La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 289 - 1974 - Octobre

- Noms et surnoms
- Le haut et le bas dans le Vieux breton
- Marie Stuart et Roscoff


NOMS et SURNOMS

 Nous étions intrigué depuis des années par le libellé des en-têtes des registres paroissiaux de Roscoff du début du 17ème siècle, Que recouvraient alors les deux termes de NOMS et SURNOMS qui reviennent en tous ces en-têtes ?

La forme même de notre publication nous empêche pratiquement d'ajouter en bas de chaque page les notes qui éclaireraient certains mots ou usages, certaines techniques administratives qui offriraient de l’intérêt pour le lecteur. Ces observations, à cause de cela, feront corps avec le texte. On voudra bien excuser ces digressions.

Suivant un procédé cher aux auteurs du 17ème siècle nous donnons à ce travail le titre :

NOMS et SURNOMS

OU L’ON VERRA COMMENT ETAIENT TENUS LES ANCIENS REGISTRES

La première formulation que nous ayons gardée du tandem NOMS ET SURNOMS, sert d'introduction au registre des baptêmes de 1602 à 1622 :

“ Le vingt et cinquiesme jour de novembre l'an 1602 ce p(rése)nt livre de papier a esté achepté et dellivré par honnorable marchant sire Henry GEFFROY estant a p(rese)nt procureur et gouverneur de l’eglyse de Nostre Dame de CROIX-BAZ, entre les mains de Vénérable Personne maistre Hervé RIOU curé du dict bourg de Rosgoff en la parroisse de TOUSSAINCTZ, lequel livre contiendra les. NOMS et les SURNOMS de toutz ceulx et,(ici une tache "celles") quy seront baptisés par le dict curé ou par au(ltr)es pbrês (prebtres) habittués et ayant la charge en la dicte eglyse de Nostre Dame de Croix-Baz au dict bourg de Rosgoff.”

(mairie de Roscoff)

On retrouve en 1622 et en 1648 une formulation analogue :

"Registre et cathalogue des NOMS et SURNOMS de tous ceux et celles quy ont este baptises au bourg de Rosgoff par lé soubcure, venerable personne messire Yves LE GOUEROU, etc..." En 1648 le "sous-vicaire" ou curé est Jean Doutoux,

En rédigeant l'en-tête, en français aussi, du 1er registre des fiancailles et mariages (mal tenu)', François QUIDELLEUR recourt à la même formule :

"Registre et cathalogue des noms et surnoms de tous ceux et celles qui ont esté fiancés et mariés au bourg de ROSCO depuis le 25éme jour de juin 1608”.

On notera que l'écriture ROSCO n'est pas fréquente, on écrit généralement ROSGOFF.avec.”G”. Comme il s'agit d'écrits il n'est pas sûr du tout que ROSGOFF soit conforme à la prononciation des autochtones, ni même ROSGO.

Le premier registre des décès va de 1612 à 1668 ; il comporte d'énormes lacunes. L'en-tête est en latin ; il y est question de "NOMINA et COGNOMINA" ; en cours de rédaction on retrouve au folio 23 un rappel en français "Registre et cathalogue des NOMS et SURNOMS de tous ceux et celles qui ont paié le tribut à Nature depuis le 1er jour de janvier mil six centz et dix-huict 1618". La même formulation est reprise au folio 25 ( primier de janvier 1620).

Ainsi COGNOMEN latin est rendu par le français SURNOM ; les dictionnaires du latin classique en sont d'accord. On pourrait dès lors être tenté d'identifier le vocabulaire de nos rédacteurs avec celui des vieux Romains. Cette tentation nous a sollicité longtemps.

Deux exemples empruntés au latin feront apparaître le noeud de la difficulté : Lorsque Cicéron écrit : "Tullius MANLIUS, qui GALLI torque detracto cognomen invenit" (Off. 3, 31), on traduit Tullius MANLIUIS, qui dut son surnom (de TORQUATUS) au collier (torques) dont il dépouilla un GAULOIS". Ce personnage a un prénom Tullius, un nom de famille MANLIUS et un surnom attrapé en une circonstance TORQUATUS.

Le nom de CICERON lui même est un surnom dans le même sens ; le célèbre écrivain était de la famille TULLIUS et portait le prénom de MARCUS.

Nos registres n'emploient jamais le terme de "proenomen"(latin) ni "prénom". Nous avons indiqué déjà que le mot mot français PRENOM est attesté tardivement, en 1556, selon le Dictionnaire LE PETIT ROBERT. Ainsi l’identité des personnes était caractérisée par ces mots de NOM et SURNOM.

Nous aurions aimé connaître l'en-tête du CAHIER DES BAPTEMES au 16e s., aussi bien pour sa formulation que pour dater la mise en service du culte dans notre église. Mais le CAHIER n'a plus son premier folio ; on s'en convainc aisément. En effet la pagination manuscrite est faite par les lettres de l'alphabet. Dans l'état actuel le folio 2 est “d", le folio 3 est “e”, etc... Nous ne sommes pas parvenu à lire ce qui reste de la numérotation du 1er folio, sa bordure étant en lambeaux. Nous y sommes arrivé indirectement. De toute évidence le cahier a perdu deux folios.

Mettant à profit les observations faites sur les vieux papiers bretons par Mademoiselle Jeanne LAURENT dans son ouvrage "UN MONDE RURAL EN BRETAGNE AU XVe siècle - LA QUEVAISE" (p. 49-52) nous avons prêté attention à la structure du papier employé dans ce grand cahier.

Les feuilles ont 282 x 380 mm ; elles sont pliées plusieurs ensemble par le milieu pour constituer des petits cahiers''qui sont cousus les uns aux autres. Le plus souvent en groupe ainsi 4 feuilles donnant 8 folios ou 16 pages. Dans un même registre de St Pol nous avons vu cousus les uns aux autres des cahiers de 6, 8, 10 folios. Les folios de notre registre font 282 x 190 mm.

En transparence la feuille de papier apparaît striée de 12 lignes ou vergeures équidistantes et parallèles au petit côté de la feuille (282mm) ; c'est du papier vergé. Chaque feuille porte en outre en filigrane un dessin, la marque du fabricant : une main aux 5 doigts détachés étendus parallèlement à peu près et pointant sur une couronne.

Notre registre de 1550 est confectionné entièrement avec du papier de cette seule marque ; c'est la preuve que le cahier en son entier est d’une seule venue et fabrication. Avec les autres registres de Roscoff il a été relié il y a quelques années ; il a perdu ainsi sa reliure d'origine, à la différence des registres de saint Pol qui ont encore leur reliure originelle.


LE HAUT ET LE BAS dans le VIEUX BRETON

Nous avons été conduit à étudier les dénominations anciennes du HAUT et du BAS, en breton par les attestations nombreuses sue nous en avons trouvées dans les parchemins et papiers des 16e et 17e siècles relatifs Roscoff et à l’île de Batz. Celles-ci portent avant tout sur des noms de lieux mais nous en avons relevé aussi dans les noms de famille.

Ces vieilles dénominations ne sont pas sorties tout à fait d'usage sur le terroir auquel nous nous sommes attaché ; mais leur interprétation échappe aux indigènes même bretonnants.

QUENECAOU, à l'Île de Batz est encore assez familier et le nom est porté sur une. plaque à l'endroit même. QUENECOUNAN, qui lui fait vis à vis par delà le vallon de KERANTRAON, dans la direction du phare, n’est connu que de très rares iliens. Ce sont là les derniers survivants d'une famille nombreuse de noms de côteaux,ou QUENEC'HIOU usités au moyen âge sur l'Île. Nous recourons à l’écriture QUE plutôt que KE pour suivre la coutume apparue à la fin du 16e siècle et conservé dans l'orthographe de ces noms jusqu'à nos jours.

ROSCOFF a conservé deux emplois archaïques du non de la hauteur : TRAONEAC’H, plage connue de tous et TOR AN NEAC’H, auprès de Kerjestin, bien connu des agriculteurs du coin. Nous verrons s'il ne faut pas leur adjoindre une troisième dénomination, celle du très vieux village de KERGUENEC.

Nous ne connaissons par contre aucun emploi actuel du nom archaïque désignant le bas, le vallon : TNOU.

Un sondage effectué auprès de nombreux bretonnants notre région nous a fait apparaître qu'un toponyme aussi usuel que TROFEUNTEUN n'est plus compris ici de personne. Or il ne s'agit pas d'un très vieux breton. Toutes les personnes consuItées ont traduit par LE TOUR (TRO) DE LA FOUTAINE. C’est une erreur On interprète TRO en breton contemporain alors qu'il s’agit d'une forme apparue après 1600 et qui rend l'idée de VALLON.

Ainsi nous faut-il élucider le vocabulaire "moderne" du HAUT et du BAS avant de remonter dans l’antiquité celte.

Dans un premier chapitre nous traiterons du BAS ; dans un 2ème du HAUT et dans un troisième du préfixe TOR.

1er CHAPITRE – LE BAS

Dans le breton usuel le BAS d'une maison ou d'un site se dit AN TRAON, AN désignant l'article LE. Dans le dialecte du Tréguier, on prononce plutôt TRAOU             ; cette, variante est précieuse, comme nous le verrons. "Le village d'en bas" se rend par KEIR AN TRAON, ainsi à l'île de Batz. A Roscoff ce nom s’est  contracté en KERADRAON.

Ce terme d e TRAON au sens de BAS, de VALLEE se retrouve un un certain nombre de noms de famille portés encore aujoud’hui. Nous en empruntons la liste, à Monsieur GOURVIL dans " Noms de famille de BASSE-BRETAGNEII (1966) :

(LE) TRAON – KERDRAON – TRAOMILIN – TRAONOUEZ – TRAONOUIL – TRAONVOEZ – TRAONVOUEZ -  TRAOUEN - TRAOUEZ - TRAOUROUDER.

A ces noms en TRAON ou. TRAOU il faut joindre la série brève des TRAN : TRANVOEZ – TRANVOUEZ - TRANVOIX et la litanie de TRO : TROBOA - TROBOAS - TROBOE - TROBOIS - TROBRIAN - TROGOFF - TROMEL - TROMELIN - TROMENDY - TROMEUR TROPLOUE,... En effet TRAN et TRO sont d'incontestables contractions de TRAON. De même que nous attirions l'attention sur la forme TRAOU nous mettrions aussi en évidence le préfixe TROU de TROUALEN, TROUBOUL, TROUMELIN. Dans les deux cas c'est la syllabe OU qui est remarquable.


MARIE STUART et ROSCOFF

CHAPITRE III - ROSCOFF en 1560

Le terroir de CROAS-BAS au nord de la rue Armand Rousseau

Notre reconstitution des lieux en 1560 commencera par l'actuelle rue Armand Rousseau, car les terrains achetés en 1560, au nord de cette rue, sont décrits en référence avec les maisons existantes alors.

Pour ce travail nous disposons avant tout de 10 actes s'échelonnant de 1551 à 1565 et archivés à Quimper sous la cote "5 G.329”, première liasse de TOUSSAINT." Nous donnerons au fur et à mesure la numérotation des actes.

A ces parchemins ou papiers, nous joignons un document lapidaire, un écusson de cheminée, toujours en place, dans une maison complètement refaite récemment NEDELLEC). Nous l'avons autrefois publié en commentant la devise . EN ESPERANCE DE MIEUX. Cet insigne marchand daté de 1567 porte la lettre G. Nous savons par nos autres documents qu'en 1560 un GUILLOU (Yvon) était propriétaire d'une maison du côté est de notre rue.

Nous avions pensé un instant que son mitoyen Pierres LE BLANC aurait pu avoir le même monogramme G ; on sait, en effet, qu'en breton BLANC se dit GUEN. Mais la signature de l'intéressé au bas de l'acte n° 20 ne laisse place à aucune hésitation : sa signature en toutes lettres "Pyeres Le Blanc" est suivie de ses initiales - Nous le retrouverons dans la collection des insignes marchands roscovites que nous préparons pour nos lecteurs.

Peut-être n'aurions-nous pas envisagé cette hypothèse d'un BLANC resté GUEN si nous avions prêté attention aux termes mêmes de l'acte n° 20. Les actes que nous étudions, sauf le partage (n° 54.), réfèrent les terrains à des maisons ("vis à vis de ..),mais n'en donnent pas nécessairement les propriétaires.

Ainsi lorsque LAFOREST prend le lot qui est "au devant et vis à vis de la maison de la DESMEURANCE de Guillaume PENLENGRIN on ne peut, sur la foi du seul terme de "desmeurance",.affirmer.qu'il était locataire ni non plus qu'il était propriétaire. Ce qui est sûr seulement c'est qu'il y habitait. Dans le cas, il semble bien qu'il ne fût pas propriétaire (partage n° 54). Certaines familles anciennement implantées comme les Philipes, les Hervé, possédaient des maisons à louer.

Il n'est pas sûr non plus que l'expression "devant la maison de Salomon et Jehan YNYSAN" (n° 9 - 8 Oct 1551) indique les noms des propriétaires. Dans ce cas encore la donation du même terrain dix ans plus tard situe de bien “devant les maisons” des deux veuves bénéficiaires de la donation (n° 44). Or il s'agit ici des propriétaires, ainsi que nous le verrons. Aussi bien rencontrons nous ce Salaün YNYSAN comme locataire dans ce coin en 1527. Il n'y a pas lieu de supposer qu'entre temps il soit devenu propriétaire et qu'il ait revendu entre 1551 et 1561. Aussi. bien nous faut-il prendre garde à l'imprécision de la préposition "devant" qui ne veut pas dire exactement "vis à vis", "dans l’axe". Nous nous demanderons plus bas si la maison (1551) et les "maisons" (1561) se correspondent.

Il est vrai que le travail auquel nous nous sommes attelé eût été singulièrement facilité si tous les documents avaient mis en oeuvre les noms des propriétaires plutôt que ceux des occupants de maisons. Les aveux de propriété faits au Seigneur évêque ainsi que les partages sont rigourex sur ce point. Mais notre lotissement de 1560 n'avait sans doute pas besoin de s'encombrer de la recherche de la propriété des maisons, puisqu'il n'est pas question de mitoyenneté avec celles-ci, mais avec les chemins qui passent devant ces maisons,

Notre LE BLANC - GUEN, quant à lui, achète un terrain "contenant autant de longueur que contient la maison de la desmeurance des dicts mariés" (1er janvier 1550 - n°20). Ceux-ci sont-ils locataires ou propriétaires ? Le document ne permet pas d’en décider. Par contre, le partage GUILLOU du 24 Mars 1565 (n° 54) signale les propriétaires mitoyens de GUILLOU ; ce ne sont pas les LE BLANC - LE ROCH.

Bien des raisons, on le voit, pour le BLANC de n'être pas l'auteur de l'écusson en G.

Ces raisons nous incitent aussi à.ne pas faire de l'implantation prématurée de la maison GUILLOU sur NEDELLEC le pivot de notre recherche. Aussi bien .l'écusson est-il de 1567. Notre intuition était bonne, nous le verrons ; elle nous a soutenu dès le départ. Mais nous n'aurons pas à faire fond sur elle. Entre 1560 et 1567 il s'est passé des choses dans la maison d'Yvon GUILLOU le vieil, et d’àbord la mort d'Yvon lui-même (partage des biens le 24 mars 1565 - n° 54). La maison paternelle échut à l'ainé Jacob. Quels travaux fit-il à la maison paternelle ? Reconstruction entre pignons mitoyens ou simple réfection ? Peut-etre seulement l'insertion d'un nouveau manteau de cheminée avec son blason marchand et sa devise dans une structure de cheminée déjà existante. Cette explication nous parait probable, la maison en pierres de taille qui est mitoyenne étant nettement antérieure à 1567.

Le 1er janvier 1560, Hamon de la Forest et Guillaume Kersaintgily, procureurs de l'évêque pour le "lotissement" se trouvaient à Morlaix chez Jehan an TOURNEVEZ afin de procéder à la première baillée des lots. Ils commencèrent par se servir eux-mêmes. Pour Kersaintgily nous n'avons qu'une allusion que nous retrouverons lorsque nous traiterons de la place de l'Eglise ; nous rertrouverons alors un client du 1er janvier 1560, le chanoine BARBIER.

Nous possédons l'acte passé par Hamon de la FOREST auprès de son collègue procureur. Nous avons cité dans le dernier numéro la délégation de pouvoirs faite par l'évêque et collationnée dans l'acte. Le texte de l'acte révèle des irrégularités, que nous essaierons d'expliquer, mais qui sont sans incidences sur notre travail. L'acte porte le n° 29. Voici la description du.terrain acquis par LA FOREST. N'ayant pas sous la main notre photocopie du parchemin (prêtée) nous donnerons la transcription qui a été prise d'une lecture que nous en avions faite à haute voix.

“Une place et pièce de terre desclose estant au terrouer de CROAS-BAZ en la dicte parroisse de Toussainctz au devant et vis à vis de la maison de la mesmeurance de Guillaume PENLENGRIN et Olive BERNARD sa femme, la dicte place et pièce de terre contenant autant de largeur que contient la dicte maison de la desmeurance des dicts PENLENGRIN et BERNARD et sitte entre un chemyn devalant à la mer illecques (là) d'un costé et aultre place et pièce de terre prise par Yvon GUILLOU le Vieil au devant de la maison de sa desmeurance d'aultre et d'un boult le chemyn qui conduilt de l'église de Sainct Strignon et de l'aultre boult le bord et ripve de la mer illecques chacun en son endroict.”

L'acte possessoire est joint au parchemin ; la prise de possession par LA FOREST eut lieu sur place le 2 avril 1561, "après Pâques''. L'acte fut signé en la maison de la desmeurance de Françoise CLEREC, déjà rencontrée lors de nos déambulations autour de saint Strignon.

Il n'existe aujourd'hui qu'un seul CHEMIN dévalant à la mer sur. le coin du terroir de CROAS-BAZ que nous explorons,: le chemin face à la maison de la Presse. On ne peut appeler, en effet, chemin ni même ruelle ni venelle le boyau long de 25 mètres et large de 1m, ce RIBOUL étranglé qui sépare l’hôtel TALABARDON de la maison ROSKO-GOZ. Plus qu'un accès piéton à la grève, il faut y voir la seule "noue" ou caniveau naturel par laquelle peut s'écouler à la mer une partie (bien faible) des eaux pluviales qui tombent sur TEVEN CROAS-BAZ. Aujourd'hui ce caniveau est pavé. Le fait qu’il ait servi des siècles à la procession matinale des seaux hygiéniques ne l'a pas transformé en "chemin".

Aussi bien l'on s’imagine mal notre premier choisissant s'installant au plus près du cimetière de l'église.

Rappelons que nous avons admis au départ de ces recherches que les structures territoriales de Roscoff en 1846 (cadastre) étaient pour l'essentiel celles du Roscoff du 16e s. et même du 15e s. Jusqu'à présent nous n'avons qu'à nous féliciter de cette hypothèse de départ.

Autour du chemin qui dévale à la mer deux solutions peuvent être envisagées : ou bien il s'agit de l'emplacement SALAUN au sud-est du chemin ou bien il s’agit de l'emplacement AUBRY-BRETON au nord-ouest.

Essayons d'abord la solution SALAUN. Dans ce cas le terrain "pris" par Yvon GUILLOU le vieil ne pouvait se trouver que sur la maison et le magasin NICOLAS. Or, d'après l'acte d'achat de terrain par Jehan GUILLOU le 30 may 1560 (n° 28) la maison d'Yvon GUILLOU, son père, était mitoyenne de celle où demeurent Pierre LE BLANC et Olive LE ROCH, sa femme à la date du 1er janvier 1560

(n' 20).

De la sorte les maisons où demeurent Penlengrin, Guillou et LE BLANC (celui-ci absent nous le verrons) le 1er janvier 1560 se présenteraient dans l'un des deux ordres suivants :

EST      P. G. B.        ou             B. G. P.             OUEST

Nous pouvons écarter d'emblée la séquence.B.G.P. dans le cadre de l'hypothèse LA FOREST sur Salaün car dans ce cas LE BLANC n'aurait eu aucune possibilité d'achat de terrain (non riverain de la mer) devant chez lui.

L'autre séquence P.G.B. ne peut être vérifiée non plus car il y aurait entre LA FOREST et YVON GUILLOU la coupure du chemin.

L'hypothèse de LA FOREST sur SALAUN ne soutient donc pas l'examen.


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