La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 209 - 1967 - Janvier

- L'Hospice dans la purée
- Draps de lits à changer
- Dénonciation contre l'abbé Bourgonnière
- Démission des conseillers et fonctionnaires parents d'émigrés
- Arrivée de prisonniers français
- Roscoff - Canton
- Insulte au maire
- Encore Plougoulm et ses lits sales
- Soupe au goémon
- État de siège à Roscoff
- Bataille navale
- Les soldats voleurs
- Anniversaire de la mort de Louis XVI


Cahiers de Mr Le Corre

CHAPITRE VII - ANNEE 1795


L’HOSPICE ... DANS LA PUREE .­

Le 25 thermidor an 3 (12 Août 1795), l'hospice faillit être évacué., faute de ressources.

La Municipalité adressa au district une pressante demande de fonds "cinq à six mille francs sous peine de faire évacuer notre hospice civil et de jetter sur les rues des vieillards infirmes et des orphelins qui n'ont d'autres ressources que cet aile de l'humanité".

Le secours vint le 3 fructidor (21 Août) 0n avait demandé six on reçut quatre mille Livres.

On remercia, tout en demandant deux autres mille.


DRAPS DE LIT A CHANGER .­

Les citoyens des communes environnantes, qui n'avaient pas de détachement de militaires, devaient fournir des lits aux militaires de St Pol et de Roscoff. Les habitants de PLOUGOULM ne trouvant pas cette réquisition de leur goût, se faisaient longuement prier avant de s'exécuter.

Ainsi le 6 fructidor (23 août), ils étaient invités à "venir changer les draps sur les lits", 200 hommes d'armes arrivant aux Capucins. Comme ils firent encore la sourde oreille, la Municipalité de Roscoff les dénonça au District le 13 (30 Août) : "Il ne restera plus qu'un moyen, écrivait-on, c'est d'ordonner l'envoi de deux soldats chez chaque propriétaire des lits, jusqu'à ce qu'il n'ait fourni sur son lit de la paille fraîche, de la balle, et fait blanchir ses couvertures qui ne sont pas suportables."

Tout manquait vraiment aux pauvres militaires le même jour on demandait à Lohéac, commissaire des guerres, de vouloir bien fournir "douze hâches peur fendre le bois" qui devait servir au feu du corps de garde.

A la date du 24 fructidor (10 Septembre), le District reçut une nouvelle réclamation contre PLOUGOULM, et toujours pour les lits sales.

C'est que la garnison de Roscoff était assez nombreuse à cette époque. Elle se composait de :

Si l'on retire de ce total les :

Roscoff avait une garnison de 208 hommes.


DENONCIATION CONTRE Mr L'ABBE BOURGONNIERE .­

Le 3 Brumaire (25 Octobre 1795) le Directoire vota une loi dont l'article X portait que "Les lois de 1792 et de 1793 contre les prêtres sujets à la déportation et à la réclusion seront exécutées dans les 24 heures de la promulgation du présent décret, et les fonctionnaires publics qui seraient convaincus d'en avoir négligé l'exécution seront condamnés à deux années de détention."

Deux jours avant le vote de cette loi, le citoyen BENOIST, Lieutenant des Douanes nationales (un des membres de l'ex-comité de surveillance) avait dénoncé "le citoyen BOURGONNIERE" en ces termes

" Je soussigné dénonce à la Municipalité de cette Commune la conduite contre-révolutionnaire du Ministre du Culte Catolique officiant en cette Commune. "

" Qui m'étant présanté pour tenir un enfant nouveau née ou m'ayant fait la proposition de me rétracter pour avoir assisté à l'office d'un prêtre constitutionnel et lui ayant répondu que je n'entres dans aucune quesquiont téologique et que de tout temps javés suivi la religion de mes pêres qui n'êtoite que la siene a quoi ma répondu que il ne pouvait m'admettre ayant suivi un prêtre conformiste chismatique et m'a donner un refut par écrit (en) présance de plusieurs témoins entre-autre les citoyens GRANGE et NOUBLI capitaine et son lieutenant au 2ème bataillon de la formation d'Orléan en garnison dans cette place et qui ont signés avec moy : Roscoff 29 vendémière l'an 4ème de la république françois une et indivisible. "

La dénonciation fut transmise par la Municipalité au District "à l'effet d'y statuer ainsi qu'il appartiendra"..

La Municipalité reçut le 23 l'extrait de la loi du 3. courant contre les prêtres fidèles. A cet extrait était joint un arrêté du Directoire du District qui chargeait le conseil "de tenir la main à l'exécution des dits articles des lois et de lui rendre compte dans tiers jours."

Le conseil ne fit pas de zèle, croyons-nous, pour arrêter Monsieur Bourgonnière et le Père Capucin Kerautret (Père Paul Marie de Landerneau) qui n'avaient pas quitté le pays. Il répondit en effet le 25 (16 Novembre) : "Le 23 du courant nous est parvenue votre lettre du 21 qui nous transmait l'extrait collationné et certifiés des articles X et XI de la loi du 3 de ce mois concernant les prêtres sujets à la déportation ou à la réclusion. "

"Les deux prêtres que nous avions ici ne paraissant plus dans cete commune depuis la notification que nous leur avons faite de la loi du 11 vendémiaire, et n'étant pas sous le coup de la loi de 1792 et 1793, ils sont exemps de la déportation et réclusion."


DEMISSION DES CONSEILLERS ET FONCTIONNAIRES PARENTS D'EMIGRES

Le 20 vendémiaire (12 Octobre) démissionnèrent comme parents d'émigrés :

(conformément au décret du 5ème jour complémentaire)


ARRIVEE DE PRISONNIERS FRANCAIS

Le 13 Brumaire (4 Novembre 1795) arrivèrent sur rade deux navires parlementaires venant de PLYMOUTH avec 700 prisonniers français.

en route pour Brest, avaient été forcés par vent contraire de relâcher à l’île de Batz, d'où ils se proposaient d'atteindre Morlaix.


ROSCOFF - CANTON

L'administration du Département siégeant à QUIMPER adressa le 23 brumaire (12 Novembre 1795) à la Municipalité de Roscoff un arrêté qui était de nature à satisfaire cette commune et à mécontenter Saint Pol, Plougoulm et Plouénan. D'après cet arrêté la commune de St Pol formerait seule une administration municipale ; les autres communes, faisant précédemment partie de ce canton : Plougoulm, Plouénan;et l'île de Batz formeraient une autre administration municipale dont le chef-lieu sera à Roscoff.

Ainsi se trouvait exaucé, et au delà même de la demande, le voeu formulé, le 31 Mars 1790, par la première municipalité de Roscoff.

La Municipalité s'empressa, quatre jours après, le 27 brumaire, d'inviter les officiers municipaux de Plouénan, Plougoulm et l'Ile de. Batz à se réunir tous "à la cy-devant église, chef-lieu provisoire du Canton, à 8 heures le 1er frimaire prochain;(22 Novembre) pour élire le Juge de paix, ses assesseurs et un Président de l'Administration municipale du Canton."

Le nouveau canton dont se détachèrent dès le premier jour Plouénan et Plougoulm pour former un autre canton, eut une vie éphémère. La Loi du 28 Pluviôse an 7 (17 Février 1799) réunit de nouveau le canton de Roscoff à celui de St Pol de Léon.


INSULTES AU MAIRE

Le 3 frimaire (24 Novembre 1795), la Municipalité porta plainte à l'administration du Département contre "le citoyen Martin, capitaine commandant le 2ème bataillon d'Orléans en garnison à Roscoff pour insultes au maire et propos indécents contre les représentants du peuple"...

Le 30 vendémiaire (22 Octobre) sous prétexte de retard dans le départ des quatre voitures (de Joseph Jacq, Alain Jacq et Jean Guivarc'h), réquisitionnées pour aller à LESNEVEN prendre les habillements de sa troupe, le capitaine MARTIN accompagné de trois officiers se présenta à la Mairie où il "s'est porté à taxer la municipalité de négligence, de mauvaise volonté, disant qu'elle ne cherchait qu'à entraver ses opérations, qu'elle se refusait aux réparations des portes des Cazernes et à la fourniture des ustanciles, comme hache, pelle, etc.." et qu'elle s'était opposée au départ des voitures pour Lesneven. "Mais qu'il en aurait raison, qu'il était au reste tien instruit sur mon patriotisme (c'est le maire LE SQÛIN qui parle) et sur les projets liberticides de la Commune (qu'il a prétendu être au moment de s'insurger).'!

C'eut été à la commune de Lesneven de faire le nécessaire pour le transport des effets d'habillement. Cependant, à la demande de l'Officier, le Maire de Roscoff avait donné l'ordre aux voituriers de partir pour Lesneven, parce qu'il voulait "obliger sa trouppe", quoiqu'il n'eut dû donner cet ordre "qu'en cas d'urgence et d'impossibilité bien constatée par les autorités de la commune de Lesneven de ne pouvoir trouver chez elle des voitures" et d'après les ordres des représentants du peuple. "A cette dernière observation le citoyen Martin s'est mis à crier qu'il. se foutait des Représentants, que c'étaient un tad de Bougres et de qui il était déjà las.."

Pour mettre fin à cette "scenne déjà trop scandaleuse suscitée sans doute par les conseils de quelques malveillans qui habitte sur cette commune et qui n'aspirent qu'après le sang et le carnage, qui voudroient voir le pillage de ces habitans pour se partager leurs dépouilles" le maire demanda aux voitures de "faire le plus de diligence possible pour se rendre à Lesneven".

Sur le refus du capitaine d'inscrire sa déclaration au journal de police "sous prétexte de ne savoir point écrire" le Maire en fit faire le rapport par Gailhac, secrétaire greffier provisoire et déclara qu'il rendrait "compte à qui il seroit de droit de la conduitte qu'il venoit de tenir vis-à-vis une authorité constituée et de ses propos indécents contre les représentans du peuple "...


CHAPITRE VIII - ANNEE 1796


ENCORE PLOUGOULM... ET SES LITS SALES .­

Le 11 Ventôse an 4 (1er Mars 1796) la Municipalité porta de nouveau plainte à la Municipalité de Plougoulm contre les citoyens qui se trouvaient en retard pour faire leurs lits aux Capucins. Les citoyens en retard pour changer de draps sur leurs lits étaient :


SOUPE AU GOEMON

Si la garnison de Roscoff manquait de draps de lit propres, le détachement de l'Ile de Batz manquait de bois pour la cuisine, et le 4 floréal (24 Avril) la Municipalité de Roscoff signala à l'administration supérieure du Finistère "qu'au corps de garde de l'île, on faisait la soupe au goëmon sec, faute de bois."


ETAT DE SIEGE A ROSCOFF

Des bruits.alarmants avaient couru, parait-il . on annonçait que le Finistère allait se révolter contre le Directoire et les bandits qui gouvernaient notre pays.

Le Directoire s'en émut, et Roscoff fut déclaré en état de siège. Le 13 ventôse (3 Mars) toute l'autorité pour le maintien de l'ordre et de la police intérieure passa entre les mains de l'autorité militaire.

L'état de siège ne dura que jusqu'au 24 ventôse (15 Mars). La lettre suivante du Général HOCHE y mit fin.

'' Grande Division de l'Ouest - Armée des côtes de '° l'Océan, etc..”

" Res non verba.”

“Le Général en chef au Général commandant la Division du Finistère.

Les administrateurs du Département du Finistère ont maintenu jusqu'à ce moment la tranquillité dans les communes de cet excellent département. ".

“ Veuillez donc ne pas le regarder comme insurgé, lever l'état de siège prononcé pour toutes villes et suspendre l'exécution des autres mesures indiquées par l'arrêté du Directoire du 7 Nivôse. Veuillez bien faire part de ma lettre aux administrateurs du département et les assurer que j'emploierai toujours les moyens propres à attacher tous les Français au Gouvernement républicain. "

Signé : L. HOCHE - Au Quartier général d'Angers le 10 ventôse an IV de la RF"

 L'état de siège fut de nouveau rétabli du 15 germinal (4 avril) au 19 floréal (9 mai), mais la municipalité protesta cette fois contre l'état de siège à Roscoff qui n'est pas souillé d'aucune tache de chouannerie et où les impositions sont en majeure partie payées et l'emprunt forcé en recouvrement "...

Voici la proclamation du rétablissement de l'état de siège a Morlaix le 13 germinal, 4ème année républicaine.

L'adjoint ROBINET, commandant l'arrondissement de Morlaix au citoyen De Lage, chef de Bataillon à Pol-Léon.

En conséquence des nouveaux ordres que j'ai reçus du général MEUNIER (commandant de la 2ème subdivision), veuillez bien rétablir de suite l'état de siège dans les communes de Pol-Léon et Roscoff. Suivez et faites exécuter à cet effet les ordres qui vus ont été précédemment donnés et transmis par le citoyen Aruspach (chef de brigade, commandant la place de l'arrondissement de Morlaix); étendez une surveillance exacte et sévère sur les lieux de Pol-Léon et Roscoff et environs.

Recommandez surtout aux commandants qui sont sous vos ordres de n'exercer aucun acte arbitraire (attrappe, capitaine Martin aux propos indécents !) et qu'ils n'àyent qu'à se concilier pour opérer le bien, les administrations  civiles, les commissaires du Directoire exécutif et tous autres officiers publics."

" Que le bon ordre se maintienne et que les lois s'exécutent sans secousse et sans la moindre inquiétude pour les citoyens. Salut et Fraternité."

Signé : ROBINET. "


BATAILLE NAVALE

Le 9 brumaire (30 Octobre) deux frégates anglaises poursuivant une flottille de bateaux se retirèrent après avoir essuyé le feu de la Canonnade des forts. Elles voulaient.peut être prendre leur revanche sur la capitaine GOIC qui, le 6 floréal précédent, 26 Avril, avait mené à Roscoff deux navires pris sur les anglais.


LES SOLDATS VOLEURS

Les soldats de la garnison continuaient à piller.

Le 20 brumaire (10 Novembre) ils envahirent la chapelle Bonne-Nouvelle, à Lagatvran, et en enlevèrent les boiseries pour faire du feu.

Etaient-ils réduits, comme à l'Ile de Batz, à chauffer leur "pot-au-feu" au goëmon sec ?.,.

A la même époque les Troupes de Saint Pol manquaient même de viande -: ils se répandaient dans les campagnes, se livrant fréquemment à des vols et à des déprédations, frappant les personnes qui essayaient de défendre leurs biens.

Un cultivateur de Plougoulm, Jean Grall, fut même assassiné par eux...


ANNIVERSAIRE DE LA MORT DE LOUIS XVI

" En vertu de l'arrêté du département du 16 pluviôse, an 4 républicain, on invite les fonctionnaires publics, les agens et salariés du gouvernement et autres de se trouver dimanche prochain deux ventose à deux heures après-midi, près l'arbre de la liberté sur la place à Roscoff, pour y célébrer la fête mémorative de la mort du dernier tyran."

Signé : Ja J. Mège


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