La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 252 - 1971 - Mars

- Toponymes roscovites
- Essai sur les "Johnnies" de Roscoff, par Mr François Guivarc'h 
- Association des marchands d'oignons
Johnny    Johnnies de Rroscoff - François Guivarch - 1979

Carte des lieux d'activités des Johnnies


TOPONYMES ROSCOVITES

Nous avons déjà proposé une étymologie pour le nom de certains lieux roscovites. Mais nous avons préféré pour deux noms difficiles recourir aux bons offices du CENTRE DE RECHERCHE BRETONNE ET CELTIQUE à la FACULTÉ DES LETTRES ET SCIENCES HUMAINES de Brest.

Monsieur F. BROUDIC, secrétaire administratif a eu l'obligeance de rédiger la note suivante, dont nos lecteurs lui seront gré comme nous-même.

• Nous avons bien reçu la lettre que vous avez bien voulu nous adresser et c'est avec plaisir que nous acceptons d'éclaircir le sens de deux toponymes difficiles que vous avez rencontrés à Roscoff.

• A vrai dire, l'interprétation en est donnée dans l'ouvrage suivant : “Toponymie Nautique de l'Ile de Batz et de ses abords”, par MM Dujardin et Le Berre, Paris, Imprimerie Nationale 1965, extrait des Annales Hydrographiques,

• Je pense que le toponyme “Ar Vil” que vous signalez est celui situé au repère 7470, à la pointe de la cale, au Nord du Calvaire (du cimetière) et que “Pen ar Vil”, qui devrait d'ailleurs s'écrire “Penn ar Vil”, est le plateau rocheux supportant la jetée signalée au repère 7488. L'interprétation qui en est donnée est “ar vil” = la pointe, et “penn ar vil”, l'extrêmité de la pointe, le mot “bil, bilou”, étant l'équivalent de “bir, birou”, “Pointe du Bill”, en Penestin, se trouve donc être la traduction partielle de “Penn ar Vil”. Les traductions partielles, souvent des pléonasmes, comme dans ce cas, sont signalées comme très fréquentes dans les ouvrages de toponymie de M. Falc'hun. Il existe également une “Pointe er Ville”, en Locmariaquer. Ce nom de “bil, bir” est d'ailleurs très fréquent en toponymie nautique et est signalé, à plusieurs reprises dans l'ouvrage cité, plus haut. Il est également entouré d'autres toponymes reprenant le nom “ar vil”. Ainsi près de “ar vil”, au Sud-Ouest, il existe un plateau rocheux dénommé, “pil chirourn ar vil” , le pilier au goémon de la pointe, et l'est de la cale une petite plage s'appelle “trêzenn ar vil”, la plage de la pointe.

“ Quant à “'Perc'haridic”, Dujardin et Le Berre le situent au repère 7419, à la presqu'île du sanatorium. Ils l'écrivent “Penn-C'hevridi”, dont l'interprétation pourrait être “Pointes du Sud Est”, “l'orientation étant donnée par rapport au grand chenal d'accès”, et “Gevridi” étant le pluriel de “gevred”, Sud Est. Sont en outre signalées, les différentes transcriptions de ce toponyme : “Perqueridic” sur le Neptune François de 1693, “Perkiridic” sur la carte 975 du Service Hydrographique de la Marine, des sources diverses donnant “Perharidic” et la prononciation étant “Peheridi”.

Nous avons pu consulter nous-même à la Station biologique l'ouvrage cité de TOPONYMIE NAUTIQUE. Nous en extrayons les remarques suivantes sur certains noms de rochers ou de plages roscovites.

GORED comme le mot français GORD désigne une pêcherie, un barrage artificiel servant à arrêter le poisson quand la mer se retire. Ce procédé serait interdit depuis plus d'un siècle mais on en observerait encore des traces. Il y a ainsi des Rec'hier ar Gored.

Le nom ancien de l'anse de Ste Barbe serait PORZ ar BREZELL ou port des maquereaux. L'ouvrage semble ignorer que pour beaucoup de Roscovites, cette anse s'appelle PORZ AR GORED ; sans doute y avait-il-au bas un barrage pour retenir le poisson.

ROC 'H KROUM doit. son nom à sa forme : la roche courbe arquée. Il semble correct aussi d'écrire KROUMM (avec 2M).

AR BLOSKONN, voudrait peut-être dire “les chiens meurtris”. Le pluriel ancien de KI (chien) est KOUN ou KON qui se rapproche du latin et du grec.

A côté il y a TOULL-RANIC (trou de la petite grenouille). C'est sans doute une corruption de TOULL (ar) C'HANNIK - Trou du Canard - Il s'agit d'un mouillage provisoire pour les bateaux qui attendent le flot.


ESSAI SUR LES "JOHNNIES" par Mr François GUIVARC'H

Nous croyons utile de reproduire ci-après les Statuts et le Règlement Intérieur de l’ “ASSOCIATION DES MARCHANDS D'OIGNONS DE ROSCOFF et de sa REGION”, pour permettre :

·        à ceux parmi ces derniers et ils sont, nous le croyons, nombreux, qui n'auraient pas étudié les deux textes ou n'en auraient même pas pris connaissance, de se demander


ASSOCIATION DES MARCHANDS D'OIGNONS de Roscoff et de sa Région.

Siège Social : 2 rue de Plouénan St POL DE LEON (Finistère)

STATUTS

Les présents statuts ont été adoptés à l'unanimité des Membres présents, au cours de l'Assemblée Générale du 5 Octobre 1947.

A St Pol de Léon, le 18 Octobre 1947

Le Président : F. MAZEAS


ASSOCIATION DES MARCHANDS D'OIGNONS DE ROSCOFF & DE SA REGION

Siège- Social   - 2, rue de Plouénan - St POL DE LEON (Finistère)

REGLEMENT INTERIEUR
vu l'article 12 des Statuts, le ,Secrétaire Général de l’Association des Marchands d'Oignons de Roscoff et de sa Région a proposé au Conseil d'Administration, en sa séance du 7 Octobre 1947, le présent projet de Règlement Intérieur.

Le présent règlement intérieur a été adopté à l'unanimité, article par article, par le Conseil d'Administration.

A St Pol de Léon, le 18 Octobre 1947.

Le Président : F.MAZEAS.


En lisant plus loin la traduction de la “REGLEMENTATION de la VENTE” en Grande-Bretagne des “OIGNONS BRETONS” et celle du “PERMIS DE VENTE” que tout vendeur devait toujours posséder sur soi, nos “Johnnies” s'interrogeront également sur la fréquence des manquements qu'ils ont pu, sciemment eu non, commettre envers ces règles, et mesurer, en rétrospective, les conséquences fâcheuses qui auraient pu résulter pour eux-mêmes et pour l'ensemble de la Corporation de ces transgressions.

Mais ils rapprocheront certainement aussi, la qualité de “GROWERS” .- “Producteurs-Marchands” que leurs interlocuteurs britanniques exigeaient formellement qu'ils eussent pour avoir le droit d'offrir leur marchandise au public, de celle de “PRODUCTEURS-VENDEURS” que l'on appliquait depuis un certain temps déjà en France, aux cultivateurs qui allaient vendre les produits de leurs propres récoltes sur les marchés ou de porte à porte, et ils seront frappés de l'analogie des intentions et des décisions prises dans un même domaine et dans le même temps, par les autorités des deux pays.

Ils se rappelleront peut-être enfin, que la qualification de “CULTIVATEURS-MARCHANDS D'OIGNONS en ANGLETERRE” leur permettait par ailleurs, à défaut de Sécurité Sociale de garantir leur personnel, au moins contre les Accidents du Travail, dans le cadre des Lois sur les Accidents du Travail agricole.

L'un des premiers soins de l'Association fut, dès sa création, de procéder au recensement de tous les Johnnies de la région, pour en communiquer la liste au Conseiller Commercial près l'Ambassade de France à Londres, et pour se créer une trésorerie en recouvrant leurs cotisations. Une carte d'ADHERENT était délivrée à chacun de ses membres, et seul son possesseur pouvait être autorisé à commercialiser des oignons en Grande-Bretagne, par lui-même ou par ses employés.

L'Association ne crut cependant pas devoir, en Octobre.1947 et pour les raisons indiquées plus haut : écarts des cours trop élevés entre les prix du marché français et ceux du marché anglais, solliciter des "IMPORT-LICENCE” ou “Autorisations d'Importation” que les Britanniques étaient disposés à leur accorder pour 2.000 tonnes en supplément des 500 concédés avant le 15 Août.

Elle se tenait toutefois prête à toute éventualité et, par prudence, sollicitait, toujours par l'intermédiaire du CONSEILLE COMMERCIAL près l'Ambassade de France, des prorogations des Licences d'Importation octroyées.

Elle réussit, par la même entremise, à obtenir enfin l'extension qu'elle demandait avec insistance depuis le début des pourparlers, du “Permis de Vente”, à l'ail et à l'échalote.

Les Licences collectives étaient, nous l'avons dit, délivrées à son seul nom. Pour les utiliser au mieux selon les besoins de ses membres, il lui était donc indispensable de connaitre les ports vers lesquels ces derniers se dirigeraient et le tonnage que chacun emporterait, pour faire établir “une licence fractionnée” par navire. Le capitaine de ce dernier, ou à l'occasion un des patrons Johnny, avait pour mission d'accomplir avec l'aide du correspondant local de l'Association dans le port d'arrivée, les formalités habituelles auprès des Douanes britanniques et de délivrer à chacun des chargeurs, la marchandise qu'il avait embarquée sur le bateau. C'était, l'on s'en doute, une tâche parfois ingrate !


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