La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 263 - 1972 - Mars

- Souterrains de Roscoff
- Documents de Pascal de Keranveyer sur l'histoire locale  -  Kerenveyer, François-Nicolas Pascal de. 1729-1794
- Ar C'Hellenn


SOUTERRAINS ROSCOVITES

Dès qu'un Roscovite sent le creux sous ses pieds, aucun doute pour lui il se trouve au-dessus d'un souterrain. Il s'imagine, en effet, que son sol et même ses grèves sont forés de galeries maçonnées. Cette naïveté adorable n'est pas le propre des Roscovites;depuis que le romantisme a tourné les imaginations vers les châteaux forts les Français inclinent à transformer leurs ancêtres en taupes.

On a dit, par exemple, qu'un souterrain reliait l'église à TOULL AR BUTUN, dans l'îlot de TI SAOZON. Il s'agit là d'une extravagance sans nom. Comment aurait on eu l'idée de creuser sous la mer un long tunnel non éclairé et constamment plein d’eau et pour faire quoi ? Ies esprits se dérangent un peu vite. Un vague prétexte pu donner lieu à de telles élucubrations la présence d'un grand soupirail bouché dans la sacristie en cave de l'église. Le choeur de l'église, en effet, fut ajouté à l'édifice sous Henri IV, nous semble-t-il, avant 1609 en tout cas ; le grand cahier des comptes de l'église fut ouvert en 1609 et ne fait pas état de la dépense pour cette construction. Lorsque le choeur fut édifié on réserva en dessous une cave sacristie à laquelle on accédait par un escalier peu soigné qui prenait dans l'église à l'emplacement actuel de la statue de Notre Dame de CROAZ BATZ. Remarquons, en passant, que le nom de cette statue n'est pas authentique, car elle est antérieure à la construction de l'église comme nous l'avons dit, elle pourrait provenir de la chapelle du VERED COZ entre Touliguin et ROSKO-GOZ. On aurait mieux fait d'appeler la statue Itroun Varia ROSKO GOZ. La sacristie en sous-sol était éclairée et aérée par des soupiraux : au nord, au sud et à l'est. La voûte du soupirail est supportait l'autel de pierre de l'église. Ce soupirail fut obstrué quand on construisit devant lui la sacristie actuelle en 1639-1640. Les orifices de cette sacristie ont été saccagés depuis pour y mettre les linteaux droits au lieu de fenêtres en œil de bœuf et de porte en arrondi.

Qu'un château comme Kerestat, contemporain de l'église, ait eu une issue de secours en cas d'attaque de soldats ou de bandits, rien d'étonnant. Mais il faut se garder d'allonger ces souterrains.

Quand il y a. un creux sous les pieds la seule idée raisonnable qu'il faille accueillir est celle d'une tombe gauloise ou plus ancienne. Nous attendrons,pour parler de la chambre à couloir trouvée au VENEC auprès du Rhun, que les préhistoriens rennais aient interprété les maigres résultats de leur fouille. Jusqu'à plus ample informé nous verrions là une tombe.


LES "ANNALES ROSCOVITES"

Pascal DE KERENVEYER à qui nous empruntons la copie de l'acte de répartition des tombes en l'église paroissiale en 1550 est né à Roscoff en 1729.

Il fut Maréchal de Camp des armées du roi et général de Division, chevalier de St Louis ; il commanda les armées de la Révolution à Dunkerque mais son loyalisme fut suspecté : il fut exilé à Beauvais et sa mort est restée mystérieuse.

Pascal a fait des recherches dans les archives roscovites en vue d'établir la généalogie des diverses familles mais il a recueilli aussi les actes qui lui ont paru avoir de l'intérêt pour l'histoire de Roscoff. Il a rédigé les “ANNALES ROSCOVITES” dont la Mairie de Roscoff conserve une copie.

“ Comme je touche à l'époque à laquelle les affaires vont s'éclaircir et que tout ce que j'ai dit jusqu'à présent n'est que l'extrait des historiens ou des conjectures sur la vie du local, je vais faire une digression et insérer les raisons de ce travail qui par sa nature, ne peut avoir l'agrément d'une histoire.”

“ J'ai donc résolu de donner à cet ouvrage, la forme d'Annales, par la raison que les évènements historiques sont très peu intéressants, et secondement c'est que mon travail étant plutôt fait pour servir à conserver le contenu des anciens registres baptismaux de l'église de Roscoff, qui sont dans un état de dépérissement affreux et presque indéchiffrable, que par autre chose, je puis par la forme que je lui donne, faire voir plus facilement les progrès de la propagation dans ce lieu et le nombre des nouveaux colons qui s'y rendaient de toutes les parties du diocèse et même de la province.”

“ Je diviserai mes Annales par Décades. A la fin de chacune je ferai une récapitulation de la -Population et quelques observations sur les principaux évènements des dix ans écoulés, sur les usages moeurs et coutumes du temps enfin tout ce que je croirai pouvoir rendre cet ouvrage moins sec, à moi-même et à ceux qui le verront. Comme je n'ai pas à ce moment une pièce extrêmement nécessaire à l'objet que je ne suis proposé, qui est l'acte capitulaire des habitants de Roscoff du 25 Novembre 1550, pour la répartition des tombés dans la nouvelle église, il faudra que je laisse deux feuilles en blanc pour l'insérer lorsque je serai à portée de l'avoir sous les yeux. Je n'en procéderai pas moins au reste, ceci n'étant au surplus que le brouillon de l'ouvrage.

On verra , la tête de chaque année, le nom du curé, ceux des marguilliers en charge, à la suite, la liste des colons arrivés l'année précédente dans le pays, mais qui ne peuvent être censés habitants que lors de la naissance de leur 1er enfant. Comme le premier registre est déchiré lacéré, usé de vétusté, et à force d'être visité qu'il y a des feuillets entiers d'enlevés, on trouvera que la population est très médiocre mais on ne peut douter néanmoins qu'elle ne fut réellement plus abondante par celles des années subséquentes quand les feuillets se trouvent dans leur intégrité.

On sait le peu de soin que certains pasteurs s'en sont donnés et les différents intérêts qui ont aidé autant a le mettre dans cet état. On trouvera aussi à chaque année la généalogie du nom qui paraîtra pour la première fois et toute la descendance jusqu'au moment où j'écris. Il faut observer qu'il y a des familles dont les noms sont déguisés d'une manière intolérable soit que l'enregistrement ait été fait en latin ou en français, que le curé ait été breton, ou ait voulu franciser ou latiner des noms bretons par exemple, Calvary, de Sicary, Deregary, ou Liebcyaray ; c'est le même nom, le nom de Guern, Vern ou Launay et le même Albus, Blanc ou Guen, et encore le même Hiquidus ou Riou, c'est la même chose. On conviendra qu'il n'est pas aisé de sortir d'un pareil labyrinthe et que la barbarie de l'ignorance régnait encore à Roscoff dans le milieu du 16ème siècle. Boga et Baugea, est le même, Le Maigre ou Treut, Merzer ou Le Mercier et ainsi de plusieurs autres. On observera encore que les Prigent, les Corre, les Caroff et autres sont si nombreux, et tant de familles différentes qu'on n'en pourra débrouiller la généalogie, sans le concours des mémoires particuliers de chacune de ces familles et la plupart d'entr'elles n'en 'a point ni aucun document qui puisse éclairer le chaos de leur ascendance ou descendance.

“ Lorsque je mettrai cet ouvrage au net, je tâcherai pourtant d'y mettre autant d'ordre qu'il me sera possible.”

1549

Le procès de la Communauté étant jugé au Conseil du Roy, l'évêque fut condamné à laisser jouir aux habitants de Roscoff des droits de congrégation,.. Ils eurent la disposition des saintes huiles, des fonds baptismaux, de la sépulture, épousailles, mais il fallut attendre l'année suivante et le retour des procurateurs pour procéder à la jouissance du bénéfice de l'arrêt,

1550

Les procurateurs étant arrivés, la Communauté fit signifier à Mgr l'évêque et son promoteur, de venir bénir et consacrer l'église qui fut dédiée à N.D. de Croas-Bas. Le curé primitif des trêves du Minihy fut invité à venir installer son vicaire, ou pour mieux dire, le Recteur, son Curé, car un curé primitif, en Bretagne, se nomme Recteur. L'archidiacre grand vicaire y vint aussi et l'on résolut l'acte capitulaire qui suit, par lequel même on voit que l'on n'avait pas attendu ce moment pour donner la sépulture dans l'intérieur même de l'église ce qui paraît assez étrange.

L'acte capitulaire est conçu en ces termes :

" Jean Hervé Le Vieil et Jean Bernard, Marguilliers et Syndiqueurs de l'église de N.D. de Croas Bas, étant en ce bourg de Roscoff, en ce jour de dimanche après l'office de la messe dominicale et paroissiale de Roscoff, ont rencontré aux habitants et demeurants au dit bourg où étaient Rig..al Grall, Hervé Garey, Jean Philippes, Jean et André, Martin, Guyon Jac, André de Launay, Alain Bougay, Hervé Dubois, Jean Jamet et Hervé Le Faou, Yvon Le Faou, Robert Maurice, Guillaume :Guilbré, Yvon Le Moine, Guillaume Le Lez, Guillaume Le Blanc, Jean Hervé Le Jeune, Jean Denis, Hervé et Paul Bernard, Jean Le Maître, Jean Bizien, Olivier Manézou, Jean Garey, Hervé Le Dreau, Jean et Maurice Le Faou Nicolas Bougay et chacun d'eux congrèges en la dite église pour ouïr le divin service qu'il leur a convenu faire grand mise pour conduire le procès vers le promoteur de Mgr l'évêque de Léon qui empêchait que la dite église ne fut consacrée et qu'il n'y eut sacres ni fonds baptismaux tant au Conseil qu'en la cour de parlement de ce pays de Bretagne, ce que à la fin Dieu Mercy, ils auraient obtenu aussi pour l'entretenement de la dite église et pour la construction de la dite église, étant endettés et qu'il était nécessaire d'adviser les moyens pour recouvrer l'argent, aussi qu'il fallait payer chacun an les procurations tant au dit sieur Eveque qu'à l'archidiacre, payer leurs visitations : au dit sieur Evêque, 11 livres monnoye à chacun an et au dit archidiacre de Léon, 110 sols monnoye chacun an, et aussi faire loger le recteur ou son curé de la dite paroisse de Toussaints, au dit bourg de Roscoff et achepter place pour ce faire ou bailler rente par an pour la dite place par an, aussi payer au dit recteur la somme de 100 sols monnoye de rente par an pour l'entretenement et salaire du curé qui sera tenu à demeurer et résider en la dite maison et bourg de Roscoff, pour faire le service divin en la dite église aux dits Manants et habitants du dit bourg et que en la dite église on n'y aurait aucunes rentes, ainsi faudrait regarder les moyens pour assurer les dites rentes et faire la dite maison aux dites fins, et qu'ils auraient communiqués à plusieurs des habitants pour le faire,et avaient advisé de bailler à chacun des dits manants et habitants du dit bourg, et à ceux qui eussent voulu tenir et avoir lieu de sépulture en la dite église et pour avoir pierres tombales en icelle église, baillent 5 sols de rente chacun an et pour chacune pierre tombale, et 1 écu pour aider à la mise sudite, ou qui n'eut baillé la dite somme de rente, eut payé 6 livres monnoye pour être employé à achepter rente et qu'on eut fait un cachier de papier où l'on eut écrit les noms de ceux qui eussent pris les dites tombes, qui fut demeuré au Trésor de la dite église,

Ce qui a été trouvé bon et agréable de tous les dits habitants, et l'on ainsi voulu sans nul contredisant, étant données charges aux dits marguilliers de le remontrer à Monsieur le Vicaire général, de mon dit Sieur de Léon, et le prier à condescendre sur les lieux pour en sa présence, procéder à la Baillée et désignation des dites sépultures, et ons les dits Marguilliers et habitants de Roscoff, priés les soubsignants de signer, celle pour eux et chacun, à raison qu'ils ne savent signer le plus grand nombre d'iceux.

Fait en la dite église le second jour de Novembre 1550

L'onzième jour de novembre l'an 1550, les dits Marguilliers ont remontré à Vénérable personne Messire François Parcevaux, vicaire général du dit Sieur Evêque de Léon, tout ce que dessus, qui a trouvé et approuvé en tant que touche sa charge, sans toutefois le bon plaisir du Roy ce que les dits Marguilliers et habitants de Roscoff avaient visé et ordonné préalablement à trois jours de dimanche, subséquens en la Messe paroissiale du dit bourg, bannir et proclamer la baillée des dites places et pierres tombales en la dite église et aux dites fins, proclamer et assigner aux Manants et habitants du dit bourg, et à tous prétendant intérêts que la dite baillée des dites tombes sera faite en la dite église au 28e jour de décembre prochain auquel jour à mon dit sieur le vicaire mit et assigne se trouver en la dite église pour procéder à la dite baillée, et département des sépultures lieux et places des pierres tombales en la dite église, pour aider et faire le profit de la dite église, fait comme devant ,...

Soussignant Sergent de la Cour de St Paul, certifié et relaté à instance et requête de Jean Hervé Le Vieil, Marguilier, Fabrique et Syndique de l'église de N.D, de Croas Bas étant au bourg de Roscoff en la paroisse de Toussaints, ce jour de dimanche, 14e jour de décembre 1550 et les 2 autres dimanches prochains en suivant le dit, 14e du dit mois après l'office des Messes dominicales dite et célébrée en la dite église et bourg de Roscoff. Banny et proclamé à haute et intelligible voix aux dits Manants et habitants du susdit bourg et paroisse, congrégés et assemblés en grand nombre en la dite église, pour ouïr l'office divin en icelle que Mr le Vicaire de Révérend père en dieu Monsieur l'évêque de Léon, instant et requis par les susdits, Marguilliers, suivant l'avis et opinion des Manants et habitants du dit bourg, avoir donné et baillé assignation aux dits Marguillers de comparaître en la dite église après l'office divin et fait en icelle au 28e jour du dit Mois de décembre pour assister et voir procéder à la collocation et baillée des places et pierres tombales en la dite église, à ceux qui voudraient faire le profit de la dite église pour chacune y avoir et payer 5 sols monnoye de rente par an et un écu à la dite église pour chacune place et lieu de pierre tombale en icelle ou la somme de 6 livres pour les dits 5 sols de rente à être employés pour les dits Marguillers pour acquier rentes à la dite église et pour la dotation et entretenement d'icelle faire et payer les charges mentioInnées et accordées entre les dits Sieurs Evêque et Nicolas Denis recteur de la dite paroisse et les dits habitants de Roscoff, de tout quoi m'ont les dit Marguilliers demandé avoir acte et leur ay baillé et signéé votre présent et pour témoins par moy les dits trois jours de dimanche. Maître Hervé Garey et François Le Lay - les jours et ans susdits en .... accordé et rapporté.

Suivant l'assignation à les dit jours, lieu et heures fait proclamer et mis par Mr le Vicaire de Léon, les recteurs et Marguilliers de la chapelle N.D. de Croas Bas quant afin de mettre ordre aux édifices - vitrerie des fenêtres.,.

Situation et Assises des tombes de pierres tombales en la dite église de Croas Bas assis au bourg de Roscoff en la paroisse de Toussaints sujette à l'église cathédrale de Léon, et de leur fondation et dotation et pour faire le profit et utilité pour entretenir en réparations et ornements, calices, livres et luminaire en la dite église nouvellement édifiée par les Manants et habitants du bourg de Roscoff, et de leurs biens et dépends consacrés et édifiés pour y faire le service divin à. Dieu et à N.D. la Mère et aussi son cimetière achepter et faire édifier une maison presbytérale au dit bourg pour loger le chapelain curé qui servira en la dite église de Croas Bas et l'entretenir au dit bourg et parce qu'il est grand et peuplé et aussi pour les procurations des visitations de Messieurs les évêques et archidiacres de Léon et porter les aides et charges de la dite chapelle, sont en notre cour ecclésiastique de Léon, Lesneven, Saint Paul et chacun avec soumission et prorogation de juridiction à chacune d'icelles par devant Vénérable personne Maître François Parevaux, chanoine de Léon, vicaire général et spirituel et temporel de Révérend père en dieu messire Christophe de Chauvigné évêque de Léon, Maître Nicolas Denis, chanoine de Léon, recteur et vicaire de la paroisse de Toussaints demeurant en la ville de St Paul, en la dite église, comparus Jean Bernard et Jean Hervé Marguilliers, procureurs fabriques et syndiques de la dite église demeurant au dit bourg de Roscoff, d'une part et Maitre Novel de Launay, prêtre, maïtre François Keranguem, Jean Philippes, Maître Hervé Garey, Adelene Cabon et les enfants Jean et André Martin, Yvon Kerneau, noble homme Christien Coatenlem sieur de Keranet, Derrien Le Dréau, Guillaume Le Lez, Guill. Le Roy, Ropars Morvan, Jean Le Faou, Pierre Roudault, Guillaume Rigoual, Maurice Le Faou, Guill. Cléguer, Guill. Trebel, Isabelle Bizien, Jean Jamet, Jean Cabon, et Jeanne Martin sa ferme, Jean Guégen et Jeanne Bernard sa femme, Maître Paul Duault, Alain Le Men, Jean Garey, Guill. Bernard, Hervé Le Dréau, Jacob Rigoual, Yvon Franez, Philippe Rigoual, Jean Le Maullé, Marguerite Geoffroy, Marguerite Marzin, Jean Hervé et le soubsignant Jean Dencuff, demeurant au Minihy de St Paul et le plus diceux au dits bourg et paroisse et chacun d'eux pour son intérêt et qui lui touche d'autre partie, lesquels Marguilliers procureurs et fabriques par le décret de mon dit sieur vicaire sur ce présentement octroyé le consentement du dit recteur et des dits paroissiens et habitants de la susdite paroisse et bourg, y étant assemblés et congrégés au son de campane à l'issue de la grand'messe, ce jour dite et célébrée en la dite église ND de Croas Bas en grand nombre ont baillé et par cette baillent livre et payent et aplacent pour mon dit sieur l'évêque de Léon par son dit Vicaire de Léon, stipulant et réservé deux tombes étant au devant l'autel du tableau de vers le Nord près la Muraille touchant au 1er rancq descendant du degré du dit autel avec la fenêtre pour les vitraux, en entretenir à jamais-en réparation ce que les dits recteurs et Marguilliers et paroissiens ci après nommés lui ont octroyés et baillés vu la dite charge et pouvoir aux dits sieurs évêques de mettre ses armes en sa dite fenêtre et aux dits recteurs de Toussaints, réservé et une tombe au milieu et au devant le grand autel, au 1er rang au coeur, touchant au degré du grand autel et au dit Maître Novel de Launay, pour une tombe au côté du dit recteur devers le Nord pour 5 sols de rente et 40 sols une fois de dotation et au dit Hervé Jean une tombe, près les 2 tombes de Mgr l'Evêque, et une autre sous le crucifix pour une garcée de froment de rente et 100 sols une fois payés de dotation et au dit maitre François de Keranguen une tombe près le pilier et muraille derrière le haut .., de Midy, à pouvoir de mettre escabeau pour une garcée de froment de rente et 40 sols une fois payé de dotation, et la dite Adelen Cabon et ses enfants, 3 tombes joignant au devant de l'autel St Pierre, pour 40 sols de rente et 2 écus une fois payés pour dotation.

Maître Hervé Garey 2 tombes, au rang du recteur près le pilier devers le Nord du chœur pour 10 sols de rente par an et 2 écus une fois payés pour dotation.

Yvon Kerneau : au dit rang près les tombes de maître Hervé Carey, 3 tombes pour 15 sols de rente et 3,écus une fois Pierre de Kéravel : 2 tombes près le pilier devers le Nord hors le chœur au rang des tombes de l'évêque au devant l'autel du Tableau pour 10 sols de rente et 2 écus payés présentement au dit Bernard, Hervé Le Dréau .1 tombe près l'escabeau du sire de Kerestat en la Nef et une autre de l'autre côté du dit escabeau devers Midy pour 10 sols de rente et 2 écus .., Guillaume Le Lez : 2 tombes de jouxte, au rang de la tombe du dit Le Dréau en la nef, pour une garcée de froment de rente et un écu 10 sols pour dotation.

Guillaume Le Roy : 2 tombes jouxte les tombes du dit G. Le Lez au dit rang, pour une garcée de froment de rente et 2 écus une fois payés.


AR C'HELENN

Dans le précédent numéro nous proposions en première approximation l'étymologie “quai-lavoir” pour le site du vieux port appelé le KELENN ?. Cette interprétation ne nous satisfaisait pas pour plusieurs raisons.

La plus importante est que cette étymologie fait état de la topographie actuelle du vieux port et de l'usage qui est fait de cet emplacement par les marins. Or le nom est antérieur à la construction du quai de ce vieux port et fut donné à l'emplacement dans l'antique topographie de l'anse.

D'autre part la composition KE-LENN ne conduit pas normalement à doubler le LL comme cela se prononce en breton AR C'HELLEN.

Enfin c'est, nous semble-t-il, faire fausse route que de chercher des origines non terriennes aux noms des grèves et de leurs divers sites. Ces noms ont été donnés par des marins-pêcheurs et des paysans qui les fréquentaient assidûment et non par des navigateurs. C'est pourquoi l'explication du nom de PERHARIDI que nous avait proposée le Centre brestois de toponymie bretonne (bulletin paroissial Mars 1971) ne nous parait pas correcte: “Pointes du sud-est”. Ce nom n'a aucun rapport avec la navigation son origine est terrienne. De passage récemment à Landévennec nous avons recueilli auprès du Père Grégoire une explication terrienne qui nous agrée ; nous rejoignons de la sorte la signification que nous avons trouvée à PORS KONNELLEK dans le même site : le port aux lapins. Selon le P. Grégoire, qui tenait cette interprétation de son oncle monsieur Soubigou, directeur avant 1930 au sanatorium, PENN ARC'HIDI voulait dire :”la pointe aux lièvres”. Le pluriel de GAD, lièvre, est GEDON, mais il n'est pas improbable que dans le passé le pluriel ait été en HEDI. Le breton est une langue souple : ainsi en Cornouaille un escalier est DIRI ; dans les livres on écrit DEREZIOU (pluriel de DEREZ, degré, marche). A Roscoff on dit DELECHOU !

Pour n'avoir point à revenir sur la pointe de PERHARIDI (face à Roscoff ) signalons PENN AR MEAN, qui n'est pas ici semble-t-il le “Bout de la pierre”, mais le rocher en forme de tête ; on s'en assurera aisément.

Le Père Grégoire nous a suggéré une autre piste bien terrienne celle-là. Il existe, en effet, dans les terres un nom proche de notre HELLEN, qui se prononce AR C'HELLEN ; c'est un nom masculin, alors que KELENN, houx, est féminin. Il y a ainsi, par exemple, un HELLEN à Cléder, Edern, Landunvez, Lanvéoc, Logonna-Daoulas, Plonéour-Lanvern, St Hernin et Lampaul-Plouarzel. Nous avons vérifié nous-même à Cléder : à 100 m en dessous des batiments de HELLEN il y a un grand lavoir. Notre-Dame de HELLEN en Idern est sise en un lieu marécageux de grande étendue ; il en est de même pour la chapelle du même nom, en ruines,

St Hernin, sise non loin de terres marécageuses. A Lampaul-Plouarzel c'est un vallon à moulin, interprété “vieil étang”. A Landunvez le site est marécageux aussi. On prononçait parfois, semble-t-il, HELLES, ainsi du coin marécageux à mi chemin entre St Pol et Mespaul : en 1669, noble Augustin Guillerm s'intitulait sieur du HELLES (archives de Roscoff). D'après le dictionnaire de DU RUSQUEC, ELLEZ voudrait dire “plante d'étang” ; l'auteur renvoie à “ELESTR, glaïeul, iris”. On connaît la rivière ELLE, à Quimperlé, le pont de PENN-ELLE sur la route de Morlaix. La rivière qui sort des marais du mont Saint Michel (yeun elez) s'appelle ELEZ. A Plouénan la chapelle de KER-ELLON Est en un site humide, avec une fontaine lavoir. Le nom se retrouve aussi à HELLEAN tout près de Josselin.

En bon breton, un étang se dit LENN. Il semble que le préfixe HEL soit l'adjectif HEN, qui veut dire “vieux” (du latin senex). C'est peut-être son sens dans HENVIC (vieux bourg). Chacun a vue de ces étangs à l'abandon envahis par les plantes et se transformant lentement en marais. Ce pourrait être l'origine de HELLEN. Dans les actes paroissiaux de 1665 on rencontre le nom d'Anne Geffroy, dame de COZ-LEN (vieil étang). Le titre est à tout le moins aussi reluisant que celui de Guillaume Le Brigant, sieur (c'est-à-dire propriétaire) de PRAT FALL (mauvais pré), parrain en 1670.

Il est tout naturel que ces noms courants LENN ou HELENN aient été transférés à des sites côtiers qui avaient des apparences analogues. Nous en avons une confirmation éclatante pour deux grèves qui enserrent l'anse du port de Roscoff et qui n'ont jamais été transformées par de quelconques travaux : la grève du Pouldu en Santec (terrain de camping) et la grève du Man en St Pol..

A Santec d'abord les flaques d'eau qui restent après le reflux de la mer portent les noms de GELLEN Mathulun (la mare à Mathurin ), AR C' HELLEN ZOUREK, AR C' HELLEN DR0, AR C'HELLEN GREIZ (milieu), GELLEN AR C'HOEN (aux anguilles paraît-il?). La prononciation est double : GELENN et AR C'HELLEN (avec l'article).

Mais c'est dans la grève du Man en Saint-Pol que nous retrouvons une réplique du site du Kelenn en Roscoff. Nous devons le renseignement à monsieur Autret. Profitant de la grande marée nous sommes allé faire la reconnaissance des lieux le 17 Mars entre 13h00 et 13h30. ROC’H HELLEN VRAS et ROC'H HELLEN VIAN à une bonne centaine de mètres au nord d'ouest de la 1ère roche étaient bien dégagées par la mer. Une vaste étendue d'eau baignait ces deux rochers à l'ouest. Revenu à la côte, nous la distinguions fort bien. Cet étang est un herbier recouvert d'une herbe fine. On y trouve une grande quantité de coquilles vides, praires et palourdes.

Cette double dénomination : rocher du grand KELEN et rocher du petit KELENN caractérisait l'anse de Roscoff avant la construction du quai. Il y avait là un léger contresens : comme à St-Pol c;est le rocher qui est dit grand ou petit et non la mare d'eau. Le HELLEN est unique pour les deux rochers : il s'agit du grand rocher (grand par l'extension) et du petit rocher du même HELLEN.

On sait, en effet, qu'à Roscoff le vieux quai s’enrocha sur un ensemble rocailleux appelé le grand KELEN et utilisa pour son achèvement un autre ensemble rocailleux appelé le petit KELEN, dégageant le port lui-même de cet obstacle. Il nous semble que le KELEN des marins est constitué en partie par la plate forme du petit KLLEN.

Toutes ces considérations nous amènent à proposer l'interprétation suivante du KELEN de Roscoff. Il y avait autrefois, avant la construction du vieux quai, une mare d'eau dans l'anse de Roscoff à marée basse : AR C'HELLEN qui aurait valu à deux rochers qui lui étaient contigus les noms de ROC'H VRAS et ROC’H VIAN AR C’HELLEN, comme à Saint-Pol. Ces noms furent donnés indépendamment de tout usage pour le carénage. Le port construit, le carénage se fit en cet endroit propre qui conserva son nom ancien : AR C'HELLEN ou sans l'article HELLENN (avec 2 N semble-t-il). Les deux écritures KELENN et QUELEN, qui ne rendent pas le breton AR C'HELLEN, seraient fautives.

Cette analyse laisse intact le problème du HELLENN de Carantec ; le nom de la plage pourrait provenir d'un marais ou un lavoir en bordure de la plage.

Il n'est pas interdit de penser que le HELLEN avec ses rochers ait été déterminant pour l'implantation du port ancien de Roscoff. Ce coin de côte a donné son nom au quartier ; en 1846 les bords de mer étaient encore entièrement dégagés de toutes constructions depuis la chapelle Ste-Anne jusqu'au Téven. Ce terrain vague était le quartier du QUELEN ; la rue Esprit le Mat s'appelait rue du QUELEN.


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