La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 287 - 1974 - Juin

- Autour de A B ... étude des noms
- Marie- Stuart et Roscoff, la légende


TOUJOURS AB...

Dans trois numéros précédents nous avons livré des considérations sur le préfixe AB de certains noms de famille bretons ; ainsi AB.OMNES, “descendant d'OMNES”. AB serait une contraction de MAB, substantif qui signifie “descendant de.,., fils”.

Il nous semble que les noms affectés du préfixe AB sont ce que nous appelons aujourd'hui des PRENOMS. La chose est claire pour des noms comme AB.ALAIN, AB.HERVE, AB.HAMON (APPAMON), AB.JEAN, AB.OLIER, AB.OLIVIER... Elle l'est moins pour des prénoms sortis d'usage, mais attestés dans l'histoire de Bretagne : OMNES, RIOU, Nous y ajouterons, parce que rencontrés dans les registres de baptême de Roscoff, les prénoms : GUILLERM (Guillaume) donnant ABGUILLERM et GUEGUEN donnant ABGUEGUEN. Nous ne voyons présentement que 2 noms qui échappent aux prises de notre hypothèse ABEGUILE et ABAUTRET.

Le procédé de la dénomination en AB n'a été en usage que fort peu de temps et dans le Léon, seulement (comme au pays de Galles), les “prénoms” ayant concurremment et de façon beaucoup plus large fait fonction de patronymes.

On aura remarqué les guillemets et les périphrases dont nous enrobons l'emploi du terme PRENOMS (qui précèdent les NOMS). Ces indices témoignent des incertitudes où nous ont plonge les vieux registres de Roscoff. Le mot même de PRENOM ne s'y rencontre pas. Quelle peut être la signification d'une telle absence ? Engage-t-elle toute une conception de l'être de l'homme, de son identité ? Ces questions nous continuons à les porter alors même que nous avons appris par le dictionnaire “LE PETIT ROBERT” que le 1er emploi du terme français “PRENOM” ne soit relevé qu'en 1556. Il a dès lors le sens “nom particulier joint au nom patronymique et servant à distinguer les différentes personnes d'une même famille”. Il vient du latin PRAENOMEN.

Les REGISTRES PAROISSIAUX d'avant la Révolution française sont aujourd'hui conservés à la mairie. Ils ont une place particulièrement honorable parmi les registres finistériens : les registres de baptême commencent dès la 1ère année de service de l'église en 1550. Les paroisses déjà, anciennes à cette époque ont rarement conservé des actes de 1550. Voici relevées les paroisses du Finistère qui ont des registres antérieurs à Roscoff pour les baptêmes 

Les registres de baptême de SAINT POL ne sont conservés qu'à partir de 1567.

Le premier registre des baptêmes de Roscoff couvre la période 1550 - 17 Nov. 1602. Des lacunes graves y apparaissent. Le nombre des 1624 actes enregistrés est nettement inférieur à celui des baptêmes ; on s'en aperçoit à des creux importants, par exemple aucun baptême entre Noël 1573 et mai 1574, aucun non plus du 23 sept 1598 à janvier 1599, etc.. La négligence la plus grave est la non inscription des baptêmes en 1581.

Dans ce registre nous relevons 24 cas de jumeaux et un cas de triplés : Guillaume, Jacques et Françoise COUCHOUROUN, baptisés le 13 avril 1602 ; leur maman mérite une mention Isabelle Jourdoin. Le même jour fut baptisée (acte en latin) THEPAUTA Bernard. On rencontre ici un emploi de THEPAUT comme prénom, ici au féminin : THIBAUDE. Cette demoiselle sera marraine le 23 février 1620 de TEPOTA (latin) LE GUEN, dont la maman est Gillette Bernard ; le papa est prénommé CARANTEC.

Tous ces actes, entièrement manuscrits sont rédigés en latin, à part 52 dont la rédaction est française. Mais dans tous les cas et quelle que soit la forme de la phrase (“j'ai baptisé., A été baptisé”), un élément de l'acte est constant, l'expression de l'identité de l'enfant. Le 1er acte conservé est d'avril 1550 ; il n'est certainement pas le 1er enregistré car il n'est pas précédé de l'intitulé du registre dont le folio a été perdu avec les baptêmes qui suivaient l'intitulé, derrière le fatidique “En premier”.

L'acte en question, en latin, est ainsi composé : “J'ai baptisé MICHELLE, fille naturelle (par différence sans doute avec “adoptive”) et légitime (de) Jehan An Falchun et Jahanette an BRUN”. Lorsque les actes sont en français on trouve trois formes “Fils de”, “Fils à” ou “fils” seul. Ainsi “MAHE (Mathieu) filz Jehan ROUDAULT et Estiennette HEMAR” (29 Avril 1552). C'est le premier acte français ; il est signé du prêtre Y. MORICE, qui pour la circonstance a francisé son nom de MORVAN. Nous avons l'intention de le retrouver plus longuement, non point tant parce qu'il était cornouaillais, semble-t-il, mais parce que son statut ecclésiastique nous éclaire sur les conceptions féodales du sacerdoce.

Voici les noms en AB, assez peu nombreux, relevés aux baptêmes de Roscoff durant la seconde moitié du 16e siècle :

-          ABAMON (avec des variantes) : 5 filles et 1 garçon.

-          ABHERE . 2 filles, 1 garçon.

-          ABGUILLERM : 2 jumelles.

-          ABIVEN : 1 fille

-          ABHALAN . 1 fille.

Le nom n'était pas prédestiné à fleurir s 2 garçons AB contre 11 filles AB.


MARIE STUART ET ROSCOFF

CHAPITRE III - ROSCOFF EN 1560

Roscoff - Maison dite " Mary Stuart House"

Nous mettions en œuvre dans le numéro précédent une suite bien identifiée de 7 maisons mitoyennes existantes en 1560 sur le bord ouest de l'actuelle rue Amiral Réveillère. La teneur de nos documents nous permettait, en effet, de déterminer la date d'acquisition des terrains sis en bord de mer vis à vis de trois de ces maisons.

Nous avions fait glisser notre séquence de maisons C – L – M – G – T – K – H, le long de la rue, les lettres désignant les propriétaires de 1560. Nous avions conclu que dans cette hypothèse, la seule solution possible était l'acquisition du terrain de MARY STUART HOUSE par François GEFFROY le 29 may 1560, postérieurement au débarquement à Roscoff de la petite Stuart (15 août 1548).

Il nous restait à faire l'essai de l'autre hypothèse possible a l'ordre inverse des maisons :

H – K – T – G – M – L – C. Nous aurions pu nous dispenser de cette analyse car le soir même où s'achevait la frappe de la parution précédente nous retrouvions des documents de 1608 et 1620 qui confirmaient le résultat précédent, à savoir l'achat du terrain en question le 29 may 1560. Nous allons y revenir plus loin.

Nous nous réjouissons fort de n'avoir pu disposer à temps de ces documents, que nous avions confiés à un chercheur. Nous avons dû, en effet, élaborer une méthode d'analyse qui nous a obligé à faire de très nombreuses observations, aussi précieuses en elles-mêmes que les conclusions que nous en attendions.

Pour ces raisons il nous parait bon, alors que le résultat est acquis, d'achever notre analyse, selon la méthode adoptée et d'essayer la séquence H – K – T – G – M – L - C.

Nous plaçons C successivement sur JEGOUDEZ et les maisons suivantes, en approchant de l'église, jusqu'à Goulard. Nous essayons ainsi 7 solutions

-          1ère solution - C sur JEGOUDEZ. Alors L tombe vis à vis de l'entrée du port et n'avait pas de terrain libre en face. D'autre part T et K n'auraient pas eu de jardin. A écarter.

-          2ème solution - C sur l'hôtel du Port. Alors T n'aurait pas eu de jardin. A écarter.

-          3ème solution - C sur Yven (épicerie). M tomberait sur UNIDOC ; mais la maison en face (magasin de faïences) a une porte sur rue des environs de 1600 et n’a pu être construite en 1560 par Jehan Martin (M). D'autre part T n'aurait pas eu de jardin. A écarter.

-          4ème solution - C sur GUIVARC'H-NEDELLEC. Alors G tombe sur GOULARD, mais l'écusson de la cheminée sur la maison d'en face est manifestement postérieure à celle de 1561 (observer le raccord entre elles). Un bâtiment en arrière porte sur la cheminée la date de 1601 avec un coeur. A écarter.

-          5ème solution - C sur UNIDOC. Alors M vient sur GOULARD. Mais M n'a pu construire la maison d'en face, le blason n'étant pas le sien, connu par le titre d'acquisition. D'ailleurs G aurait pour vis à vis la chapelle St Strignon: A écarter.

-          6ème solution - C sur BAUDY. Alors M tomberait face à St Strignon et n'a pu acquérir un terrain vis à vis de sa maison. A écarter.

-          7ème solution - C sur Goulard. Alors L vient face à la - chapelle. Donc à écarter.

Ainsi la séquence H-K-T-G-M-L-C ne permettant aucun essai fructueux il ne nous reste que l'unique solution que nous avions établie avec l'autre seule séquence possible C-L-M-G-T-K-H.

De la sorte, en 1560

-          Jehan HERVE le jeune propriétaire de la maison GOULARD (cependant le bâtiment perpendiculaire à la rue est postérieur de quelques années à 1560);

-          Hervé KERDANET hérita en 1559 (4 février) de la maison modeste détruite il y a quelques années, sur l'emplacement de laquelle a été bâtie la maison CAVELAN.

-          Olivier TREUT habitait la maison alignée sur la précédente à laquelle plus tard furent ajoutées deux ailes perpendiculaires à la rue. C'est la maison en U ; la façade parallèle à la rue a été refaite au début du 17e siècle (la porte)

-          François LE GEFFROY (Jaffrez dans le texte) était propriétaire de la maison BRANELLEC. Nous ne sommes pas sûr qu'il se soit agi de la maison qui a précédé l'actuel magasin ou d'une maison antérieure. La belle cave voûtée de pierre doit être de la maison qui était en place en 1560.

Ainsi l'acquéreur du terrain de “MARY STUART HOUSE” fut François GEFFROY. Le seigneur évêque lui cédait le terrain contre une rente annuelle de 10 deniers monnaie (même pas 1 sou). L'acte est du 29 may 1560 (archives départe 5 G.329 n° 25) ; nous en avons publié des extraits dans le numéro précédent. La maison elle même, dans sa forme actuelle ne nous parait pas antérieure à 1580.

La vérité est faite : MARY STUART HOUSE n'existait pas lorsque la jeune princesse débarqua à Roscoff le 15 Août 548 ; le terrain ne fut acquis que 12 ans plus tard. Le 29 may 1560 le terrain compris entre la parcelle de GEFFROY et la chapelle St Strignon était toujours une franchise et terre au seigneur évêque. Il passera plus tard, comme nous le verrons, en la propriété d'Olivier YREUT. C'est là qu'au 19e siècle on envisagea un moment d’implanter un ASILE pour les enfants ; ce sujet a été traité naguère dans ce Bulletin.

Nous sommes parvenu à la quasi-certitude que la bande de terre riveraine de la mer depuis le site de Ste Barbe jusqu’à Roc’h Kroum était encore une franchise et terre vague en la possession du Seigneur évêque et qui à part, peut-être, les deux écuries de Jehan Martin, il n’y avait pas d'autre édifice sur cette zone que la chapelle Saint Strignon. Mais il nous reste à en faire la démonstration. Pour le moment nous venons d'établir que le 15 Août 1548 la jeune Stuart découvrit une chapelle sise sur un terrain vague.

Jehan MARTIN ( M ) était mitoyen de la maison Branellec vers l'église. Nous avons hésité longtemps sur la longueur de sa façade sur la rue. Nous nous imaginions en effet, que Martln avait construit sur toute la largeur du terrain qu'il venait d’acquérir vis à vis de sa maison ; or sur le cadastre de 1846, le bâtiment en ruines contre “Mary Stuart House” était très étroit. Nous avons été tiré de perplexité par un aveu de 1621 (5G.331). La maison de famille était passée de Jehan à sa fille Françoise née le 19 oct 1552 (notons que Kerenveyer en a fait un garçon). Françoise fut épousée par Louis GUILLOU sieur de Kerdu ; nous leur avons trouvé 5 enfants entre 1591 et 1598. En 1621 la mère était morte depuis longtemps, le père s'était remarié. C'est lui qui fait la déclaration des biens qui échoient aux enfants de sa première femme, dans l'indivision pour le moment.

La maison de famille est décrite ainsi . “Une maison couverte d'ardoise avec ses court, galleryes, celliers maison à four et jardin au derrière... la dicte maison ouvrant vers le Nordest sur la rue conduisant de la chapelle Monsieur saint YNIAN à l’église... estant entre maison du costé vers le Noroust à la vesve et hoirs feu sire hervé Moal / d'autre coste vers le suest maison appartenant sire henry GEFFROY (magasin Branellec )”.

Nous avons ici une confirmation éclatante de nos résultats : c'est bien, en effet, en cette propriété que furent construites ces arcades aujourd'hui employées dans l’hôtel des Arcades. On doit les dater au plus tôt de 1580 ; elles ont dû être construites par Jehan Martin lui-même. Notre document leur donne leur véritable nom : GALERIE. Aujourd'hui encore, au manoir de Kéroullé en l’HOPITAL-CAMFROUT (29) c’est le nom qui est  conservé à ces colonnades. Dans l'aveu de Charles de Penfentenyo, seigneur de Kermoruz en Saint Pol, à la date du 10 février 1629, il est question d'écuries et galleries couvertes d'ardoises au manoir de Kermoruz.

Ce qui doit nous retenir surtout dans cet aveu de Louis Guillerm c'est le 2e bien qui est déclaré . “Au-devant de la dicte maison de l'autre costé de la rue devers la mer ung emplacement de maison auquel est une crèche sur le devant et une petite maisonnette au derrière, le tout couvert d’ardoise, avec moityé du pignon et la longueur de muraille de la maison appartenant à présant aux hoirs (héritier) feu sire Yvon GEFFROY filz Nicollas GEFFROYS du costé vers l'orient (MARY STUART HOUSE) d'autre costé vers l'occident autre emplacement appartenant à sire LOUYS RONYANT filz et herittier de deffuncte honnorable femme Anna Martin soeur germainne de la dicte defuncte francoyse Martin, du costé du nordest la ryve et coste de la mer, d'autre ferant  sur la rue (ce terme de “ferant” est très courant dans nos actes ; nous ne l'avons pas trouvé dans les dictionnaires anciens. Il veut dire manifestement “allant jusqu'à, la rue”).. Le dict emplacement contenant de fond cinq cordes deux tiers ung saiziesme faisant moityé de cincq seillons et demy prisage que contient tant lamplacement du dit advouant au dit nom (Louis Guillerm) que celui du dit RONYANT.

Anne MARTIN, née le 8 février 1565, était soeur germaine de Françoise, c’est-à-dire de mêmes père et mère. Les enfants d'une même mère et de pères différents sont dits utérins ; la distinction a une grande importance, on le voit pour les héritages. Anne avait épousé Jehan RONYANT ; leur fils Louis était né le 10 février 1596 ; son parrain fut son oncle Louis GUILLERM, dont le nom a été francisé abusivement en GUILLAUME, dans l'aveu de 1621 Ce LOUYS RONYANT était une notabilité très influente de Roscoff ; il est le fondateur de la chapelle Sainte Anne (1640), actuellement l’Office du Tourisme.

Nous avons publié sa signature dans le numéro d'Octobre 1973. L'évolution de RONYANT en ROIGNANT n'est pas heureuse.

Pour notre propos immédiat la notation la plus précieuse de ce dernier texte est l'étendue totale au terrain acquis par MARTIN en 1560 : il est nettement plus du double de celui des ruines de 1846. En conséquence nous pouvons conclure que la maison de Jehan Martin occupait tout l'emplacement actuel de la porte cochère et des bureaux de l'assurance. La galerie, postérieure à 1560, se trouvait appuyée au mur Branellec. La porte gothique en accent circonflexe remployée comme vitrine dans le cabinet d'assurances provient peut-être de la maison existante en 1560.

Aujourd'hui l’emplacement de la crèche et de la maison de Jehan Martin ( 1560) est occupé par de l’Institut de BEAUTE. L'hôtel des ARCADES occupe le reste du terrain de Jehan MARTIN. Il nous paraît, en effet, sur référence au cadastre de 1846 que le terrain “devant la maison” de Jehan MARTIN se développait un peu plus sur la rue que la maison elle-même. L'acte du 28, may 1560 ne donne pas la précision de la largeur du terrain.

Ces précisions acquises sur la maison de Jehan MARTIN nous, verrons dans l’emplacement (vide encore en 1846) de KER-TONKIN le terrain acquis le 20 décembre 1560 par Perrine LE MASSON (L). En nous fiant au cadastre de 1846, dont l’intérêt archéologique a été confirmé par nos, présentes recherches, nous placerions la maison de Perrine au fond de la cour murée (1846) sur laquelle fut construit au début de ce siècle la maison d'angle, aujourd'hui pâtisserie. La cour murée a été achetée à la famille KERENFORS le 1er août 1897 par Monsieur HENRI LE GAD, qui y fit bâtir la maison. Monsieur LE GAD est mort en 1914.

Dès lors nous mettrions Françoise CLOAREC (C) dans l'ancienne maison contiguë à la pâtisserie et qui a été refaite par monsieur et madame Yven récemment.

Les besoins de la rédaction nous ont conduit à nous attarder à Jehan MARTIN et à donner déjà une confirmation éclatante des résultats de notre analyse : l'aveu de 1621 établit avec la plus flagrante clarté l'emplacement visé par l'acte du 28 may 1560.

En fait notre attention avait été attirée d'abord par des aveux concernant la famille TREUT ; nous y avions trouvé la confirmation de nos résultats, Si nous avons choisi d'ajouter cette note sur la maison des TREUT c'est pour enrichir notre documentation sur un ROSCOFF encore en place plutôt qu'à titre d’argumentation.

Dans la 3e liasse des AVEUX de TOUSSAINCTS (arch. dép. 5G.331 ) dont nous venons d'extraire ce qui concerne les MARTIN, nous disposons d'une copie, rédigée le 7 février 1634, d’un aveu souscrit le 18 juin 1608 par “honnorable marchand SIRE Ollivier LE MAIGRE”. Le sire porte le nom francisé de TREUT.

D'après les termes de l'acte il s'agit du fils de “honnorables gentz Laurentz LE MAIGRE et Catherine ROCH-CONGAR”. Lui-même est le mari de Jeanne LE GERGAM. Son père, né le 25 février 1558, était fils de Olivier TREUT et Marie CABON; il eut à son baptême 2 parrains et 2 marraine. Nous retrouverons un jour la question de ces parrainages multiples du 16ème siècle. Ainsi l'OLIVIER de 1608, était le petit-fils de l'OLIVIER de 1560. Ses parents nous semble-t-il, ne devaient pas habiter Roscoff car on ne relève pas de baptêmes de leurs enfants.

Voici la description de la maison TREUT en 1608 : “La maison en laquelle demeure le dict LE MAIGRE es dicte parroisse de Toussainctz et bourg de Rosgoff sur la RUE de Saint TREIGNON du costé devers le Midy sittée entre autre maison appartenante à Nicolas Kerdanet d'un costé et d'autre costé autre maison appartenante aux enffantz de feue françoise Jaffretz procréés de Jacob LE MEN, avecque une petite court estant au devant de ladicte maison. Aultre court, celliers estable, maison à four et aultres maisons et une jardrin estants au derriere de la dicte maison... le tout contenant environ quatre seillons et demy en prisaige ( estimation) - Item - une pièce de terre sur laquelle on a faict bastir une creiche longtemps y a située ès dict bourg et parroisse estant de la dicte maison et entre icelle la Mer entre terre de Nicolas Geffroy d'un coste et le chemin pour aller au ripvage de la dicte maison du dict Le Maigre à la dicte chaussée et ripvaige de la mer, contenant environ un seillon et demy de terre prisaige”.

Il s'agit donc bien de la maison que nous avions retrouvée par notre analyse ; elle avait, comme aujourd'hui, sa cour devant la maison sur la rue. Mais les deux, ailes sur la cour n’étaient pas encore construites apparemment il faut se représenter une clôture de murailles qui laissait un large passage vers les celliers de l'établissement et la cave.

Nous voyons aussi par ce document que le terrain entre la mer et la maison, entre MARY STUART HOUSE et la chapelle avait été occupé par la famille “depuis longtemps”. On y avait construit une crèche. Nous avons vu qu'en 1560, il n'y avait encore aucune construction sur ce terrain. Il apparaît aussi que ce terrain était séparé de la chapelle par un chemin vers la mer. La crèche et le terrain faisaient partie de la maison d'en face.

Notre intention n’étant pas de suivre jusqu’à nos jours les familles qui ont en cette maison nous allons arrêter ici nos investigations, leur poursuite serait, nous semble-t-il, très aisée par la filière des aveux. Nous n’ajouterons que quelques indications topographiques empruntées à l'eavou souscrit le 20 Août 1620 par Janne (on n’écrit pas encore Jeanne) LE GARGAM veuve d’Olivier Le maigre : “ Une maison couverte d’ardoises sittué(e) en la paroisse de Toussainctz au bourg de Rosgoff en laquelle la dicte acvouante demeure sur la rue de Sainct TREIGNAN ( noter le A) à main gauche comme l'on va de la place COZ TY BARQUET aux églises de sainct Treignan et de Nostre dame de CROAX BAZ...avec la court de la dicte maison...”.

La place COZ TY BARQUET, le vieux centre du bourg occupait la petite place entre la boulangerie CABIOCH (1558) et les deux petites maisons beaucoup anciennes disparues depuis un an ; cette place devait alors s'étendre vers le port. On notera aussi, outre le A de TREIGNAN, qui conduira à NINIAN, la bonne écriture de l'article AR; le plus généralement les prêtres et les notaires mettaient indistinctement “AN” devant tous les noms bretons.


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