La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 213 - 1967 - Mai

- 1801 - Retour des prêtres déportés
- Les cloches
- L'Hospice
- L'éclairage des rues
- Coupe des goémons
- Bonaparte, 1er Consul
- Découverte de monnaies anciennes à Roscoff
- L'Hôpital de Roscoff


Cahiers de Mr Le Corre

CHAPITRE XIII - ANNEE 1801 ... ET ANNEES SUIVANTES


RETOUR DES PRETRES DEPORTES

Un sénatus-consulte, en date du 6 floréal an X (26 Avril 1801) autorisa les prêtres déportés à rentrer en France, à la condition de promettre d'être fidèles au gouvernement établi par la Constitution, de n'entretenir ni directement ni indirectement aucune liaison ni correspondance avec les ennemis de l'État, et de déclarer qu'ils ne possédaient aucun titre, décoration, traitement ou pension des puissances étrangères.

A partir de la promulgation de cette loi, les prêtres purent rentrer en France d'autant plus facilement que la paix fut signée avec l'Angleterre en vendémiaire (Octobre 1801).

Monsieur Boutin curé de Roscoff revint un des premiers d'Angleterre : en Janvier 1802 sa signature se trouve sur les registres de l'église.

En Février 1802, le P. Capucin Pichard arrivait de Lisbonne à Roscoff.

Le 18 Juin 1802 (29 prairial an 10), le navire "La Princesse-Auguste" débarquait à Roscoff, MM :

Ils se présentèrent le même jour à la mairie de Saint Pol pour prêter le serment ordonné par la Loi.., moins le Père Félix qui fit sa soumission à Roscoff.

Le Père Pichard, ex-capucin du Croisic, arrivé le 15 Février de Lisbonne, sur le bateau du Capitaine Jézéquel fils, fit sa soumission à la mairie de Roscoff et déclara se rendre à Saint Méen, dans sa famille.

Monseigneur de la Marche, ancien évêque de Saint-Pol, dont l'évêché ne fut pas maintenu au Concordat resta à Londres où il mourut en 1806 (25 Novembre).

Plusieurs prêtres ne revinrent pas de l'exil : les statistiques déclarent qu'à la fin de 1802 il en était mort à peu près 1.300, en Angleterre seulement, et la plupart par suite des ennuis, privations et profondes misères de l'exil.

Au nombre de ces confesseurs de la foi décédés en Angleterre se trouvait le Père Capucin de Trémaria, qui était parti du Couvent de Roscoff pour l'exil en 1792.


LES CLOCHES

Le 19 Messidor an 10, le maire écrivit au Préfet maritime de Brest (8 Juillet 1802) en ces termes “ Depuis environ six semaines le sous-préfet de Morlaix a deû vous prier de nous faire délivrer trois des onze cloches qui ont été prises dans cette commune et transportées à Brest."

“ Les trois cloches que je l'avais prié de réclamer sont une de 3.000 livres, et les deux autres de 500 et 400 livres.”

“ Veuillez nous les accorder." Le voeu du maire ne fut pas exaucé. Les cloches ne revinrent pas de Brest : elles avaient, sans doute, été fondues et transformées en canons !


L'HOSPICE

Dans la même lettre, le Maire demandait à conserver pour Roscoff l'hospice civil "qui existe depuis 1574 et dont Saint Paul veut s'emparer. Il ne renferme que des vieillards et des enfants de marins."

Pour l'hospice, la Municipalité de Roscoff eut gain de cause. Le 20 thermidor (8 Août) le préfet répondit que l'hospice serait conservé.


L'ECLAIRAGE DES RUES

Le 10 Nivôse an 11 (30 Décembre 1802) la Commune renvoya à la commune de Morlaix quatre des six réverbères prêtés au début de la Révolution : les deux autres furent introuvables.


COUPE DE GOEMONS

Le 2 Mars 1804 des habitants de Plouénan ayant cueilli du goëmon sur les roches de Roscoff, le maire de cette commune fut cité en Justice de paix. Sur une réponse déclinatoire de sa part, l'affaire fut confiée au sous-préfet.

On s'arrangea le 9 Mars : les pillards payèrent les frais, le goëmon confisqué fut vendu au profit des pauvres. Et le maire de Roscoff écrivit à. son collègue de Plouénan qu'à l'avenir il l'avertirait à la veille des grandes marées, sur quelles roches ses administrés pourraient prendre du goëmon.


BONAPARTE 1er CONSUL

La Municipalité de Roscoff avait crié :

Que voulez-vous : il faut être du coté du manche !

Voici le poulet : il est du 11 Mars 1804 (23 ventôse an 12)

“ A Bonaparte sur la découverte de la Conspiration "

“ Citoyen 1er Consul.

“ A peine goûtons-nous les premières douceurs d'un gouvernement réparateur, et déjà l'infernal Génie qui préside à la destinée de l'Angleterre se préparait à répandre sur notre territoire les tristes effets de sa détestable influence. Des hommes qui n'ont porté le nom de Français que pour le déshonorer, de vils siccaires stipendiés par les énemis de leur patrie ont osé souiller son sol, et leur scélératesse était sur le point de trancher les jours du Régénérateur de la France. Encore quelques instants, et ce beau pays redevenait pour jamais un théâtre de carnage, un amas de haines et de cendres. "

“ Mais non ! Le Génie tutélaire de l'empire français veillait à votre conservation, et les vils ennemis de notre bonheur ne recueilleront de leurs infâmes manœuvres que la honte, l'horreur, et le mépris de tous les gens de bien. "

" Jouissez, Citoyen 1er Consul de la douce volupté de ce concert unanime qui règne parmi tous les vrais Français. “

“ Vous avez tant fait pour eux ; il est bien juste qu'ils vous paient par un généreux retour et un amour à toute épreuve. "

“ Veuillez bien en particulier distinguer de cette innombrable multitude de communes de la République qui vous adressent le juste tribut de leurs félicitations LA PETITE VILLE DE ROSCOFF. “

“ Organes de ses habitants, la Mairie vous fait hommage de leur reconnaissance et de leur respectueux dévouement. "


NOTE DE LA REDACTION

On eût aimé offrir aux lecteurs du BULLETIN PAROISSIAL une histoire suivie de ROSCOFF. Mais l'homme qui étudiera scientifiquement l’histoire de notre n'est sans doute pas né. Aussi poursuivons avec la publication de DOCUMENTS sur ROSCOFF sans nous astreindre à en tirer une étude. Nous recourrons encore aux cahiers de Monsieur LE CORRE jusqu'à les épuiser ; si les circonstances s'y prêtent nous proposerons des études personnelles.

Peut-être trouverons-nous aussi dans nos lecteurs des collaborateurs.

Quel soulagement ce serait pour la Rédaction !


DECOUVERTE DE MONNAIES ANCIENNES A ROSCOFF

Au mois de Décembre 1879, des cultivateurs de Roscoff en démolissant au quartier dit Roscoff-goz une maison en ruines (1), ont trouvé dans ses fondations 92 pièces d'or à fleur de coin, savoir :

Les pièces de Charles VI sont des écus d'or à la couronne dont l'ornementation des revers présente quelques variantes, indiquant des coins différents, mais dont le droit et la légende ci-dessous sont semblables.

·        Droit : dans le champ, écu aux trois fleurs de lys, surmonté d'une couronne non fermée à point secret au centre.

Les deux pièces anglaises, d'un plus grand modèle que les précédentes, offrent au droit l'effigie du roi Edouard, vu de face, debout dans une nef flottant sur des ondes, tenant de la main droite une épée haute et de la gauche un écu écartelé de France et d’Angleterre. Le champ du revers est chargé d'une croix fleurdelysée, cantonnée de quatre léopards couronnée, mais les légendes ne sont pas identiques et ont nécessité deux coins spéciaux.

Cette légende empruntée à l'Evangile de Saint Luc (chap. IV - verset 30) fait allusion au calme de Notre Seigneur traversant la foule des Juifs qui voulaient le lapider à Jérusalem.

Nous pouvons conjecturer que cette légende fut adoptée par Edouard à la suite de la victoire qu'il remporta le 23 Juin 1340 sur la flotte combinée de Philippe de Valois et du duc Jean III, à travers lesquelles ils s’ouvrit un passage et débarqua à l'Ecluse en Flandres.

Ayant postérieurement, l'an 1342, envoyé en Bretagne des troupes au secours de la comtesse de Montfort, il leur adjoignit des monnayeurs, chargés de fabriquer jusqu'à concurrence de mille livres sterling, les sommes nécessaires à leur solde "sans que l'émission de cette monnaie, disent les lettres, puisse causer préjudice au duc ou. à la duchesse, ni aux hommes dudit duché de Bretagne, ni tirer à conséquence pour l'avenir..."

Il y a donc lieu de supposer que les monnaies anglaises trouvées à Roscoff furent frappées en Bretagne en 1342.

Il nous reste à déterminer l'année où fut enfoui le petit trésor, considérable pour l'époque, qui fait l'objet de la présente note.

Pendant les guerres du XIVème siècle, Roscoff, port florissant pour son commerce maritime, eut maintes fois à souffrir des descentes répétées des Anglais, qui occupèrent en outre de 1373 à 1397 les ville et château de Brest, d'où ils faisaient de fréquentes courses dans les environs, pillant et rançonnant les habitants des campagnes et des villes ouvertes.

L'histoire rapporte qu'en 1387 Richard Fitz-Alan, Comte_d'Arundel, amiral d'Angleterre et capitaine de Brest, pour le roi Richard II, brûla les ports de l'Ile-de-Batz et de Roscoff.

La tradition ajoute à ce récit que les Anglais s'établirent momentanément sur l'îlot nommé depuis TI-SAOZON – La maison des Anglais, entre Roscoff et l'Ile de Batz. Les monnaies dont nous avons donné la description étant contemporaines du sac de Roscoff en 1387, on doit en conclure que c'est pour le soustraire à l'ennemi qu'un riche habitant de la, ville, qui périt dans la circonstance, cacha le trésor retrouvé cinq siècles après lui dans les substructions de sa maison. Cette maison constitue seule aujourd'hui, avec deux habitations entourant un placitre, au milieu duquel s'élève une croix en pierre, l'emplacement de l'ancienne ville de Roscoff, dit le vieux Roscoff, par opposition à. la ville nouvelle.

En effet, quand il fut question de la rebâtir, on reconnut que l'anse du côté du levant, plus profonde et moins exposée aux envahissements des sables soulevés par les vents d'ouest, serait plus avantageuse. Le vieux Roscoff fut donc à peu près abandonné et les nouvelles habitations se groupèrent sur le pourtour de l'arc qui forme le hâvre actuel.

Cette note relative à une découverte de monnaies anciennes à Roscoff est extraite du Bulletin de la Société archéologique du Finistère - tome VII.

(1) - Il s'agirait en fait de deux jeunes habitants qui jouaient à saute-mouton dans le champ où est le puits; là, le sol se serait dérobé. Leurs noms : tonton Yves Foustoul né en 1865 et Guillaume Créac'h né en 1860. Le terrain appartenait à Madame Deschamps (Capucins). Elle portait une de ces monnaies au bout d'une chaine. (note de la rédaction).


L’HOPITAL DE ROSCOFF

Requête à M. Le Grand Vicaire de Léon (1661).

Supplie humblement M. H, Gilles de Kersauzon, gouverneur et administrateur des biens des pauvres et hôpital St Nicolas de Roscoff, disant en la dite qualité qu'il est nécessaire d'établir un prêtre capable de la confession pour administrer les sacrements aux malades dudit hôpital sans être obligé à toute occasion et extrémité d'avoir recours au curé de la dite paroisse et port de Roscoff qui souvent ne peut venir au tems nécessaire ni en commodité: Joint qu'il tire sur ce qui diminue la subsistance des pauvres, et d'autant que Messire Olivier Henry prêtre originaire et habitué au dit port et paroisse offre accepter la charge de prêtre directeur des consciences des pauvres dudit hôpital, moyennant votre permis et l'approbation des Sieurs habitans du lieu..

Le suppliant au dit nom requiert, Monsieur, qu'il vous plaise, attendu ce que dessus, recevoir et admettre le dit Messire Olivier Henry pour prêtre confesseur et directeur spirituel dudit hôpital o (avec) pouvoir et facultés d'administrer aux malades et pauvres y étans tous les sacrements requis et nécessaires côme ils sont institués en l'église romaine, et par l'avis duquel et du gouverneur-administrateur sera requis et mandé tel nombre de prêtres du dit port de Roscoff pour assister aux enterrements des pauvres et qui seront salariés par leurs mains sans pouvoir faire aucune résistance sous prétexte des dits enterrements, et moyennant ce, les pauvres seront d'autant plus obligés de continuer leurs prières pour leurs bienfaiteurs en général et pour votre personne en particulier.

Signé :

VU la présente requête, nous permettons l'installation et entrée dudit Messire Olivier Henry prêtre, dans le dit hôpital pour y confesser, solliciter, instruire et diriger les pauvres, leur administrer les sacrements d'Eglise, d'extrême-onction au besoin, sauf au suppléant d'appeler à son secours tel nombre de prêtres qu'il appartiendra pour les Enterrements aux occurrences.

Cette concession valable jusqu'à ce qu'il soit autrement ordonné.

Fait à St Paul, le 9 Novembre 1661 - CRENN, vicaire Général


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