La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 267 - 1972 - Juillet / Août

- Le moulin à vent de Bloscon
- Documents de Pascal de Keranveyer sur N.D. de Croaz-Batz
- Saint Antoine de Keravel
- Registres de Roscoff - 1617 à 1669


LE MOULIN A VENT DE BLOSCON

Dans le numéro précédent nous établissions que le toponyme “AR VIL” provenait d'un MOULIN à vent construit à proximité de l'embarcadère du Vil sur une légère éminence à l'ouest du vieux chemin menant des Roc'higou (petits rochers) au cimetière du Vil. Nous en déduisions la haute probabilité de l'existence d'un autre moulin à vent auprès de PENN AR VIL.

Le bulletin n'était pas paru que cette probabilité est devenue certitude. Monsieur Jean-Yves Tanguy, qui poursuit des travaux d'histoire sur Roscoff nous assurait, en effet, avoir relevé le nom du moulin de Bloscon dans les archives de Saint Pol. Il devait quelques jours plus tard nous communiquer cette notation tirée d'un “Estat.. des héritages au quartier de Toussaint” daté du 16 Juin 1734 : “Le moulin à vant de Bloscon appartenant au sieur de Kerdeniel Ropars et consorts, tenu en ferme par Jean Le Gall, pour payer par an 36 livres.”

En attendant cette communication et la possibilité d'accéder aux archives de Saint Pol nous avons eu recours aux matrices cadastrales issues du cadastre de 1846. Les matrices établies sur le cadastre de 1809 /1811 n'offrent aucun intérêt toponymique.

Décidément nous avons eu de la chance. Nous cherchions le moulin du côté des Deux-Roches, mais toutes les terres alentour font référence soit à ROC H, ROC'HOU DIOU ROC K. Et nous sommes tombé en arrêt sur la parcelle 149, section B (parking et blockhaus) - THEVEN AR VILIN - la dune. (ou la falaise) du-Moulin (folio 383). En bonne orthographe d'aujourd'hui on écrit TEVENN. Les parcelles du petit plateau et  du versant est (B. 153, 154, 155) portent le même nom (folio 746). Les champs voisins au sud de la route qui mène aux viviers s'appellent PARK AR VILIN : ;B, 159, 160 et 161.

La visite des lieux permet de déterminer avec précision l'emplacement du moulin de Bloscon. C'est la plate-forme même où s'est dressé, à la disparition du Moulin, l'actuelle pyramide blanche qui sert de repère à la navigation. On peut penser que le moulin faisait déjà cet office. Actuellement un chemin y conduit, qui n'est pas celui qui mène à la chapelle ; cette rampe d'accès vers l'est nous paraît d'origine. La plate forme assez spacieuse où nous allumons le feu de joie ou TANTAD permettait l'évolution des charrettes.

Nous avons trouvé les traces du meunier de Bloscon dans les rôles de capitations, ou impôts par tête, de Saint Pol. Ces renseignements sont portés sous le nom de HAUT BOUT de TOUSSAINT, c'est-à-dire la partie de Roscoff à l'est de la route qui va de l'église à St Pol.

A partir de 1717 les métiers sont signalés à la suite des noms des contribuables.

La situation du meunier de Bloscon en ce coin écarté était très modeste. En 1724, toujours AU HAUT BOUT, Yves Floc'h garçon meunier paie 1 livre et Jan Meryen l'aisné, meunier 2 livres, Au même moment dans la paroisse LE CRUCIFIX des Champs (St Pol) Louis Ollivier, meunier, sans doute au moulin à eau de Kerellec, cotise 30 livres et ses trois domestiques 4 livres 10 sols en tout. La même année au HAUT BOUT le sieur de la Portenoire paie 60 livres ; mais le record pour Roscoff est détenu par le sieur LAMBERT avec 90 livres. Ce dernier dépendait de la paroisse saint Pierre bien qu'il demeurat en Roscoff à 50 mètres de l'église (TI COZ) ; mais c'était à l'ouest de la route de St Pol, Le sieur Lambert fut le promoteur de l'achèvement du vieux quai.

Les données des MATRICES CADASTRALES ne sont point toutes aussi sûres que celles concernant notre MILIN?. Nous signalons deux exemples relatifs à ce moulin où il nous faut éviter les explications incontrôlées.

D'abord le nom du LIEU DIT où se trouverait THEVEN AR VILIN. Plusieurs fois ce lieu est appelé BORDALLEN (bord du lavoir, de l'étang). Ce nom n'a rien à voir, nous semble-t-il, avec le site de Ste Barbe. S'agit-il du domicile du propriétaire, rue Hoche ? Aussi bien trouve-t-on BORDALLEN - park an TAVAGNON (champ absorbé par le port en eau profonde). On trouve aussi KERAISON - park Santez Barba, alors que cette parcelle est à Sainte Barbe même.

Un autre toponyme nous a retenu plus longtemps : il s'agit de parcelles absorbées partiellement par la voie de chemin de fer , ces terres ont presque disparu la nouvelle route du PORT à l’entrée du futur passage à niveau. Les parcelles B. 305 et 311 portaient le nom de PARK STREAT AR VILI ou streat VILI. Ces terres donnaient sur le chemin (streat) de St Pol à Bloscon. Pouvait-on par de la la construction du fort de Bloscon retrouver le vieux nom de ce chemin qui conduisait certainement au moulin - chemin du moulin ?

On sait l'importance des moulins dans le tracé de nos vieux chemins. C'est ainsi qu'un chemin totalement ensablé aux 17e /18e siècles mais dont le tracé est conservé menait de “Roscoff à Kerellec” ; le même est encore appelé au 17e siècle “chemin de Roscoff à Saint Jacques Sibiril”, deux moulins à eau. Aujourd'hui encore on dit à Kerellec “Streat Rosko”. Nous avons cueilli ces renseignements aux folio 69 et 128 d'un Inventaire des biens de la paroisse du CRUCIFIX DES CHAMPS (St Pol) dressé vers 1780 et actuellement, on ne sait pourquoi, à la maison St Joseph de St Pol. Nous reviendrons plus tard sur cet inventaire.

Quoi qu'il en soit du rôle des moulins dans le tracé de nos routes, nous réservons l'interprétation de STREAT AR VILI. Tout à côté, en effet, se trouve, au nord de TI PELLA, un terrain vague, aujourd'hui dépotoir, élargissement d'un chemin : on l'appelle RU FILIPP. Or, phonétiquement, le passage s'explique aisément de FILI(PP) à FILI et VILI. D'ailleurs les deux parcelles sud qui donnent sur ce dépotoir : B. 345 et 347, portent le nom de PARK STREAT VILY (folio 1006). Ajoutons que B. 314 s'appelle PARC RUE FILIPP (folio 843).


L'EGLISE NOTRE-DAME DE CROAS-BATZ - LA BATAILLE DU 22 JUIN 1612

La bagarre qui éclata dans l'église et le cimetière entre des Roscovites et le chanoine Louis JACOBIN eut des suites onéreuses pour la Fabrique de l'église. Le coût de la procédure de “réconciliation” s'éleva à la somme très importante de 112 livres, 18 cous, 6 deniers. Rappelons qu'une livre valait 20 sous ou sols et le sol 12 deniers. On jugera de l'énormité de la dépense par le salaire que l'on versait alors à ces ouvriers qualifiés. Les charpentiers qui lambrissaient la voute de l’église étaient payés 10 sous par jour durant l’été de 1610, Entre mai et juin 1611, pour le même travail 45 journées d'ouvriers furent payées 23 livres (folio 83).

Nous donnons en entier le document comptable de “la bataille”. Nous respectons l'orthographe et restituons entre parenthèses les termes ou les tournures compliquées. La mise en pages ne permet pas de reproduire aisément les trois colonnes : Livres - Sols - Deniers. Nous abrègerons en “L”, “s” et “d” (folios 114 et 115).

Le compte est tenu par Laurent Syochan.

22e JUIGN (juin) 1612 (un vendredi).

En suict (voici) les frés (frais) que a payé le sieur Betran Pardeau et moy pour avoir permission de dire messes et babtiser à l'eglisse de Nre Dame de Crosbatz après la battaille de monsre Mezarzant et ses consortz constre (contre) quelques untz (uns) de Rosgoff.

Premièrement.

Nous husmes sentence (eumes la décision) pour pouvoir dire messe et babtiser dans la dicte églisse sans pouvoir ensevellir en icelle (dans l'église) ny à la simytière, où payames auox officiers comme suit :

Nous avouns heu (avons eu) auoltre sentence par cy après par lequel nous a esté permis de ensevelir les mors dans l'églisse sans permission de enterer dans la simitière et pour parvenir à la dicte sentence il a failly (fallu) faire ouir quatre auoltrés tesmoigtz et plusieurtz à la dicte sollicitation, où (à quoi) despandimes ce jour la somme de - 1 L. 5 s.

Pour avoir permisyon d'ensevelir les corps mors dans la simytière de Ntre Dame de Crosbatz payé comme en suict (comme suit) .

SOMME TOUTE (total), pour nous exprimer comme Laurent Syochan lui-même (folio 244)

Anne PENOUGNOUN (tête d'oignon) était une bonne adresse du passé ?

Que venait faire à Roscoff le chanoine Louis JACOBIN ? A supposer qu'il fût déjà à cette date archidiacre de Quéménédilly, il ne pouvait de ce fait, nous semble-t-il, intervenir à Roscoff qui était une église de l'archidiaconé de LEON. L'archidiacre de Léon était alors le recteur de Plouvorn ; son nom est orthographié clairement Yves GAT dans la sentence de 1612. Mais il est assez probable qu'il s'appelait LE GAC (bègue) si nous nous fions au relevé de l'abbé Peyron (L'évêché de St Pol de 1613 à 1651 publié en 1916).

En l'absence de toute précision sur le motif de sa présence à Roscoff ce 22 Juin 1612, on ne peut émettre que des hypothèse sur l'objet de la bagarre. Peut-être Mesarzant intervenait-il en tant que membre du chapitre cathédrale ; cet organisme était,le curé juridique de la paroisse de Saint Pol, divisée en 7 sections. L'église de Notre Dame de Croaz-Batz était le centre religieux d'une sous-section territoriale de la section paroissiale dite de TOUSSAINT. Le territoire situé à  l'ouest de la route de Roscoff à St Pol dépendait de la paroisse dite de St Pierre. Ainsi le presbytère actuel ne dépendait pas de l'église toute proche.

L'animosité entre le bourg de Rosko et la cité épiscopale a dû naître à l'époque de l'essor maritime et économique de notre port, dans la seconde moitié du 15eme siècle. Cette animosité, point encore éteinte, s'est nourrie à travers les siècles de multiples rancœurs, qui s'exprimèrent en toutes circonstances. On supportait mal ici la tutelle de Saint Pol, estimant sans doute qu'on leur suçait leurs revenus.

Un document contemporain de notre bagarre illustre bien cette constante volonté d'autonomie de notre bourg. Pascal de Kerenveyer l'a reproduit dans ses “Annales Roscovites” page 198. On tenait à établir en 1786 l'ancienneté de cette exigence d'indépendance.

“ Extrait du registre du greffe de la province et des états de Bretagne, copié par Mr Pascal de Chateaulaurent le 10 Novembre1786 sous la dictée de monsieur Turin, procureur à la Cour :

- “Sur la requête présentée à l'assemblée générale des Gens des trois états des pays et duché de Bretagne par les habitans de la ville et communauté de Saint Paul de Léon remontrant que de tous temps et ancienneté les habitans de Roscoff, bourgs de Paimpoul et de Pouldu ont été tenus et réputés comme ils sont et doivent être du corps de la communauté de Saint Paul - et néantmoins depuis peu de tems les dits habitants de Roscoff s'en seroient séparés et désunis voulant faire assemblée et communauté particulière - pourquoi ils avaient revendiqué lettres pour se trouver séparément par leurs députés et se mettre au rang et nombre des autres communautés de la province comme ils ont fait en cette assemblée générale qui donne occasion aux dits habitants de St Paul d'y apposer l'assiette des députés du dit Roscoff pour l'intérêt qu'ils y ont requérant les dits sieurs des Etats de maintenir en leurs droits et que les membres de leur corps ne soient désunis

“ Veü (vu) par-nous Yves GAT, prêtre, chanoine et grand Vicaire de Léon, la requeste (à) nous présentée par sire Laurans Syoc'han, fabrique et trésorier de l'église de Nostre Dame de Croas Batz au bourg de Rosgoff tendante à la fin de nous transporter jusques à la dicte église pour voir et informer de certains excès que l'on y avoit com­mis et au cimittière adjacent, de nous expédier le vingt et quatriesme jours du présent mois de juign et le jour d'hier (dimanche et lundi) des dicts excès y comis, conclusions du promostheur de Léon en ce jour après le tout  luy estre communiqué avant faire droict sur la PRETENDUE POLUTION tant de la dicte église que du cimitière.

Nous avons ordonné et ordonnons qu'à la diligance des dicts Syochan et promostheur chacun pour ses interestz il sera plus emplement informé dans le mois des dits excès comis tant ès la dicte église que au cimitière et cependant (pendant ce temps) avons permis et permetons de célébrer la messe et le service divin et administrer les saints sacrements ès la dicte église sans toutesfois y pouvoir faire sépulture soit es la dicte église ou au cimitière jusques à ce que aultrement soit ordonné.

Faict et arresté le vingt et sixiesme jour de juign l'an mil six centz et douze -

Ainsy signé - Y. GAT

(26 Juin 1612) - Cette pièce, pour l'instant, est au presbytère.

Rien n'est dit sur la nature de ces excès. L'expression “prétendue polution” (pollution) ne suggère en aucune façon que le vicaire général ne prenait au sérieux l'aventure survenue à son collègue JACOBIN ; au contraire, il exigeait un supplément d'enquête.

Le “sous-vicaire” qui était de service aux écritures ces années là, Françoys QUIDELLEUR, avait le sens de l'anecdote. En voici deux exemples. Dans le "Registre et cathalogue des noms et surnoms de tous ceux et celles qui ont esté fiancés et mariés au bourg de noscof1 ouvert le 25 Juin 1608, il écrit :

Pour l'an 1612.

Le 5e jour de janvier 1612 furent fiancés Jan Gouzien et Marie Boluennec, mais sur les bans vindrent (après la publication des bans vinrent) des tesmoings qui déposèrent qu'ilz estoyea parents alliés (ils étaient parents par alliance), dont passèrent oultre contre les canons et stile (? ) de la Sainte Eglise faisant célébrer une messe à Saincte Margueritte auprès du passage de la Corde (il y a toujours une chapelle sous ce vocable à la Corde), et depuis sont ensemble comme s'ilz estoyent mariés devant l’église.

Je laisse le tout au jugement de mes supérieurs."

Puis une ligne plus bas : “ Jan Jalou et Anne Berthou, tous deux de la paroisse de Plouezgat, et s'en sont allés sans me rien donner portant mon chat avecg eux. "

Les registres ne:contiennent aucune notation sur “la bataille”. Mais une irrégularité grave se révèle dans la tenue du catalogue des décès, qui ne laisse pas d'intriguer. Le 8 Novembre 1612 on enterre Jean SIOHAN “in médio navis” (au milieu de la nef) ; c'est au bas du revers du folio 2. Et l'on passe directement à janvier 1614 sur un folio numéroté 3. S'agit-il d'une négligence administrative, comme on en relève ailleurs ? Ou bien y aurait-il eu fraude ? Auront-on fait disparaître un ou plusieurs folios ? S'y trouvait-il, autour du 18 Novembre 1612, cérémonie de la réconciliation, des remarques désobligeantes pour un officiel ecclésiastique ? On ne le saura sans doute jamais.


SAINT ANTOINE DE KERAVEL

Le nom de LIORS AR JAPEL (enclos de la chapelle) nous avait permis d'établir l'existence d'une chapelle aux environs immédiats du passage à niveau de KERAVEL (numéro de mai 1972). Mais comment parvenir à confirmer cette conclusion toponymique ? A quel saint était dédié l'édifice ?

Nous avions à notre disposition une liste de 36 chapelles situées sur l'ancien territoire de Saint Pol (La Cathédrale de saint Pol et le Minihy, par l'abbé Peyron - 1901). Nous savons maintenant que cette liste est largement incomplète. Une seule des 36 chapelles en question : SAINT ENEOC, n'avait aucune indication de lieu. Etait-ce notre chapelle de Keravel ? Nous avons incliné à le penser ; un octogénaire, interrogé, nous avait assuré conserver de son enfance la sonorité SANT ENEOC, dont le nom revenait dans la conversation des hommes qui revenaient des champs de Keravel.

C'est ainsi que nous nous sommes mis à la recherche de SAINT ENEOC.

Nous avions constaté que nos anciens aimaient à se faire inhumer à l'intérieur des églises et des chapelles. Nous avons consulté alors les registres des sépultures de Roscoff au 17ème siècle. Ce fut en vain : point de Saint Eneoc sur la section territoriale de la trêve de Roscoff. Aussi bien, et nous aurions dû y penser d'emblée, KERAVEL comme toutes les terres situées à l'ouest de la route de St Pol - Roscoff dépendait de la paroisse Saint Pierre et ne relevait en aucune façon de l'église de Roscoff. Ces recherches ne furent pourtant pas inutiles. Nous avons découvert, en effet, le rôle très important tenu par les chapelles dans la célébration des fiançailles et des mariages ou “noces”.

L'idée nous est même venue d'en faire le dénombrement sur une période assez longue : 1617 - 1669.

Sur 985 actes relevés, 829 sont localisés.

On peut supposer que les 156 autres furent accomplis à l'église de Croaz Batz.


CELEBRATION DES FIANCAILLES ET DES MARIAGES

ENTRE 1617 et 1669 d'après les REGISTRES de ROSCOFF

·        Lieu - FIANCAILLES - MARIAGES - TOTAL

En outre 1 mariage en chacun des édifices suivants : Pratcuiq, St Yves (en St Pol), Santec, Saint Anthoyne de Pempoul, Baz-Paol, Kernouez et Cléder.

Nous nous sommes alors appliqué à la même recherche patiente dans les registres de mariage de Saint Pol qui ne commencent qu'en 1660. Nous avons constaté le même phénomène de dispersion des mariages.

Entre 1660 et 1670 nous avons trouvé 5 fois le nom de la chapelle.Saint Eneoc ; l'édifice était sans doute assez bien identifié. Toujours est-il que le vicaire de service n'a précisé aucune fois son implantation. Nous commencions à désespérer de nos recherches arides et éprouvantes pour la vue lorsque, enfin, au 12 Juin 1670, nous avons découvert non pas un Saint Eneoc, mais un SAINT ANTOINE, le saint protecteur des cochons.

Voici cet acte de mariage.

" Ce jour deuxième de juin l'an mil six cents soixante et dix, après que les bans ont esté publiés par trois dimanches conséqutiffs au prone de la grande messe dites dans l'eglise-de Sainct Adrien, treffve de la parroisse de St Pierre (il s'agit de la sous-section de St Pierre, celle de Santec), sans aucune empeschement canonique, Je soubsigné vicaire de la dite parroisse ay solenemen et (solennellement) conjoist (conjoint) en mariage par paroles de présent Yvon Combot fils naturel et légitime d'honorable gens Louys Combot, son père présent et de desfunte Isabelle Olichon, sa mère, Et Françoise Roignant, fille d'honorables gens Jan Roignant et d'Anne Roue, ses père et mère.., demeurans dans la dite treffve (Santec) DANS LA CHAPELLE ST ANTOINE dépendante de la maison et manoir du Serigneur K/avel, K/sangely, K/gadiou, Prathir ... après avoir préalablement reçu leur mutuel consantement au dit marige es présences de leurs parens respectifs, du Seigneur de Coatluz (bois de myrtilles), la dame de Prathir, les demoiselles ses filles et plusieurs autres paroissiens de la dite paroisse de St Pierre, j'ay donné au sudit marié selon la coustumes de l'église la Bénédiction durant le Sainct Sacrifice de la Messe célébrée dans la dicte chapelle de Sainct Antoine, du consentement de monsieur le grand vicaire (le vicaire général) les dicts jour et an que devant. " outre le vicaire Jan Caric sigent et fort bien Louys Combaut, Y Combot et Henry Ménez.

Quant à la chapelle disparue de Saint Eneoc, qui avait un cimetière, son emplacement est tout près du moulin de Kerellec, dans la direction sud-est. Nous venons de la découvrir sur un beau recueil manuscrit de toutes les terres situées dans l'ancienne paroisse “LE CRUCIFIX DES CHAMPS”.

Les archives départementales de Quimper conservent des liasses importantes d'AVEUX ou descriptions des biens du territoire de St Pol. Nous espérons bien pouvoir en extraire de nombreux et précieux renseignements sur Roscoff - liasses de TOUSSAINT et de SAINT PIERRE.

SANT ANTON, PEDIT EVIDOMP - Saint Antoine, priez pour nous !


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