La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 217 - 1967 - Novembre

- Marins et corsaires de Roscoff
- L' industrie, le commerce et le port de Roscoff


Cahiers de Mr Le Corre

MARINS ET CORSAIRES DE ROSCOFF


1694


1695


1704


1705


1706


1707


1708


1709

L'inventaire sommaire des Archives de l'amirauté de Brest finit là... il n'est pas continué jusqu'à 1800 comme celui de Morlaix.


L'INDUSTRIE, LE COMMERCE et LE PORT DE ROSCOFF

(d'après l'Introduction à l'Inventaire sommaire des Archives de l'Amirauté de Morlaix)

Il ne semble pas que les émigrants bretons qui vinrent aux V et VIème siècles habiter l'Armorique aient été un peuple de marins. Les PLOUS et les LANS qu'ils fondèrent et qui subsistent dans les communes actuelles sont tous situés loin de la mer ; les émigrants négligèrent les havres si nombreux le long des côtes et qui, pour la plupart, avaient été habités à l'époque gallo-romaine.

Peu à peu toutefois des agglomérations se formèrent près de la mer, mais toutes demeurèrent très longtemps dans un état d'étroite dépendance par rapport à la paroisse, souvent bien éloignée, sur le territoire de laquelle elles s'étaient formées. Brest resta une simple trêve (succursale) de Lambézellec jusqu'à 1686. Roscoff, le Faou, Pont-l'Abbé, conquirent au 18ème siècle le droit d'avoir une municipalité laïque, mais ne devinrent paroisse et commune qu'en 1791.

Il convient toutefois de remarquer que la création de certains ports est antérieure à leur ascension au rang de paroisse ou de trêve. Brest qui existait à l'époque gallo-romaine, Roscoff, furent fréquentés par les marins dès les premiers siècles du moyen-âge... Il arriva souvent que l'érection en trêve ou en paroisse fut retardée longtemps après que cette mesure soit devenue nécessaire, par l'opposition du clergé local qui redoutait une diminution de revenus, ou par celle des habitants du reste de la paroisse qui refusaient de se séparer de riches contribuables : les habitants de St Pol de Léon firent aux vélléités d'indépendance des marins de Roscoff une opposition acharnée que ne purent réduire plusieurs arrêts du Parlement de Bretagne.

Dès le moyen-âge, la prospérité des ports de Morlaix et de Roscoff amena la décadence de tous les autres ports du Léon que précipita encore la fondation du port de Brest.

Quelques capitaines de navires entreprirent à cette époque de longs voyages : trois navires de Pempoul furent coulés par les Portugais dans la baie de Tous les Saints en 1527 : ils appartenaient à Yvon de Coëtcongar, Fr. Kerret, Math. Tournemouche, J.Bureau et Jean Jarnet (les Jarnet, de Roscoff, sont très souvent cités dans les actes des fonds de l'évêché de Léon : la famille s'éteint au 17ème siècle dans les familles Héliès, Le Gac, Pardeau), Des marins survivants, les uns furent pendus, les autres enterrés jusqu'aux épaules furent fusillés par les Portugais. (Cf. La Roncière, histoire de la Marine française, tome III, Page 279). Dans une supplique,dressée au Roi à l'occasion de ce massacre, les armateurs de St Pol revendiquèrent l'honneur d'avoir été les premiers européens à commercer au Brésil. L'hostilité vigilante des Portugais, l'indifférence des rois de France, la modicité des ressources des armateurs bas-bretons empêchèrent ces entreprises coloniales de prendre un aussi bel essort que celles des marchands de Dieppe et Honfleur

Cependant, quelques marchands de St Pol et de Roscoff continuèrent pendant tout le 16ème siècle et une partie du 17ème, à armer des navires pour Terre-Neuve.

On pourrait citer quelques noms de capitaines partis au XVIIe siècle pour la pêche de la morue des ports de Tréguier et de Léon : Claude de Kersauson, membre d'une riche famille de marchands de Roscoff, mourut à Terre-Neuve en 1616 (Registre des décès à Roscoff), mais sauf quelques tentatives malheureuses, la grande pêche fut à peu près abandonnée par les armateurs de Morlaix, Pempoul et Roscoff.

L'ensablement de la baie de Saint Pol de Léon causa la ruine de Pempoul : les marchands allèrent habiter Morlaix ou Roscoff. Des travaux importants avaient été faits dans ce port (Roscoff) en 1500 ; une belle église fut bâtie en 1503 ; 1.800 livres furent employées à la construction d'une chaussée en 1559.

Le Minihy-Léon entretint en 1599 un régiment de gens de guerre : une grande partie des frais fut supportée par huit marchands de Roscoff .

Bastien Le Gac de Kersanton,

Tous les habitants étaient des marins et des marchands. Les cahiers des comptes de l' église apprennent que la Fabrique même possédait des intérêts (un douzième) dans un navire, la “MARIE DE CROAZ BAZ”. Les registres des décès ont conservé les noms de quelques marchands qui moururent à l'étranger où les avaient appelés les nécessités de leur commerce :

Les relations les plus importantes étaient établies avec le pays basque et l'Espagne. interrompues par les guerres de religion, elles furent autorisées par des lettres patentes du 17 Mai 1595. Les marchands de Roscoff portaient dans ce pays des toiles et en rapportaient du vin et de l'huile. Quelques familles basques se fixèrent même à Roscoff :

Les monnaies espagnoles étaient extrêmement répandues en Bretagne : les pistoles et les doublons figurent en majorité dans les trésors qui ont été découverts en divers points de la Province ; et le réal (25 centimes) est resté l'unité de compte en langue bretonne.

L'empressement des gentilshommes de Bretagne à se livrer au commerce maritime parait avoir été particulièrement vif à la fin du XVIe siècle : les professions d'armateur et de marchand n'avaient rien de contraire aux traditions des familles nobles de la province.

L'ordonnance célèbre (du 19 Décembre 1455) du Duc Pierre, successeur de Jean V de Bretagne, qui maintenait le privilège de la noblesse aux gentilshommes "qui marchandent en gros et en plusieurs marchandises sans les détailler ni vendre par la main" resta très longtemps en vigueur. Le commerce en gros permit même à Tanguy Marzin de Roscoff d'acquérir la, noblesse (1480). (cf. P. de Courcy, nobiliaire de Bretagne, article Marzin). Les armateurs de Roscoff (à cette époque) étaient pour la plupart d'extraction noble et avaient été maintenus "par les commissaires chargés de la réformation de la noblesse" au 15ème siècle.

Cependant il ne se forma pas en Bretagne une aristocratie vouée héréditairement au commerce, comme celle qui existait à Venise et en certaines villes des Flandres. Les familles nobles ne "s'entremirent au faict de marchandise" que lorsqu'elles y furent contraintes par la nécessité, et dès qu'elles eurent réparé les brèches de leur fortune, elles s'empressèrent d'acheter des charges militaires ou judiciaires et de vivre noblement,

Louis XIII et Louis XIV s'efforcèrent de diriger les nobles vers le négoce : l'article 452 de l'ordonnance de Janvier 1629 régla minutieusement les conditions dans lesquelles les gentilshommes qui faisaient le commerce en gros ne dérogeaient pas. Le même esprit se retrouve dans certaines dispositions des édits de 1644 et de 1669 rendus en faveur du commerce maritime. L'édit de Décembre 1701 étendit au commerce en gros de terre les faveurs qui avaient été accordées au commerce de mer et des colonies.


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