La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 248 - 1970 - Novembre

- La terre et la mer, par l'abbé Nicolas Jestin
- Les plantes de la mer
- Relations maritimes de notre région avec Anvers au 16ème siècle


LA TERRE - LA MER - (note complémentaire à l'article de notre précédent numéro)

Le percement d'une tranchée dans la baie de l'Aber pour la pose. d'une canalisation d'eau destinée à l'île de Batz a permis deux constatations.

La première est l'existence de craie sous le sable et la tangue (la vase). La pelleteuse a ramené à la surface de la craie en voie de décomposition, elle a donc été arrachée à un lambeau de couche crayeuse. On peut observer cette craie au croisement de la canalisation avec une ligne allant du sud de St Luc à la conciergerie du Centre Hélio-marin.

En outre beaucoup de silex et de pierres calcaires, même de grosses dimensions sont aussi visibles tout au long du remblai recouvrant la fosse, tout particulièrement il y a au niveau de la digue un véritable amas de silex. Ces silex se sont formés au cours du dépôt de la craie ou plus tard par précipitation dans le sédiment même autour d'un organisme formant ainsi des nodules ou boules de formes bizarres. Plusieurs blocs de craie contiennent en inclusion, donc toujours en place, des silex.

La deuxième constatation est la présence de tourbe très décomposée au niveau de la digue. Cette tourbe est la même que celle qui se trouve à Santec ou à Plouescat, elle s'est donc formée à la même époque.

Plusieurs roscovites se souviennent d'avoir cueilli de cette tourbe en dessous des établissements PAUGAM au THEVEN AR ROUANEZ. C'était sous l'occupation allemande le combustible était rare alors.

En creusant la même dune (THEVEN) pour y constituer un. champ et implanter sa maison monsieur KERBRAT avait atteint le niveau de cette tourbe et constaté la présence à ce niveau de morceaux de terre cuite : l'endroit était donc habité à l'époque où la mer montait moins haut dans l'Aber.

Aujourd'hui, où nous sommes plus avertis de l'intérêt scientifique et historique de tous ces débris de choses ou d'objets ouvragés, il serait souhaitable que les “inventeurs” ou découvreurs signalent rapidement à la Mairie leurs découvertes pour que les spécialistes soient alertés.


LES PLANTES DE LA MER

Deux problèmes vitaux pour l'avenir de l'humanité sont très fréquemment rappelés à l'opinion publique celui de la pollution et celui de la nutrition.

L'un des remèdes à la pollution de l'atmosphère est la multiplication des espaces verts. L'industrie libère dans l’air que:nous respirons des quantités phénoménales de gaz carbonique : 400 milliards de tonnes en un siècle et cependant le taux de ce gaz dans l'atmosphère reste sensiblement constant : 3/10:000. Il existe en effet deux régulateurs :

Cet océan est aussi, par tout ce qu'il contient de vie, la réserve essentielle de nourriture et indispensable bientôt pour un monde plus peuplé. Le Commandant COUSTEAU vient de lancer. un dramatique appel à la conscience de l'humanité qui, avec une insouciance criminelle transforme l'océan en un dépotoir y détruisant la, source même de la vie.

Le problème est très grave car dans tout équilibre vital, à partir d'un certain degré de contamination, le processus de non retour est atteint et la mort s'installe irréversiblement.

Les algues vont d'abord retenir notre attention. Elles sont les plantes de la mer au premier aspect, très dissemblables des plantes terrestres.

Ceci se comprend car elles n'habitent pas le même milieu. Les plantes terrestres sont aériennes, les autres vivent dans l'eau.

Les unes et les autres sont adaptées à leur milieu de vie, c'est-à-dire qu'elles ont des organes et des formes appropriées à ce milieu.

Les plantes terrestres puisent l'eau et les sels minéraux dont elles ont besoin dans la terre d'où les racines qui, en même temps, les fixent. Cette sève doit monter jusqu'aux feuilles d'où toute une série de canaux contenus dans la tige.

Les feuilles par leur chlorophylle transforment cette sève en y combinant le gaz carbonique de l'air et cela donne les substances diverses utiles à la plante et qui seront distribuées aux différentes cellules par d'autres canaux. Tout être vivant animal ou végétal est constitué de cellules et les cellules vivent dans un milieu liquide : la sève ou le plasma (liquide du sang). Les échanges dans toute cellule, élimination des déchets, absorption de nourriture, se fait par un phénomène appelé osmose. Une image très simple le fait comprendre : la cellule est semblable

à une éponge dans de l'eau contenant une substance dissoute : elle absorbe l'eau et ce qu'elle contient. Si elle même contient une substance que ne contient pas l'eau, elle le dilue dans le milieu où elle se trouve. Ceci n'est qu'une image car la cellule vivante ne prend que ce qui lui plait et retient ce qui lui sert. Ainsi le poisson qui vit dans la mer n'est pas salé bien qu'il soit en contact avec un milieu très salé. Mais cette propriété ne vaut que pour la cellule vivante, c'est la raison pour laquelle on peut saler un poisson mort.

Quand on veut expliquer l'activité cellulaire par des échanges purement physiques on se heurte à ce problème propre au vivant.

Enfin les plantes terrestres sont soumises à la pesanteur et possèdent des cellules de soutien qui les maintiennent rigides, dressées.

Les algues appartiennent à une autre catégorie ou embranchement de plantes que l'on appelle les Thallophytes. Les thallophytes sont définies négativement par le fait qu'on n'y distingue ni racine ni tige, ni feuille proprement dites. Elles n'en ont que des apparences. La raison en est le milieu aquatique.

L'eau de mer contient tous les éléments nécessaires à la plante. Elle est en contact direct avec toute la plante dont les cellules peuvent directement y puiser leurs aliments ou éliminer leurs déchets. Ce que nous prenons pour des racines sont des crampons fixateurs. Point besoin de tige non plus pour maintenir la plante rigide. Celle-ci est en apesanteur quand l'eau est là, tout comme les cosmonautes et souvent elle est munie de flotteurs : petites poches de gaz qui claquent sous la pression des doigts. Restent les feuilles, par toute, sa surface l'algue joue le rôle de feuille. Elle contient des pigments actifs pour assurer la photosynthèse et parmi eux la chlorophylle. Pour s'en rendre compte il suffit de plonger dans l'eau bouillante une touffe de goémon brun et elle apparaît verte par dissolution des pigments bruns qui masquaient le vert: Ce sont ces pigments qui assurent l'absorption du gaz carbonique, le dégagement d'oxygène et la formation de substances alimentaires.

C'est à l'activité de ces algues qu'est suspendue toute la vie marine mais ici il ne faut pas seulement penser aux algues fixées sur nos roches mais encore à ces véritables prairies océaniques mouvantes que sont ces algues microscopiques en suspension dans les couches superficielles des eaux : le plancton végétal.

Les poissons, crustacés et autres animaux marins, ont un besoin absolu d'oxygène pour respirer. D'autre part les plantes utilisent leurs déchets, Ainsi tous les êtres vivants dans la mer constituent une chaîne alimentaire.

Les algues fabriquent oxygène et nourriture ; elles constituent la catégorie des producteurs. On estime que la moyenne annuelle de la production végétale de l'Océan est de l'ordre de 5.000 tonnes par kilomètre carré ! Cette production surpasserait d'environ 5 fois celle des végétaux terrestres. Les animaux, eux, sont les consommateurs; petits ou grands, ils utilisent les algues et servent de nourriture à d'autre, le gros mangeant le petit et ainsi de suite. Ceux-ci morts sont réutilisés par les algues : le circuit est fermé.

Mais il faut noter cependant que le rendement du mangeur au mangé n'est que de dix pour cent. Si la sardine est mangée par le maquereau, il faut dix kilos de sardine pour faire un kilo de maquereau et si celui-ci est mangé par un thon, pour faire un kilo de thon il a fallu 100 kilos de sardine. L’économie mondiale alimentaire exigerait donc pour un meilleur rendement que l'homme devienne végétarien, ce qui ne serait pas conforme à la diététique, à moins qu'il ne consomme précisément certaines algues riches en protéines, substances semblables à celles que l'on trouve dans la viande.

Une classification simple des algues d'après leur pigmentation, leur couleur, les répartit en quatre groupes :

Seules les trois dernières séries sont d'observation courante ; on les trouve en épaves en très grande abondance après les tempêtes, arrachées à leur substrat et rejetés à la côte, mais il est bien plus intéressant de les observer dans leur habitat. La télévision nous présente désormais les images merveilleuses de ce monde marin domaine réservé aux adeptes de la plongée sous-marine. Dommage que nous ne puissions encore les admirer dans leurs couleurs naturelles. Observons les tout de même avec nos yeux.

Quelle que soit leur couleur, elles sont très belles mais bien sûr les plus fines, les vertes et les rouges, sont les plus délicates. Les tableaux d'algues désormais passés au stade commercial ont étonné par la beauté des coloris, la diversité des formes et l'originalité des dessins. Tout cela était à notre portée mais nous n'avions pas su voir. Alors une bonne fois observons.

Et d'abord, les algues tout comme les plantes terrestres ont des habitudes, des préférences, elles ne poussent pas n'importe où. :

Selon leurs besoins de ces trois facteurs elles vont se répartir depuis l'extrême limite de la haute mer jusqu'au dessous du niveau zéro.

La nomenclature de toutes ces algues serait fastidieuse mais je vais cependant retenir quelques noms.

Ce que nous appelons goëmon de rive, “bejin du”, rassemble une catégorie d'algues brunes appelées fucacées qui habitent la grève qui se découvre à chaque marée. Ce goëmon est l’objet de deux coupes par an.

L'algue brune la plus élevée et la plus petite que l'on trouve au niveau supérieur des marées est une “pielvetia”' ; elle possède une caractéristique fréquente chez les algues et qui est la division dichotomique du thalle, c'est-à-dire que la tige se divise en deux puis chaque tranche en deux et ainsi de suite.

Il y a ensuite des “fucus”, avec un qualificatif :

Le nom s'explique par une caractéristique. Une particularité de ces fucus que vous pourrez observer au printemps - ils sont sexués c'est-à-dire qu'il y a des pieds mâles et des pieds femelles. Les premiers, les mâles, libèrent dans l'eau une substance orange visible à l'extrémité des vésicules terminales et qui contient des spermatozoïdes à 2 flagelles visibles au microscope. Les seconds, les femelles, libèrent une substance verdâtre qui contient les ovules. La fécondation a lieu dans la mer. L'œuf se divise, se fixe et un nouveau plant naît.

Au niveau. des basses mers de vives eaux se trouvent les laminaires - les “tali” objets de l'activité des “pigouyers”. Ce nom, pigouyer, vient de la faucille à long manche, la pigouye, utilisée pour le fauchage sous l’eau. Cette coupe se fait du bateau. Plusieurs aménagements ont été expérimentés pour la rendre moins pénible et plus rentable ; coupe par plongeur, ramassage par suceuse.

Ces laminaires descendent en se raréfiant jusqu'à 25 mètres. Je vais retenir deux noms :

Appartiennent encore à ce groupe des laminaires, les longs lacets de “Filit” (chorda filum et Himanthalia elontata) qui faisaient l'objet d'une cueillette à Roscoff,il y a peu de temps. On en faisait d'immenses paquets qui dérivaient, quelquefois tirés par un cheval, dans la baie de l'Aber. On n’en voit plus. Mes amis, hélas défunts, Saïk et André Riou étaient experts dans ce guidage des dromes.

Les algues vertes appelées du terme générique “glan-dour”, en breton terme issu de “gloan dour” : laine d'eau, se trouvent en abondance dans la zone de battement des marées, elles se font plus rares en hiver, mais en été elles foisonnent et on peut constater qu'elles dégagent de l'oxygène (photosynthèse) par la présence à leur contact de mousse provoquée par le dégagement gazeux.

Les ulves fixées à de petits cailloux forment un véritable tapis sur le sable. D'un beau vert largement étendu, l'une d'entre elle est appelée Ulva lacluca, autrement lit “'salade”'. En certains pays on l'utilise comme telle.

Les Enteromorphs filamenteuses affectionnent les flaques d’eau et le ruisseau qui traverse l'Aber. Encore un mot qui, parle : “forme d'intestin”. Ce sont en effet des tubes ressemblant à des boyaux.

Restent les algues rouges, les plus belles. Il en est une bien connue et exploitée localement c'est le “goëmon blanc”' (il blanchit en séchant) de son vrai nom “Chondrus crispus”, qu’on appelle encore “liken Caragheen” ou encore “pioka”. C'est ce goémon que l'on cueille sur les rochers à marée basse. Sa récolte est fixée par décret, le début ayant lieu “2 jours avant le plus grand flot de la marée précédant le 1er Juin” et la fin “2 jours après le plus grand flot de la marée suivant le 30septembre”. La demande doit être grande car cette année par voie de presse, les enfants ont été invités à se faire de l'argent de poche par sa cueillette.

Les algues rouges sont aussi les plus délicates. On en trouve à l'abri des laminaires et surtout plus profondément car elles se contentent de la lumière tamisée par leurs grandes soeurs brunes. Cela leur est possible à cause de leur pigmentation rouge. Beaucoup d'ailleurs se trouvent en épiphgtes sur les stipes de laminaires, c'est-à-dire qu'elles sont fixées sur d'autres algues qui leur servent simplement de support. Il ne s'agit pas de parasitisme.

Il reste un groupe d'algues rouges très curieuses, les algues calcaires - la “corallina officinalis” que l'on trouve dans les cuvettes des rochers, ressemble à une construction de petits articles semblables à des perles enfilées sur un support ramifié. La croûte rose qui fait tache sur les rochers et le maerl que l'on drague jusqu'à une vingtaine de mètres et qu'on utilise comme engrais calcaires, sont aussi des algues rouges.

Enfin à basse mer de grandes marées, les herbiers se découvrent, mais il ne s'agit plus d'algues; seulement de phanérogames appelée “Zostera marina” de la famille tes Naïadacées.. c'est à dire des “Nymphes des eaux”.

Elle n'est pourtant pas belle. Les zostéres ressemblent beaucoup à l'herbe des champs, construites de la manière avec racines, tige souterraine ou rhizomz comme le chiendent, fleurs mais avec adaptation au milieu aquatique : peu de cellules de soutien (vie dans l'apesanteur) et peu de vaisseaux conducteurs (vie dans l'eau).

On utilisait récemment encore les zostères séchées pour bourrer les couettes.

La pointe de Bretagne possède une diversité et une abondance remarquable d'algues. Cette richesse est dûe à notre position géographique. Les courants descendants de la Manche amènent les algues des mers froides. Les courants ascendants de l'Atlantique amènent les algues des mers chaudes tropicales. Le climat tempéré convient aux unes et aux autres et fait de notre région une terre d’élection pour la flore marine.


RELATIONS MARITIMES DE NOTRE REGION AVEC ANVERS AU 16ème siècle

Dans le 2ème numéro du BULLETIN MUNICIPAL (1970), nous avons publié une note sur l'étendue du trafic maritime de Roscoff au début du 17ème siècle. Nous suggérions à d'éventuels chercheurs de compulser les archives portuaires d'Europe.

Jean-Yves TANGUY, du Pontigou, étudiant à Brest, a relevé pour nous dans les publications consacrées au port d'ANVERS (Belgique) ce qui a trait aux relations de notre région avec ce port au cours du 16ème siècle. Nous lui sommes très reconnaissant de sa collaboration.

Les renseignements ont été puisés dans les liasses de “CERTIFICATIEBOOKEN”. Ces “certificats” étaient des actes, dont les originaux étaient remis aux déclarants. Ils touchaient aux aspects les plus divers de la vie économique.

SAINT POL DE LEON :

On relève la présence d'un marchand de St Pol à ANVERS en 1491. Mais c'est plutôt des marins que des marchands que l'on y trouve. En 1533 / 1534 on enregistre à ARNEMUIDEN, 50 navires de St Pol.

En 1569 les navires saint-politains atteignaient jusqu'à 140 tonneaux (1 tonneau = 2;83 mètres cubes). Ils louaient leurs services aux marchands d'Anvers comme les Höchstetter, les Affaïtadi. Ainsi on note un voyage à Madère en 1507 et d'autres en 1540 à Saô Thomé, île portugaise du golfe de Guinée.

Le port de Saint Pol était Penpoul.

ROSCOFF :

Roscoff jouissait au début du 16ème siècle d’une réelle prospérité; dont témoigne la construction de l'église.

Pour l'instant, les “certificats” n'ont révélé la présence de Roscovites à Anvers qu'à partir de 1569. Ils utilisaient à cette date des petits bateaux de 35 ou 40 tonneaux,

Alors que l'on note pour Morlaix surtout des noms de marchands et pour saint Pol surtout des noms de marins, on relève pour Roscoff entre 1569 et 1579 les noms de 7 marins, 5 marchands et 4 ou 5 maîtres de navire. Ces derniers faisaient du commerce pour leur propre compte ainsi que des “contre-maîtres” qui participaient à leurs opérations.

Les “certificats” de 1577-1578 font état de voyages à Madère; ceux de 1575-1576, d’expéditions jusqu'à Terre-Neuve. Maintes fois ils procèdent à des payements les uns pour les autres. L'un d'eux, pour l’achat de bateaux forma une société à Anvers avec un habitant de Mons, en 1576.

Toutes ces relations maritimes avaient contribué à faire de Roscoff une petite métropole commerciale où les Rouennais et d'autres Français, des Espagnols, des Ostensifs (commerçants de la Hanse) vinrent faire des affaires. Un Anversois s'y établit même, Janssen Alain. Son prénom, qui fleure un peu breton, ne suggère-t-il pas qu'il soit de naissance roscovite ?

Entraîné par ce centre vivant, Pouldu, en Santec aujourd'hui, manifesta aussi sa présence dans le trafic anversois par un capitaine, Yvon Le Voyeur (1579).

On relève aussi en 1581 , le transport d'Anvers à Roscoff d'un orgue destiné à la grande, église Notre-Dame du Folgoët.

Alain Janssen, dont nous avons parlé, était “commis” d’Eustache Luwier d'Anvers.

Les marges des actes commerciaux ou “certificats” reproduisaient les marques des marchands qui étaient inscrites sur les tonneaux, caisses ou emballages. Nous aimerions à voir quelques-unes de ces marques ; peut-être sont-elles du genre de celles qu'on retrouvent sur des manteaux de cheminée, des bénitiers et des pierres tombales.

Les litiges commerciaux étaient plaidés en premier ressort devant les tribunaux locaux ou d'intérêt général à TREGUIER, ROSCOFF ou au CONQUET.


MODELE DE CONTRAT. COMMERCIAL

“ Je, Pierre Le Masson, maistre après Dieu de la navyre nommée la Trynité, du port de 250 tonneaux ou environ, de la ville de ROSKO, ancrée à présent devant la ville de Callais, pour avecques le premier temps convenable que Dieu donnera, suivre le voyage jusques devant de la ville de Lisbonne, là où sera ma droicte descharge, confesse avoir receu dedans lad-mème navire dessoubz le tillacq, de vous Guillaume Van de Weghe au nom de Donaet Miller, Osterlyngh, les marchandises ensuivantes, nombrées et marcquées nombre et marcque cy dehors mis en marge, le tout sec et bien conditionné asscavoir ung coffer n° 27, lesquelles marchandises je promectz délivrer audyt Lisbone à Gaspar Pels ou à son commis, facteur ou entremecteur, saulf les perilz et fortunes de la mer, de quoy Dieu nous guarde. “

" Et pour l'accomplissement de ce que dict est, j'ay obligé et oblige par cestes ma personne, mes biens et ladite meyne navire, fraict et appareilz, en me monstrant ung de ces 4 cognaissements et sera led Pels tenu de me payer pour mon fraict desdites marchandises la somme de 3 ducatz avec les avaris et debvours accoustumés. En témoignage de vérité, Je, Noel, susd. (sic) ay signé de mon signe manuel les 4 cognaissements d'une mesme teneur, desquelz l'ung aecomply l'autre sera de nulle valeur.”

“ Faict à Callais le 22e jour du mois de décembre. Anno: 1574 - soubsigné Pierre Le Masson. “

Nota :


NOMS DE MARCHANDS DE ST POL DE LEON

AYANT TRAVAILLE AVEC ANVERS OU AVEC CE PORT .- (de 1491 à 1570).

POUR MORLAIX DE 1499 à 1576 :

POUR ROSCOFF de 1569 à 1579

A noter qu’au 16éme siècle, en Bretagne; se constituèrent des communautés neuves de marchands. Morlaix,St Pol et Roscoff formaient un ensemble cimenté par les parentés et les solidarités des marchands et des marins. A Morlaix, la “confrérie du sacre”; formée par les armateurs et les marins, y dirigeait tout le commerce.


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