La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 290 - 1974 - Novembre

- Noms et surnoms - Nos anciens registres
- Marie Stuart et Roscoff


Roscoff - archives Feutren - Cadastre centre ville

Cadastre de 1846 du centre de Roscoff


NOMS ET SURNOMS - OU L'ON VOIT C0MMENT ETAIENT TENUS NOS ANCIENS REGISTRES

Le premier registre des baptêmes de Roscoff (1550­1602) est de bonne épaisseur (23mm) : il contient 154 folios écrits au recto et au verso, soit 308 pages. Il s'agissait là d'une épaisseur raisonnable puisque le volume est en bon état, alors que les reliures du temps étaient moins rigides que les nôtres. On s'en convainc aisément par la comparaison avec les registres contemporains Saint Pol.

Porté par une longue habitude nous écrivons le nom de la cité épiscopale sous la forme SAINT POL. Cette orthographe pourtant est aberrante et la coquetterie que met ce pays huppé à tenir comme un -privilège l'orthographe POL est l'effet d'un énorme trou de mémoire. C'est PAUL qu'il faut écrire comme tout le monde. Les documents en font tous foi et la langue bretonne l'atteste éloquemment PAOL, PAOUL. Nous voudrions bien connaître peur le fustige, l'affreux sous-développé culturel qui a inventé et imposé le nom saugrenu de POL ; c'était durant la Révolution française.

Les notaires du pays se laisseront surprendre en délit d'incivisme ainsi Maître Guillaume MENEZ dans un acte du 6 Mars 1829 écrira deux fois au moins saint PAUL (archives J. Salaün).

Pour en revenir aux vieux registres de saint PAUL, on eut la main moins heureuse à la. ville qu'au bourg dans l'achat des Cahiers. Le premier registre qui soit conservé à Saint Paul est postérieur au premier de Roscoff. Il donne les baptêmes des 7 paroisses entre 1566 et 1592 (archives St P. E1) : son épaisseur n’est pas excessive, mais il a beaucoup souffert aux premiers et aux derniers folios. Les registres suivants ont été les pitoyables victimes de leur épaisseur monstrueuse: E2 (1593-1607), E3 (1608-1621). Ce dernier E3, par exemple, est constitué de 534 folios ; il bedonne outrageusement sur la tranche ; les coins des folios se sont enroulés les uns sur les autres comme des cigares.

Par une coïncidence curieuse nous retrouvons sur le papier du 1er registre roscovite (1550-1602) la marque que mademoiselle Jeanne LAURENT publie dans son livre déjà cité (planche VI - folio 4, année 1544). Le document est un mémoire concernant l'abbaye de Bégard, dans les Côtes du Nord. Le format du papier est le même apparemment (290 x 190mm - contre 282 x 190mm à Roscoff).

La reliure moderne a donné lieu à des soins importants aux premiers folios en particulier ; ceux-ci ont été consolidés par du papier transparent très fin. Il nous semble que les folio sont distribués ainsi par feuille de papier (e + f), (d + g) et (1 + h.). Dès lors 1 (actuel) ne peut être que C, Il manquerait ainsi les folios a et b. En supposant, ce qui est probable, que le cahier avait son en-tête, il resterait de la place sur ces deux folios pour 6 à 10 baptêmes. Le premier baptême conservé (folio 1) étant du mois d'avril 1550, il est raisonnable de placer en 1549 le premier baptême célébré à Roscoff.

Avec l’entête du registre de St Paul (E3 - baptêmes des 7 paroisses 1608-1621), nous revenons à notre sujet, la recherche du sens des mots NOM et SURNOM. Cet en-tête est ainsi libellé :

“Papier et registre commun aux sept vicaires ou recteurs des sept vicariats et paroisses du minihy de saint Paul pour y insérer et enregistrer les NOMS et SURNOMS de ceulx qui des dictes paroisses seront à l'avenir baptizés sur le fond baptismal de l'eglise cathedrale de Leon. Et le present registre est mis en l'armoire commun aus dits vicaires pandant et estant affixe au pilier joignant les fond-baptismaux... Le présent registre contient le nombre de 534 feuilles quy sont cottées, estant 2 feillets au commencement en blanc et deux autres en la fin du présent registre.”

Nous mourons tous de CERTITUDES FACILES, que rien souvent ne justifie. Les certitudes authentiques, dignes d'être communiquées à autrui, sont presque toujours LABORIEUSES, au double sens du mot : elles réclament beaucoup de TRAVAIL et de PEINE.

Nous avions été frappé, certes, par deux emplois de nos mots de NOM et SURNOM sous la plume avertie du sous-vicaire françois Quidelleur. Le 16 février 1610 était baptisé Marc fils de Marc MOREAU (chirurgien dont nous parlerons plus bas) ; les parrains furent "honorabilis mercator Yvo GUILLOU cum ejusdem AGNOMINIUS Magdalena” ; en français :”honorable marchand Yvon Guillou avec Magdelaine du même surnom” (à savoir Guillou} .

Une autre fois c'est dans un acte de décès du 24 novembre 1615 : “Parvula noie (abréviation de NOMINE et COGNOMINE LUDOVICA PAP” - Une petite fille NOM et SURNOM Louise PAP.

Manifestement ici le nom est notre prénom - le SURNOM, le nom de famille.

Mais précisément le même folio 9 de 1615 qui rapporte les décès, nous met sous les yeux deux emplois qui semblent infirmer notre interprétation. “François RIOU noie (nomine) “ “proesens fui” vocatus “; appelé du nom de “Présent fus” (23 déc. 1615).

Et fin novembre : “Margarite AN OZEC'H-CRE cognomento POCHAN”, de “surnom” POCHAN, ici sobriquet. Aujourd'hui le mot POC"HAN désigne à Roscoff un “richard”, un homme aux reins solides, un homme qui en impose.

Le patronyme POC’HAN est attesté pour deux pères de famille, Hervé (12 février 1608) et Jacques (29 Oct 1621) ; en 1608 on a ajouté en marge LE FORTHOMME. C’est l’exacte traduction de AN OZEC’H - CREFF ( CRE ), LOZACHCRE. On ne connait aujourd’hui que LOZACHMEUR (Le CHAMPION).

Le registre des mariages (1608-1669) présente, un folio 14 singulièrement brouillon. La numérotation; d'abord, est mauvaise ; il s'agit du folio 24. Au bas du recto se lit un acte d'une écriture grande et lâche ; il est signé mais barré. On y lit que le 22 janvier 1623 (c'était un dimanche) Alain Roudaut et française LOCHACREFF du bourg de Roscoff se sont fiancés en la chapelle de Sainct NINYIAN. Au verso, après l'acte de “lépousaille de Jacques RIOU et tepota Bernard” (21 janvier), on lit un nouvel acte barré “Le dict jour (21 janv.) fut fiancé Alain Rioudaut et Françoise AN (sic) OZEC'HCREFF aultrement Forthomme en la chapelle de monsieur sainct Ninian, bourg de Roscoff es presances des soubz signantz . Y Gouerou.”

Au folio 25, nous découvrons enfin une 3e rédaction (non barrée) “Le vignt (écriture courante au 16e s. et à laquelle GOUEROU se tient au lieu de vingt) et deuxiesme jour de janvier mil six centz vignt et trois furent fiencés en la chapelle de monsieur sainct Ninian honorables gens Alain Roudault et françoise LE FORTHOMME es presances du soubzsignantz, Y. GOUEROU”

Dans notre transcription du groupe CH nous commettons une infidélité à l'écriture de tous les documents que nous avons sous les yeux, Nous écrivons C'H pour éviter aux lecteurs la tentation d'une prononciation saugrenue VACHE, ACHAT, CABIOCHE (CABIOC'H). En finale de mot CH peut avoir la prononciation K ; ainsi sous la plume de Bonyou, le 2 mai 1587 : “Poli en FLAMANCH”. Les partisans de POL auraient tort de se réclamer de Bonyou q il n'est fort ni en latin, ni en français, ni en breton : il écrit “en” pour “an” (le), alors qu'il faudrait d'ailleurs écrire AR. Il n'y a eu à Roscoff aux 16e / 17e siècles qu'un seul prêtre à employer l'article défini breton (AN) avec une correction relative, il emploie An à peu près toujours quand il le faut ; mais nous semble-t-il, il ne. connaît pas AL (ainsi AL LANN). C'était entre 1604-1603.

De même que le CH de FLAMANCH se prononce K ou C, de même CHOCHART doit se prononcer COCHAR”, (13 févr 1589).

C'est au début du 17e. siècle, selon Emile Ernault “qu’apparaît l'apostrophe pour distinguer le CH celtique de FLAC’H ( béquille) du CH français FLACHI (bouger) (“vocabulaire breton-français” p. IX). Nous pouvons verser au dossier du C'H breton un seul exemple, tout à fait remarquable, sous la plume de Guillaume DILACER. L'écriture est belle, claire, le latin est bon : le 20 sept. 1569 est baptisé Jean (devenu Jeanne chez Pascal de Kerenveyer!) fils de François an HIR et Amice GUIOARC'H. L'apostrophe est indubitable au-dessus du C lié à H.

Dilacer aurait-il été un précurseur ? On penserait plutôt à un incident de parcours.


MARIE STUART ET ROSCOFF

CHAPITRE III - ROSCOFF en 1560

II - LE TERROIR DE CROAS BAZ AU NORD DE LA RUE ARMAND ROUSSEAU

Nos analyses précédentes nous ont fait rejeter l'identification du terrain LA FOREST avec l'emplacement de la maison de Mr Elian SALAUN. Il resterait donc la solution AUBRY-BRETON ("Les Mouettes"), ce qui entraînerait sur la rue Armand Rousseau la séquence d'est en ouest - P-G-B.

Ce résultat nous paraît acquis. Mais nous tenons à le confirmer et par la même occasion, établir encore une fois la solidité de notre hypothèse fondamentale, rappelée plus haut, sur la stabilité des structures territoriales de Roscoff. Pour ce faire, plutôt que de nous attarder à des tentatives autour du RIBOUL collecteur des eaux de pluie, plutôt que d'évoquer l'existence possible d'autres chemins aujourd'hui disparus qui auraient dévalé à la mer, nous allons prendre la rue Armand Rousseau à l'Ouest et tenter de rejoindre P-G-B et LA FOREST à l'Est de la rue. Pour l'instant en effet, nous n'avons mis en oeuvre qu'une partie de notre documentation.

Le 8 Octobre 1551 (acte n° 9)., Révérend Père en Dieu Christofle de Chauvigné (celui qui avait tenu tête aux Roscovites pour leur église) cède à noble et vénérable personne Maistre Francoys PARCEVAUX, chanoine de Léon demeurant à Sainct Paul “une pièce de terre froste et nue quicte de rante et cheffrante sitte en la paroisse de Toussainctz au fye proche de nostre court terrouer de CROAS BAZ entre le chemyn qui conduilt du MOGUEROU à la chappelle nostre Dame de CROAS BAZ, aultre chemyn qui conduit de la chapelle Sainct Strignon au grand chemin du “passege” (mot de lecture douteuse) à CROAS-BAZ, la terre de NYCOLAS THEPAULT.... La piece de terre assise pres et devant la maison de SALAMON et JEHAN YNYSAN  au dict terrouerr moyesnant les dicts chemyns sauffs. “

Le terrain est cédé contre une rente annuelle sols 6 deniers.

Le terrain du chanoine est celui-là même, où est implantée aujourd'hui la mairie, sauf la bande de terre de la “vieille mairie” qui sera achetée en 1560 par LE MACZON. Le terrain de Nicolas THEPAULT est la partie de la propriété CAZIN d'HONINCTHUN qui longe la venelle du docteur, Denis; nous y viendrons lorsque nous en aurons fini avec la rue Armand Rousseau.

Dix ans plus tard, le 22 avril 1561 (acte n° 44), le chanoine cède le terrain à titre de “donnaison” à deux veuves. La pièce de terre est alors décrite avec des précisions nouvelles. “Une pièce de terre : (avec) son les (largeur) et longeur sitte es dicts bourg (de ROSGOFF) et parroisse (de Toussainctz) ou (au),terrouer et MECTES (un mot que nous étudierons) de l'esglise et chappelle de Nostre Dame de Croas BAZ entre le chemyn et ruelle mesnant du terrouer du MOGUEROU à la dicte chappelle. Aultre chemyn et rue mesnant de la chappelle de SAINCT STRINGNON (le G pourrait être pris pour Y, mais la queue de la lettre tournant à gauche et non à droite comme pour Y, il s'agit bien d'un G) a la dicte chappelle de Nostre Dame et aux maisons des dictes veuves et devant lesquelles maisons est sitte la dicte piece de terre et une piece de terre nouvellement closee par Philipes Le MACZON et sa fame." (voir n° 22 plus bas).

Les deux veuves sont Jehanne Philipes, demeurant à Roscoff rive droite (Toussaint), “veuffve” de Jehan HERVE et Françoise MANACH, “veuffve” de Yvon BOSSEUC, demeurant en la paroisse Saint Pierre (rive gauche), sans qu'il soit précisé “bourg de Rosgoff”. Ces dames sont propriétaires des maisons, mais n'y habitent pas. Il n'est pas improbable que les YNYSAN aient habité, comme nous le verrons, une maison voisine de celles-ci, vers lest, précisément là où nous allons retrouver LE MACZON.

On aura reconnu dans le chemin qui mène à CROAS-BAZ, l'actuelle rue Louis Pasteur (rue de la Mairie) ; en 1560 l'entrée principale de la CHAPELLE de CROAS-BAZ était à l'emplacement de la chapelle aux albâtres ; celle-ci ne sera construite qu'en 1534 et ce sera en l'honneur de saint Joseph. Quant à la rue qui mène aux “maisons des veuves” c'est notre rue Armand Rousseau.

La délimitation du terrain du chanoine est assez détaillée pour que nous puissions implanter avec certitude ces maisons sur les actuelles maisons GUYADER (à l'angle) et SALAUN. Celle-ci est moderne ; la maison Guyader a été reconstruite an 1603 (lucarne avec la date),

La présente étude ne nous oblige pas à faire l'attribution des maisons à l'une ou l'autre des deux dames. Il nous suffit qu'elles soient “les maisons des dictes veuffves”, que nous symboliserons par VV.

Cependant nous inclinons à attribuer à Jehanne PHILIPES la maison sur l'emplacement SALAUN ; il s'agit d'un bien personnel de la veuve. Nous en reparlerons plus bas à, l'occasion d'une vente de 1527 qui fait apparaître qu'à cette date une maison des beaux parents de LE MACZON sur ce site est mitoyenne d'une terre (non construite) de Guillaume Philipes.

Si nous interprétons bien ce texte, la première maison construite sur l'emplacement SALAUN (rue Armand Rousseau) serait placée dans la fourchette 1528 – 1561. Nous aurons la possibilité de procéder à une vérification de cette conclusion par le recours à certains documents que nous avons sur les biens de la famille de Jehan HERVE.

Plusieurs observations nous sont suggérées par ces 2 documents (n° 9 et 44).

Nous avons vu précédemment l'opposition de saint Paul à reconnaître à Roscoff le droit d'avoir une EGLISE ; on voit que le terme technique de “CHAPPELLE” (non EGLISE) revient souvent sous la plume des scribes de Saint Paul autour de 1550.

Les veuves, d'autre part, sont tenues de verser la rente annuelle de 2 sols 6 deniers ; c'est un peu plus du double de la rente affectée, aux lots de 1560 (10 à 12 deniers). Le terrain est de façade double. RES MIRANDA ! chose étonnante ! Il ne parait pas que le chanoine ait voulu faire de la spéculation foncière et qu'il se soit octroyé une quelconque plus-value. Mais les actes notariés disent-ils tout ? Nous découvrirons au moins quatre cas de spéculation foncière aux 16e & 17e s. sur le terroir précisément de CROAS-BAZ.

Le nom de famille LE MACZON est de ceux qui ont le plus oscillé durant le 16e s.,et le début du 17e siècle, On trouve MANCON, MASCZON, MASSON - ce dernier semble avoir fait l'accord. L'orthographe MACZON fait apparaître une origine probable de la cédille sous le C pour le prononcer comme S dur ou SS : le cédille serait la queue témoin d’un “Z” minuscule en écriture courante.

Nous ajoutons une autre remarque orthographique. Le “S” final des “prénoms” Philippes, Pierres est de pratique courante au 16e s. et auparavant. Nous l'avons conservé dans Jacques. L'origine en est la finale latine de ces. noms : “US”. Si le Léon a rendu volontiers Jacques (Jacobus) par JACOB, la Cornouaille a préféré JAKEZ. Les registres de Roscoff présentent de nombreux cas d'une forme analogue de Pierre PERES (PEZRESIUS). Nous présenterons une note sur ce prénom breton de Pierre.

Les maisons W étaient mitoyennes à l'est de la demeure de Philipes LE MACZON (marchant). Celui-ci, le 23 novembre 1560 (n° 32), se porte acquéreur contre une rente annuelle de 12 deniers monnoie d’une place et issue estante au devant et vis à vis de la maison où demeure le dict MACZON à présent ou dict bourg de ROSGO et à la largeur de sa dicte maison contenante vingt et huict pieds de largeur (environ 9m), à prendre la dicte issue droict de la dicte maison du dict LE MACZON moiennant le chemyn jusques au cimitière de leglise de Nostre dame de CROAS-BATZ sauff le chemyn illecques conduisant à la dicte eglise”.

On notera qu'à cette époque (1560) le chevet de l'église se trouvait à l'entrée du choeur actuel.

Philipes LE MACZON déclare ne point scavoir signer; la chose est étonnante de la part d'un “marchant”. Il “prie noble maistre Jehan de Lanuzouarn, sieur des SALES de signer cestes pour luy”. Ca devait coûter assez cher de ne pas savoir signer soi-même.

L'actuelle maison MEIN-KOZ (Bellec Talabardon) occupe l'emplacement LE MACZON (vers l'ouest) et un deuxième emplacement vers l'est que nous allons déterminer, mitoyen de LE MACZON.

Le terrain acheté par ce dernier vis à vis de sa maison est le lot sur lequel sera construite la “visible Mairie”.

En ce point précis de notre analyse les archives de monsieur Renaud d’HERBAIS (Archives Kerestat) nous sont d'un très grand secours pour commenter l’indication “où demeure à présent” le dict Maczon et expliquer comment il y est venu demeurer. En effet, pour le plus clair, ces archives sont constituées par les papiers et parchemins de famille introduits dans la famille d'HERBAIS par le mariage de Marie Françoise PRIGENT-KERLIDEC (18e S.) Par les PRIGENT on remonte aux MASSON puis à LE LES (début du 16ème s. )

Les MANZCON sont attestés dans les actes de baptême de Roscoff, la 1ère fois le 12 janvier 1551. Nous lisons RICHARDE, fille de Jehan AN MANZCON et Amice AN LES. 0n relève d'autres familles MASSON au 16e siècle : Pierres (rendu par PEZRES), Robert, Ollivier, Perrine. Les parrainnages laissent à supposer qu'ils n'étaient sans doute pas de la même souche que JEHAN. Nous ne trouvons pas trace de Philipes dans ce même registre. Son alliance, avec la famille LE LES implantée à CROAS BAZ apparaît dans un acte “du tiers (30 jour d'aoust 1582 “ (archives h).

“Philippes LE MACZON et.Jeanne LE LES sa femme de luy auctorisée au contenu de cestes ont avec le gree et consentement de Janne Le Masson leur fille toutz demeurantz au bourg de Rosgoff en la paroisse de Toussainctz vendent à sire hervé Floch demeurant es dicts bourg et paroisse, une issue et aplacement de maison sitte es dicts bourg et parroisse vis a vis de la maison o demeurent les dicts vendeurs”.

L'acte fait état alors de l'achat de 1560 (n° 32) qui charge le terrain d'une rente annuelle de 1 sol à verser à l'époque ; il signale aussi, sans en donner la teneur “un certain accord entre LE MACZON et sire Jan Philippes (17 avril 1577)

Nous découvrons ici notre premier cas de PLUS-VALUE foncière, Les LE PACZON retirent de la vente la somme payée comptant de 130 escus sol(eil) ; sur la base moyenne de l’écu (scoët) valant 3 livres cela donne 390 livres soit 7800 sols ou 7800 fois la rente annuelle à verser à l'évêque ! On sait qu'en ces époques la pratique du DENIER VINGT (soit 5%) était courante pour l'arrentement d'un bien. Ainsi “payé une fois”, comme on disait le terrain LE MACZON eut valu 20 sous, soit une livre.

Certes les vendeurs avaient “closé” le terrain côté chanoine, mais était-ce une muraille : Le terrain n'étant pas construit encore en 1582 on ne peut assurer que le mur du cadastre de 1846 date de ce temps. Quant à la mitoyenneté du côté est elle donnera lieu dès 1562 à un procés relatif à un mur construit par LE MACZON avec empiètement chez le voisin. On nous précise que ni vendeurs ni acquéreurs ne “scavent escripre”. C'est très probablement cet HERVE FLOCH qui construira (avant 1600) la “vieille MAIRIE”.

Le 23 novembre 1560, Philipes LE MACZON est installé de fraîche date dans la maison de CROAS-BAZ ; c'est la signification de l'indication "où demeure A PRESENT”. Sans pouvoir préciser la date de son déménagement nous pouvons dire d'où il venait et les raisons probables de sa nouvelle domiciliation.

Par sa femme Jeanne LE LES, Philipes LE MACZON est le gendre de Guillaume LE LEES et Catherine LE GUEVEL. A défaut d'acte de mariage (le 1er étant de 1608) nous..pouvons produire un parchemin (K - 11 aougst 1557). “Guillaume LE LES et Katherine LE GUEVEL sa fame, espouse demeurantz au bourg de ROSCOFF en la parroisse de Toussainctz et Philipes LE MASCZON; mary espoux de Jehanne: LE LEES en nom et comme garde naturel de ANNE LE MASCZON sa fille du dict Philipes procréée en la dicte LE LEES durant leur mariaige ensembles desmeurant en la parroisse de Sainct Pierre d'une et aultre part” ont rendez-vous à Sainct Paul avec les notaires. “Laquelle LE GUEVEL donne au dict Philipes garde naturel de sa fille Anne pour que celle-ci en jouisse des a, present” “SCAVOIR est une maison 0 (avec) son courtill (liorz er breton), estable, crèches..., en laquelle maison demeurent les dicts MASCZONS et la dicte LE LEES comme sont sitts en la dicte paroisse de Sainct Pierre et terrouer de ROSCOFFCOZ."

" Et pour ce que la dicte GUEVEL rie scait escripre ne signer elle prie son dict mary à signer pour elle ces escriptes de Prigent BARRNAN." En réalité il n'a pas signé l'acte que nous avons sous les yeux - On y lit deux signatures - sans le mot Passe. Y MEASAN GUEN (notre Mesguen) et Barrnan.


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