La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 280 - 1973 - Novembre

- A propos des généalogies de Pascal de Keranveyer
- Images de Roscoff
- Ar Moguerou


A PROPOS DES GENEALOGIES DE PASCAL DE KERENVEYER

Les Annales Roscovites rédigées aux dernières années de l'ancien Régime par le général Pascal de Kerenveyer ont été recopiées après 1833 par les soins de la mairie de Roscoff.

Dans la première partie de son travail notre compatriote a essayé de suivre la descendance de ceux qui furent baptisés à Roscoff à partir de 1550 ; il ne s'agit donc pas exactement de généalogies, qui se font généralement en remontant. Ce travail “généalogique” n'a pas été poursuivi jusqu'à la Révolution française.

Nous venons d'achever le dépouillement des actes de baptême de 1550 à 1648. Sachant par expérience les difficultés d'un tel relevé nous nous garderons de ridiculiser le travail de ce chercheur. Mais nous tenons à mettre les historiens de Roscoff en garde contre les reconstitutions de Pascal ; les erreurs de lecture tant sur les noms que sur les prénoms sont si nombreuses que l'on ne peut accorder aucun crédit à ce travail ; il faut tout vérifier en particulier pour le 16ème siècle.

Pascal est précieux pour la transcription qu'il a faite d'actes anciens, qu'il avait d'ailleurs classés préalablement ; ces actes authentiques ont même été conservés en liasses grâce à lui. Pour ses généalogies nous serions en mesure de nombrer ses bévues à nous en tenir seulement au 16e siècle. Cet exercice de pointage serait sans intérêt, si ce n'est peut-être de nous obliger à une nouvelle révision qui ferait apparaître nos propres fautes de lecture.

Prénom et nom de l'enfant ont été portés dans la marge du registre du 16e siècle ; dans la plupart des cas l'écriture est fin 18e siècle. Par rapprochement avec la signature de Pascal de Kerenveyer dans le registre de 1778, en vérifiant à plusieurs reprises que des erreurs marginales ont été portées dans les généalogies nous nous persuadons que ces inscriptions récentes sont de lui. Ce n'était certes pas à Pascal de toucher ainsi à des actes officiels. Ses notations, pour commodes qu'elles fussent pour son travail, restent des incorrections graves et de surcroît souvent erronées.

Donnons quelques exemples de ses bévues de lecture choisies presque au hasard sur plusieurs centaines d'erreurs patentes.

Nous n'avions trouvé aucun double prénom depuis 1550 jusqu’à 1580. Au-dessus d'un acte de baptême du 6 Janvier de cette année nous avons lu l’inscription Marie-Gabrielle JAC ; en y regardant d'un peu plus près nous avons vu qu'il s'agissait d'un garçon GABRIEL. L'acte est en latin : “ Subsignans presbyter baptizavi in ecclesia Deipare Virginis MARIE GABRIELEM filium .. Yvonis JAC CIVIS INCOLA in parochia omnium Sanctorum burgy de Rosgoff e jusque uxoris Marie CREMEUR...”

Traduisons : “ Soussignant prêtre (Yvon Morvan) j'ai baptisé dans l'église de la Mère de Dieu la Vierge MARIE GABRIEL, fïls de Yvon Jac CITOYEN HABITANT de la paroisse de Toussaint au bourg de Rosgoff et de son épouse Marie CREMEUR”.

MARIE-GABRIELLE a été enregistrée dans la généalogie des JAC par Pascal, Mais une autre bévue plus incroyable a encore été faite sur le dos de la “fille”. Kerenveyer lui donne pour mère Anne Le Jeune !!! CIVIS (citoyen) est devenu Anne et INCOLA (habitant) est devenu JUVENIS ou LE JEUNE.

GABRIEL avait de nombreux frères et soeurs !!

Il y a plusieurs cas de.jumeaux au 16e siècle: Nous les signalerons une autre fois. Le plus souvent Kerenveyer ne s'en est pas rendu compte ; il oublie l'un des enfants ou il lui donne un père de son invention.

Le 15 Février 1563 est baptisée Jehanne fille de Vincent PUIL e t Jehanne en Born -- Le même jour fut baptisé Yvon “fils” des susdits époux”. Kerenveyer a compris Yves GUEGUEN ; le latin “CONJUGUM” (époux) est devenu GUEGUEN. Il fut impossible évidemment de caser ce GUEGUEN dans une généalogie de ce nom ; celle-ci ne commence qu'en 1564.

D'autre part nous relevons ici une erreur assez fréquente de Pascal qui est de rattacher au nom du père la conjonction de coordination ET : "Jehanne., fille ... de Vincent PUILL et Jehanne en Born” est devenu : “fille de Vincent PUILLET, Jehanne en Born”. Ainsi il n'y a pas de famille PUIL chez Pascal, ni d’ailleurs de généalogie PUILLET.

Parfois c'est le prêtre lui même qui fait les frais de l' opération, le 6 Août 1556, Yvon MORVAN baptise Marie, fille d’Yvon FAUVEUR ( ou FAUNEUR ou FANNEUR, U,V et N étant identiques dans ces vieilles écritures) ; il est probable que c'est le même qui est écrit ailleurs FAVEUR (aujourd’hui FAVER). Par la grâce de Kerenveyer, Marie est devenue Yvonne Morvan. Et c'est ainsi qu’ Yvon MORVAN (prêtre) ouvre la 4ème généalogie de 1556, celle des “ Morvan, Morizur, Morice, Maurice”, comme époux de Marguerite an C0AT et père d' Yvonne : “1er – Yves Morvan épousa Marguerite LE COAT étant Yvonne 1556”

Les prénoms de cette époque sont en valse perpétuelle. Dans la majorité des cas les Françoise devienne des François (ainsi 25 Septembre, 4 octobre, 5 octobre, 22 novembre 1561, etc...) JOEVINE PARADIS devient un garçon JEAN (20 mars 1562). Jean BROLAUDY est changé en JEANNE (21 décembre 1566)..,

Une fille non prénommée passe dans la généalogie sous le nom de son père Yves PAUL (18 mai 1566). La même année le 2 Juin GUILLAUME GUERVEUR, et AD(E)NORE GUERCH font baptiser une fille ; le prêtre oublie d'inscrire le nom de la fille. Pascal y supplée deux cents ans plus tard : il l'appelle GUILLAUME (GUILLEMETTE dans les généalogies) QUERNEAU. Au 16e siècle on trouve bien des K/eau ; or le nom GUERVEUR est écrit comme GUILLERM, Les GUERMEUR (V est une mutation de M) ont ainsi été chassés de Roscoff pour être absorbés par les KERNEAU.

L'auteur des généalogies invente une famille GUILLART (3 mars.1566) aux dépens d'une famille AN BYLLANT, variante probable de BIHAN (petit), Que d'autres exemples !

Notre courageux érudit n'a pas été très chanceux,

On est même désolé d'être obligé de signaler l'inconsistance de son travail généalogique. Il était manifestement ravi de lire PASCAL comme prénom d'enfant en mai 1561, Il s'agissait de PASCHASE BOUGAY..

Il suffit !

YANN F.


 IMAGES DE ROSCOFF

1ère page

François QUIDELLEUR fut le prêtre responsable de Roscoff entre 1608 et 1617, Son titre officiel était SOUS-VICAIRE ou SOUS-CURE, le terme de CURE désignant en nos régions jusqu'à la Révolution française le VICAIRE. Les chefs de paroisse étaient des RECTEURS. Roscoff n'étant devenue paroisse qu’après la Révolution n'eut auparavant aucun RECTEUR.

Le terme actuel de CURE est appliqué depuis le CONCORDAT (1802) aux recteurs des paroisses-cantons.

En breton le VICAIRE se dit KURE, le RECTEUR PERSOUN et le CURE (DOYEN) PERSOUN KANTOUN

On remarquera l'écriture du nom de CHRISTOPHE (XP Ofle). Comme pour XPIEN le pappe (2e page) l'abréviation XP représente CHRIST ; il s'agit de 2 lettres grecques X = CH et P= R, les deux premières lettres du nom de CHRIST. Il n'est pas sûr du tout qu'à cette époque l’origine grecque de cette abréviation fût connue des rédacteurs. On ne savait plus depuis longtemps que le sigle IHS si répandu dans nos églises était constitué par les 3 premières lettres du nom de JESUS en grec : IESOUS (.E s'écrivait H en grec). A cette époque on.comprenait I (Jesus) H (des hommes) S (sauveur) en latin.

On notera aussi les signatures graphiques qui sont des marques de marchands ; nous en avons déjà publié deux tirées des cheminées roscovites. L'ancre qui pointe vers le haut se retrouve dans cette position en même temps qu'un autre blason marchand sur un linteau de fenêtre de la rue Albert de Mun (Mr et Mme Lindivat ). Ces signatures proviennent des registres de baptême.

2e page

Les premiers actes de décès de Roscoff sont de 1512.

Le 23 Décembre 1615 meurt François RIOU surnommé (en latin), “PRAESENS FU”. Qu'avait-il pu faire pour attraper le surnom de "Présent (je) FUS” ?

Roscoff fut la chose des marchands jusqu'au début du 18e siècle. Peu à peu la paysannerie affermira son rôle. Les signatures qui terminent la 2e page, hésitantes ou appliquées comme des écritures d'enfants, sont des témoignages émouvants de montée de la classe


AR MOGUEROU

La première attestation écrite du nom du TERROIR de MOGEROU se trouve dans le partage déjà cité, des biens de JAN DENYS, en date du 14 novembre 1470 ( 5G-300 n°1). La part ou “lothie” de Marie, la plus jeune des 7 mentionne (p. 17) :

“Au terrouer de MOUGUROU quatre penguen de terre ou envyron sittx entre la terre aux enffans Pierres PERROT d'ung costé et la terre Yvon Michel an Bagadeuc d'aultre.”

Ce document réclame des éclaircissements: Il s'agit d'abord dune “coppye” notarié signée K/sausen. Cette signature de notaire se voit sur des actes authentiques et des parchemins en 1575. La “coppye” a été vérifiée ou “collationnée” sur l’original, mais l'on doit réserver la possibilité de variantes orthographiques, qui seraient le fait du copiste. Ainsi le prénom orthographié JAN s' écrivait plutôt JEHAN en 1470 et même en 1560. On peut hésiter entre MOU et MAUGUEROU, le copiste écrivant “Au terrouer” "ou “terrouer” : Le document portait très probablement MOGUEROU.

On aura noté le “S” final du prénom PIERRES ; cette écriture est constantes dans les registres du 16e siècle, comme dans les aveux du même temps. On écrivait aussi PHILIPPES pour un garçon: Aujourd'hui encore on écrit JACQUES ou GILLES avec un S, en référence à l'origine latine de ces prénoms : JACOBUS.

Peut-être aura-t-on lu comme un double prénom Yvon Michel du genre des prénoms d'aujourd'hui : Jean-Yves. Ce serait faire erreur. Nous avons entrepris le dépouillement systématique des registres des baptêmes, mariages et décès à Roscoff. Or de 1550 à 1648, année où nous sommes parvenu pour les baptêmes, nous n'avons trouvé aucun double prénom, ni pour les enfants, ni pour les parents, ni pour les parrains et marraines, ni pour les prêtres qui baptisent. Nous chercherons à préciser à quelle époque et sous quelles influences s'est introduite à Roscoff la mode des prénoms multiples.

Dans le cas présent, il faut lire Yvon(et) Michel LE LAGADEC, étymologiquement “aux gros yeux, exorbités”.

Il est difficile de préciser la superficie d'un “sillon” ou penguen. D'après la codification des usages bretons (1958) le “sillon” à Ouessant et à Molène représenterait 183 m².

Le document néglige de donner la paroisse, St Pierre ou Toussaints, où est implanté ce MOGUEROU. Les toponymes (noms de lieux; se rencontrent identiques à peu de distance les uns des autres. Ainsi il existe encore aujourd'hui à Roscoff 3 VENNEC. Il y a un PONTIGOU en Toussaints (Roscoff ) et un autre à St Pierre (Santec ), Nous avons relevé les 7 attestations de MOGUEROU dans l’INVENTAIRE DES AVEUX de St Pierre (arch, dép. 5G, 9*). Il s'agit bien dans tous les cas, nous semble-t-il, de notre MOGUEROU (de Toussaints)

La parcelle ou TACHENN échue à Marie DENYS, femme de Guillaume RYVOAL n'a pas de clôture; elle est bornée par d'autres parcelles, Nous retrouvons ici, dans les MOGUEROU, le “paysage agraire” connu sous le nom de MECHOU. Nous avons préparé une étude sur cette technique foncière, largement en usage encore sur notre côte. Cette observation à elle seule n'établit pas que la construction des immenses clôtures maçonnées des jardins soit postérieure à 1470. La chose est vraie d'une bonne partie de ces murs, car bien des maisons correspondantes sont du 16e siècle.

La documentation écrite sur l'acquisition première des terres riveraines de la mer au 16e siècle est assez abondante. Nous nous sommes constitué un copieux dossier sur ce sujet ; son exploitation est assez délicate. L'observation de certains éléments architecturaux, les cheminées particulièrement permet de trancher parfois la question des dates, Les façades ont été, elles, si trafiquées qu'il est bon de ne pas s'y fier.

Cependant nous ne sommes pas en mesure pour l'instant de dresser un état des emplacements construits vers 1400 sur la périphérie de notre MOGUEROU, Par contre nous devons considérer comme assurées les dénominations des terroirs qui ceinturaient AR MOGUEROU et cela au 15e siècle au moins. Le bord de mer auprès de l'église, avant la construction de celle-ci, s'appelait TEVENN CROAS-BAZ (du nom d'une croix qui s'y trouvait) ; l'église fut bâtie apparemment sur ce TEVENN d’où son nom de CROAS-BAZ. Les terres non sablonneuses au sud et à l'ouest de l'emplacement de la future église formaient le “TERROUER DE CROAS-BAZ”. Il n'est pas possible de le délimiter exactement ; nous avons le sentiment que vers le sud, le terroir allait au-delà de l'hôtel d'Angleterre et comprenait les terres sur lesquelles se construisirent maisons et jardins de la “RUE des PERLES” (qui n'avait encore aucun nom au 16e siècle finissant).

En suivant la route de St Pol on rencontrait alors vers le sud le Village de K/dalaez (nom corrompu en GARDALEAS) qui prenait les deux côtés de la route depuis la rue du général Le FLO jusqu'à Saint Nicolas ; c'est un très vieux quartier dont plusieurs maisons sont du 15e siècle. En contournant vers la rue Brizeux on passait par le village de GOAZ-PRAT (ruisseau de la prairie), plus clairsemé ; plus loin on rejoignait le VILLAGE du RAZ. Avec la rue Jules Ferry on se trouvait sur le TERROIR AN GUELLEN qui prenait une partie de la rue Gambetta. La place auprès de la Boulangerie CABIOCH avec ses 2 portes cochères portait le nom de COZ TY AN BARQUET (La vieille Maison au sens péjoratif de MASURE). Les vieilles maisons qui viennent de disparaître dans la percée de la rue des Johnnies étaient de ce temps.

En redescendant vers l'emplacement de l'église on traversait un quartier dont les maisons, construites côté terre seulement, se situaient avant 1550 “Près de la chapelle de Monseigneur Sainct STRIGNON.

De cette description se dégage le sentiment que AR MOGUEROU du 15e siècle était un terroir précis et assez restreint, desservi par trois chemins dénommés aujourd'hui RUE des MOGUEROU, rue Yan d'Argent et rue Général LE FLO. Nous donnerons plus bas les noms portés par ces chemins du 16e siècle et la fonction qu'ils remplissaient alors.

A notre avis, AR MOGUEROU désignait les terres sises à l'ouest de la rue Ollivier Henry (qui prolonge la rue Yann d'Argent. Nous rejoignons ainsi le sentiment des Roscovites chevronnés, La première maison bâtie dans ce MOGUEROU depuis plus de 5 siècles a été celle qu'habite Monsieur et Madame François GUIVARC'H (en 1912), précisément dans PARK AR MOGUEROU.

Nous ne pouvons remonter au-delà de 1470 dans notre recherche documentaire, Mais il est légitime de donner à la plupart des toponymes usités en 1470 à Roscoff une origine bien plus ancienne, antérieure à l'implantation du port, plus ancienne peut-être que KERDALAEZ. Aussi, comme nous l'écrivions précédemment, AR MOGUEROU se référait à des ruines antiques et non aux purs des jardins, ni des champs. Chacun donnera libre cours à son imagination pour trouver l’emplacement de ces ruines ; l’étrange champs triangulaire cerné de chemins ... Pourquoi n’imaginerait t’on pas non plus Astérix au Moguerou ?

Il y a tout lieu de penser aussi que de tous les toponymes que nous énumérions autour de MOGUEROU, c'est celui-ci qui porte le mieux une marque d'ancienneté. SAINT STRIGNON nous semble dater des dernières années du 15e siècle. Le terme AR GUELLEN s'appliquait à un coin de grève qui retenait l'eau, antérieurement à son emploi, pour désigner le village qui s'est construit sur les abords au 14e siècle ou avant. C'est ce terroir, devenu le QUELEN, qui fut le berceau du Roscoff d'aujourd'hui, le premier BOURG.

La dénomination TERROIR de CROAS-BAZ est due à l'érection d'une croix en bout de la route qui menait de St Pol vers l'île de Batz et conduisait aussi aux grèves, Nous n'avons pas appris à réfléchir à l'origine de nos routes. Le tracé même de la N.169 aboutissant au haut de la place de l'Eglise et non pas à ROSKO-GOZ, ni au PORT; ce tracé établit nettement que cette route n'eut, dans le haut moyen-âge aucun rapport avec ce que nous appelons ROSCOFF. C'était un  chemin vers l'île. Aussi le nom de CROAS-BATZ est il particulièrement heureux, La desserte du bourg (tardif) de Roscoff et des divers villages se fit par des routes tranchées sur le vieil axe sud-nord. On notera cependant que cette route passait à toucher AR MOGUEROU.

Il est difficile de donner une date même approximative pour les premières érections de croix aux carrefours de nos routes, Des spécialistes des manuscrits du haut moyen-âge pourraient peut-être nous éclairer, Quoi qu'il en soit, MOGUEROU nous paraît être plus ancien largement que le toponyme CROAS-BATZ.

Nous n'avancerons aucune date sur l'établissement dont les ruines auraient valu au terroir le nom de AR MOGUEROU, les RUINES. En d'autres lieux, nous l'avons vu, ce toponyme est référé à des établissements gallo-romains (4e siècle). Encore moins chercherons nous à. émettre la moindre hypothèse sur les causes possibles du sinistre.

Pour terminer cette note sur AR MOGUEROU nous donnons les dénominations des chemins qui traversent le terroir d'après les documents anciens.

Dans le numéro précédent nous faisions état de l'AVEU de Jehan CABON en date du 28 Novembre 1560 (l'année avait été oubliée) ; il s'agit d'une “place et pièce de terre au terrouer de CROIX-BATZ vis à vis à la maison de Jehan CABON sur le chemyn conduisant de la chappelle monsieur Sainct STRIGN0N au terrouer AN MOGUEROU et à la rue du K/dalahez." Il s'agit de la rue Armand Rousseau, du chemin qui pénètre dans le MOGUEROU et de la venelle qui aboutit à la Rue du Kerdalahez (Albert de Mun) contre l'étude du notaire. (5G. 329 n° 33). Ce document conserve une écriture rare à cette époque : "SEXANTE" au lieu de SOIXANTE, plus courant.

Le chemin que suivent les rues Yan d'Argent, Henri OLLIVIER et les 3 FRERES DARIDON, porte dans un aveu du 10 Août 1641 la dénomination de “CHEMIN menant par le MOGUEROU de COZ TI BARQUET à la GRANDE FONTAINE (Arch. 5G. 333 n° 122).

Cette mère nourricière des Roscovites est appelée ailleurs “FONTAINE du GOAZ PRAT”. Nous la sortirons d'oubli.

Par ces dernières considérations nous voulions suggérer aux lecteurs les découvertes que l'on peut faire à réfléchir sur le tracé des chemins et sur la fonction qu'ils ont remplies aux diverses époques de leur histoire. Un dernier exemple pourra éveiller la curiosité – “le chemin menant du bourg de ROSCOFF au bourg de PEN POUL”. Le jour où l'essence viendrait à manquer le dimanche, on pourra organiser un rallye pédestre pour en retrouver le tracé. Disons que ce chemin n'a rien à voir avec le N.169. Aux lecteurs de chercher eux aussi.


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