La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 285 - 1974 - Mars

- Le chateau de Landivinec
- Marie Stuart et Roscoff


LE CHÂTEAU DE LANDIVINEC

Roscoff - Landivinec

Autres photos

Au moment où le château de LANDIVINEC est livré à la démolition et où le terroir va disparaître à son tour pour combler de ses roches l'anse de PORZ HOLLENNEK, nous voudrions compléter ce que nous avons écrit sur le sens du terme de LANDIVINEC en parlant du château lui-même.

Les matrices cadastrales de Roscoff font passer en 1885 les landes de ce terroir des mains de “Monsieur Jérôme Salaün; ancien notaire, rue des Poissonniers (depuis Jules Ferry)” aux mains de Monsieur Camille THIRION de Versailles (folio 739). La propriété passera en 1910 sur le compte de la “Société civile immobilière et rurale, 86 rue de Lionceau, Paris”.

Dans une brochure de 52 pages – “UN COIN DE BRETAGNE – ROSCOFF”, écrite en 1888, Louis PAGNERRE nous apprend : “Au sud de la pointe de Sainte Barbe, M. Thirion vient de faire construire, sur les plans de monsieur Thomas, le château de LANDIVINEC” (p. 11). Cette grande demeure cossue, sans beauté véritable, fut construite avec un très grand soin et sans souci apparent de la dépense. C'est ainsi par exemple que les solives sont surabondantes, elles soutiennent le plancher au-dessus et les lattes plâtrées en-dessous ; mais, en outre, tout l'intervalle entre solives (33 cm) est comblé sur une hauteur de 8 à 10 centimètres par un lit continu de planchettes enrobées de foin et d'argile, reposant de part et d'autre sur des planchettes étroites pointées contre les solives et faisant l'office de feuillures.

Par des témoignages de Roscovites nous savions que l'architecte de Landivinec était Monsieur Thomas (Albert) de Paris. Celui-ci se construisit pour lui-même la villa LOUNG-AVEL, sur. un terrain acquis en 1880. Ce monsieur a droit à son folio sur les matrices cadastrales (folio  1296).

La page des folios 1295-1296 a la caractéristique d'avoir été ajoutée au registre. .Alors que partout ailleurs la contenance est exprimée en hectares, ares, centiares, sur cette page on lit arp. p. m. Il s'agit d'un vieil imprimé. L'arpent est.une ancienne mesure agraire valant de 20 à 50 ares selon les régions ; l'arpent faisait 100 perches ; nous ne voyons pas ce que représente ici m.

En 1888, la villa de monsieur Thomas est l'unique construction sur la grève (Pagnerre p. 11). On dit parfois que Tristan-Corbière se retirait à Loung Avel lorsque sa famille venait à Roscoff. C'est oublier la chronologie : Corbière est mort en 1875. La famille Vacher Corbière deviendra propriétaire de LOUNG-AVEL en 1804 (matrices cadastrales).

LOUNK (ou LONK )-AVEL signifie : qui engloutit, qui avale le vent”; Un trou de vent.


MARIE STUART ET ROSCOFF

CHAPITRE 1 er - LE VOYAGE DE MARIE STUART EN FRANCE

Catherine de Médicis exprima son opinion sur la jeune reine dans une lettre autographe à la douairière, qu'elle estimait merveilleusement comblée d'avoir une telle fille, si belle, si sage et parfaite. Elle-même n'avait pas moins de chance car elle pense que Marie sera le soutien de sa vieillesse (36). Une, autre fois, Catherine fit remarquer “notre.petite reine écossaise n'aurait qu'à sourire pour faire tourner toutes les têtes françaises” ; et Herrera (1586) soutient.qu'elle reçut Marie comme une fille. M. la Ferrière décrit l'antagonisme qui opposera plus tard Catherine et Marie Stuart à Diane de Poitiers, .qui avait appris à Marie que, sa belle-mère était la fille d’un marchand, Mais il est bon de rappeler que cette phrase .célèbre était attribuée à Anne, duc de Montmorency, par un observateur contemporain d'une haute intelligence, Jean Michiel, l'ambassadeur de Venise en France (37)

Après un séjour de treize ans en France, qui fut la période la plus heureuse de sa vie, Marie retourna en son pays natal occuper une situation devenue impossible dans l'intervalle.

La tragédie de sa vie commença à ce moment ; mais l'attitude de l'enfant durant la tempête que raconte DE BREZE laissait présager l'image de la femme. Son grand caractère et son courage ne l’ont jamais abandonnée. Sa personnalité, pleine d'attraits, qui avait charmé les courtisans d'Henry II, continue, après des siècles, à rayonner son charme sur les peuples d'Europe occidentale.

William MOIR BRYCE

(36) - .Lord Balcarres's Collections'- 1839 p. 22

(37) - Relations des ambass. Vénitiens 1.434 – “Chiumandola figliuola d'un mercanta, ed essa l’aveva saputoa''

 

EXTRAITS DE DOCUMENTS ci-contre :

Haut de la page : “Francoys Marie” : décalque acte de mariage, - “Henry” et petits caractères : lettre du Roi à Mr de Humière.

Bas de page : extraits lettre de De Breze du 18 Août 1548

L'auteur de la précédente étude, William MOIR BRYCE, a commis une erreur en situant le débarquement de la jeune reine au port de Saint Pol ou PENNPOULL. Jamais en ce pays, les habitants de la ville de Saint Pol ne se sont prévalus d'un débarquement au “bourg” de Penn-Poull. Roscoff a joui de la possession tranquille de cet.évènement. L'on connait pourtant la vieille animosité de la cité épiscopale et du “bourg” de Roscoff, qui faisait alors partie du territoire de saint Pol.

Aussi bien ne s'agit-il pas ici d'opposer une argumentation à une autre, fût-elle aussi fragile que celle de l'auteur. Nous disposons de deux documents qui fondent clairement la tradition “roscovite”, la lettre du roi Henry citée par l'auteur et une lettre de DE BREZE dont l'auteur n'a pas eu connaissance ou qu'il n'a pas su exploiter.

Nous publions ces deux textes dans leur intégralité en nous servant de photocopies reçues de la Bibliothèque nationale. Nous respecterons l'écriture et ajouterons entre parenthèses l'orthographe actuelle quand cela nous paraîtra utile.

Nous commençons par la lettre du roi HENRY II, rédigée par un secrétaire et signée du roi lui-même. Voici les références : Bibliothèque nationale - manuscrits français 3134 - folio 12 recto (la lettre.), verso (adresse). (33 x 21cm).

Le destinataire est ainsi présenté (verso) :

“ A mon cousin le Sr (sieur) De HUMYERES chlr (chevalier) de mon ordre, conseiller en mon conseil privé (Et gouverneur de mon filz le daulphin”

La seule “ponctuation” qui apparaisse dans le texte est ( qui semble faire office de point. Aucune accentuation n'est visible. Nos lecteurs se retrouveront sans trop de peine dans cette orthographe phonétique.

Une deuxième signature authentifie la lettre

JAUSSE : on peut hésiter sur J. Cette signature se retrouve dans l'acte de mariage de Marie et de Françoys (Marie Stuart par Paule Henry Bordeaux p.75)

“ Mon cousin jay eu certaines nouvelles de larrivee en bonne santé de ma fille la royne descosse au havre de roscou (U=V) pres leons (St Pol de Léon) en mon duché de bretaigne qui ma este tel plaisir que povez penser ( Et croiez mon cousin quil ne ma este moindre avoir veu (vu) par voz lettres de XIme de ce mois que je receuz (reçus) hier que tous mes enfans se portent bien ( De quoy je loue dieu ( Et quant a ce que demandez quel rang je veulx que tieigne ma dicte fille la royne descosse je vous advise que jentendz quelle marche devant ma fille car le mariaige démon filz et delle est arreste et conclud ( Et sans cella elle est royne couronne et comme telle je veulx quelle soit honnoree et servye)

“ Au demeurant mon cousin vous ne vous mettrez en peine denvoier votre manteau et habillement de lordre ( Ni aussi denvoier autre a ceste St Michel pour vous a Lyon ( Avant laquelle feste jespere arriver en la dicte ville ( Ce pendant je acheveray de visiter mes places fortes de ce pais ou ma este faict tant dhonneur et bon recueil que jay grande occasion de men contenter ( Et non moins du bon estat auquel jay trouve ma gendarmerie et les bandes de chevaulx legiers et gens de pied que jay par deca Lesquelles il faict merveilleusement bon veoir (voir)  ( Qui est ce que je vous diray pour le present apres avoir prie dieu Mon cousin quil vous aict en sa sainte garde ( Escript a Thurin le XXIIIIme de aoust 1548 )

HENRY - JAUSSE

Ce document, à lui seul, établit avec toute la clarté souhaitable que le débarquement de la reine d'Ecosse eut lieu à ROSCOV, sur le territoire de Saint Pol de Léon. Notre port, à l'époque, jouissait déjà d'une grande notoriété européenne, qui éclipsait largement la ville épiscopale. Le bourg de ces honorables marchands ne supportait pas d'être réduit au rang des autres bourgs du territoire de Saint Pol ou Minihy (Asile) : Penn Poull, Pouldu, Mien-Roignant (en Santec). Un siècle plus tard nous trouvons sous la plume de messire Yves Simon la dénomination "LE BOURG RELEVE DE ROSGOF" (baptême de Janne Moal 12 Avril 1652). Le même, récemment promu "curé" (sous-vicaire) rédige ainsi l'acte de baptême de Janne Perrin (23 Mars 1656) “a este baptisée par moy soubzsignant messire Yves SIMON pbre (prestre) curé du BOURG RELEVE de Rosgof”. C'était ne point connaître la géographie et l'histoire de ce pays de St Pol que d'opposer la lettre de DE BREZE citée plus haut (n° précédent page 12), écrite de St Pol de Léon le 18 Août 1548 à la lettre du roi : “Nous avons débarqué, ici, à St Pol de Léon, le 15ème du mois d’août” se concilie parfaitement avec “L'arrivée au havre de ROSCOV”, car ROSCOV était l'un des trois ports de SAINT POL. Les autres moins florissants étant PENN-POULL et POULDU.

Rendant compte de l'article de Bryce dans les annales de Bretagne (1907-1908) p. 150, l'archiviste du Finistère H. Bourde de la Rogerie expliquait ainsi que De Brezé ait tu le nom de Roscoff “Nous croyons que la mention du nom de St Pol s'explique par l'état de Roscoff qui n'était encore à cette époque qu'un hameau insignifiant de la paroisse ou minihy de St Pol. Plutôt que de parler d'un hâvre encore inconnu en Ecosse, Brézé aura cité St Pol de Léon, ville épiscopale, dont le nom moins obscur était connu de Marie de Lorraine”. Nous récusons tout à fait l'épithète “insignifiant” ; monsieur l'archiviste a fait là une erreur assez grossière.

La lettre de DE BREZE à la reine Mère d'Ecosse laisse entendre que la fillette et sa suite étaient hébergées dans la ville épiscopale et cela dès le débarquement le 15 août jusqu'au départ par la route pour Morlaix, soit quatre ou cinq jours. La cité épiscopale était seule à disposer d'un hébergement qui convînt à cette compagnie princière. Nous le verrons dans notre 3e chapitre, le Roscoff de 1545 n'avait que des “hôtels” ou demeures modestes, les “belles maisons” sont postérieures à 1548.

“ Une autre lettre de DE BREZE établit d'ailleurs que le débarquement eut lieu à Roscoff. Il s'agit d'une lettre à François de GUISE, duc d'Aumale, écrite de Roscoff le 18 Août 1548 (Bibliothèque Nationale, manuscrits français 20457, folio 121). La voici transcrite à partir de la photocopie que nous en avons (format 21x33cm),

“ Monseigneur estant les galleres arryvees en ce lieu de ROSSECOU (U = V) je nay vollu (voulu) faillir troys ou quatre jours apres la descente de la petite Royne descosse les envoyer à ROUEN pour actendre lé commendement du Roy de ce quil luy plaira quilz facent et a este par le conseil du seigneur de Villegaignon Lequel sen va devers le Roy ayant aussy bien faict son debvoir et aussi saigement que leussiez sceu desirer Vous asseurant Monseigneur que de ce que jen puys congnoistre (connaître) il ne manquera rien de sa part quant a la charge quil a pleu (plu) au Roy luy donner Ne me voullant oblyer Monseigneur de vous advertir que sy le Roy laissoit quelques forces en escosse que la ROYNE lauroit fort aggreable Laquelle ma commande le faire entendre au Roy Qui sera lendroict ou vous presenteray mes tres humbles recommandations bien humblement à Votre bonne grace suppliant nostre Seigneur Monseigneur vous donner aultant dheur et de contentement que je vous en ay toute ma Vye desire (désiré) et desire.

De ROSSCEGOUF ce XVIIIme Aougst 1548

(en bas de page) .

Vre (Votre) très humble et a jamays tres obéissant affectionne fidelle serviteur - BREZE

Ainsi c’est bien à Roscoff que Marie Stuart a touché le sol de France.

Mais sur ce fait historique s'est greffée toute une “tradition” qu'il nous faut élucider maintenant.

 

CHAPITRE II.- LA LEGENDE ROSCOVITE DE MARIE STUART

Il n'y a point si longtemps encore les Roscovites pensaient que la jeune reine, sautant du bateau, avait escaladé la falaise rocheuse et posé le pied précisément à l'endroit où, en reconnaissance de la réussite de la traversée on (qui ?) aurait édifié la chapelle commémorative de saint Ninian. Aujourd'hui encore bien des Roscovites se souviennent d'une pierre de la grève en cet endroit qui portait l'empreinte.du pied de la fillette, malicieusement nous avons demandé qu'elles en étaient les dimensions.

Tout ceci n'est qu'un tissu d'invraisemblances pour ne rien dire d'autre de la fameuse empreinte.

Et d'abord la chapelIe. Dans sa brochure “Vieilles pierres bretonnes” (1920) monsieur Waquet lui consacre une ligne : elle serait du début du 16e siècle. Nous pensons qu'elle est antérieure au porche de l'église et nous en ferions une chapelle de la fin du 15e siècle ; la porte, qui est conservée, a deux chapiteaux sur colonnettes. Le style n'est pas une caractéristique assez sûre pour établir une datation précise en cette fin de l'âge gothique. Aussi bien rien n'est sûr comme le document.écrit. Or c'est le cas pour saint Ninien.

Monsieur Bourde de la Rogérie archiviste départemental de 1897 à 1912 signalait dans le “BULLETIN DE LA SOCIETE ARCHEOLOGIQUE DU FINISTERE”, 1911 page XXXIV, l'existence aux archives départementales de deux actes datés du 21 janvier 1538 (ancien style ,1539 nouveau style) qui mentionnent une assemblée du chapitre de St Pol de Léon tenue “en la chapelle de monsieur Sainct Strignon, au bourg de Roscoff”. La chapelle existait donc plusieurs années avant l'arrivée de Marie Stuart à Roscoff (20 août 1548)”. On corrigera l'erreur de date (15 août). L'auteur donnait comme référence le carton G.113; depuis cette époque le classement des archives a été remanié et après des heures de recherche nous ne sommes pas parvenu à retrouver ces documents... Volontiers nous faisons confiance à Bourde de la Rogerie et retenons comme acquise l'antériorité de la chapelle par rapport .au débarquement.

Il y a quelque vraisemblance que la jeune reine, d'éducation catholique, ait été conduite jusqu'à cette .chapelle pour y rendre grâce à Dieu de l'heureuse traversée. L'église de Notre Dame de Croaz Batz n'était point encore livrée au culte, nous semble-t-il.

Très tôt le souvenir de Marie Stuart s'est attaché à cette chapelle. Albert LE GRAND s'en fait l'écho en 1634. “L'an 1548, très noble et très illustre Princesse Marie Stuart Reyne d'Ecosse fonda la chapelle de Saint Ninien (en Breton. ils l'appellent SANT DREIGNON) en l'endroit mesme où elle descendit du Navire, au Bourg de Roscow, lorsqu'elle vint espouser le Roy Tres-chrétien François II" (LES VIES DES SAINTS de la Bretagne Armorinue - édition des 3 chanoines 1901 page 2.46*).

Pascal de Kerenveyer, dans ses Annales Roscovites, vers 1780, se retranche derrière l'autorité d'un historien : “D'Argentré prétend qu'à cette époque Marie Stuart reine d'Ecosse venant en France pour épouser le prince François dit second du nom lorsqu'il fut Roy, débarqua à Roscoff et fit bâtir sur le lieu où elle mit pied à terre une chapelle sous l'invocation de saint Ninien; en effet, cette chapelle existe encore aujourd'hui.”. Quoi d'étonnant dès lors, que l'on ait fait de saint Ninien un Écossais ?

Sur la foi en cette origine commémorative de la chapelle certaines personnes dont Pol de Courcy, se sont acharnées au cours du 19e siècle à sauver les ruines de l'édifice. Nous avons raconté longuement dans les numéros 228 à 231 du Bulletin paroissial la construction de la salle d'Asile (on dit aujourd'hui ECOLE MATERNELLE). Le projet initial (1873) envisageait son implantation précisément sur l'emplacement des ruines et un terrain contiguë ; le tout faisait 333 mètres carrés. En 1875 la municipalité, le ministre, les autorités de tutelle et le clergé d'un commun accord étaient décidés à cette opération, les seules difficultés soulevées étaient seulement d'ordre financer ou technique.

On s'apprêtait à ouvrir le chantier lorsqu'un mouvement d'opinion, auquel les Anglais apportèrent leur appui se leva contre la destruction des ruines. Une souscription fut ouverte pour acheter un terrain ailleurs et y édifier la salle d'Asile. La souscription atteignit la somme de 13,190 fr. Les souscripteurs furent surtout les notables du pays mais le don exceptionnel fut le fait d'un Stuart, le marquis de BUTE qui offrit 4.000 fr. Le don local le plus important fut versé par l'hospice de Roscoff : 1.000 fr. On notera aussi le don de 50 fr offert par le peintre tchèque Jaroslaw CERMAK.

En 1932 les ruines de St Ninien disparurent dans l'indifférence générale. Les deux façades, interne et externe, du portail ont été insérées dans les murs voisins. La pierre de l'autel sert de soubassement au portail externe. Aujourd'hui on eut sans doute transféré le monument sur le terre plein du quai Neuf.

Ne quittons pas ce sujet de la chapelle sans évoquer brièvement l'évolution phonétique (venant de la prononciation) qui a transformé le saint Strignon du 16e siècle naissant en sainte UNION. Comme il nous faudra revenir sur la question de la CONFRERIE de la SAINTE UNION, signalons seulement des orthographes relevées dans l'ordre de leur apparition, sans entrer pour l'instant dans les précisions de dates

-          Saint STRIGNON

-          Saint TRIGNON

-          Saint YNIAN

-          Saint NINIAN ou NINIEN

-          Sainte UNION.

Dans un BREF d'indulgences donné par le pape Benoit XIV le 6 décembre 1755, la chapelle est dite de LA SAINTE UNION.

OÙ accostèrent les galères ? Jetèrent-elles l'ancre dans le chenal pour éviter l'échouage à marée basse ? Auquel cas le débarquement se serait fait en chaloupe. En toute hypothèse on aura attendu la marée pour débarquer cette compagnie princière, ou bien les galères approchèrent-elles de la côte à s'échouer à marée basse ? On ne peut répondre avec pertinence à de telles questions. Nous ne savons même pas si l'état des travaux du quai permettait encore en 1548, une descente aisée à terre.



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