La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 291 - 1974 - Décembre

- Noms et surnoms - Nos anciens registres
- Marie Stuart et Roscoff


NOMS et SURNOMS

OU L'ON VOIT COMMENT ETAIENT TENUS NOS ANCIENS REGISTRES

Rappelons l'objet précis de cette étude : nous cherchons à établir la signification des deux termes “NOMS et SURNOMS” au cours des siècles qui ont précédé la Révolution.

Dans cette perspective, les rédactions françaises d'actes de baptême au 16e siècle pouvaient apporter des éléments d'explication. La langue courante de nos rédacteurs est le latin. Sur les 1624 baptêmes enregistres dans le premier volume (1550 - 1602), 52 seulement sont rédigés en français. Nous les avons relus une nouvelle fois. Les 43 premiers actes en français (du 29 Avril 1552 au 15 février 1580) s’expriment ainsi comme le premier, à des détails près . “Le 29e jour dapvril lan mil cinq centz cinquante deux fut baptizé MAHE filz naturel et legitime de Jehan ROUDAULT et Estiennette HEMAR sa femme. Les parrains Mahé HENRY, Jacques RIUAL, la maraine Marie BERTROM Tesmoign mon singn manuel cy mis

            Y. Morice pbre   -    (folio evo)

Mahé est une forme bretonne de Matthieu ; MAZE aussi. La signature manuscrite porte le nom francisé de Y. MORVAN. Le nom BERTROM ou parfois BETROM ou BETRAN rend notre BERTRAND.

Entre le 15 Février 1580 et le 7 avril 1591 on ne relève aucun acte en français. Les 9 derniers actes en cette langue, à partir du 7 avril 1591, expriment l'idée de parrainage d’une même façon, bien différente de l'écriture précédente. Citons sous la plume d'un réfractaire au français (2 seuls cas pendant plus de 20 ans de service) : françois BONYOU, un acte de 1600 : “Ce uniesme jour de mars l'an -1600- fut baptisé une fille à Jan L'avelet et Olyve LE MEN sa femme et FUT NOMMEE LEVENEZ  par honnorable marchand francois Jeffroy parrain et honnorable et honneste fille Ktherine Jamect marayne touts de ceste parroisse de Toussainctz le jour et an surdictz et ainsy signé par moy soubzsignant - f. Bonyou.

Cette formulation nouvelle qui rappelle une des fonctions des parrain et marraine, le choix du nom (prénom) n'établit pas que le nom de famille était désigné par le terme de surnom.

Ce dernier acte met sous nos yeux un bien joli prénom breton “LEVENEZ” - en latin “LETICIAS, LA JOIE”. Il nous donne aussi l'occasion de faire mémoire de notre GENEALOGISTE Pascal de Kerenveyer. Il est arrivé plus d’une fois nous l'avions écrit, que la conjonction “et” entre le “nom” du père et celui de la mère ait été soudée par le rédacteur au nom du père. Dans le cas présent le nom L'avelet termine la ligne (les anciens ne coupaient jamais les mots en fin de ligne) ; la ligne suivante commence par “et Olyve...”. Le nom AN AVEL étant connu, nous aurions pu penser à une erreur d'écriture. En réalité on retrouve le nom du mème couple écrit AN AVELET (26 janvier 1607) sous la plume de Vincent Vaillant ou de MAO. Hervé RIOU écrit ADENET pour ce couple le.12 novembre 1603 ; mais c'est un rédacteur peu débrouillé. Le fait cependant qu'il ait enregistré à l'oreille la finale ET confirme la lecture L'AVELET. Kerenveyer, ici, a. bien lu.

Notre général était bretonnant ; nous venons â peine de l'apprendre. Dans un petit livre récent (1973) édité par KENDALC’H, Pascal de Kerenveyer est l'un des trois seuls écrivains en langue bretonne au 18e siècle dont l'oeuvre mérite d'être signalée. Il s'agit de “AR FARVEL GOAPER” pièce de théâtre écrite vers 1770. Il va falloir aux Roscovites se mettre en chasse du BOUFFON MOQUEUR de leur illustre compatriote. Peut-être même aurait-il écrit d'autres ouvrages. Le mot “AVELET, éventé” se dit de la viande et du vin. “PENT AVELET” se dit d'un étourdi, d’une fille évaporée”.

Le général a été moins heureux en inventant une famille ADENET sur la foi d'une orthographe fantaisiste de Riou. En outre il a eu tort, ne sachant qu'en faire, de caser dans la famille L'AVELET une certaine Jeanne (Jean en réalité) AN, AVELAAS, dont le papa est Jean et la, maman Catherine Caro, ce qui l'oblige, de surcroît, à attribuer à ce Jean un deuxième mariage avec la dénommée Catherine ! (10 avril 1609).

Le tandem pluriel "NOMS et SURNOMS" usité aussi bien en latin qu'en français dans les en-têtes, déjà cités, de nos registres du 17e siècle nous rendait perplexe. On n'entendait certes pas suggérer par la forme plurielle que chaque: enfant, par exemple, avait plusieurs noms et plusieurs surnoms éventuellement. Nous le verrons plus bas, les doubles prénoms, tel Jean-Marie, apparaitront au milieu du 17e s. seulement à Roscoff. Il eût été plus clair d'écrire, nous semble-t-il, “le NOM et le SURNOM de tous ceux qui ont esté baptisés”.

D'autre part, on sait qu'à Roscoff comme en bien d'autres terroirs le PATRONYME (nom de famille) depuis des siècles était oblitéré par un surnom - sobriquet d'usage courant. On aurait compris que les rédacteurs des registres aient voulu réserver l'éventualité d'une identification de l'enfant par le surnom-sobriquet de son père. Même aujourd'hui bien des Roscovites seraient en peine de donner d'emblée le patronyme de leur voisin, qu'ils ne connaissent usuellement que par leur sobriquet familial. Nous ne donnerons aucun exemple contemporain, pour ne blesser ni ne flatter personne. Nous citerons plus bas Jan MAREC – “cochon ou tête de cochon” - au 17e siècle.

Ainsi la signification du terme SURNOM chez les Romains comme dans le français moderne, l'extension générale dans nos régions des SURNOMS SOBRIQUETS et la formulation “NOMS et SURNOMS” au pluriel nous ont caché longtemps le sens que l'on attachait à ces deux-termes depuis le haut Moyen-âge jusqu'en plein 17e siècle. Nous nous étions même demandé si leur terme de NOMS (au pluriel) ne désignait pas l'ensemble,PRENOM et NOM de famille.

Nous sommes parvenu à présent à la conviction que NOM désignait alors ce que nous appelons maintenant, à la suite des Romains, PRENOM. Quant à SURNOM il recouvrait indistinctement tous les PATRONYMES, qu'il s'agisse de NOMS de famille provenant d'un lieu, comme PENHOAT, d’un authentique surnom-sobriquet, comme BIHAN (petit), d'un nom de métier, comme GUIADER (tisserand); d'un ancien NOM-PRENOM comme PRIGENT, GUEGUEN, HERVE ou des composés ABHAMON (descendant de HAMON).

Les patronymes nobiliaires ne font pas exception à la règle.

Nous avons été conduit peu à peu à cette conviction par une longue familiarité avec les vieux registres de Roscoff et les parchemins et papiers du 16e s, et du début du 17e siècle.

Les surnoms au sens des Romains et des modernes sont extrêmement rares dans ces documents. Ils n'eussent pas été utiles pour l'identification des intéressés, en particulier dans les baptêmes. De surcroît, dans bien des cas, ils eussent été désobligeants, Ainsi Jan VIREC est souvent cité dans les COMPTES de l'église au 17e s. il était “serviteur de l'église”, comme notre cher SAIK CASTEL. Fréquemment il est affublé de son sobriquet, orthographié de façons bien diverses :

Prononcé en breton comme il se doit, ce sobriquet donne soit LE COCHON, soit COCHON, soit TETE DE COCHON. On goûtera dès lors la saveur de la prise en compte de l'offrande des 4 sols 6 deniers en mars 1650 :

“Plus receu de JAN PENMOUCH pour un PETIT COCHON qu'on auroit donné à la fabrice “(folio 146). C'était l'année de la construction de l'orgue par Thomas HARRISSON ; un manœuvre ou darbareur gagnait alors 8 sous par jour.

Le sobriquet a pu tenir plusieurs générations alors même que le patronyme était déjà bien fixé. Nous en avons un exemple probant dans les PRIGENT dits GUILLOUX. Dans le dernier numéro nous citions HERVE. Nous pouvons lui adjoindre LORANS (comptes du 17e s. folios 120, 129, 132) et Guillaume (comptes 1646 fol. 140). Ce sont des PRIGENT dicts GUILLOUX (chanteur ambulant). On trouve dans les mêmes comptes (folios 186-vo et 187-ro)

“Le 31 mars 1670 payé à Paul GUILLOUX pour quattre saulmes de sable  - 10 sols.”

“Le 22 may 1670 payé à Paul PRIGENT pour cinq saulmes de mortier et un de sable - 10 sols. “

Dans les deux cas il s’agit de travaux de toiture. C'est un seul et même fournisseur. Le terme de saulme désigne une charge (mesure) ; le mot est conservé dans “bête de somme”. Nous aurons l’occasion de parler du “mortier” dans un article que nous préparons sur la technique ancienne de couverture d'ardoises “sous lattes” qu'évoque le cahier des comptes. On disait en breton “dindan goizlas”. Ce mortier c'est de l'argile.

Ce sobriquet familial est attesté 100 ans plus tôt, dans un acte de baptême en date du 12 février 1568. La rédaction est française (fait rare), ce qui en augmente l'intérêt pour notre propos “le dousyeme jour de febryer fust bâptize RONPARZ fis naturelle et legitime de Bizien PRIGENT dit Guillous et anne Le Guen sa fame et expouze et furent parantz et matrones RONPARZ MONRICE et Jehan PRIGANT dit Guillous - matrone Katherine JAC et filipe le FOU l'an 1568 temoin mon sin manuel (ma signature).

Y. David,

Le confrère n'est manifestement pas très. débrouillé et transcrit curieusement par ON le son “0”. ROPARZ est la forme bretonne de ROBERT - Morice c'est MORVAN breton. Ce Roparz MORVAN est le notable au grand coeur qui prendra l'initiative de fonder st Nicolas à Noël 1574, Il méritait à tout le moins une mention, en attendant mieux si du moins on fête le 4ème centenaire de cette fondation.


MARIE STUART et ROSCOFF

CHAPITRE III - LE TERROIR DE CROAZ-BAZ  au NORD de la rue Armand Rousseau.

Notre étude sur ROSCOFF en 1560 prend de l'ampleur et sa publication s'étale sur un temps assez long, ce qui nous contraint de faire rapidement le point avant de donner la suite.

Présentement nous sommes en train d'identifier les premiers acquéreurs des terrains situés au nord de la rue Armand Rousseau, à savoir le bord de mer et la bande, de terre occupée par les constructions qui vont de la venelle du docteur Denis à la Maison de la Presse. Ces achats se sont effectués pour l'essentiel entre 1551 et 1565.

Le chanoine PARCEVAUX a acquis le terrain de la Mairie (sans le terrain de la vieille mairie) en 1551.

Le terrain de la vieille mairie a été acheté en 1560 par Philipes LE MACZON, sa femme était Jeanne LE LES, fille de Guillaume et Katherine LE GUEVEL. C'est de ces derniers que nous nous entretenions dans- le numéro précédent.

Nous savons par un échange de terres à Kerguenec entre Guillaume LE LES et Jehan CADOUX que le premier habitait à ROSGO-COZ (8 février 1524 - archives K de M. Renaud d’Herbais). Il nous semble que la maison était du patrimoine de sa femme ; une donation citée précédemment confirme notre sentiment. Dans l'acte de 1524 nous retrouvons une signature MEAS AN GUEN avec le mot “passe” caractéristique des notaires bretons anciens.

En 1527, Guillaume LE LES achète un ensemble de deux maisons à CROAS-BAZ, côté Toussaints. C'est là que nous. sommes présentement. Nous raconterons longuement cette opération à la suite de notre travail sur la rue Armand Rousseau. En 1560, notre Philipes s’installe à CROAS-BAZ; les beaux parents étaient peut-être décédés. Philipes, en tout cas, aura un procés avec Jan CABON pour la mitoyenneté du puits de sa-maison - l'affaire fut réglée en même temps que celle du mur précédent.

Nous savons en tout cas que le 26 avril 1558 Guillaume LE LEES et -sa femme sont en vie ; on parle d'eux, incidemment dans une transaction entre “Philipes le Masczon et Jehanne Jeffroy demeurantz en la parroisse de St Pierre, estagiers de la court de Sainct PAUL”. “Estagiers” : manants ou habitants des résidences en dépendance féodale de la Cour. Autrefois on écrivait “Court”, de là : Courtois, courtisan.

Il s'agit ici d'un contrat d'échange qui concerne “une maison et une vueille mazière... sitts en la dicte parroisse de sainct Pier(r)e au BOURG de ROSCOFF-COZ” (archives K). C'est la.première fois que nous voyons ce hameau désigné comme un “bourg”. Cette dénomination ne doit en aucune façon suggérer l'idée que ROSCOFF-COZ est le bourg primitif; seul le terme COZ viendrait au sujet.

Les paroisses avaient autrefois plusieurs “bourgs” ; celui où l'église était implantée s'appelait le “bourg paroissial ou trévial”. Santec, à la date de notre document (1558) avait 3 bourgs : Pouldu, Santec (tout petit auprès de la chapelle) et MENRONIANT (la Roche).

Nous retiendrons de ce même document l'emploi du terme “LES CONTRAHANTS” proche du latin, que nous avons remplacé par l'inélégant “contractants”.

Cinq jours après l'achat par LE MACZON, son voisin et collègue “marchant” Jehan CABON (il signe CABOUN) fait l’acquisition du lot mitoyen au précédent - le 28 novembre 1560 (n° 33). Le terrain est ainsi décrit : “une placze et piece de terre estante sitte en la dicte parroisse de Toussainctz au bourg de ROSCOFF OU terrouer de CROIX BAZ vis à vis la maison du dict CABON où il desmeure entre deux aultres placzes obtenues par Olivier GUILLERMOU et philipes LE MASCZ0N du dict Seigneur a pareil tiltre, le chemyn d'entre la dicte maison et aultre chemyn conduisantz l'un de la chappelle monsieur Sainct STRIGNON à la chapelle de Nostre Dame de CROIX-BAZ (Réveillère et Pasteur) et l'aultre chemyn conduisant de la dicte chappelle Monsieur sainct STRIGNON au terrouer AN MOGUEROU et à la RUE DU KERDALAHEZ”. Ce dernier chemin est la rue Armand Rousseau qui se retourne à 90 degrés vers LE MOGUEROU et pousse une bifurcation vers la rue Albert de Mun (autrefois rue du KERDALAHEZ - puis GARDALEAS) par la venelle AN HIBIL.

La rente annuelle à verser par Jean CABON est de 12 deniers monnaie (1 sol). Ce marchant devait occuper une maison sur la moitié est de MEIN KOZ (Vieilles pierres).

Un procès en mitoyenneté surgit presque aussitôt entre les deux voisins LE MASSON (“deffandeur”) et Jehan CABON (demandeur). CABON reprochait à LE MASSON d'avoir empiété de “plus ung pied et demy” (50 cm) dans la construction d'une muraille. En outre LE MASSON semble avoir voulu empêcher l'utilisation par CABON du puits situé derrière leurs maisons. Nous ne voulons pas nous étendre sur l'arrangement intervenu, où Jehan Philippes était procureur de BACON (absent du pays sans doute).. Cet acte sur parchemin est daté du 14 oct. 1562. (archives Kérestat)

Le terrain de CABON, mitoyen de celui de la vieille mairie, débouche dans la rue Louis Pasteur sur l'emplacement de la partie ouest de la Banque C.M.B. (bâtiment non encore construit en 1848). Plus loin nous chercherons à préciser la portion de façade qui correspond à ce terrain CABON.

Le voisin de CABON (côté est) était Olivier GUILLERMOU. Celui-ci avait acheté son lot une semaine auparavant, le 21 novembre 1560 (n° 31). Guillermou lui aussi est un “marchant”.

Contre une rente annuelle de 12 deniers l'évêque lui cède “une placze et franchise estante au devant et vis à vis de la maison où desmeure le dict Guillermou au dict Roscoff contenante vignt pieds de longueur (sic) ainsin que contient sa dicte maison sitte pres leglise de Nostre Dame de Croix Baz à tirer droict de sa dicte maison sauf le grand chemyn illecques à la dicte franchise jusques au bord et ripve de la. Mer”.

Olivier Guillermou affirme “ne scavoir signer et Escripre”. Sa maison est assez étroite : 20 pieds, soit environ 6,50 m.

L'implantation de la maison Guillermou, à nous en tenir à nos textes, n'a pas toute la clarté souhaitable. Il n'est pas dit, en effet, que cette maison est mitoyenne de celle de Cabon, donc sur le côté sud de la rue Armand Rousseau ; il s'agit de l'emplacement CATTOIS, 6,50 mètres à prendre à l'ouest de la grande maison en pierres de taille. Sur la base de nos textes on pourrait imaginer qu'elle était déjà côté Nord de cette rue ou même déjà sur la rue Pasteur ou la rue Réveillère. Mais dans le 1er cas l'achat de BACON aurait fait état de la présence de cette maison ; de plus le terrain aurait été derrière et non devant la maison, celle-ci s'ouvrant de toute évidence sur une rue. Dans le 2ème cas, si la maison avait été à côté du cimetière son. terrain mitoyen de BACON eût été lui aussi derrière. D'autre part,.nous voyons bien qu'il s' agissait d'un lotissement de terrains complètement nus.

Nous considérons donc que GUILLERMOU était mitoyen de CABON. Son terrain est en deux tranches, l’une entre rue Armand Rousseau et rue Pasteur, partie est du CMB (6,50 m environ) et l'autre qui nécessairement prend une ligne brisée à cause de la courbe au chemin va jusqu'à la mer. C'est le 1er terrain riverain de la mer que nous rencontrions depuis que nous déambulons sur la TEVEN à partir de l'ouest. Ce ne peut être que l'emplacement de la maison ROSKO-GOZ.

Nous n'avons pas encore rejoint LA FOREST; sur la rue Armand Rousseau nous sommes arrivé au pignon est de la grande et vieille maison en pierres de taille (CHAPALAIN).

A ce point de nos investigations nous avons mis au jour la séquence d'ouest en est des maisons de la rue Armand Rousseau,

LES DEUX VEUVES (VV) - LE MACZON - CABON et  0. GUILLERMOU, soit :  VV - M - C - OG

Il nous paraît préférable de nous pencher maintenant sur les GUILLOU ; nous disposons, en effet, outre le document de LA FOREST, déjà cité (n° 29), de trois documents les concernant directement ( n° 28, 54 et 55).

Le 30 may 1560 (n° 28) Jean GUILLOU desmeurant au bourg-de Rosgoff en la paroisse de Toussainctz, sans indication de profession, achète à l'évêque contre une rente annuelle de 10 deniers monnaie “une pièce de terre sablonneuse et applacement de maison contenant la largeur à “prendre” ( ? ) devant la maison de Yvon Guillou père du-dict Jehan Guillou et la maison de Pierres LE BLANC, A prandre de longueur et largeur à droite lingne des dictes maisons a la Rypve de la. Mer”. Cette pièce de terre, quitte de charge, est “sitte en la dicte parroisse ou dict bourg sur la dicte Ripve ou fye (fief) proche de la dicte court de Sainct Paul entre le chemyn mesnant du dict bourg à lesglise de Nostre Dame de CROAS-BAZ et les terres et franchises du dict seigneur evesque.”

Il appert de ce document en date du 30 may 1560 que le double lot (face à 2 maisons) acquis par Jehan Guillou n'avait encore aucun mitoyen privé puisque des 2 côtés le terrain appartenait encore à l'évêque. A supposer que GUILLERMOU ait acheté le terrain mitoyen au nord est (maison ROSKO.GOZ) le 21 novembre 1560 (n°31), on s'explique bien que le terrain fût libre le 30 mai précédent.

La référence à la maison de Yvon GUILLOU, père de Jehan, nous ramène à notre LA FOREST (n° 29). En ce document le terrain face à la Maison où demeure Yvon GUILLOU le vieil est déclaré "pris" par ce même Yvon. NOUS avons indiqué que le document 29 laissait paraître des inexactitudes, en voici une. Ces inexactitudes tiennent sans doute à ce que l'acte n°2 est incomplet et embrouillé.

NOUS voyons les choses ainsi : l'acte du 1er Janvier 1560 était plutôt une option ferme qui deviendrait acte par la signature de l'évêque de Kersaintgily promet d'obtenir ratification par l'évêque avant la Noël 1560. Il est probable qu'au 1er janvier 1560 Yvon GUILLOU avait retenu le bord de mer. Entre temps son fils Jehan, qui habitait chez son père, a acheté ce terrain et l'autre lot face à LE BLANC. Qu’à cette date du 30 may 1560 (n° 28) Jehan n'ait eu aucun voisin est l'indice que l’évêque n'avait pas encore signé. Le fait que l'acte LA FOREST porte le n° 29, immédiatement après Jehan Guillou n° 28 suggère que l'évêque a signé ce même jour 30 may puisque le n° 30 est du même jour. Quoi qu'il en soit LA FOREST prit possession de son terrain le 2 avril 1561.

Nous arrivons ainsi à confirmer notre hypothèse de LA FOREST sur AUBRY-BRETON et déterminer que STEPHAN et GUYADER furent acquis pour même pas un sou de rente par Jehan GUILLOU ; le terrain du magasin ROSKO-GOZ fut acquis par Olivier GUILLERMOU.

Nous établissons du coup que ce dernier était mitoyen de Pierres LE BLANC.


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