste corolle octogonale qui fait office à la fois de collier et de chapiteau ; un joint d'ardoise et chaux maintient en équilibre sur le fût cette petite plate-forme destinée à porter le crucifix. Le passage du crucifix au profil du chapiteau se fait par un solin de sable et chaux. La fixation du crucifix est réalisée sais doute par tenon-mortaise plutôt que par goujon de bois ou de métal. On s'en assurera un jour ...

Le crucifix est taillé dans une seule pierre. Mais, la différence du fût en granit du pays à gros grains, dont le profil est usé, le crucifix, lui, est fait d'une pierre sombre au grain très fin et pailletée de micas. Ce doit être un kersanton ou peut-être un véritable granit du type que l'on trouve à Roscoff même du côté de Kerfissiec. La finesse du grain tout comme la dureté de la pierre accentuée par l'exposition à l'air expliquent le merveilleux état de conservation des profils et modelés du crucifix. Il n'a pas souffert des intempéries. Sans doute est-il envahi par un lichen pelliculaire gris, sur la face est surtout, abritée des vents dominants : la Vierge mère s'en trouve toute voilée et perd son modelé. Mais un décapage périodique, réalisé avec soin, rendrait à ce crucifix sa fraîcheur première.

Le lichen peut embellir la pierre en construction, ainsi la flèche du Folgoat revêtue d'or. Il dégrade généralement les sculptures, voilant les formes, masquant les visages, entravant les mouvements et recouvrant insensiblement de son linceul cette forme vivante jaillie un jour du ciseau d'un sculpteur. Aux yeux de certains le lichen a des titres de noblesse bretonne. Ce n'est certes pas une maladie de la pierre, ce n'est pas une lèpre; sur une sculpture le lichen c'est de la crasse tout simplement, de la crasse bretonne si l'on y tient. La crasse ça s'enlève.

Le crucifix mesure 90 centimètres de hauteur, le bras de croix fait 60 centimètres. Le sculpteur a gardé ici encore le parti octogonal. Il a fait surgir de la pierre le Christ et la Vierge mère, les étirant tous deux dans la stricte étroitesse d'une seule facette des 8 qui enveloppent la tige.

La forme octogonale n'est pas une simple recherche d'élégance. On la trouve souvent, dès les premiers siècle, dans les fonts baptismaux. Ainsi, à Roscoff, les fonts ont une coupe octogonale, recouverte intérieurement en plomb. L'eau baptismale est contenue dans un bassin d'étain acheté en Angleterre au 17ème siècle ; ce bassin est placé dans les fonts. La cuve du baptême, qui est raccordée aux fonts est, elle aussi, octogonale. De même le baldaquin des fonts, édifié en 1690 par des sculpteurs landivisiens.

Les anciennes générations chrétiennes voyaient dans le nombre “ 8 “ et la forme octogonale les. symboles de la perfection de la vie divine. Le dimanche, jour du Seigneur, fut même appelé le 8ème jour. Les 8 faces des baptistères symbolisaient la vie divine dont le baptême est la source pour l'homme.

Le Christ de Rosko-goz a les jambes croisées ; les pieds se recroisent (en rotation externe) ; ils sont fixés par un seul clou. (voir photos).

Cette représentation des jambes sur les crucifix apparaît vers 1560 ; de fait elle est actuellement assez rare. On la retrouve encore dans le calvaire de Tronoën, au tympan de la chapelle de Lochrist, en Plonévez, dans le crucifix de l'église de Bodilis et surtout dans un admirable crucifix de bois à l'église de Lanhouarneau.

La tête est couronnée d'épines ; elle penche légèrement vers la droite. Le visage est serein. Comme à Lochrist, à Plougoulm, le Christ est imberbe ; le fait est exceptionnel. Les yeux sont clos ; à peu près toujours, en effet, nos crucifix représentent Jésus mort, la plaie du côté béante. Les bras remontent légèrement au-dessus de l'horizontale. Les mains sont fermées. C'était de règle au 15ème siècle.

Un ange portant banderole fait office de baldaquin au-dessus de la tête. Le Christ mesure 60 centimètres.

La Vierge, au revers, a la même hauteur que le Christ ; elle repose sur une console.

Cette Vierge mère est hanchée comme la statue plus ancienne de Notre Dame de Croaz-Batz. L'Enfant est porté sur le bras gauche ; la tête est cassée. Marie soutient de sa main droite le pied gauche de l'Enfant. La Vierge porte une couronne royale ; sa dignité est soulignée en outre par un dais gothique.

Roscovite de coeur certes, mais non pas de naissance, le rédacteur de cette notice ne pourra être taxé de chauvinisme. On incriminera seulement son ignorance et son goût, s'il tient aussi haut dans son estime le calvaire cinq fois centenaire de Rosko-goz.

"N' eus par e Breiz-Izel”


CROAZ-KOVEK

La route de Lagavran à Keravel coupe à la hauteur du Reuniou un vieux chemin qui, parti de Poul ar C'ham, rejoint Kerjistin et enjambe la colline. Ce carrefour porte un nom connu de nombreux Roscovites : Croaz-Kovek, la "Croix ventrue". Le cadastre de 1840 ne signale pas cette croix, alors qu'il indique une croix à Kerfissiec (disparue depuis).

On peut penser que cette croix du Reuniou a fait, elle aussi, les frais du vandalisme antireligieux de 1794.

Une Croaz Kovek est une croix dont le fût est un menhir taillé ou stèle gauloise. Ces croix s'appellent souvent Kroaz-Téo (grosses croix); on en connaît beaucoup, ainsi à Plouzévédé, Saint Servais, Plougoulm, Plouénan, etc... A Mespaul il y a une KROAZ-KOVEK ; elle a été restaurée très récemment ; le résultat est affreux car on n'a pas su passer du fût cylindrique à la croix. Les anciens qui ont christianisé ces grosses stèles de l'âge du fer les avaient couronnées de croix harmonieuses.

On doit se résigner à ne rien savoir d'autre sur la croix du Reuniou, le monument chrétien le plus ancien de Roscoff, peut-être. Un nom de lieu en garde seul le souvenir ténu.

On peut juger sur cet exemple de l'intérêt que l'on doit porter non seulement à la conservation des monuments anciens mais encore à la sauvegarde des anciens noms de lieux (toponymie); les "lieux-dits" soulignent souvent des aspects géographiques ou portent le souvenir d'événements locaux. Cette observation vaut pour tous les petits pays qui, comme le nôtre, ont une histoire et une géographie. Elle devrait toujours être présente à l'esprit des édiles municipaux lorsqu'ils se risquent à débaptiser de vieilles rues et de vieux quartiers ou à en baptiser de nouveaux. Les idéologies partisanes, politiques ou religieuses, n’ont rien à voir à l'affaire ; et pourtant elles ont contribué à affubler les rues de nos villages de plaques passe-partout. C'est plus que de la désinvolture, c'est le mépris du passé : peut-être tout simplement de la goujaterie.

 Pitié pour les vieux villages de France !


CHAPITRE VI - ANNEE 1794


LA CAISSE DE L'EGLISE.. CAISSE A PRET

Pendant qu'on faisait l'inventaire de l'église, les Municipaux adressèrent cet ultimatum aux marguilliers en charge :

" Nous requérons et en tant que besoin authorisons les citoyens Jacques Mège et Picrel l'aîné, marguilliers de l'Eglise de Roscoff, à mettre la somme de onze cent soixante livres à la disposition ce Joseph Quéméner, chargé par la commune de Roscoff d'achat de fer et d'acier, que le Représentant du peuple à Brest a fait céder en payant comptant à Brest, pour les besoins de l'agriculture de notre Commune. La dite somme... sera rentrée à la Caisse des dits Marguilliers aussitôt la distribution du fer."

A Roscoff ce jour 5 Messidor an 2 (24 Juin 1794),


REQUISITION DES CENDRES

Le 4 thermidor (22 Juillet), la Municipalité, sur la demande du District, réquisitionna les Cendres de la Commune qui devaient être portées au District pour la fabrication des poudres.

Huit jours après, le 29, les 792 livres de cendres étaient portées à Morlaix par "le voiturier Jean Séité," qui était porteur également des "sept cordes pour autant de.cloches qui existaient dans nôtre Commune".

Remarquons en passant que cet envoi de cendres coïncida avec le 9 thermidor, 27 Juillet 1794, et la mort des Terroristes Robespierre, Couthon et Saint Just.


NOUVELLES ELECTIONS

Le 9 Septembre (23 fructidor) vit de nouvelles élections :

furent nommés notables.

A la même époque Charles Péréault, de St Pol, remplaçait comme Juge de paix de campagne le citoyen François Séïté, destitué (10 Juillet ou 22 Messidor).


REPARATIONS AU TOIT DE L'EGLISE

Ces réparations furent faites par Joseph Hamon qui présente le mémoire suivant :

"Mémoire pour ouvrage faite sur la couverture du Temple de la Raison .

Scavoir :

A Roscoff le 23 thermidor an 2 (10 août 1794) - Joseph Hamon.

" L'ordre de payer " nous apprend que les dégâts avaient été occasionnés en partie par l’enlèvement du plomb expédié au District.

“ Nous prions les citoyens Picrel l'aîné et Jacques Mège, receveurs et trésoriers de la Fabrique de Roscoff de payer au Citoyen Joseph Hamon la somme de cinquante livres douze sols six deniers, montant du mémoire de l'autre part et pour les causes y mentionnées et pour avoir ôté le plomb qui étoit sur la couverture de l’Eglise.

En maison commune de Roscoff le 23 thermidor an 2.

Rouvier l’aîné et Guibert maire, Prat  secrétaire-greffier.


LE COMMANDANT DU "VENGEUR DU PEUPLE" A ROSCOFF

Tout le monde connaît cet épisode glorieux dans les annales de la Marine que fut la Bataille navale livrée le_13_prairial_an_II (1er Juin 1794) à trente milles à l'Ouest d'Ouessant, où sombra le vaisseau ” Vengeur_du_Peuple

Le combat engagé à 8 heures du matin entre l'escadre française commandée par Louis_Thomas_Villaret_de_Joyeuse et la flotte anglaise sous les ordres de Hovve, dura jusqu'à huit heures du soir. A cette heure Villaret de Joyeuse rentra à Brest avec dix-neuf vaisseaux, laissant derrière lui six vaisseaux, dont trois avaient été amarinés, et un, le Vengeur, avait sombré.

Le Vengeur avait pris une part héroïque au combat. Abordé de long en long par le HMS_Brunswick_(1790) , dégréés partiellement l'un et l'autre par cet abordage, ils furent entraînés hors de la ligne et il s'engagea entre eux une lutte terrible. Après trois heures de combat, les deux vaisseaux se dégagèrent.

Le “RAMILIES” qui venait d'arriver à l'aide du Brunswick, écrit Troude ( Batailles navales de la France ), laissa les deux vaisseaux s'éloigner l'un de l'autre, et lorsqu'ils furent suffisamment distants, il ouvrit sur le Vengeur un feu vif. Il l'abandonna totalement démâté, mais fort endommagé lui même. Le Vengeur avait reçu un grand nombre de boulets à la flottaison et presque tous ses mantelets de sabord étaient brisés. Réduit à l'état de ponton, il était ballotté par la mer et embarquait de l'eau par toutes ces ouvertures ; il s'affaissait d'une manière sensible sous cette surcharge, malgré les efforts de l'équipage à pomper. L'eau gagna les soutes à poudre et il devint dès lors impossible de continuer le feu. Le pavillon n'en fut pas moins maintenu flottant. Le “Trente et un Mai » s'approcha pour dégager le Vengeur mais assailli par plusieurs vaisseaux ennemis, il s'éloigna.

" Le danger que courait le vaisseau français devint bientôt imminent pour tout le monde, et les Anglais émus à la pensée de l'affreuse catastrophe qui menaçait son équipage, cessèrent de tirer sur lui et lui envoyèrent leurs embarcations. Toutes furent promptement remplies; malheureusement elles n'étaient pas assez nombreuses pour contenir tout l'équipage. Il n'y avait du reste pas de temps à perdre : ces embarcations étaient à peine débordées que le"VENGEUR" disparut avec les malheureuses victimes qui étaient restées à bord. Quelques hommes revinrent sur l'eau et s'accrochèrent les uns à. des mâts, les autres à des débris; 250 furent recueillis par les canots de l'ALFRED, du CULLGDET et par le cutter RATILER.

Le récit qu'on vient de lire du combat du vaisseau le VENGEUR diffère sur en des points des relations qui ont été données de cet émouvant épisode de la bataille du 13 prairial. Je l'ai écrit après avoir consulté plusieurs versions anglaises, ayant sous les yeux un document d'une grande valeur historique, le Procès-verbal de l'évènement du vaisseau de la République "Le Vengeur" (Dépôt des cartes et plans au Ministère de la Marine). Il m'a semblé qu'on pouvait, sans inconvénient aucun, présenter les faits tels qu'ils se sont passés, et qu'il n'était plus nécessaire, aujourd'hui, d'entourer la belle lutte du Vengeur de cette auréole quelque peu fantastique d'héroïsme, en l'an II de la République et au commencement d'une guerre, on s'était servi pour enflammer les esprits et détourner les regards du reste du tableau.”

Et en effet, j'ai toujours lu et entendu dire que les vaillants marins du Vengeur avaient tous sombré en criant : "Vive la République" !

Le Commandant du Vengeur échappa au naufrage et le 11 Août (23 thermidor), il débarqua à Roscoff à son retour d'Angleterre. Voici comment la Municipalité rendait compte de cet évènement aux Représentants du Peuple à Brest

" Le Républicain Renaudin, Capitaine du Vaisseau le "Le Vengeur" coulé bas dans le dernier combat naval vient d'aborder sur nos côtes. Il se rend près de vous pour vous rendre compte de son évènement. Il nous a déposé un sac contenant des lettres et papiers que nous vous adressons. Nous nommons deux de nos concitoyens, Aubert et Benoit pour accompagner jusqu'à Brest le Jeune Frédéric Richer de Noirmoutier, également débarqué avec le Capitaine Renaudin. "


DECLARATION DU COMMANDANT DU VENGEUR A SON DEBARQUEMENT A ROSCOFF

Cette déclaration est écrite de la main même du commandant Renaudin, sur le Journal de Police (feuillet 47)

" Le Capitaine des vaisseaux de la république française, commandant le vesseau le Vengeur lorsqu'il a coulée en combatant avec l'escadre anglèse ayant été sauvée par un canot d'un vaisseau enemie et fait prisonnier en Angleterre au cosionement de la Vistock. Certifie que je suis débarqué avec mon fils à Rosckoff le 23 thermidor ayant été échangée pour le capitaine Gorge Oakes. "

Le 23 thermidor L'an 2ème de la République une et indivisible - Renaudin cpt de vaisseaux. "


RAPPEL A L'ORDRE

Le 28 Thermidor (15 août), le District rappela à l'ordre la Municipalité qui s'était servie du cachet "Le Roi" après avoir juré d'exécrer la Tyrannie et les Tyrans".

Bons princes cependant, les administrateurs proposaient de lui commander un cachet républicain chez Quémar, graveur à Morlaix.


FETES CIVIQUES AU TEMPLE DE LA RAISON

L'église désaffectée était devenue, comme Notre-Dame de Paris, le temple de la Déesse de_la_Raison, dont on célébrait le culte avec une certaine.solennité, d'après ce mémoire du 22 thermidor (9 août) "

Bon pour une livre dix sols dus au citoyen Guyader pour fourniture de dix cercles employés pour la célébration de la fête civique du 10 août, laquelle somme lui sera payée par le citoyen Picrel aîné, payeur pour la Commune.

De plus sera payé à Marianne Greunen vingt sols pour fil à voile pour même emploi."

Et le 3 septembre (vieux stile) Yves Provost reconnaissait avoir reçu du citoyen Picrel aîné la somme de 20 livres pour les mois de Juillet et Août (vieux stile) pour avoir eu soin pendant ce tems du " Temple de la Raison"..


LE COMMERCE DE LIN .

Le commerce de la graine du lin dont Roscoff tirait un grand avantage, qui fournissait à la Bretagne le moyen de produire ses toiles si répandues; était fait par commission dans cette -ville, où dix bâtiments de 2 ou 300 tonnes transportaient cette marchandise, de Riga, de Lübeck, de Dantzick, de la Pomeranie Suédoise. Ce commerce était un objet de 500.000- livres, par les plus fortes années." (Cambry, voyage dans le Finistère , 1794..)

Quand les soldats de la République se furent emparés des villes hanséatiques (ligue des villes commerciales de l'Allemagne du Nord-Ouest, a la tête desquelles était Lübeck) - voir carte , et que la Convention nationale eut décrété le 16 thermidor an 2 (3 août 1794) que “les sommes dues aux habitants des villes d'Hambourg, Lübeck, Dantzig, Brème et Ausbourg seront exemptées du dépot ordonné"  Roscoff, craignit de voir le commerce des graines de lin prendre fin.

Une lettre de la Municipalité aux Représentants du Peuple à Brest; exposait ainsi. Les doléances, à la date du 1er fructidor (18 août). :" De temps immémorial, les batiments Lubekois, débarquaient annuellement en notre port des graines de lin : Elles arrivaient dans l’hiver, et toujours à temps de la semence dans nos terres. "

" Personne ignore l’importance de cette cuIture précieuse pour alimenter les filatures, les manufactures de toiles et fournir en ce moment aux besoins du peuple et des armées. Nos concitoyens marchands qui faisaient le commerces des graines de lin avec Lübeck nous demandent (d’après le décret du:16 thermidor) s’il ne leur serait .pas permis de continuer à faire tirer à l’ordinaire des graines de lin de cette ville hanséatique. Ils désireraient attendu que la saison s'avance pour pouvoir faire leurs demandes, une authaurisation suffisante.".


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