La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 211 - 1967 - Mars

- Dépopulation ?
- 1799 - Fête de la souveraineté du peuple
- Vente du couvent des Capucins
- Le pardon de Santec
- Insultes à supérieurs à la garde Nationale
- Fête de la fondation de la République... qui casse les carreaux, les paie !
- Recensement
- Le 18 brumaire
- 1800 - Fidélité à la constitution
- Suppression des municipalités
- Les cartes de sûreté
- Mr Bourgonnière et Kerautret réapparaissent
- Naufrage de la corvette " La Colombe "


DEPOPULATION

Les journaux ont relevé la baisse à peu près générale dans nos régions du nombre des électeurs inscrits entre les législatives de Novembre 1962 et celles de 1967.

La circonscription de Morlaix - Saint-Pol aurait perdu 2.000 électeurs, celle de Landivisiau 2.993. Le canton de Plouescat a perdu 434, celui de Plouzévédé 407, celui de Sizun 250. La commune de St Pol à perdu 110, celle de Cléder 220. A Roscoff le nombre des électeurs inscrits a baissé de 168.

ROSCOFF se viderait-il ? L'observation précédente ne permet pas, à elle seule, de.l'affirmer. On sait, en effet, que Roscoff a toujours eu en ville, une population assez mouvante, des "colons", comme on disait au 18e siècle. Ainsi près de 150 électeurs inscrits sur les listes de Roscoff et qui ont quitté le pays avaient négligé de s’inscrire à la mairie de leur nouveau domicile. Toujours inscrits à Roscoff ils n'y votaient pas et n'avaient d’autre influence politique que celle de jeter le discrédit sur le civisme des Roscovites en aggravant le pourcentage des abstentionnistes. Or précisément, entre les deux législatives des vérifications ont été faites et une trentaine de ces électeurs fantoches ont pu être radiés; il en resterait encore plus de 120.

Signalons aussi qu'entre les deux législatives, il y a eu environ 210 décès d'électeurs.

Nous devrons attendre le prochain recensement, qui interviendra en 1968, pour savoir de façon précise en quel sens évolue notre population et selon quel rythme.

Les campagnes finistériennes se vident, nos petits villes s'accroissent. Ces migrations sont déterminées par le changement des mentalités, par l'évolution économique, la disparition traditionnels et la création d'activités nouvelles qui donnent des emplois, souvent d'ailleurs assez mal rémunérés.

La situation de Roscoff est très particulière. Le nombre d’emplois y est important. Sans parler des emplois saisonniers en culture, en hôtellerie, en expédition de légumes, en service hospitalier ou de cure.

ii y a plus de 550 emplois stables en ce petit pays, la majorité étant des emplois féminins, de service hospitalier surtout. Nombre de ces emplois sont tenus par des  hommes et des femmes qui ne font pas leur domicile à Roscoff, il est tout naturel que chacun tienne à son chez soi et aime à le retrouver chaque soir après le travail.

Ce qui est étrange par contre et proprement scandaleux c'est la difficulté inouïe que rencontrent pour se loger à Roscoff les jeunes ménages du pays (pourtant rares), des familles roscovites, des personnes plus âgées. A croire que la perspective de fortes et fructueuses locations, d'été donne au Roscovite, naturellement si généreux, la dureté granitique d'un coeur d'homme d'affaires.

Pour ceux qui ne peuvent songer à acquérir un appartement dans un grand immeuble un espoir vient de pointer, la mise prochaine en chantier de sements. L'un à Kernaoguer, aura 13 maisons, du Verger, les Capucins, en aura 18. En voilà, du, moins, qui pourront rester au pays, C’est leur désir le plus cher. Nous faisons des voeux pour que leur attente ne soit pas longue à en languir. Nous les engageons aussi, pour le jour où ils seront chez eux, à garder leur coeur pitoyable à la souffrance des mal-logés.;

Jean Feutren

Cahiers de Mr Le Corre

CHAPITRE XI - ANNEE 1799


FETE DE LA SOUVERAINETE DU PEUPLE

" Le 30 Ventôse an 7 (20 Mars 1799), "l'Administration a fait publier et afficher la veille dans les municipalités du canton, conformément à la Loi, cette fête serait célébré.

Le Commandant de la place a été invité. officiellement de faire prendre les armes à la garnison à 10 heures du matin, avec indication que la réunion se ferait sur la grande place. Et que l’Administration cantonale s’étant assurée que l’arbre de la Liberté se :trouvait presque mort a jugé de prendre des mesures pour son remplacement.

En effet, à dix heures précises du matin, les militaires composant la garnison et les chefs à leur tête, les fonctionnaires publics se sont réunis près et en la Maison Commune, de concert avec cette administration, le Commandant et autres officiers.

De là on s'est rendu avec tout l'ordre possible au lieu des séances décadaires; par suite sur la grande place où le nouvel arbre a été planté.

Toutes les mesures convenables ont été observées bien régulièrement à la satisfaction générale et unanime.

En Maison commune, les dits jour et an.

Signé : Bagot, agent - François Séité, Commissaire du Directoire exécutif. (extrait du journal de police).


VENTE DU COUVENT DES CAPUCINS

Le couvent des Capucins ayant été mis en vente par la Direction centrale de Quimper, la Commune lui demanda, le 8 prairial an 7 (28 Mai 1799), à le garder "comme seule et unique maison nous restant dans le canton ; l'église elle-même servant à l'exercice des troupes par mauvais temps.

La demande de la Municipalité ne fut pas accueillie.

La Communauté et ses dépendances furent achetée par le citoyen Yves Heurtin; négociant, ancien officier Municipal et ancien membre du fameux Comité de surveillance de Roscoff. Cela, n'empêcha pas le Père Capucin  Kerautret (en religion Paul Marie de Landerneau) qui resta caché à Roscoff et dans ces environs, avoir quitté son Couvent et, qui n'avait pas de rancune, de baptiser son petit-fils, moins de deux mois après,comme le constate l'acte suivant :

" Yves Jean, fils légitime de Jean Baptiste Alexandre Deschamp et Marguerite Heurtin, son épouse, né le 24 juin 1799 a été solennellement baptisé par le soussigné prêtre catholique, religieux capucins, le 18 juillet suivant. Le parrain et marraine ont été François Simon et Marie Simon.

Signé ; f. Paul Marie de Landerneau, religieux, capucins, prêtre”

Le mariage des parents avait d'ailleurs été béni par lui l'année précédente. Nous citerons en entier l'acte, parce qu'il mentionne l'origine étrangère au pays de la famille Heurtin-Deschamps.

" Jean Baptiste Alexandre Deschamps fils majeur de feu Claude Deschamps et de Françoise Perrin, originaire de Chablis (canton de l'Yonne), diocèse de Langres, d'une part, et Marguerite Heurtin, fille majeure de Yves Heurtin et de Marie Charon, originaire de la paroisse de Maidan, évêché de Nantes et domiciliée à Roscoff, succursale de la paroisse du Minihy, évêché de d'autre part ; les ites parties du consentement de leurs familles, après avoir obtenu dispense des bans par qui de droit, et les témoins interpellés assurant ne connaître entre les futurs époux aucun empêchement quelconque, le soussigné prêtre catholique, Religieux, Capucin, a reçu leur consentement mutuel de mariage par paroles de présent et leur a donné la bénédiction nuptiale, le 12 septembre 1798, en présence de Thérèse Lesné Dupin, Marie Craignou, Josèphe Séité, et Jeanne Le Minihy. "

Signé : f. Paul Marie de Landerneau, capucin, prêtre.

Deschamps était ancien capitaine au régiment de Ferdut infanterie" Il démissionna, Ie 17 fructidor, an 6 (3 Septembre 1798) à l'âge de 29 ans.

Le couvent, avec ses batiments et son enclos d'une superficie de dix hectares environ, fut adjugé moyennant :

Après la faillite, de Mr Deschamps, banquier vers 1880, dans laquelle les paysans Roscovites perdirent près de deux millions. L’ancienne propriété des Capucins fut racheté par Mr Jean-Marie Daniélou, marchand de légumes et Maire de Roscoff.


LE PARDON DE SANTEC

"A Santec, à l'occasion du,cy-devant pardon, lisons-nous dans le registre de "la Municipalité à la date "du 19 prairial (8 Juin), arrestation de deux personnes :°Thérèse Le Gouélan de Morlaix et Françoise Sagot, de Pleyber, qui tenaient.un Jeu de hasard, avec balles roulantes dans une table perçée. ".


INSULTES A SUPERIEURS A LA GARDE NATIONALE

Le 19 messidor, an 7 (7 Juillet 1799), J.M. Jezéquel,

Lieutenant porta plainte pour insultes et désobéissance contre François.Quéméner, soldat (du "Gardaléas"). Voici le billet de Jézéquel, dont nous.respecterons I'orthographe :

“ ..5 heur du soire le 19 Mexidor le nomais françois Quemener est venu matacer sur le qué avec un bihet singné Delorme capitène de la 3e Compaingni de la garde naxional pour la garde du 19 au 20”

" Il ma fait voire le dit bihet an me dixant quil faisat me foutre de moi et de mon capitène et qu’il a déchiré bihet pour faire voir quil se fout de mois. Je porte le dit bihet an deus piesce au capitene pour an faire droit. An revenant il ma rancontré an me trétan que javê et lié et garoté et que je mérit daitre gillotiné. a Roscoff ce 19 messidor an 7 de la République. Signé : JézéqueI lieutenant. "

A la suite de cette plainte apostillé par le Commandant Blairot de la Garde Nationale et le Capitaine Delorme, François Quéméner fut condamné à payer deux journées de travail (évaluées à 30 sols) à celui qui l’avait remplacé dans son service, à passer 24 heures en prison, et à faire des excuses à Jézéquel en lui témoignant “qu’il se repends de l’avoir offensé par ses injures virulntes et réactionnaires”

Ce jugement de l'administration communale fut de plus publié et affiché “ son authenticité devant nécessairement influer sur le bien du service de la Garde nationale." (journal de Police)


FETE DU 14 JUILLET

Séance du 26 Messidor an 7 (14 Juillet 1799).°

Les membres de l’administration réunis ainsy que son commissaire du Directoire exécutif, les juge de paix et ses assesseurs, tous les fonctionnaires publics et salariés de la nation du Canton, accompagné de la Garde Nationale et de la Garnison, se sont transportés au Temple décadaire et où il a été célébré avec la plus grande pompe l’anniversaire de la chute de la Bastille, conformément à la loi.

En maison commune de Roscoff, etc...


FETE DE LA FONDATION DE LA REPUBLIQUE... QUI CASSE LES CARREAUX LES PAYENT

" Du 4 vendémiaire an 8 de la République (26 Septembre 1799). Se sont présentés les citoyens soussignés résidents sur la place de cette ville ; lesquels ont exposé que le 6ème jour complémentaire ainsi que le premier de cette année (22 et 23 Septembre) il avait été tiré plusieurs coups de canon à l'occasion de la fête, sous les fenêtres de leurs habitations, dont la commotion avait occasionné un dégât remarquable, en dégradant les fenêtres et cassant les carreaux de vitres, notamment à la maison occupée par le citoyen :

Pourquoi les réclamants invitent l'administration à prendre les mesures convenables pour réparer ces dégradations .; attendu que le fort se trouvant précisément près la place, c'était l'endroit propre pour tirer les pièces sans causer aucun dommage aux voisins ; observant d'ailleurs à l'administration que chaque fois que le canon a été tiré sur la place semblable inconvénient à eu lieu et a été réparé aux frais de qui de droit mais non par l'habitant. Ils espèrent qu'il sera fait droit.

 Signé : Picrel l'Ainé, Provandier, Girault


RECENSEMENT

Au 6 brumaire an 8 (28 octobre 1799) la population du Canton était de 4.848 habitants et celle de Saint Pol de 5.038.


LE 18 BRUMAIRE

Le 18 Brumaire (9 Novembre 1799) Bonaparte renversait à Paris le Directoire.

Les évènements désormais;iront vite. On sent partout un nouvel état de choses va surgir et les esprits en général étaient tout disposés à l'accueillir avec faveur.

A peine le triomphe de Bonaparte était-il assuré que l'on vit paraître la Constitution de l'an VIII instituant le gouvernement absolu et nommant Bonaparte premier Consul. On proposa, pour la forme, à l'acceptation de la Nation, cette constitution de la République française du 28 frimaire, dite de l'an VIII (20 Décembre 1799). Elle fut acceptée avec le même enthousiasme que toutes les lois précédentes.


CHAPITRE XII - ANNEE 1800

FIDELITE A LA CONSTITUTION

La Loi du 21 Nivôse an VIII (11 Janvier 1800) exigea de tous les fonctionnaires publics la promesse ce fidélité à la nouvelle Constitution. Les jours suivants les Administrateurs de la commune se rendirent à la salle décadaire, autrement dit le Temple de la raison (Eglise de Croaz-Batz) et y firent individuellement le serment exigé en ces termes : "Je jure d'être fidèle.à la Constitution."


SUPPRESSION DES MUNICIPALITES

“Une circulaire du préfet; en date ru 23 floréal (13 Mai)  enjoignit aux administrations municipales de cesser sur-le-champ leurs fonctions, conformément à l' article V de l'arrêté des trois consuls : Bonaparte, Le Brun et Cambacérés du 17 ventôse (8 Mars). Le président et les administrateurs exerceront provisoirement les fonctions d'agent et adjoints.provisoires..

A cette époque on relève sur les registres de la mairie les signatures suivantes . '

- 1799 : `Le Squin.Jeune, président,

- 1799 : Le Lann, administrateur principal.

-- 1796 -° 1799 --1800 : Bagot, agent municipal

( en 1800; le Squin signe : maire, Mège Jeune. et Guibert : adjoints). Ils avaient été nommés tous trois par le Préfet, Baron Didelot en Juillet 1800.


LES CARTES DE SURETE .

A la.chute du Directoire, les prêtres fidèles commençant à respirer, ils ne furent plus traqués comme des bêtes: Le nouveau gouvernement délivrait assez volontiers des cartes de sûreté aux prêtres qui en demandaient. Ces cartes leur permettaient d'exercer librement leur culte. Aussi vit-en bientôt une foule d'ecclésiastiques qui s'étaient cachés pendant la.Terreur et sous le Directoire, quitter leurs sombres retraites.


M. BOURGONNIERE ET LE P. KERAUTRET REPARAISSENT

Du 12 Floréal an 8 de la République (2 Mai 1800).

S'est présenté à l’administration municipale du canton de Roscoff Jullien Jean Marie Jérôme Bourgonnière, originaire de Morlaix, lequel a déclaré que reparoissant aujourd'hui dans la société après être resté sans se montrer pendant que des lois dont on a reconnu l'abus l’exposait à la .déportation si l'on,avait eu connoissance de son azile. Il vient déclarer à l'administration qu'il est et demeure dans le territoire de Roscoff et qu'usant de Sa liberté il y fixe son domicile, le tout afin que l'administration, pendant sa résidence dans son ressort, puisse user à son égard de toute surveillance, se réservant en changeant de domicile de mettre l'administration dans le ressort de laquelle il passera dans le même cas de facilité de surveillance, attendu qu'il se flatte par sa conduite de ne contribuer que à la paix ;et à l'union et a signé en requérant acte et copie de la présente, Julien Bourgonnière.

De laquelle comparution volontaire et déclaration l'administration décerne acte et a ordonne que copie signée du requérant et du secrétaire greffier sera délivrée au comparant pour lui valoir et servire de carte de sûreté (suit son signalement).

Fait et arrêté en maison.commune de Roscoff les dits jour et an que devant : Bagot agent, Le Lann adjoint, Blaisot pour le secrétaire, Guibert La Salle Commissaire du Gouvernement

Le même jour eut lieu la comparution du P. Kerautret.

Le 12 Messidor an 8 (1er Juillet 1800). Mr l'abbé Bourgonnière présenta au Bureau Municipal sa carte de sûreté ainsi conçue:

“ République française - Armée de l'Ouest – Benadotte, Conseiller d'Etat, général en Chef.

toutes les autorités et administrations civiles et militaires.

- Le citoyen Julien Jean Marie Bourgonnière, prêtre, peut librement exercer dans les villes et les campagnes le culte de la religion catholique. Je l'exhorte à concourir par les voies de son ministère, au maintien de la paix, de l'ordre et de la soumission aux lois.

Fait au quartier général à Rennes, le 4 Messidor an 8 "

Le P.Alain Kerautret présenta le même jour une carte identique.


NAUFRAGE DE LA CORVETTE "LA COLOMBE"

Le 26 Brumaire (17 Novembre 1800), la Corvette COLOMBE" commandée par le capitaine de frégate Julien arriva sur rade.

Un canot de cette corvette fit naufrage en se rendant au quai... Cinq marins et deux soldats furent noyés et leurs corps transportés à la  chapelle du Sépulcre.

Le citoyen Jean-Marie-Corre, assesseur de la Justice de paix (en l'absence du Juge Mège ) vint y dresser procès-verbal de l'accident, accompagné du secrétaire greffier Belloir, de l’huissier Joseph Créac'h, Vallois, officier de Santé et Berlioz aide-commissaire de la Corvette,du maire et des deux adjoints.

On identifia les cadavres de :

http://pagesperso-orange.fr/marins-et-notaires/Html/page_Angleterre_Morlaix.html


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