La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 268 - 1972 - Septembre

- Documents de Pascal de Keranveyer sur N.D. de Croaz-Batz
- Mer inconstante
- L'orgue


AU REVOIR, MONSIEUR MESARHAT !

Nous trouverons peut-être un jour aux Archives départementales le fin mot de la “bagarre” de 1612 dont nos dernières parutions entretenaient nos lecteurs.

En fermant provisoirement ce dossier nous jetons un dernier coup d'oeil sur le registre des obsèques : durant la période où l'inhumation fut interdite dans le cimetière l'inhumation se fit dans l'église sauf pour un enfant, inhumé à Saint Nicolas et une femme, inhumée à Saint Sébastien. La rédaction latine de ce dernier décès nous paraît pleine de sous-entendus

“K/thârina Guillou, aliter TOULTORZ vitam finivit die trigesima octobris corpus cujus conditum fuit in ecclesia beati Sebastiani, quoe erat oriunda e partibus Cornubioe.”

On peut traduire : “Catherine Guillou, autrement (dite) TOULTORZ, acheva sa vie le 30 Octobre ; son corps fut enterré dans l'église de saint Sébastien ; elle était originaire de la région de CORNOUAILLE.”

Le surnom de Catherine “TROU DE TOURTE” n'a pour le moins rien de flatteur. Le sous-vicaire, Quidelleur, qui ne prend pas la peine généralement de noter le pays d'origine des défunts, a mis, nous semble-t-il, quelque complaisance à relever l'origine Cornouaillaise de sa paroissienne. Eur C'HERNEVODEZ. Une Cornouaillaise. Notre distingué latiniste s'est gardé pourtant d'écrire “Car elle était de Cornouaille”. Nous lui sommes très reconnaissants de la nuance.


RETOUR AUX FONTS BAPTISMAUX

Les fonts baptismaux furent entourés dans le passé d'un respect religieux très profond, parce que l'on y conservait l'eau baptismale et que la célébration des baptêmes s'y déroulait.

Roscoff se trouvait en défaut de respect, au sentiment de l'évêque. Les marguilliers furent priés à plusieurs reprises, d'édifier un dôme au-dessus des fonts. La mairie conserve l'acte authentique, abondamment signé de l'accord donné par les notables à un projet de construction du dôme.

Nous publions cet acte en entier. Il est singulièrement chargé de ratures (appelées cancelles) et d'interlignes. D'autre part le texte est rédigé sans ponctuation ni alinéas. Au lieu de parapher les retouches dans la marge, les signataires les authentifient dans leur relevé final. Le notaire, de K/sauson, n'eut pas lieu d'être fier de sa rédaction.

Voici cet acte en une présentation plus aérée. Le papier est au .timbre de Bretagne (1 sol).

“ Le jour septième de may mil six cent quatre-vingt-dix à l'issue de la grande messe dite et célébrée dans l'esglise de nostre damme de croas bas au port et havre de Roscoff pour les habitants du dit port tant de la paroisse de Toussaint que de st-Pierre ont esté congrégés et assemblée en la chapelle de St Union au son de la cloche, lieu accoutumée pour faire pareille congrégation et assemblée et ce à la requiete de noblegens Yves Appamon sieur du Derbès (ce nom est sans rapport avec celui de d’Herbais, plus récent dans le pays) et Jan Prigent, sieur de Lanurain, marguilliers de la dite Eglise de Croas bas où se seroi(e)nt entre autres présantés nobles gens :

et plusieurs autres en no(m)bre sufisant et represantant le corps poli(ti)que et général et maire voyx (maire = majeure - ceux dont la voix compte parce qu'ils sont les notables) au dit port de Roscoff.

Ausquels les dits marguilliers (Appamon et Jan Prigent responsables de la gestion de l'église) auroint remontre (auraient fait savoir comme un avertissement) que dans les trois dernière visite faite par Monseigneur de Léon (l'évêque) il leurs est ordoné de faire faire insessamant (incessamment, sans tarder) une dôme au dessus du fond baptismal de la dite église de croas bas et qu'il se seroint présanté Guillaume Lerell et Alein Castel charpentier maistres sculteurs au bourg de Landivizio paroisse de Guicourvest (Plougourvest) qui font offre de le faire ausy bien que UN TABERNACLE QUE LES DITS REMONTRANTS TROUVENT ESTRE NECESSAIRE AU GRAND AUTEL DE LA DITE EGLISE DE CROAS-BAS.

A quoy les dits dénomé ont doné POUVOIR et ORDRE aus dits sieurs marguillers de fairre marché avec les dits sculteurs ou autres de faire le dit dôme et tabernacle suivant les dessains représantés par les dits sieurs habitants et de toucher des margueillers desia(déjà) cité les sommes qu'ils pouroint (pourraient) avoir entre les mains apartenant à la dite Eglise prometant avoir pour agréable ce que les dits sieurs marguillers feront ce touchant.

Et ont signé devant nous notaires de la cour royale de Lesneven le dit jour et an que devant (7 mai 1690).

- “de faire le dit dôme et tabernacle” aprouvé

-          cancelle (râture) “tant ....que de saint Pierre” aprouvé

-          Interligne "maistres sculteurs" aprouvé

- Interlignes “charpantiers” (cancelle en réalité) aprouvé et réprouvé (ainsi).

-- Interligne “suivant les dessains représanté par les dits sieurs habitans, sculteurs” aprouvé cancelle “charpantiers”

qui ont aprouvé .>.

Suivent les 14 signatures des notables : elles sont d'une belle régularité.

Ce document brouillon et mal orthographié est contresigné par deux notaires “de LARDIERE et de K/sauson”, tous deux notaires royaux.

Le dôme fut-il réalisé par LEHEL Guillaume et CASTEL Alain ? On le dit généralement, sur la foi de l’acte précédent, connu dans sa transcription des ANNALES ROSCOVITES (p. 165).

Nous inclinons, nous aussi, à le croire mais nous n'en avons pas la certitude absolue. Les travaux exécutés à l'église autour des années 1690 n'ont pas été reportés sur le “grand papier des comptes”. Nous ne désesperons pas cependant de trouver le marché de ce travail ni les comptes.

Nous attachons un très grand prix à l'élucidation de ce problème, non point tant pour l'attribution du dôme que pour la brève allusion qui est faite dans l'acte précédent du TABERNACLE du maître-autel. Nous ne disposons, en effet, d'aucun document sur la construction du grand retable avec son tableau ni du retable tabernacle central.

Nous nous donnons le temps de poursuivre l'investigation des archives départementales, dans l'espoir d'y découvrir quelques documents ou du moins des indices qui éclairent quelque peu la grande énigme de notre église : le maître-autel. Lorsque nous ferons le point de nos recherches sur le sujet nous reviendrons sur ce sculpteur Guillaume LERREL connu surtout jusqu'à présent pour sa collaboration à la célèbre chaire de Saint Thégonnec (1683) et pour sa réalisation du maître autel de BODILIS. Le marché en fut passé le 8 Juillet 1695 pour le prix de 2.676 livres ; des litiges intervinrent, au cours des travaux : l'oeuvre fut réceptionnée définitivement le 7 avril 1701.

Le dôme est soutenu par huit colonnes galbées reposant sur des bases rectangulaires ; leurs chapiteaux comme ceux des colonnes de tous nos autels sont du type corinthien. L'ensemble est dans un état médiocre ; de nombreux ornements sont décollés, les moulures des bases ont disparu sur 7 piliers, donnant ainsi le sentiment que la balustrade qui entoure le monument n'est pas ajustée. On avait cru devoir ajouter à la balustrade une cloture haute faite de lances de bois. Cette surcharge, assez récente, a été supprimée il y a cinq ans environ. Le portillon d'entrée qui devait être dans le style même de la balustrade a disparu depuis longtemps sans doute.

Le monument, qui penche sérieusement, est retenu par un câble fixé au mur sud.

Au plafond du dôme plane la colombe symbolique de l’ESPRIT-SAINT “A moins de naître d'eau et d'Esprit nul ne peut entrer au royaume de Dieu” (s. Jean chap. 3 vers. 5).:

Au-dessus du dôme se dresse un ange ; il tient de la main droite, en position de repos, un bouclier, comme il est de coutume pour saint Michel. Mais il n'y a point ici de diable terrassé.


L’ORGUE

Nous avons publié l'état de nos connaissances sur notre orgue dans trois numéros du Bulletin (été 1968, Oct. 1968 et Nov. 1968). Depuis cette date nous n'avons trouvé à ajouter à ce dossier qu'un devis d'une “Grande réparation de l'orgue”, non daté, mais du 18e siècle semble-t-il. Il s'élevait à 873 livres et monta a 1.050 livres. Le devis porte la signature de frère Florentin, religieux Carme.

Les historiens trouveront ce document aux Archives départementales (233 G - 94).


L'ENTREE DE L'EGLISE

Dès la construction de l'église il fut question, nous l'avons dit, de lui adjoindre un porche sud, là où, en 1634, devait s'édifier l'actuelle chapelle aux albâtres. C’eût été de bonne tradition bretonne. Il n'est point si fréquent, en effet, que la masse des fidèles pénètre dans les églises ou les chapelles par la porte du fond. On entre plutôt par les portes latérales. Déterminés ainsi par des habitudes ancestrales nous ne pouvons imaginer des comportements plus judicieux.

Et pourtant nos églises et nos chapelles sont structurées pour que l’entrée s'y fasse par la porte du fond. Chacun, à Roscoff, peut en faire l'expérience. Une église, architecturalement; est un volume, plus ou moins réussi. L'église de Roscoff frappe le visiteur, avant tout par l'équilibre majestueux de son volume. Il va de soi que cette impression spirituelle ne se livre qu'à celui qui entre par le fond lorsque le tambour est largement ouvert, comme il l'est pour les enterrements et les mariages.

Nous sommes ici, enveloppés de paix, aspirés, attirés vers le choeur. Rien de tel ne s'accomplit en celui qui entre par les côtés, trop soucieux de rejoindre sa place pour se laisser saisir par la grâce de l'édifice sacré. Les issues latérales, qui sont une nécessité, ne sont point des “entrées”, mais des “sorties”. Aussi bien la sortie lente, par le fond, a-t-elle sa noblesse singulière.

Ces observations engagent à entrer dans nos églises, tant pour les offices que pour la visite, de préférence par la porte du fond, dans l'axe de l'édifice.

Sous le titre AN TI BIHAN “la petite maison” nous avions entretenu les lecteurs du Bulletin de ce bâtiment par lequel on entre dans l'église (n°Juin 1968). Nous parlions surtout de la chambre des délibérations, au-dessus du porche.

Depuis 1968 cette chambre a reçu une nouvelle affectation : elle abrite la chaudière à eau du chauffage de l'église. L'eau chaude circule par des canalisations à travers le clocher et alimente une batterie de radiateurs enfermée avec ses ventilateurs dans un meuble armoire réalisé à cet effet. L'installation s'est faite au cours de l'hiver 1968-1969.

Le choix de ce local pour la chaudière fut déterminé avant tout par la présence d'une cheminée dont la souche était particulièrement belle. Il n'a point fallu ainsi ; introduire une difformité sur l'édifice.

La charpente de ce petit bâtiment a été restaurée depuis la chute des arbres en son état antérieur, avec des pannes encastrées à la fois dans la façade et le clocher. Originairement il ne devait pas en être ainsi, car sur le fût du clocher fut prévu un solin de pierre sous lequel dut passer la toiture primitive.

Il fut question du grenier ou “GALATAS DE LA CHAMBRE de la Tour” lors d'une assemblée du “CORPS POLLITIQUE” de Rosgoff provoquée par le “Procureur sindicq”, honorable homme Jan Guillerm sieur de Kerdu. La réunion se tenait, comme d'habitude, en la chapelle de Monsieur Sainct Ninyan. C'était le dimanche 28 Octobre 1635.

Le syndic commença par donner communication de deux arrêts imposant deux nouvelles charges aux habitants de Rosgoff. Le premier faisait supporter à ceux-ci, à la place des “habitants de la ville de Brest, la cotisation de 50 livres tournoys” pour ayder à la réparation du pont de La Ro...atelaye et marais d'Apigné”. Nous ignorons tout de ces sites. Le deuxième arrêt condamnait les Roscovites à supporter la charge des habitants d'Audierne à la “même réparation du dit pont et marais (maretz) d'Appigné"; à savoir 100 livres.

Les Roscovites avaient trois semaines franches pour se retourner. Ils firent une supplique pour demander à la Cour d'exempter Rosgoff de ces contributions. ils faisaient valoir qu'ils n'avaient pas le droit de Communauté et qu'à ce titre ils n'avaient pas de député aux Etats de Bretagne. Ils voulaient manifestement se faire petits. Ils se disaient pauvres et en petit nombre, “la plus grande partye d'entre eux estants au service de sa Majesté en son Armée navale”, les autres montant “la guarde jour et nuict pour la conservation du port et havre” pour “empêcher l'incursion des ennemis de sa majesté”. - N'est trompé par cette argumentation que celui qui le veut bien.

L'on passa à un autre sujet : la récupération chez les particuliers des pièces concernant “les affaires publiques” et leur classement dans les archives de l'Eglise installées dans la chambre de la Tour.

Puis ce fut l'intervention de Jan Hervé, sieur de Kergo, porte-enseigne du bourg de Rosgoff. Il a eu charge d'une certaine quantité de “pouldre à canon apartenant au général d'icelluy” (sorte de conseil municipal de Rosgoff)

Il demande à être déchargé de cette marchandise dangereuse et propose de "la mettre dans le GALATAS de la chambre de la tour, lieu fort propre (bien adapté) n'estant fréquenté de personne ny de jour ny de nuict et lorsque l'occasion s'offrira pour le service du roy on y pourra trouver la dicte pouldre en toute suretté.”

L'assemblée donna son accord à la proposition. Elle décida qu'on mettrait une bonne serrure (sans doute à la chambre car le galetas n'avait pas de porte).

Ce document est conservé à la Mairie de Roscoff.


MER INCONSTANTE

Le percement de la route qui mène au PORT EN EAU PROFONDE a permis de constater la présence de galets sous la terre meuble au voisinage sud-ouest de la voie ferrée. L'hypothèse qui vient à l'esprit est que nous avons là un niveau marin ancien.

En fait, la présence de galets ou de sable dans un sol n'est pas un indice certain de l'action de là mer. L'homme peut les y avoir apportés, à dessein ou accidentellement, lors d'un amendement calcaire ou une fumure à base d'algues. Les ruisseaux aussi roulent des pierres et les transforment en galets ; mais les galets d'eau douce sont émoussés mats et ceux de la mer émoussés luisants. Il en est de même pour les grains de sable : ceux d'origine éolienne (formés par le vent) sont mats et ceux d'origine marine luisants.

Il est même possible en étudiant la forme des galets de connaître l'aspect de la côte où ils se sont formés : sur les côtes rocheuses et découpées où les vagues créent des tourbillons les galets sont bombés ; par contre, sur les côtes basses le frottement sur les plages leur donne un aspect aplati.

Il ne fait pas de doute que les galets de Penn ar Créac'h sont d'origine marine et témoignent de la présence en cet endroit d'un rivage ancien de la mer. La carte ci-après, due à monsieur Gélébart, professeur au Kreïsker à St Pol de Léon, indique la limite approximative de ce rivage. Il devait se trouver à une quinzaine de mètres au-dessus du niveau actuel. Ainsi. les agglomérations de TREFLEZ, LOCHRIST, SAINT POL, PLOUESCAT étaient tout à fait voisines de la mer. L'emplacement de la ville de Roscoff, toute la partie plane de la côte, Rosko-goz, Pratérou, l'Aber, Santec bourg, le Dossen étaient sous l'eau. Il doit être possible de trouver à flanc de coteau dans les collines, par exemple dans le petit chemin qui monte de Praterou à Kerestat d'autres galets témoins.

Les variations du niveau de la mer nous l'avions déjà vu (Bulletin Octobre 1970), sont dues aux transgressions (avancées) et aux régressions (reculs) liées aux glaciations (périodes très froides) du moins pour l'époque quaternaire, longue d'environ 2 millions d'années. Les glaciations au nombre de quatre principales ont immobilisé l'eau en la solidifiant sous forme de glace, ce qui avait pour effet d'abaisser le niveau des eaux. La fonte des glaces aux inter-glaciaires mobilisait de nouveau l'eau et le niveau de la mer s'élevait.

Le rivage qui nous intéresse est appelé niveau MONASTIRIEN ou NORMANIEN. Il s'est formé lors du réchauffement qui a suivi l'avant dernière glaciation, dite de RISS. La dernière glaciation, dite de WURM, aurait duré environ 50 000 ans, de - 100.000 à - 50.000 avant Jésus-Christ. La transgression normanienne lui est donc antérieure.

Le géographe de la 2e édition de la carte géologique de la région de Morlaix signale au niveau + 170 mètres au lieu de Quillidien au N-E de Plouigneau la présence de galets marins.

Dans un article de PENN AR BED (n° 40) monsieur Gautier, de Rennes, le relève et rapproche ce fait du gisement de galets de MENEZ-LUZ (la montagne aux myrtilles) en Telgruc, situé à la même hauteur et exploité comme carrière.

Monsieur Guilcher, dans une note publiée par la revue géographique NOROIS (n° 62, 1969) pencherait “en faveur d'un âge pliocène des formations marines de Menez-Luz”. Les cailloux roulés découverts au MENEZ-HOM, à l'altitude 180 / 200 mètres seraient du même âge. Pliocène, cela signifie ère tertiaire entre 12 et 2 millions d'années.

Il existe sur nos côtes un autre niveau, mais celui-là invisible à nos yeux, et décelé par des sondages marins réalisés essentiellement par Monsieur BOILLOT. Ces sondages révèlent la présence de fonds accidentés jusqu'à une limite de 65 mètres, auxquels fait suite un plateau calcaire uniformément plat.

Les fonds accidentés appartiennent au socle hercynien breton (ère primaire). La ligne de rupture de pente qui les sépare des fonds plats du large peut être considérée comme la limite paléogéographique (paléo = ancien) de la mer éocène, tertiaire ancien.

Enfin, la présence dans l'Aber de Roscoff de CRAIE est un témoignage de transgression crétacée (avancée de la mer et dépôt de craie à l'ère secondaire), bien qu'on ne trouve pas trace du rivage sur le littoral.

Ces quelques observations nous ont permis de constater que le niveau du rivage est instable. Il nous paraît fixe mais ces témoins que sont les galets prouvent que cette fixité n'est qu'apparente. En fait, une vie d'homme ne compte guère si on la compare à l'âge de la terre.

Sous nos yeux nous avons l'évidence de 2 niveaux anciens : le plus élevé, le niveau normanien, altitude + 20 m, coïncide avec une période chaude, fonte des glaces, avancée de la mer, qui s’était retirée jusqu'à environ le niveau - 250 m, découvrant tout le plateau continental. Ce recul fut provoqué par la glaciation dite de RISS.

La dernière grande glaciation, dite de Wurm fit reculer la mer au niveau - 90 mètres environ. Puis nouveau réchauffement, remontée des eaux : c'est la transgression FLANDRIENNE, dont le niveau le plus élevé est marqué par la plage fossile de nos côtes et dont le témoignage le plus marquant est la présence dans notre région de ces magnifiques Abers : ABER-WRACIH, ABER-BENOIT, la RADE de BREST, immense ABER, creusés par l'érosion des eaux courantes et simplement occupés par la mer.

Nicolas. JESTIN.


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