La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 227 - 1968 - Novembre

- Les orgues de Roscoff
- La paroisse vole au secours de la commune - 1873


LES ORGUES A ROSCOFF

Monsieur l'abbé Jean François MORVAN se présenta le 21 Août 1868 aux marguilliers de la paroisse avec sa lettre de nomination à " la succursale de Roscoff ". Il sera recteur de Roscoff jusqu'à sa mort survenue le 26 novembre 1915 il avait 86 ans 9 mois.

:Durant ce règne de près d'un demi-siècle, bien des travaux importants furent réalisés au presbytère (actuel) et à l'église. D'autres, qui furent en projet, ne virent pas le jour par une chance inouïe ! Ainsi la construction d'une petite basilique pour remplacer la chapelle Sainte Barbe. Nous possédons les plans de deux projets et le devis pour l'un d'eux. Nous reviendrons sur cette mésaventure, une autre fois.

 

Notre propos n'est pas de dresser le bilan de ce long règne ; il est de conter l'histoire de nos orgues. En 1840, ces vieilles orgues, nous l'avons vu, avaient reçu des soins très sérieux qui ne les avaient pas dénaturées profondément.

En 1887, pour reprendre les termes de la séance ordinaire du conseil de fabrique (de quasimodo 17 avril ) " le conseil considérant que les orgues déjà vieilles (il ne les savait pas si vieilles) et, en partie délabrées, ne rendent plus que des sons aigus et discordants, a été d'avis de les remplacer, et a accepté un projet et devis de nouvelles orgues proposé par monsieur Claus, facteur d'orgues à Rennes.

Ces orgues se composeraient de 12 jeux répartis sur deux claviers manuels de 56 notes et un pédalier de 27 notes."

Nous épargnons aux lecteurs la description détaillée du nouvel instrument ; les spécialistes pourront consulter le cahier des délibérations.

" Les claviers seront disposés en consoles sur un meuble isolé, plaqués en ivoire de la plus belle espèce". Dans le vieil instrument l'organiste jouait face au buffet et celui-ci se trouvait vers le devant de la tribune. Désormais l'organiste, comme maintenant, joue le dos tourné au buffet, lequel a été reculé largement vers le fond de la tribune.

Le pédalier est prévu avant tout "pour permettre à l'organiste de donner toute la puissance désirable à l'accompagnement des chants."

Monsieur Claus garantissait son instrument pendant 10 ans et s'engagea "à accorder l'orgue deux fois l’an, vers les fêtes de Pâques et de la Toussaint pour la somme de " ? “, le recteur a oublié de transcrire sur le cahier cette somme, de même que le montant du devis.

La réception de l'orgue eut lieu le 4 février 1888 par les soins de l'organiste de la cathédrale de St Pol, A. Dreyer, d'un professeur du collège et du maître de chapelle de St Pol. La commission accepte les travaux et donne des félicitations à Mr Claus pour la bonne facture de son instrument.

Le 6 Février 1888 Mr Claus reçut du trésorier la somme de 10.000 fr, à compter sur celle de 13.000 fr, prix intégral du nouvel orgue."

Le financement de ces travaux importants était assuré par la paroisse seule, qui disposait non seulement du casuel, des offrandes et des quêtes, mais surtout du revenu des biens de fondations, terres et maisons, qui avaient été légués à la paroisse depuis des siècles. Pour se faire une idée de la richesse de la paroisse de Roscoff au temps du Concordat il suffit de reprendre les comptes d'une année, 1887 par exemple.

L'année suivante il y aura, orgue payé pour le plus clair (10.000 sur 13.000) un excédent de 2.844,13.

La paroisse a été débarrassée de tous ces biens fonciers par la loi de séparation, qui a transféré aux communes la charge lourde d'entretenir les églises.

La soufflerie de cet orgue fut électrifiée en 1926 par la maison Gloton de Nantes pour le prix de 4.800 fr. C'était un don de Madame Vickers, alors protestante, qui fera profession de foi catholique à Lourdes le 5 Septembre 1929.

Quelques jours après, le 17 septembre, commencèrent des travaux de réfection et des améliorations à l'orgue de 1888. Monsieur le recteur Gargadennec note dans le Journal de la Paroisse "Grâce à la générosité de Madame Vickers l'orgue a été complètement restauré et pourvu de trois nouveaux jeux, à savoir,

Le devis des travaux montait.à 44.000 francs.

L'inauguration de l'orgue eut lieu le dimanche 15 décembre à 3 heures de l'après-midi. "Le discours d'usage fut prononcé par monsieur le chanoine Edouard Mesguen, supérieur du Kreïsker. Monsieur le chanoine Pauchard, titulaire de l'orgue de la cathédrale de Laval a exécuté un programme musical des plus brillants, à la grande satisfaction de tous. Les chants du salut ont été interprétés par la schola du Kreïsker sous l'habile direction de Mr l'abbé Saccadas, professeur de musique au même établissement."

Si Mr le Recteur Gargadennec avait eu le don de prophétie il eût discerné parmi ces jeunes chanteurs un grand garçon effilé à la voix grave qui deviendrait un jour son successeur à Roscoff.

Ce soir là notre garçon avait apprécié par dessus tout la collation qui nous fut servie à l'hôtel de France : la vie de.collégien alors était austère et rude, la moindre des délicatesses devenait un évènement, qui marque. A preuve !

Voici bientôt quarante ans que nos orgues furent restaurées. Elles sont accordées, certes, une fois l'an. Mais elles auraient besoin d'une révision plus profonde

et peut-être d'une dépose ; les transmissions sont particulièrement bruyantes et créent l'impression d'un martèlement des claviers.

D'autres travaux sur l'église urgent davantage (la vitrerie, par exemple qui entretient le courant d'air).

Et Madame Vickers n'est plus là !!!


LA PAROISSE VOLE AU SECOURS DE LA COMMUNE

Nous avons fait état dans l'article précédent d'un prêt de 6.000 francs consenti par la paroisse à. la commune de Roscoff. C’est l'occasion de parler de la SALLE D'ASILE.

La question fut soulevée au conseil de fabrique le 21 Septembre 1873, réuni en séance extraordinaire en vertu d'une autorisation de l'Evêque de Quimper (11 septembre). Il s'agissait de délibérer sur un projet de construction d'une salle d'asile à Roscoff.

“ Ayant constaté la nécessité, l’urgence même de l'établissement d'une salle d'asile à Roscoff à cause du grand nombre d'enfants que renferme la localité et l'impossibilité où se trouvent les parents, pour la plupart journaliers, marins ou commerçants d'exercer sur ces enfants une exacte vigilance et de leur donner tous les soins que réclame leur première éducation.

• Considérant que la commune déjà grêvée par l'entretien de ses écoles, ne dispose d'aucune ressource pour subvenir aux frais de construction et d'entretien d'une salle d'asile.

• Considérant enfin que le R. Père Grenier, oblat de Marie Immaculée, offre généreusement de faire donation à la fabrique de Roscoff de sa propriété dite de Sainte Union à l'effet d'y bâtir une salle d'Asile, sous la condition que la dite fabrique fera dire à ses frais six messes basses par an, à perpétuité, à l'intention du donateur.

• Après avoir pris connaissance de l'avis du Conseil d'Etat rendu le 24 Juillet 1873 et autorisant les fabriques et autres établissements religieux à accepter des legs et des donations à l'effet de fonder des écoles, et de la lettre du Ministre des cultes, en date du 2 Août 1873 signifiant aux Évêques l'avis précité du Conseil d'Etat.

• Les membres du conseil de fabrique ont voté à l'unanimité

De plus, les membres du Conseil ont été d'avis que pour éviter à la fabriqué des charges trop lourdes on demanderait un secours au Département et l'on ferait au besoin une quête dans la paroisse pour subvenir aux frais de construction ; qu'on demanderait enfin sur cette importante question l'avis préalable du Conseil municipal."

ont signé ° MMrs Morvan (recteur), Pellerin (président), Salaün (secrétaire), Deschamps (trésorier), Kerenfors, Le Dault. Mr d'Herbais “était absent pour cause de santé”

 

Quelques mois plus tard la question est reprise en Assemblée extraordinaire (13 juin 1874).

Le conseil avait rencontré des difficultés pour mettre le projet à exécution. Il renonçait à ce projet et prenait une nouvelle délibération.

Il reprenait les attendus de la séance du 21 Sept 73 depuis "ayant constaté la nécessité ...," jusqu'au considérant du P. Grenier (exclu). Il poursuivait ainsi

Vu et approuvé le plan dressé par M. Puyo, architecte de l'arrondissement de Morlaix et le devis montant à la somme de 13.400 francs. Les membres du Conseil de fabrique ayant à coeur de pourvoir à l'intérêt moral et religieux des petits enfants de la paroisse, s'engagent

Mais dans le cas contraire, la Fabrique se réserverait le droit de refuser entièrement cette allocation annuelle, ou de la réduire à proportion du produit plus ou moins considérable de la rétribution scolaire.

La fabrique voulant avant tout sauvegarder l'intérêt religieux des enfants, ne prend ces engagements vis-à-vis de la Commune, qu'à la condition que celle-ci s'engage de son côté, â, confier indéfiniment la direction de l'asile à des soeurs d'un ordre quelconque, qui outre l'autorisation de l'administration séculière, auront encore l'approbation de l’Evêque diocésain.

Dans le cas où la commune changerait de destination l'établissement, ou, voudrait en confier la direction à des personnes séculières, elle sera tenue de rembourser à la fabrique tous ses frais de construction et d'entretien de la salle d'asile."

L'initiative de la fabrique visait à combler une lacune regrettable de l'organisation sociale du temps : les enfants de deux à sept ans, non encore scolarisables échappaient à toute surveillance, les mamans étant contraintes, le plus souvent, à travailler hors de la maison.

La municipalité était alertée, elle aussi. Mais elle était aux prises depuis 1830 avec les énormes difficultés financières que créèrent dans toutes les communes les débuts de l'Instruction primaire. Nous verrons bientôt les péripéties de la naissance de l'école à Roscoff. Les charges continuaient de peser aussi lourd après la guerre de 1870.

Ainsi au conseil municipal du 31 Août 1873 est étudiée une demande de Mme veuve Lavanant, seule institutrice avec 130 élèves à l'école des filles. Elle réclame une adjointe. Le conseil évalue la dépense supplémentaire à 450 fr (minimum) pour le traitement et 50 fr comme indemnité de logement pour l'adjointe. On pourra prendre 200 fr sur les rétributions scolaires mais il est impossible de trouver les 300 fr qui manquent, aussi demande-t-on un. secours au département.

Dans la séance du 16 novembre 1873 on se débat avec une dépense de 1.580 fr, devis des travaux qu'il est nécessaire d’entreprendre à l'école des garçons : il s'agit, en particulier, de donner du jour aux deux classes. Impossible de trouver cet argent ; aussi demande-t-on un secours spécial au département. Au cours de la même séance on envisage le choix d'un terrain pour l'implantation d'une nouvelle école de garçons à Santec (les débuts de l'école à Santec furent aventureux, comme nous le verrons).

La semaine suivante (23 novembre) c'est encore une sale histoire d'argent qu'il faut dénouer. L'école des filles de Mme Lavanant occupe des locaux en location, dont le bail expire le 29 Septembre 1876. Il faut songer à acquérir de nouveaux bâtiments ou d'en construire. Il semble que la propriété bâtie au 6 rue des Poissonniers (rue Jules Ferry) avec le jardin qui s'étend derrière conviendrait. Les propriétaires Jérôme Prigent et sa femme Barbe Moncus, marchands de légumes, cèderaient pour 10.000 fr. La maison a trois locataires (2 pièces pour 70 fr au rez-de-chaussée ; 2 pièces au 1er pour 80 fr). Le conseil à l'unanimité vote l'acquisition, mais il ne peut disposer que de 5,600 fi.. Pour le reste, il lance un appel aux instances supérieures.


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