La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 210 - 1967 - Février

- 1797 - Les lits de Plougoulm
- Fête du 14 juillet
- Le catéchisme à Kerestat
- Fête de la fondation de la République
- Ordre de célébrer les décadaires
- Situation agricole de St Pol en 1797
- 1798 - Serment de haine à la royauté
- Recensement du canton de Roscoff
- Situation générale en 1799


Cahier de Mr Le Corre

CHAPITRE IX - ANNEE 1797


LES LITS DE PLOUGOULM

Les habitants de PLOUGOULM continuaient à opposer la même force d'inertie aux réquisitions de lits pour les militaires. Le 16 Janvier 1787 (26 Nivôse an 6), ils durent cependant " fournir quinze lits pour loger trente hommes dans l'Église de Santec."


FETE DU 14 JUILLET

Le 25 Messidor an 5, le 13 Juillet, la Municipalité écrivit au Commandant Lée pour convoquer 1a garnison à la fête anniversaire de la Prise de la Bastille, " époque disait la lettre de convocation, où la France a recquonquisé sa Liberté".

Les Officiers municipaux en célébrant cette fête ne faisaient que se montrer esclaves des lois. En effet, la loi du 8 Thermidor (26 Juillet) ordonnait de célébrer sur toute l'étendue de la République l'anniversaire de la prise de la Bastille.


LE CATECHISME A KERESTAT

La République venait de l'échapper belle par suite d'une importante capture ? Le lecteur en jugera nous reproduisons le registre de la Municipalité de St Pol.

" Le 24 Fructidor (10 Septembre vers les deux heures et demie de relevée, est entrée dans la salle de la Commune un détachement des grenadiers de cette garnison, ayant un officier à sa tête, lequel a conduit un citoyen de cette commune, nommé René Le Borgne, lequel avoit les mains garrottées. Le citoyen Mignon, officier, nous auroit déclaré avoir arrêté le dit Le Borgne dans le cy-devant manoir de Kerestat comme suspect, et faisant le catéchisme à plusieurs enfants."

Le sous-lieutenant déclare avoir su que Le Borgne n'étoit point prestre ; qu'il se désistoit de sa déclaration précitée.

" Le conseil déclare que le citoyen Le Borgne ne pouvant être sous aucun rapport considéré comme ecclésiastique, et qu'il est reconnu comme cultivateur de cette commune, il n'y a pas lieu de donner suite à l'affaire. "

Quel soulagement pour la Municipalité de. Pol-Léon !

La tradition par le fait, dit que les prêtres se cachaient parfois au manoir de Kerestat, habité à l'époque par le fermier François GUYADER, et qu'ils y administraient les Sacrements, Un jour une patrouille arriva à l'improviste et pénétra dans la maison , sur les talons du fils du fermier. L'enfant bien stylé s'adressant à un prêtre qui s'y trouvait, habillé en paysan, au coin du feu, lui cria "Tad Coz, erru soudardet !". "Mad ! Lez-hi" répondit tranquillement le prêtre. Entendant cette conversation, les soldats se retirèrent, croyant avoir affaire au grand-père de l'enfant. L'esprit d'à-propos de l'enfant venait de sauver la tête du prêtre fidèle et de ceux qui lui avaient donné asile..


FETE DE LA FONDATION DE LA REPUBLIQUE

'' Ce jour premier vendémiaire l'an six de la République française une et indivisible à onze heures du matin. Les membres de l'administration municipale du Canton de Roscoff, accompagnés de beaucoup de citoyens, de toute la garnison, ayant à leurs têtes les chefs militaires, se sont rendus en ordre sur la grande place de cette ville près l'arbre de la liberté.

Là, la troupe ses rangée en bataille et tous les assistans ont marché au Temple de la raison afin que les lectures soient mieux entendues et donner toute descence à la fête de ce jour mémorable Epoque de la fondation de la République.

" Le citoyen Président monta à la Tribune, fit un discours analogue à la circonstance, plusieurs papiers intéressants y ont été lus et les acclamations de Vive la république et la constitution de l'an III, ont été réitérées, une satisfaction générale s'est manifestée et chacun s'est retiré en ordre avec l'intention de divertissements toute la journée.''

Ce compte-rendu est signé des officiers de la Garnison, des divers employés des douanes et des membres de l'administration municipale.


ORDRE DE CELEBRER LES FETES DECADAIRES

Le Dimanche avait été supprimé et remplacé dans le Calendrier de 1793 par le Decadi , dixième jour de la semaine républicaine : c'était jour férié

Le 28 Brumaire an VI (18 Novembre 1797), une lettre du Ministre de l’intérieur, le citoyen LE TOURNER, vint rappeler aux municipalités que tous les fonctionnaires publics et employés du gouvernement doivent célébrer les fêtes décadaires.''

Voici le tableau de ces fêtes ''nationales''.

Textes divers de la période révolutionnaire


SITUATION AGRICOLE DE SAINT POL EN 1797

Ce ne sera pas un hors-d'oeuvre de reproduire ici la statistique de la situation agricole de Saint Pol de Léon à la fin de 1797. C'est toujours avec intérêt, croyons-nous, qu'on lit ces sortes de détails qui font connaître un pays, ses ressources et l'état de fortune de ses habitants.

• Les terres de la Commune sont généralement bonnes, excepté sur le territoire de Santec, où elles sont légères et sabloneuses.

• Les digues en pignon de genêt, élévées en cette partie pour empêcher le sable de gagner sur les terres labourées, ayant été détruites à la Révolution, le sable fait des progrès rapides sur les terres, les détériore de plus en plus, en affaiblit les produits, et forcera bientôt à les abandonner.

• Il se récolte très peu de froment sur le territoire de Santec ; le principal de la récolte est en seigle et en orge. La plus grande partie de la récolte se consomme dans la commune et dans celles de Roscoff et de l'île de Batz qui viennent s'approvisionner aux marchés de Saint-Pol."

• L'excédent de froment qui ne s'y consomme pas se vend ordinairement pour l'approvisionnement de la marine à Brest."

• Le quintal de froment se vend de 10 à 12 francs, celui de seigle-froment de 8 à 10 francs et celui d'orge de 6 à 7 francs."

• Les jours de marchés sont fixés aux primidi et sextidi de chaque décade, et les foires se tiennent le sextidi de la première décade de chaque mois."

• Le journal de bonne terre s'afferme de 40 à 45 francs ; à la charge en outre d'entretenir les fossés en bon état de réparation."

• La durée des baux est de 5, 7 ou 9 ans, commençant au 8 vendémiaire(29 Septembre) de chaque année."

• La journée d'un journalier agricole se paie depuis 1 franc jusqu'à 1fr50. La journée de charroi, comprenant un homme, un cheval et une charrette depuis 6 jusqu'à 9 francs. Les gages annuels d'un domestique mâle sont de 75 à 120 francs, et ceux d'une domestique femelle de 36 à 75 francs.

" Les habitants sont en général très pauvres, surtout la classe des ouvriers qui ne trouvent plus de travail suffisant pour procurer une subsistance honnête à leurs familles depuis la suppression des Établissements dits ecclésiastiques qui existaient à St Pol avant la Révolution."

" Deux seulement des bâtiments, occupés autrefois par ces établissements sont encore invendus et seraient propres à l'installation d'une filature et à la fabrication de la toile ; les bâtiments du ci-devant évêché et ceux du ci-devant collège. La population de la Commune est de 5.327 habitants."


CHAPITRE X - ANNEE 1798

SERMENT DE HAINE A LA ROYAUTE

Le 3 Pluviôse an 6 (22 Janvier), le Commissaire du Directoire exécutif du Canton de Roscoff écrivit cette lettre au Commissaire du Directoire à Quimper.

" Je me fais un devoir et m'empêche (sic) de vous adresser les procès-verbaux du serment de haine à la royauté et à l'anarchie, dressés hier conformément à la loi ; le premier acte dirigé (rédigé !) sous mes yeux, j'ai tout lieu d'applaudir au civisme de la Commune de Roscoff."


RECENSEMENT DU CANTON DE ROSCOFF

Terminé le 6 Germinal an 6 (28 Mars 1798), le recensement donna les résultats suivants :


PENSIONS DES RELIGIEUSES CHASSEES DE LEURS COUVENTS...

Dans le courant de l'année 1797, un questionnaire avait été adressé par le commissaire général du département sur les ci-devant religieuses qui pouvaient se trouver sur le territoire de la Commune, à la Municipalité qui répondit le 6 germinal (28 Mars) qu'il n'y en avait qu'une "Marie Catherine QUENET, ex-converse aux ursiline de Quimper, fixée à Roscoff depuis vendémiaire dernière." Ses besoins sont nécessiteux, ajoute-t-on. " Elle réclame sa pension près de vous."

Le 3 Pluviôse an 12 (24 Janvier 1804) la Municipalité réclamera encore, auprès du sous-préfet de Morlaix, " la pension de la Quénet, ex-ursuline, qui, en filant, nourrit sa vieille mère. C'est une œuvre de miséricorde que d'accélérer le payement de sa pension".


FETE DE L'AGRICULTURE

Le 8 Messidor (26 Juin), la Troupe fut convoquée à la fête de l'Agriculture qui devait se célébrer le lendemain. Le Commandant de la place , FERDUT, reçut cette convocation

" La fête de l'Agriculture sera célébrée dans cette commune décadi prochain (la fête était donc renvoyée !) Le lieu de réunion sera au Temple de la Raison (l'église) où à dix heures du matin nous vous invitons à faire prendre les armes aux diférents corps sous votre commandement."

Le secrétaire greffier ayant négligé de faire le compte rendu de la fête, il m'est impossible de vous donner "la physionomie de l'assemblée."

Même remarque pour la fête du 9 et 10 thermidor (26 et 27 Juillet) qui fut célébrée avec le concours des soldats (50 hommes par compagne) sous les ordres de leurs capitaines. Il en sera de même en 1799.

Les registres de la Municipalité de St Pol sont plus :intéressants. Ils nous apprennent qu'à cette fête de l'Agriculture du 9 Messidor, commencée à 10 heures sur l.a Grande Place, au pied de l'arbre de la Liberté, il y eut

1° - Lecture des lois et arrêtés transmis par le Département dans la dernière décade,

2° - Lecture de l'arrêté du Directoire exécutif qui détermine la manière dont la fête doit être célébrée

3° - Lecture de la délibération de l'administration municipale relative à la fête,

4° - Lecture d'un discours analogue à la fête, rédigé par le citoyen SAINTOUX, lieutenant d'artillerie, co-directeur de la Société dramatique.

Tout quoi a été suivi de chants patriotiques et de cris de Vive la République par le peuple assemblé, les corps constitués, la garde nationale et la garnison."

La fête s'est terminée au son d'une musique instrumentale entremêlés d'hymnes et de chants patriotiques."

Ce jour-là, il y eut assemblée et danses à Pen-an-Rue à. St Pol où se trouvèrent plus de cent individus, tandis qu'à la fête civique il s'est trouvé peu de monde. "

Et le rapport se termine ainsi - " L'assemblée tenue à. Pen-an-Rue est une injure aux institutions républicaines.”


INVENTAIRE ET VENTE DU MOBILIER DE L' EGLISE

Le 17 Messidor (5 Juillet) la municipalité adressa au receveur des domaines à Pol-Léon " l'inventaire des meubles à vendre et non réservés, existants dans l'église de Roscoff et celle des Capucins." Le registre des délibérations a malheureusement négligé de conserver le double de cet inventaire ; mais d'après ce qui se fit à St Pol à la même époque, on peut conclure qu'on enleva de l'église, pour le vendre, tout ce qui était enlevable.

Voici l'avis publié à Roscoff de la vente de St Pol :

AVIS AU PUBLIC - Vente de Meubles et effets mobiliers nationaux."

Le public est prévenu que le premier Messidor an 6 (17 Juin 1798), il sera procédé à l'adjudication au plus offrant et dernier enchérisseur des effets existants en la ci-devant cathédrale à St Pol de Léon, consistans en pièces de menuiserie, portes, confessionnaux, autels tant en marbre qu en bois, balustrades, stalles,.pupitres, escabeaux, orgues, différents morceaux de bois, un petit monceau d'ardoises etc.. "

" Les adjudicataires payeront comptant, le prix des objets qui leur seront adjugés, entre les mains du citoyen Receveur de la Régie Nationale de l'enregistrement et du Domaine qui procédera à la dite Vente."


CHAPITRE XI – ANNEE 2 - 1799

SITUATION GENERALE EN 1799

Extrayons du rapport du commissaire du Directoire à St Pol, le citoyen LOUSSANT, un fougueux révolutionnaire, quelques lignes qui donnent la physionomie assez exacte des choses de cette époque. On y remarquera comment il parle des prêtres fidèles et des émigrés.

Commerce - Industrie .- La Commune n'a jamais eu d'autre commerce que celui de ses légumes et leur expédition sur Morlaix, Brest et Landerneau.


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