La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 286 - 1974 - Mai

- Autour de A B ... étude des noms
- Marie- Stuart et Roscoff, la légende


AUTOUR DE AB...

Nous poursuivons ici une étude ébauchée dans les numéros 283 et 284 sur les noms de famille en AB. Nous avons essayé de saisir le processus qui a transformé le mot breton MAB (descendant de) en ce préfixe AB de même sens attesté dans de nombreux noms de famille comme AB.OMNES.

Les méandres de nos recherches nous ramènent à notre hypothétique VAB, l'introuvable échelon de l’évolution de MAB en AB. Même admise, comme cela est établi pour le gallois, cette hypothèse nous conduit à expliquer la volatilisation de V au sein d'un dialecte apparemment aussi sourcilleux que le Léonard. Nous ne sommes point, en effet, en CORNOUAILLE, dont les dialectes, on le sait, s’accordent tous les tours de passe-passe linguistiques. Nous en sommes nous-même et comprenons assez bien le mépris auquel nous nous sommes réduits aux yeux des Léonards.

Ainsi le “vieux-breton” (gaulois) ABAL “pomme” relevé dans un manuscrit du 9e siècle par Fleuriot est devenu dans les dictionnaires AVAL, par assouplissement de E en V. Les Cornouaillais, dans notre pays du moins, ont tout simplement avalé B et V : de la pomme il n'est plus resté que AAL, une pomme qui reste dans la gorge du Léonard !

Un autre mot constitue une pomme de discorde entre Cornouaillais et Léonards . il désigne le VENT. C'est AVEL. en Léon,.comme dans les.dictionnaires. Pour nous, Cornouaillais, c’est AEL (A et E détachés). Pour une fois les Cornouaillais sont en excellente compagnie avec les Irlandais et.avec les anciens GRECS qui rendaient “ouragan” par AELLA (dans l'Iliade déjà).

Les Léonards n'ont pas toujours de quoi se vanter cependant. Ce sont eux qui ont avalé tout cru ou à la sauce V le malheureux M de MAB comme des Cornouaillais ! Un autre exemple de licence linguistique léonarde est notre VÊNEG roscovite. Nous retrouverons bientôt un exemple à rebours des précédents dans le mot léonard qui désigne une côte, une colline : CREAC'H. Nous surprendrons les Roscovites et d'autres en plein délit de fantaisie et de balourdise ; c'était au 16e siècle, avant que MEANEG n'ait donné VENEG.

Empruntée à un terroir proche de Roscoff voici rédigée en français la fiche d'identité d'un homme de.chez nous au 14e siècle. C'est dans un acte de la Cour de PENZE.

Nous nous fions à la transcription qu'en a donnée LE MEN dans la Revue celtique (tome 2 p. 71-77 années 1873-1875)

"Scaichent (sachent) toutz que par nostre court de PENSAEZ Herve, le fuiz Henry, le fiuz Alin, le fuiz au Charpantier (en breton c'est KALVEZ), vendist à Alin de Quoetthiraezeuc...”. Ce document nous livre trois types de patronymes fils de.., KALVEZ et de Quoett.. (lieu).

Nous tenons en réserve par ailleurs un document, en latin cette fois, daté de 1323 et qui concerne CROAZ BATZ.. L'écriture PENSAEZ du nom actuel de Penzé.nous met sur la voie d'une étymologie sérieuse de ce nom. Le terme SAEZ ou SEAZ qui veut dire en breton “Flèche” pourrait être le nom ancien de la rivière, appelée aujourd'hui LA PENZE (bout de la flèche). Il existe, en tout cas, une autre rivière de ce nom, qui faisait autrefois la séparation entre l'archidiaconé de Léon et celui de Quémênédily. Cette rivière est enjambée par les trois routes qui mènent de St Pol à Lesneven : avant Goulven, à Pont du Chatel et, plus au sud, avant les embranchements de Saint Méen et Plouider. Encore plus au sud le SEAZ cerne vers l'ouest le plateau de KERILIEN.où s’étalait jadis une grande cité gallo-romaine. La route de Lesneven à Landivisiau traverse cette ville enfouie, Le SEAZ prend sa source dans l'angle nord-est-de la base aéronavale de Bodilis-Landivisiau; Ce sont d'autres “flèches” qui y prennent leur envol.

La carte Michelin signale à la fois le nom de la rivière FLECHE et le même nom d’un village riverain proche de l'embouchure. :On peut s’interroger sur les raisons du choix de ce nom SEAZ et par la sur sa signification. Nous serions en garde, quant à nous, contre une telle étymologie populaire, de FLECHE. Peut-être la même rivière a-t-elle eu concurremment divers noms le long de son trajet ; un seul aurait survécu, pas nécessairement le plus intelligible. Nous avons signalé ainsi l'ancien nom de la rivière HORN, à savoir GLESON.

Nous avons le sentiment de revenir à la terre ferme en retrouvant les Registres de Roscoff : la façon même dont sont rédigés au 16e siècle et encore au début du 17e siècle les actes de baptême reflète encore les vieilles conceptions sociales et religieuses au sein desquelles sont nés tous nos noms de famille, en particulier les noms qui furent d'abord des « prénoms » et ceux qui leur sont étroitement apparentés les noms en AB ou AP comme APPAMON.


IMAGES DE ROSCOFF

Décalques de lettres : P, S, H, J, T, D et points sur les i par Quidelleur.

(registre des enterrements 1616-1617)


MARIE STUART ET ROSCOFF

CHAPITRE II - LA LEGENDE ROSCOVITE DE MARIE STUART

On attribuait aussi à Marie Stuart l'offrande d'une statue de la Vierge à l'enfant en argent. Cette légende est plus tardive que celle de la chapelle et pour cause !

Chaque paroisse a tenu dans le passé â posséder sa Vierge en argent, que le prêtre lui-même portait au cours des processions qui se faisaient à l'intérieur des églises; après la procession on la donnait à baiser aux fidèles. Les choses se passaient encore ainsi dans notre jeunesse.

La Vierge à l'enfant de Roscoff a une singularité Marie tient dans la main droite une grande croix, vers laquelle l'enfant Jésus tend les bras. Ce thème de la Vierge à la Croix nous paraît d'inspiration française (début 17e siècle). Son emploi pour Notre Dame de Croaz Batz n'est judicieux qu'en apparence, car la patronyme de l'église signifie la chapelle édifiée en l'honneur de Notre Dame sur le terroir appelé CROAZ-BATZ. Cette interprétation est parfaitement assurée. Nous y reviendrons plus tard en publiant un document de 1323 où le terroir est cité nommément - 2 siècles avant l'Eglise.

La statuette est de style classique, inspiré de l'art romain. Grâce aux poinçons elle a été datée par Monsieur Auzas entre 1686-1687 ; elle serait l'oeuvre d'un atelier parisien. (L'orfèvrerie religieuse bretonne 1955 - p. 35 et photographie planche XXVIII).

La statue mesure 34cm, outre le socle de 2,5cm. Le piedestal a 16cm de haut : il est en ébène, nous semble-t’il, et porte deux médaillons en argent, un autre où la plaque d'argent a été remplacée par du verre ; deux guirlandes en argent pendent sur les pans coupés.

L'attribution enfin à la jeune reine du “'chapelet de Marie Stuart” et de la “modestie” de la même, n'est prouvée en aucune façon et ne mérite aucun crédit. On n'en trouve aucune trace dans l'inventaire de l'argenterie en 1609, ni dans les deux inventaires plus complets (avec les ornements) de 1640 et 1657 (cahier des comptes du 17e siècle).

Il nous semble que ces objets proviennent du sud de l'Espagne, tout comme le tableau de Notre Dame de Guadaluppe qui est dans l'église depuis la fin du 17e s.

On ne doit pas oublier non plus qu'il existe dans notre paroisse 2 chapelets Marie Stuart tout comme 2 modesties, identiques de formes, mais de valeur métallique différente. Comment n'a-t-on pas pensé à l'invraisemblance totale d'un tel don disparate par une princesse ?

A en croire une plaque de marbre gravée de l'inscription MARY STUART HOUSE, une maison de Roscoff revendiquerait l'honneur d'avoir hébergé la jeune reine débarquant en notre port.

Nous allons examiner cette question dans le chapitre qui suit. Nous sommes le premier surpris des découvertes que nous faisons sur le Roscoff de 1548.

CHAPITRE III - LE BOURG DE ROSCOFF EN 1548

Deux maisons de Roscoff se disputent depuis plus c:'un siècle le privilège d'avoir hébergé Marie Stuart à sa descente des galères. L'une affiche même, comme une c-)ncurrente déloyale une petite plaque de marbre portant l’inscription : “Marie Stuart House”, Maison de Marie Stuart. L'indécence cependant n'est point allée jusqu'â faire argent auprès des Anglais de cette prétention.

Nous avions pensé nous-mêmes, pour des raisons de style, que “MARY STUART HOUSE” était postérieure d'une trentaine d'années au débarquement de la reine d’Ecosse : la lucarne renaissance, l'oeil de bœuf (obturé) et le pied droit des cheminées sont, nous semble-t-il, de sûrs indices d'une époque postérieure à 1548. Par contre, en nous référant au style gothique de la façade de la maison .”concurrente” nous aurions admis pour cette demeure, la possibilité d’être contemporaine du débarquement. Le dégagement d’une cheminée au premier étage de cette maison a laissé apparaître un blason marchand qui porte la date de 1561. Les styles ont la vie longue en Bretagne. Nous essaierons un jour de donner un fil conducteur pour la chronologie des belles maisons de Roscoff en nous fondant sur des caractéristiques stylistiques (portes, fenêtres, cheminées), éprouvées par le recours aux inscriptions et aux documents écrits.

Ainsi nous paraissent balayées les prétentions de.ces deux hôtels à avoir hébergé la reine d'Ecosse.

L'idée nous est venue depuis deux ans d'exploiter aux archives départementales les titres de rente du seigneur féodal de ce pays, l'Evéque de St Pol. Ces titres sont appelés AVEUX et sont souscrits par les acquéreurs de terres ou d'édifices soumis au lien féodal. Pour l'époque ou nous sommes, milieu du 16e siècle, les aveux sont nombreux et très riches de renseignements sur l'occupation des sols en bord de mer depuis le TEVENN (rue Amiral Courbet) jusqu'à la place de l’Eglise. Ces terrains sont dans la PAROISSE DE TOUSSAINTS tout comme l'église de CROAZ BATZ. Nous allons analyser les aveux de Toussaints 1ère liasse (archives départementales 5 Sg.329 ). Nous avons fait photocopier les plus typiques de ces documents et volontiers nous les montrerions aux actuels détenteurs de ces terrains bâtis:

La seule difficulté que nous rencontrons dans cette analyse tient à l'absence de plan cadastral à cette époque : “les terrains sont implantés en référence aux terroirs et aux parcelles voisines dont les propriétaires sont nommés et parfois aussi les fermiers qui les manoeuvrent".

Notre méthode d’analyse découle de la teneur même des aveux : les terrains en bord de mer auprès de la chapelle de Saint Strignon sont référés aux maisons qui sont en face côté terre. Nous avons donc cherché à retrouver, grâce aux divers aveux, la suite des maisons qui se trouvaient en 1560 auprès de la chapelle. Mais nous ne pouvions nous arrêter en si bonne voie. Après le terroir de St Strignon il nous faudra traiter de la rue des Perles, du Quelen, du Teven... à la même époque.

PARAGRAPHE 1 - AUTOUR DE SAINT STRIGNON

Roscoff - Au coeur de la ville

La chapelle St Strignon / St Ninian / St Ninien n'a déjà plus son toit.

Roscoff - Porte de la Chapelle St Ninien

Notre étude recourt à quatre documents : les actes n°17, n°23, n°25 et n°36.

1°/ - L'acte n°17 est l'authentique du partage des biens de la succession de Bernard Kerdanet et Jaouenne (féminin de Jaouen,.Jaoua, Joevin) Jaffrez ; l'acte est du 4 février 1555. Il se trouve dans les titres de rente de l'évêque parce que ces biens étaient affectés de charges en faveur du seigneur. Les héritiers sont au nombre de 5.

Dans la “lothie” de l’aîné, Hervé Kerdanet est “une maison 0 (= avec) ses celiers, cave, maison à four, court, jardrin, issues et appartenances sitts près la chappelle de saint STRINGNON au dict bourg de Rosgoff en la parroisse de Toussainctz ENTRE la maison, court et jardrin d'Olivier TREUD d'un costé et aultre maison, court et jardrin de Jehan Hervé, le jeune d’aultre”.

Un détail a quelque importance pour la suite de notre étude : ces trois maisons ont un jardin.

Désignons chacune d'elles par une lettre : K(Kerdanet) , T (Treud), H (Hervé).

Il s'agit de maisons situées côté terre sur l'actuelle rue amiral Reveilière. D'après ce document, en partant de l’église la succession de ces trois maisons était l’une des deux suivantes :

T – K - H  ou  H - K - T

2°/ - L'acte 25e, du 29 may 1560, est passé entre le Seigneur Evêque Rolland de Chauvigné et Francoys Jaffret demeurant à l'isle de Baz-Paul. Tous deux signent. Il est heureux quel l’acquéreur ait signé, car il apparaît sans aucun doute qu'il s'appelait francoys GEFFROY.

Contre une rente annuelle de 10 deniers monnaie (12 deniers = 1 sou ; un ouvrier pouvait gagner 8 sous par jour), l’évêque cédait au dict Jaffret (Geffroy) “Unge pièce de terre et aplacement de maison a la prandre à dricte lingne au devant la maison du dict Jaffret en laquelle demeure Anne Le Normant, sa mère, feranté sur le bort ripve et frontière de la mer et estante la dicte aplacement entre ung applacement de maison appartenant à JEHAN MARTIN d'un costé et la terre et franchisse du dict seigneur, evesque d’aultre sitts au bourg de Rosgoff en la paroisse de Toussainctz près la chapelle de monsieur Sainct Strignon ... contenant aultant de largeur que la dicte maison du dict Jaffret estante entre la maison du dict Jehan MARTIN dun coste et la maison de Olivier TREUT d'aultre.”

La désignation. du terrain à bâtir est bien laborieuse. De cet acte on conclut à l'ordre des maisons de GEFFROY (G) – MARTIN (M) et TREUT (T)

soit      T - G - M

soit      M - G - T

En combinant aveu l'acte 17 on a les séquences :

M - G - T - K - H

ou H - K - T - G - M

3° / - La veille, le 23 may 1560 (acte n° 23), l'évêque cède à “Jehan Martin, marchant demeurant au bourg de Rosgo. “ Ungr estable avecques laplacement dune aire qui est cerné de bois estant esdicts bourg et parroisse près la chappelle de Sainct Sbrignon au fye (fief) du dict seigneur evesque près le bord de la ripve de la mer au devant la maison de la demeurance du dict Martin entre terres du sieur de KERMORUZ devers l'occident et d'ung coste a la franchise devers l'orient, de la maison des hoirs (héritiers - HER en breton) de feu henry Jeffroy d'aultre.

Item aultant daplacement d'aultre estable et aire au devant une aultre maison apartenante au dict Martin où demeure François Laurans sur le bord de la ripve de la mer sur la placze de COZ TY BARGUET au!trement TOUL AN GADIC entre les terres et franchisses illecques (en cet endroit) de chacun.coste.

La dicte censive faicte pour la somme de deux soulz monnoie de rente...”. La cession de ces deux terrains comporte “pouvoir d'édifier sur les dicts aplacementz. Le document est en parchemin. Jehan Martin a accompagné sa signature de son blason marchand. Cette marque ne peut être confondue avec celle que l’on relève sur la cheminée de la maison gothique (1561 - madame Lemoine). Nous essaierons d'identifier ce dernier blason.

Laissant de côté pour l'instant le terrain de COZTY-AN BARGUET, nous poursuivons notre recherche sur les maisons auprès de St Strignon.

Notre document confirme la mitoyenneté GEFFROY – MARTIN ; il ajoute une autre précision qui nous met dans l'embarras : “Et d'ung coste à la franchise devers l'orient, de la maison ... Jeffroy devers la mer (barré) d'aultre (côté) .”' Une franchise c'est un terrain non approprié, libre. La franchise en question pourrait être le terrain que GEFFROY acquerrait le lendemain ; en ce cas la succession serait M - G. Mais ce n'est là qu'une supposition et nous devons nous garder de conclure sur cette base à la séquence M - G - T - K - H.

Nous allons voir par le document suivant que Jehan MARTIN se sera dépêché de construire sur son terrain. Avant d’y venir, précisons le sens du mot ESTABLE, nom donné à des constructions déjà implantées sur les deux terrains cédés à Jehan MARTIN. Selon les dictionnaires courants une ETABLE est un bâtiment pour les vaches. Nous avons tenu à vérifier le sens de ce terme dans le “Dictionnaire de la langue française du 16e siècle” par Edmond Huguet. Toutes les citations relevées par l'auteur concernent uniquement les CHEVAUX. Dans le cas d'un marchand l'interprétation est tout à fait satisfaisante : Jehan MARTIN disposait déjà de deux étables sur les terrains acquis le 23 may. Il assurait certainement des transports de marchandises .

La femme de Jehan Martin était françoise Hervé ,leur premier enfant, une fille, avait pour prénom ODERNE (19 Sept. 1557).  Il semble qu'à Roscoff les MARTIN soient distincts des MARZIN (prononciation bretonne de MARTIN). En tout cas Jehan MARZIN, époux de Marguerite PHILIPPES, fait baptiser le 2 mars 1558 son premier enfant : JEHAN. Il nous semble que, ce Jehan MARZIN était maître de navire.

4°/ - Le 20 décembre 1560 c'est le tour d une voisine de se décider (acte n° Perrine Le Maczon (aujourd'hui on écrit Masson) “veuffve de feu Pierres YVEN” (noter PIERRES, comme Jacques) acquiert de l'évêque aune place et pièce de terre estante pres leglise de monsieur sainct Strlgnon entre MAISON NOUVELLEMENT faicte au moien de pareil tiltre du dict seigneur par Jehan MARTIN d'un bout et conté (compté) en aultant de longueur que contient une maison où demeure la dicte Perrine au dict terroir entre maison apartenante à francoyse Clairec (Clérec ou Cloirec) d' ung costé et maison appartenante à Jehan Martin d'aultre et de largeur despuix le chemin mesnant aux eglises de Notre dame de CROAZ BAZ et sainct Strignon d'ung costé et le bord de la mer. “t La cession est faite par l'évêque contre une rente annuelle de 12 deniers monnoie (1 sou) â verser à la “Sainct Michel” – Montegargan” (29 Septembre).

Ainsi, en désignant par L (Le MACZON), et C (CLOIREC ) nous avons la suite de maisons :

C -L- M ou M – L -C. La combiaison de ces résultats avec les conclusions du 2°/ conduit aux deux séquences possibles de maisons sur le côté-ouest du chemin de St Strignon et de l'église - en partant de l'église (gauche),

soit : C – L – M – G – T – K - H

soit : K – T – G – M – L - C

Les documents établissent en-outre que L – M - G ont acheté chacun d'eux le terrain en bord de mer qui faisait vis-à-vis à leur maison.

 

5° / - Le problème sera maintenant d'essayer sur le terrain nos deux séquences de maisons pour obtenir, par élimination des solutions mauvaises, la solution bonne ou, à son défaut, les solutions possibles.

La difficulté du travail. sur le terrain est aggravée du fait qu'il ne reste en façade rue, côté Ouest de la rue Réveillère, qu'un seul élément existant en 1560, la petite maison de monsieur Goulard, en alignement de la maison Cavelan.

Par contre, ces propriétés côté Ouest (vers la terre) sont cloisonnées encore comme elles l'étaient en 1560 par de hautes clôtures, inchangées dans leur ensemble. Il nous semble que l'on peut faire fond dans une très bonne mesure aux descriptions des propriétés en question que nous trouvons dans le cadastre de 1846. Pour notre propos il importe assez peu que les parties bâties de ces propriétés aient varié depuis 1560.

Nos hésitations portent sur la maison des ASSURANCES et sur la patisserie qui lui est mitoyenne. Nous nous demandons en effet, si en 1560 il n'y avait pas deux maisons sur l'emplacement des assurances ; le cadastre porte vis à vis d'une partie de cette maison contre, MARY STUART HOUSE un bâtiment en ruines, dont il est peut-être question dans nos documents. D'autre part,. en 1846, l'emplacement de la patisserie était une cour donnant sur tout l'angle ; au fond de cette cour il y avait des bâtiments en fer à cheval. La façade de cette cour était-elle construite en 1560 ? Notre sentiment est que la cour existait en cet état en 1560 mais nous n'en avons pas la preuve.

Ces hésitations n'affectent pas la solution de notre problème premier, à savoir les origines de MARY STUART HOUSE.

6° / - Nous essayons d'abord la suite : C – L – M – G – T – K - H.

Nous commençons par placer H sur la maison JEGOUDEZ, puis nous faisons glisser peu à peu vers l'église. Voici les propriétés actuelles :

Dans ces conditions nous aboutissons aux seules solutions envisageables :


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