La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 265 - 1972 - Mai

- Documents de Pascal de Keranveyer sur N.D. de Croaz-Batz
- Chemin de l'aber à Keravel


L'EGLISE NOTRE DAME DE CROAS-BATZ

“L'huis bas” du côté “midy” ou ensoleillé était conçu pour recevoir un porche ; c'était l'emplacement traditionnel.

Pascal a conservé un acte du 13 Juillet 1634 (pages 164-165) relatif à la transformation de cette entrée en une chapelle. Le document fait apparaître le soin que la population prenait de son église mais aussi la faveur générale qui entourait les “dévotions”. Nous transcrivons le texte dans son entier.

“ Les bourgeois manans et habitans de Roscoff tous (il faut lire tant) les paroissiens de Toussaints que de St Pierre (le territoire était partagé entre ces 2 paroisses saint-politaines), louans et approuvant le louable et pieux dessein de certaines personnes devotes de faire bâtir et construire une chapelle en l'honneur et sous l'invocation de Mgr Saint JOSEPH pour les frères et la confrérie canoniquement érigée en l'église de N.D. de Croasbatz au dit Roscoff, ont unanimement consenti et par la présente consentant que les dits dévots personnages fassent bâtir et construire une chapelle attachée au corps de la dite église et icelle (celle-ci) mettre du côté dans le midi en la voûte et arcade étant au-dessus des deux portes où aurait été autre fois le dessein de faire le porche de la dite église. A charge d'icelle (confrérie) faire suivant le projet et accord fait avec monsieur Jean GAUTIER, architecte, sans le pouvoir autrement étendre davantage.

- Et à la charge aussi que LES MURAILLES SERONT FAITES DE BELLES ET BONNES PIERRES DE TAILLE PAR DEHORS BIEN LABOURÉES CONFORMEMENT A LA DAILLE DE LA DITE EGLISE, AFIN QUE LA DITE CHAPELLE N'APPORTE AUCUNE DIFFORMITE NI DISPARITE D'OUVRAGE EN LA DITE EGLISE.

- Et ont les dits habitans signé le présent acte de leur consentement promettant ne venir jamais encontre -

FAIT et Signé : le 13 Juillet 1634.

Signé :

Les encouragements sont d'autant plus vifs que les promoteurs ne sollicitaient aucune subvention de la part de la fabrique, qui gérait les ressources de l'église.

Monsieur l'abbé Corre avait entrepris une étude des Confréries en exercice à Roscoff ; nous lui empruntons quelques précisions sur la Confrérie de Saint Joseph.

Elle fut érigée en 1632 et dotée peu après par messire Yves Seven, prêtre originaire de Roscoff. Par son testament du 23 avril 1635 il lègue à l'église deux champs, l'un à la Palue et l'autre à Pennar Créac'h. Ces champs étaient affermés ; en 1648 ils rapportaient par an 42 livres. Yves Seven affectait ces revenus à la célébration hebdomadaire d'une messe et des Vêpres le Samedi, à charge en outre de chanter sur sa tombe ce jour et aux fêtes de la Vierge un DE PROFUNDIS.

Par la suite il y eut d'autres dotations à perpétuité comme on l'exigeait alors dans le sentiment où l'on était de la stabilité de la société humaine.

La confrérie réunissait des hommes, des femmes, des familles entières, des prêtres, des religieuses ursulines (de St Pol). Les inscriptions ont été tenues à jour jusqu'en 1673. La confrérie semble avoir persévéré bien au-delà de cette date et jusqu'à la révolution ; on a peut-être perdu un 2ème cahier de la confrérie. Les charges de ces fondations furent assurées régulièrement jusqu'à 1789.

La confrérie de saint Joseph avait pour objet d'honorer les vertus du saint et de s'en inspirer.

La chapelle de St Joseph est un petit édifice ; sa construction était achevée l'année même puisque la pierre terminale du chevet porte, très visiblement, la date de 1634. La dépense étant à la charge de la confrérie n'avait pas à prendre place dans le Grand Livre de la Fabrique.

Les deux contreforts qui encadraient l'entrée furent intégrés dans les murs de la chapelle ; la liaison n'est pas réussie puisqu'une fissure la marque.

La chapelle n'est plus tout à fait en son état originel. Au cours de l'année 1777, elle a fait l'objet de plusieurs retouches. Si les deux fenêtres du chevet sont authentiques, les deux autres ont remplacé deux ouvertures en “œil de bœuf”. Un élément de l'ancien encadrement courbe est remployé à l'actuelle fenêtre Est ; la cavité est comblée d'un mortier chaux-sable.

En 1777 aussi les moulures en pierre de l'arcade furent piquées et “réduites de niveau avec le mur”.

Dédiée à Saint Joseph en 1634, la chapelle portera aussi, à la fin du 17e siècle le nom de Notre Dame de Guardeloupe. Les comptes de 1695 (3 Janvier et 16 avril) font état de la confection de deux nappes pour l'autel de Notre Dame de Guardeloupe (ou Gardeloupe).

La dévotion à Dame de Guadalupe est typiquement espagnole ; le culte s'est étendu à toute l'Amérique latine. Le berceau en est une bourgade de la province espagnole de CACERES, au sud ouest de Madrid vers le Portugal.

A Roscoff le culte se fixa sur un tableau de cette Vierge qui fut placé au-dessus de l'autel de saint Joseph. Le tableau mesure 84 x 123 cm, à l'intérieur de son cadre dont l'épaisseur est de 12,5 cm. La toile (sans ce cadre) provient très probablement d'ESPAGNE, on commerçait beaucoup avec ces régions.

Marie est debout sur un croissant de lune, portée par un angelot. Elle se détache sur un fond rouge, en forme d'amande aux contours légèrement échancrés ; ce fond est strié de nombreux rayons dorés.

Lorsque l'autel de 1634 reçut un retable, sans doute à la fin du 17e siècle, le tableau y prit place au centre.

Il devait ,y rester jusqu'en 1963, date à laquelle le retable est devenu la monstrance des albâtres. Le tableau de Notre-Dame est fixé depuis au mur est de la chapelle des Agonisants.

Les habitants de Roscoff furent des tout premiers, semble-t-il, à.réclamer de leur évêque l'érection de la dévotion nouvelle au SACRE COEUR DE JESUS. Voici la supplique qui fut adressée en 1744 à “Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime Evêque Comte de LEON”. “ “Monseigneur,

Les habitans du port et hâvre de Roscoff ont appris avec édification qu'en conformité de la bulle de Notre Saint Père le Pape Clément XI du 23 Août 1706, il s'est canoniquement érigé dans l'église de la Maison des Filles de l'Union chrétienne à Brest, une pieuse et dévote confrairie des fidèles de l'un et l'autre sexe, de toute condition, sous le titre et invocation du SACRE COEUR DE JESUS et que l'exercice de cette confrairie a été permis et autorisé dans l'une des églises particulières de la ville de Landerneau.

Cet exemple et la forte confiance que les suplians ont dans la charité pastorale de votre Grandeur leur ont inspirés le dessein de former un pareil établissement dans la ville de Roscoff ou TROIS CENT PERSONNES ET DAVANTAGE désirent de s'unir ensemble pour l'exercice des oeuvres de piété qui sont ordinaires et prescrites à cette confrairie.

Mais en vain auront-elles formés le projet d'une si sainte et pieuse association, en vain en auront-elles jettés les premiers fondaments si votre Grandeur n'autorise point leur zèle et n'y met point le dernier sceau par une approbation authentique.

Elles se flatent, Monseigneur, que sensible aux saintes inspirations qui les animent et à l'accroissement réel que peut en recevoir la dite confrairie, vous leur donnerés les moyens de consommer leurs pieux desseins et pour y parvenir les suplians requièrent avec confiance.

Qu'il vous plaise, Monseigneur, ayant égard à ce que dessus et aux instantes prières des habitans de l'un et l'autre sexe de toute condition du port et havre de Roscoff, permettre que dans l'église principale du dit Roscoff appelée Notre Dame de Croas Bas on fasse l'exercisse de la dite confrairie du Sacré Cœur de Jésus ainsy et de la même manière qui elle se pratique dans l'église de la maison des Filles de l'Union chrétienne à Brest, désignant à cet effet l'autel de Notre Dame de Gardeloupe situé dans la dite église et assignant pour gaigner les indulgences accordées par la Bulle de N.St Père le Pape Clément XI le premier vendredy de chaque année qui suivra immédiatement l'octave du Saint Sacrement ou tel autre jour qu'il vous plaira de fixer, le tout aux mêmes conditions et conformément aux statuts qui se pratiquent et sont autorisés dans l'église de la maison des dites Filles de l'Union chrétienne et les suplians seront obligés de redoubler leurs voeux au ciel pour la santé et prospérité de Votre GRANDEUR.”

A Roscoff le 24e Juillet 1744.

Cette supplique fut bien accueillie.

“Jean Louis de la Bourdonnaye, par la grâce de Dieu et du Saint Siège apostolique Evêque-Comte de Léon, conseiller du Roy en ses conseils, vue la requête cy dessus, nous avons permis et permettons aux habitants du port et havre de Roscoff d'établir une confrairie des fidèles de l'un et l'autre sexe de toute condition sous le titre du SACRE COEUR DE JESUS et d'en faire l'exercice dans l'église de Notre Dame de Croas-Bas dudit Roscoff de la même manière qu'il se pratique dans la communauté de l'Union chrétienne établie à Brest, désignant à cet effet l'autel de Notre Dame de Gardeloupe de la dite église et assignant pour gaigner les Indulgences accordées aux associés de la dite confrairie par la Bulle de notre Saint Père le Pape Clément XI les mêmes jours que nous avons fixés pour la Communauté de l'Union chrétienne de Brest.”

Donné à Tron,ulien sous notre seing celuy de notre secrétaire et le sceau de nos armes le vingt cinq juillet 1744.

+ J.L. L'ev. c. de Léon,

par Mgr Yves Castrec secrét. "

Ces documents sont actuellement aux archives départementales ; nous reproduisons la transcription de Mr l'abbé Corre.

Cette dévotion que les personnes de 50 ans et moins ont vue si florissante est éteinte aujourd'hui ; c'était le PREMIER VENDREDI DU MOIS, clôturé par le salut du saint Sacrement.

La Chapelle Saint Joseph a eu ainsi des avatars : chapelle de N. Dame de Gardeloupe, chapelle du SACRE-COEUR. L'autel avant la transformation de 1963, synthétisait les trois cultes : au centre le tableau de N.Dame de Guadalupe, d'un côté une statue du Sacré-Cœur et de l'autre une statue de saint Joseph. Ces deux statues de bois, hautes de 91cm sont de même facture ; elles paraissent dater du 19e siècle. Elles sont conservées au presbytère.

Désormais, mais ce n'est pas perpétuité sans doute, la chapelle saint Joseph abrite nos albâtres.

Les sept panneaux d'albâtre sont d'origine anglaise ; ils sont du style gothique tardif et sont datés de la fin du 15e siècle. Ils représentent :

bulletin-265-albatre.jpg (41135 octets)

Au fronton du retable, dans une niche, les restaurateurs de 1963 ont placé une Vierge à l'enfant en albâtre, de style renaissance ; elle était auparavant, mais depuis peu, dans la niche au dessus du grand portail.

Autrefois ces albâtres reçurent des couleurs. Le goût d'aujourd'hui recherche, pour l'instant, l'austérité de la matière brute, du naturel.

Depuis quand ces albâtres sont-ils dans notre église ? Depuis le début du 19e siècle au moins. On ne les voit pas signalés dans les inventaires du 17e siècle, ni dans ceux de la Révolution française, ni pour l'église ni pour les chapelles. Il faudrait trouver les compte-rendus des visites épiscopales du 17e et du 19e siècle pour s'en rendre compte.

Les inventaires précités recensaient avant tout l'orfèvrerie et les cuivres ainsi que les tissus et les ornements ; mais on n'y trouve pas la nomenclature du gros mobilier, des statues, des tableaux, des retables, chaire... L'inventaire de la chapelle Saint Sébastien (15 Mars 1794) conservé aux Archives départementales fait apparaître la pauvreté de son matériel cultuel aux débuts de la Révolution française. Si l'inventaire du 15 octobre 1657 (folio 63) cite en terminant une “image de Notre Dame du Rosaire en bois peint et doré garni du chapelet” c'est sans doute qu'elle venait d'entrer dans le patrimoine et qu'elle n'était pas fixée sur une console. Il s'agit peut-être d'une statuette de 51cm, qui en 1963 était placée au haut de l'autel de St Joseph. Elle est actuellement au presbytère.

Ce serait délirer que de croire un instant que l'acquisition des albâtres n'ait pas été honnête et qu'elle serait le fruit d'un larcin corsaire. Il nous semble, par ailleurs, improbable de retarder cette acquisition en deçà de 1550, le gothique n'étant plus de mode. Les anciens, à partir de la Renaissance, sont dévorés par la passion de la modernité, même si la modernité se ramène à imiter les Grecs et les Romains.

Les inventaires de 1609 (folio 1), de 1640 (folios 6-10), de 1657 (folios 58-63) qui notent scrupuleusement toute l'argenterie de la fabrique et les cuivres, ne signalent ni de Vierge en argent, ni de chapelet d'argent et ambre, ni de modestie. Ces objets cultuels attribués à Marie Stuart ne faisaient point partie du patrimoine à ces dates. L'étude des poinçons de la statue a permis de dater celle-ci de 1686-1687 ; elle est l'oeuvre d'un atelier parisien. Le chapelet (en double) et la modestie (en double) seraient, nous semble-t-il, d'origine espagnole.

La Vierge en argent et le chapelet sont portés sur l'inventaire du 1er Janvier 1793 réclamé par la Convention (archives départementales). C'est le 4 Mars 1793 qu'en présence du curé Lullac Jacques Kerenfors et Yves Heurtin en application de la loi du 10 Sept. 1792 vinrent prendre à la sacristie toute l'argenterie, à l'exception des vases sacrés (calices et ciboires). La Vierge ainsi partit au district de Morlaix. Le certificat de dépôt, daté du 5 Mars et signé Saillour, en porte la mention. Comment a-t-elle pu être retirée des griffes du district ? D'après une tradition elle aurait été rachetée pour son poids d'argent : 3 livres, 9 onces, on ne sait par qui. (voir le Bulletin n° 199, Janvier 1966).

Nous avons retrouvé en Avril 1968 cinq chandeliers de cuivre du 17e siècle. Ils avaient appartenu à la paroisse et avaient échappé aux réquisitions de la révolution française. Nous les avons rachetés. Deux d'entre eux portent sur leur base, qui est circulaire, l'inscription en caractères majuscules : A ST IOSEFH A ROSGO 1662, Ils devaient servir à l'autel de la chapelle St Joseph.


LES ODEURS DU PASSE SUR LE CHEMIN DE L' ABER A KERAVEL

Nous proposons à nos lecteurs une série d'itinéraires pour la promenade à pied. Nous nous aidons des MATRICES des Impositions foncières, dressées en 1847 après la confection du cadastre de 1846. Les champs et les sites portent encore leur nom ancien.

Le premier itinéraire va nous conduire de l'Aber au passage à niveau de KERAVEL.

L'ABER était la dénomination d'une anse et ne désignait aucune agglomération. Dans le carrefour actuel qui porte ce nom, il existait alors un seul petit ensemble de bâtiments, appelé KER-RIOUAL. Il était bordé à l'est par un chemin charretier qui remontait vers le chemin de Kerjestin à Penfeunteun. Son nom de STREAT AR GO peut être compris comme le CHEMIN du FORGERON ; il se peut qu'il y ait eu dans les siècles passés un forgeron à KERRIOUAL. En Cornouaille la taupe se dit aussi GO.

En remontant par la route vers KERBRAT “village de la prairie” on commence par longer à droite les terres appelées AR BRIELLEG VRAS, puis du même côté à la hauteur de POULL AR C'HAMM, AR BRIELLEG VIHAN et enfin avant KERBRAT, toujours à droite AR SCOULVEN.

En breton PRI signifie “argile, boue”. L'adjectif argileux se rend par “priek” ou “priellek”, ce diminutif suggérant une dominante argileuse du terrain. Le substantif en EG dont la première lettre s'adoucit de P en B après l'article AR, pourrait se traduire “ARGILIERE” au sens de terre argileuse : la “grande argilière” et la “petite argilière”. Ces terres furent couvertes par la mer à l'époque assez récente (quelques milliers d'années) où la mer dépassa de 5 mètres environ le niveau actuel des grandes marées.

L'adjectif KAMM, “courbe, boiteux” a été choisi sans doute à cause du fort virage en “s” qu'y dessine la route ; l'endroit retenait autrefois les eaux, d'où POULL AR C'HAMM - EN 1846 il n'y avait plus de POULL.

Les terres de SCOULVEN nous paraissent devoir leur nom à une plante qui proliférait dans ces coins. L'ASKOL-GWENN est une sorte de chardons (ASKOL) : la carline, ou artichaut sauvage.

Cent mètres après KERBRAT la route coupe le chemin de terre qui joint KERADENNEC (en Santec) à KERJESTIN. Un peu plus haut s'ouvre sur notre droite un chemin que signale une touffe d'ormes : c'est une ancienne allée plantée, un BALI (ar vali) qui menait au manoir de RUCAT (Souriman). Le bali mesure 200 mètres environ ; un ruisseau le suit sur le bord droit ; il recueille les eaux d'un tout petit vallon. Le dernier champ à droite s'appelle PARK WAR E GOSTEZ - le champ qui penche. Plus haut vers Santec un autre champ s'appelle PARK AR HOAD (on met H au lieu de C'H), le champ du bois. La butte de Rucat avait son bois lorsque ce nom fut donné au terrain.

Revenons sur la route ; nous suivons le vallon de KERGADIOU. Les champs qui dévalent à notre gauche du CREAC'H AR VILIN - la colline du moulin (à vent) portent le nom de TRAON YER, le vallon des poules (yer) ? Ne s'agirait-il pas simplement de TRAON-KER - le BAS du village.

Les eaux du vallon proviennent pour une part du MANOIR DE KERGADIOU (aujourd'hui TI TOULL) dont les sources fournissent partiellement la ville de Roscoff. Ce manoir avait encore en 1846 un colombier (en ruines) ; le champ en porte le nom PARK AR C'HOULDRI.

Les deux fermes qui sont voisines sont les LECH et le VENNEG (endroit où il y a des pierres). Non loin de là se trouvait avant 1942 une allée couverte dans PARK AN DOLMEN.

La maison du carrefour est KERGADIOU KREIZ (milieu - Fois Chapalain). La maison de Claude Castel est KERGADIOU. Le nom de KERAVEL est donné par le cadastre à la maison de Léon Jacob ; de KERAVEL partait autrefois un BALI qui rejoignait en droite ligne le manoir de RUCAT. Le manoir fut détruit au début du 20e siècle. Il reste une bonne partie du mur sud qui longeait le BALI. On rencontre le nom du Seigneur de RUCAT au 15e s. Ce nom paraît assez corrompu. Aussi hésitons-nous à en proposer une étymologie. Il a a bien un park ar ru auprès du dolmen. Mais le Seigneur de Rucat doit-il son nom à cette colline (Run) et au bois voisin : sieur de la colline boisée : RUNGOAT ?

Reprenant la route à KERGADIOU KREIZ, nous laissons à gauche un terrain marécageux ou POUL-LIN, à droite un douet et un autre POUL-LIN ou routoir. Un article à venir, dû à Monsieur l'abbé JESTIN, nous entretiendra de la culture du lin en nos régions.

En 1846 il n'y avait aucune maison à gauche de la route. A droite se trouvait KERVIZIEN (Paul Jacob). A l'en­trée il y avait un poull ou mare : POULL AR VALI - Le BALI menait à la ferme. Les eaux redescendent vers le vallon de TRAON-YER.

Après KERNIZIEN, nous trouvons à notre droite le chemin de RUCAT à St Pol, puis KERJEGU (Guiriec) et enfin PENN AR C'HROISSANT (Carrefour Godec).

A la hauteur du vieux KERJEGU bordant la route chez les Lallouet est PARK AR MEVELOU, le champ des domestiques ou valets. Le champ fut sans doute à leur usage.

Avant le passage à niveau le champ de droite (maison de garde) s'appelle PARK AR FOURN (il dut y avoir un four à pain). A gauche le champ d'angle (maison Seité Guiriec) portait le nom de PARK AR JAPEL - le champ de la chapelle. Nous avons retrouvé cette chapelle sur une carte médiocre des Annales roscovites (p. 82) au site K/avel (vers 1785). Le crucifix du calvaire est au manoir à arcades voisin de KERAVEL, en St Pol.


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