La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 226 - 1968 - Octobre

- Les orgues de Roscoff


DOCUMENTS SUR ROSCOFF


LES ORGUES A ROSCOFF

Fin .Septembre 1650 eut lieu la "réception" des orgues. L'expert devait "faire le renable" de l'instrument. Cette expression se rencontre aussi dans l'expertise des travaux très importants, qui furent réalisés dans l'église en 1777. Le terme de “renable” est sorti de l'usage ; seuls les notaires l'emploient parfois pour les baux ruraux. L'expert ne se contentait pas de donner un certificat de conformité au marché ou devis ; il semble que son rôle était aussi d'évaluer les dépassements légitimes que les nécessités ont imposés aux clauses financières du marché. Ainsi HARRISSON a eu beaucoup plus de travail que prévu             l'expert en a été d'accord, semble-t-il, puisque le facteur d'orgue reçut fin octobre un supplément très important de salaire : 150 livres, 30 % de plus que le marché.

Ainsi lisons-nous au 30 septembre 1650 : "Paié au sieur de Kerorguan, organiste à Morlaix pour trois jours de (?) qu'il a été pour faire le renable de noz orgues 13 livres et ses despenses que j'ay payé, ceux de sieur Bouteiller Maistre de psalette à Saint Paul et du sieur DALLEN tous convenus pour cet effet, suivant le mémoiree d’Anne Ballanné (?) qui monte pour ce sujet à 12 livra 6 deniers."

Des orgues de 1650 il ne reste rien, pas même un tuyau. La tribune n'a pas été remaniée depuis, semble-t-il, sauf peut-être le plancher et certainement l'escalier. Celui-ci doit être contemporain du tambour, probablement de 1887 sous le règne de monsieur le recteur MORVAN. Si la façade de la tribune est en remploi, comme nous l'avons dit, les deux côtés eux, d'un style différent, pourraient être de 1650.

Le buffet a été conservé, mais il n'est certainement plus à sa place primitive. L'organiste devait jouer le dos tourné au chœur de l'église assis sur le siège en surplomb. Le buffet était donc bien plus en avant ; les deux tirants qui restent encore fichés dans la grande poutre pourraient avoir servi à consolider cet édifice de bois. En termes d'organiste, "la console était en fenêtre". Si l'on peut se fier au nombre des trous qui sont percés dans les deux montants de cette fenêtre il y aurait eu 7 tirants pour registres des jeux de chaque côté du clavier à la verticale, soit donc 14 jeux. Telles sont les conclusions auxquelles aboutissait au début de mai 1968 l'accordeur, monsieur Renaud, de Nantes, lors de sa visite annuelle d'entretien.

Ces conclusions doivent être confrontées avec la description des orgues qui nous est faite, dans un devis de transformation rédigé en 1840. Nous pensons, en effet, que les orgues de 1650 se sont conservées presque intactes jusqu'à 1887 ; la suite de notre étude soulignera ce point. Or le devis des travaux à exécuter sur les orgues en 1840 décrit ainsi l'instrument :

" Ces jeux sont :

En 1840 les orgues avaient donc 12 jeux. On refit alors le clavier avec une plus grande saillie et on lui ajouta dans le dessus deux notes > UT Dieze et le RE de la 4ème octave.

Mais on n'augmenta pas le nombre des jeux. Dans ces conditions les deux trous supplémentaires des montants devaient correspondre à des jeux supprimés (lesquels ?), probablement en 1811.

Douze ou quatorze jeux ? Seule la découverte du marché de 1549 pourrait trancher.

On ne touchera pas, semble-t-il, aux orgues de HARRISSON avant 1811. La grande campagne de travaux qui remit l'église en chantier en 1777 / 1778 n'eut aucune incidence sur les orgues.


LES INSTRUMENTISTES

Un instrument vaut avant tout par le talent de l'instrumentiste. Les vieux cahiers ne permettent pas de juger du talent des organistes de Roscoff, sauf en un cas, que nous allons retrouver. Une fois, au moins, l'organiste fut à l'amende pour son manque de régularité.

" Du 28 janvier 1672, payé au sieur François ALLAIN organiste 30 livres pour un quartier (trimestre) et 30 sous que je luy ay desfalqué pour ses manquements." Il fut sans doute plus régulier le semestre suivant car il reçut 63 livres,

Au cours du 18ème siècle les orgues furent tenues près de quarante ans par des femmes ; ainsi du 1er Janvier 1750 au 1er Juillet 1759 la "titulaire" des orgues de Roscoff fut madame veuve Paroy, au tarif de 150 livres par an. Son "soufleur" recevait 6 livres par an. Les cahiers portent rarement en compte cette dernière dépense. On peut relever encore le nom de Jeanne Marhic "souffleuse" en 1787 et surtout Pascal Roland qui pour son année échue le 13 juillet 1789 reçut 30 livres.

Marie Jeanne QUEMENER succéda à Madame Paroy en juillet 1759. Toute sa carrière elle recevra pour gages, chaque trimestre, 37 livres 10 sols soit 150 livres par an. Elle tiendra les orgues Jusqu'à fin septembre 1786. A partir de cette date on continuera à lui verser comme "ancienne organiste" 15 livres par trimestre ; était-ce une sorte de pension ou bien Marie Jeanne continua-t-elle à assurer quelques services sous ses successeurs ? L'avant dernière dépense portée en compte en 1791 (7 Janvier) concerne Marie Jeanne : 15 livres. Nos documents s'arrêtent là. Ils reprendront après la Révolution.

Joseph Quéméneur avait perçu 39 livres le 28 Août 1786 pour aller chercher le nouvel organiste. Celui-ci, monsieur Blanchard,émettait d'autres prétentions que notre brave fille : ses honoraires étaient de 400 livres par an. C'était beaucoup à l'époque, trop sans doute. Le 9 décembre 1787 le titulaire est J. Jac ; il a 75 livres par trimestre.

Après la Révolution, de 1806 à 1809 les seules dépenses comptabilisées concernent les travaux d'entretien de l'église et la contribution foncière pour les biens de l'Eglise. Ceux-ci fournissaient d'importantes ressources. Ces années là, les dépenses étant modiques, les reliquats furent très élevés à chacun des exercices :

Aucune dépense n'y est engagée pour le service religieux. A partir de 1810 apparaissent des dépenses de fonctionnement, en particulier 25 fr par mois "au Goff" organiste (1ère fois le 28 février 1810). Est-ce à dire que les années précédentes il n'y eut point d'organiste ? Le silence des comptes ne permet pas de conclure dans ce sens, pas plus qu'il ne permet d'affirmer l'absence de culte.

Les Roscovites n'étaient point fiers de la musique qu'ils entendaient dans leur église. Il était tout naturel d'incriminer le mauvais état des orgues. On décida donc une sérieuse révision de l'instrument. La délibération fut prise en assemblée extraordinaire le 30 avril 1811.

" Le sieur Joseph Gardet, soussigné, professeur de musique, organiste, facteur d'orgue, domicilié à Morlaix, s'engage à réparer complettement et à dire d'experts l'orgue de l'église de Roscoff, les soufflets compris, pour une somme de 700 francs de laquelle celle de 300 fr lui sera payée comptant à la confection parfaite de son ouvrage et celle restante de 400 fr lui sera compté en 2 termes égaux d'année en année, à pareil jour à compter de ce jour.

....Le trésorier est autorisé à payer une gratification de 12 fr à l'élève qui assistera aux dites réparations."

La restauration était achevée le 23 Septembre 1811 ; c'est du moins ce jour là que fut versée au sieur Gardet la somme convenue de 300 fr.

Alors il apparut clairement que le brave organiste n'était pas à la hauteur. La décision fut prise de lui donner congé ; on y mettra les formes. Voici le document.


SEANCE DU. 13 NOVEMBRE 1811

Au termes de l'article 33, chap. 3, section 2 du décret impérial du 30 décembre 1810, concernant la nomination et la révocation des serviteurs des Églises, le Bureau des marguilliers, en présence et de l'avis des membres du Conseil de fabrique, présidé par monsieur Pascal de Château Laurent ainsi que de monsieur le Maire de la commune et de monsieur le Curé desservant de la, succursale (autrement dit le recteur de Roscoff) ;

Délibéré et arrêté, les dits jour, mois et an.

Signé : Blaisot - Picrel Kerandré (maire) - Pascal - Grunen, Kersauson, Yves Constantin Picrel, desservant, ancien recteur - Rolland Le Déroff - Marc Gras (organiste).

La famille GRAS s'enracinera dans le pays ; nous la retrouverons lorsque nous parlerons des débuts de l'école à Roscoff.

Nous avons déjà fait état de la campagne de travaux dont les orgues furent l'objet en 1840. La décision fut prise en janvier 1840.

" Aujourd'hui huit janvier mil huit cent quarante le CONSEIL de la fabrique de Roscoff prenant en considération le mauvais état dans lequel se trouvent les orgues de l'église a jugé à propos d'y faire faire les réparations et modifications suivantes, savoir :

Monsieur A. Herland, facteur connu par son travail consciencieux, ayant convenu à faire toutes ces réparations et modifications, moyennant une somme de quinze cents francs, le conseil a passé marché avec lui pour pareille somme payable par 500 francs en trois termes : le 1er après l'ouvrage accepté, le second à la fin de l'année 1840 et le troisième au plus tard au 31 décembre 1841 avec les intérêts du jour de l'acceptation du travail.

Persuadé d'avoir agi dans cette circonstance autant dans l'intérêt de la religion que pour la conservation d'un bon instrument le conseil de Fabrique sera doublement heureux s'il obtient l'approbation de Monseigneur pour ce qu'il a fait.

En Conseil de Fabrique de Roscoff, les jour, mois et an que dessus.

Signé - Lahalle - F.de Miollis - D'Herbais - Deschamps.

En marge du feuillet on a noté

" Cette délibération a été vue et approuvée par Monseigneur l'évêque de Quimper. A Quimper le 13 février 1840.

Ainsi les Roscovites furent-ils doublement heureux.

Ce vieil instrument avait une sonorité plus clinquante et plus aiguë que l'actuel.

 

On était en veine d'embellir l'église à cette époque : le maître autel avait été repeint et redoré en 1835 ;. L'artisan de toutes ces restaurations était monsieur de Miollis.

Le 23 février 1840 le conseil de fabrique "prenant en considération la vétusté des confessionnaux qui déparent l'église, arrêta qu'il serait confectionné pour le 1er Juillet 1840, deux confessionnaux neufs avec ornements en bois de sapin, par Michel Pondaven, menuisier à Saint Pol, pour le prix de 400 francs.

... Il sera pourvu à la peinture de ces confessionnaux avec les fonds disponibles au moment de leur placement dans l'église." signé de Miollis, d'Herbais, Deschamps.

Ces confessionnaux sont encore là : les deux du fond de l'église. Leurs dômes ont été ôtés malencontreusement il y a quelques années. En ce temps là la paroisse avait un recteur et un vicaire. Les confessionnaux gothiques du haut sont plus récents; ils datent du rectorat de Monsieur Morvan,


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