La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 294 - 1975 - Mars

- Noms et surnoms - Nos anciens registres
- Marie Stuart et Roscoff


MARIE STUART et ROSCOFF

CHAPITRE -III -.ROSCOFF en 1560

II - Le TERROIR au NORD de la RUE ARMAND ROUSSEAU

La lecture de ces parchemins et papiers du 16e siècle n'est point toujours chose aisée. Comme on le dit “Il faut le faire” ou “C'HOARI ZO”.

Les rédacteurs multiplient les abréviations. Il est des cas où nous désespérons d'obtenir et le mot et le sens. Les actes possessoires sont généralement moins soignés. L'encre employée, ocre .Ie plus souvent, est parfois singulièrement pâlie. Ajoutons à cela les bords droits de documents passés à l'état de dentelles; mouillés parfois, les dégâts des mites et ceux plus étendus sur les parchemins du salpêtre blanc. Il faut incriminer encore la technique employée par les anciens pour réduire l'encombrement de ces documents et les mettre en liasses : on les pliait à l'extrême au lieu de les conserver à plat pour leur garder la forme du parchemin et du papier. Les lignes ou texte peuvent être soit au creux d'une pliure soit à la crête ; en ces coupures les caractères ont souffert. Pour donner une idée de cette méthode de classement, citons le parchemin (K) de la vente précédente de 1527. C'est une peau mince et souple comme du vélin, aux formes presque rectangulaires (largeur de 34cm à 35cm, hauteur 45cm). Nous y voyons 8 pliures en creux, dans le sens du texte, une en relief, à quoi il faut ajouter deux vieux plis en relief et un autre en creux. Le document :a subi en outre 5 pliures dans le sens de la hauteur. Le document n'a pas souffert de tous ces mauvais traitements ; mais ce t'est pas toujours le cas. Nous l'avons replié comme nous l'avons trouvé, en 9 plis le format est ainsi de 75mm x 350mm. Sur l'une des deux faces externes de ce parchemin plié est porté le sujet même de l'acte avec la cote qu'avait celui-ci dans le catalogue des titres de la famille détentrice, “Contrat de vente entre honnorables marchants Guillaume an LES et Guillaume GEFFROY, une maison o (avec) ses issues franchises et apartenances situées en la paroisse de TOUSSAINCTZ”.

Le mot “passe” que les notaires bretons ajoutaient à leur signature est expliqué de la façon suivante dans le glossaire de DOM MORICE (1742) “Passare – Accorder. Il se prend aussi pour passer des contrats, les dresser et mettre en forme juridique. Les Ducs (de Bretagne) créoient des Offices de Notaires - Secrétaires, Passeurs, qui en signant les Actes ajoutoient, à leurs noms le mot de PASSE” ; c’est copié de dom LOBINEAU.

Dans le vide laissé entre l'acte de vente précédent et l'acte possessoire consécutif Bizien Kersaincgily a glissé le reçu du versement des droits “La part des vantes à nous debues pour cest contract aquelle LE LES poyé à Bizien Kersainctgily Me (maître) fermier des dictes vantes pour le temps du dict contract escrist et desmes le dict LE LES quicte à la dicte cause par le dict Kersaintgily quel soblige l'acquiter pour tous et chacun - Faict le 23e jour de décembre lan mill cincq centz vignt huict”. On remarquera que le tarif n'est pas donné.

La situation financière des Jeffroy - Le Du n'alla sans doute pas s'améliorant puisqu'ils semblent avoir perdu très vite tout espoir de racheter leur patrimoine. Avant la fin de 1528 ils sont contraints de faire argent de leur droit de rachat. Leur “déchéance” est consacrée par un acte de vente définitive passé le “houictiesme jour de septembre lan mil cinq centz vignt et houict” en la maison de Yvon Olivier en la ville et cytte de St Paul.

Le document d'une belle écriture régulière, commence par reprendre en le résumant l'acte de vente précédent de 1527 ; nous y lisons une autre façon d'exprimer le prix des 250 livres, à savoir “douze vigntz dix livres monnaie” de cette numération nous n'avons retenu que notre “quatre vingt dix”.

Cet acte du 8 sept 1528 fait ensuite état d'un contract du 6 juin “derrain” (dernier) d'après lequel les Jeffroy-Le Du auraient “pris sur les gaiges et héritaiges de LE LEZ la somme de traize livres, une soult troys deniers monnaie”. En présence des notaires LE LES remet aux Geffroy-Le Du la somme de “10 escuz (scoët) d'or au soleill” ce qui fait monter la mise de LE LES à 300 livres monnaie, à quoi s'ajouterant les “coustz et mises des lettres” (les frais). Cette fois c'en est fini pour les Geffroy-Le Du ; ils renoncent définitivement à leur patrimoine. : Jahanne LE DU fut préalablement avertie de ses droits “donnez à cele à entendre en son vulgair langaige.(ici le breton).

L'ensemble des signatures des trois “passe" au notaires est d'une finesse et d'une.beauté rares : Goulhen ABGUEGUEN, Jehan LE SECH et HERRY BELERMT, Les graphismes de BELERMT singulièrement auraient leur place dans une collection de vieilles calligraphies ; nous n'avons jamais trouvé rien de plus beau dans les parchemins.

Le nouvel acte de vente donna lieu à une nouvelle prise de possession par LE LES, sous la conduite des deux procureurs des vendeurs : Pierres LE ROY et Mathelin GARSI. Les choses se passent comme la fois précédente. Ce jour là, 15 Février 1529 - le texte écrit par erreur 1528 - Anne ELARY, femme de Salaun YNYSAN, est dans la maison neuffve pour les accueillir. Si nous lisons bien, LE LES “y a prins pot an fer” beu et mange. Au .jardin il a “couppé mottes et cheminé”. La vieille maison est habitée par Marguerite Michel, femme Guillaume Troncon (lire ç).

Nous rencontrons dans cet acte de vente une formule pittoresque qui complète l'expression “Y RECOURS” qui indique le report à un autre document que l'on ne veut pas reproduire. Le notaire a adopté la formule longue “Y RECOURS SI MESTIER ES” (ligne 15). Le sens est clair “y recourir en cas de besoin (métier)”. Le glossaire du gran ouvrage de DOM MORICE sur la Bretagne (1742) rappelle ce vieux sens du mot METIER et donne un exemple (tome I colonne 1604). C'est-dans le tarif des contributions levées par JEHAN, duc de Bretagne pour la durée de deux ans sur le trafic commercial (vin, poisson, froment, toile, drap etc...) dans l’eveché de Cornouailles (11 août 1365) :”en tant que mestier est”. La Cornouaille était semble-t-il assez prospère pour supporter cette levée exceptionnelle. Evêque et seigneurs avaient donné leur accord dont RIOU de Romadeuc, que nous citons à cause de son NOM (prénom) disparu, RIOU.

Nous pouvons enrichir cette note sur l’emploi de l'expression “mestier est” par un autre document qui nous rappelle la vocation commerciale de PENPOUL.

“Le 28 mars lan mil cincq centz quatre vingtz et dix avant midy sire françois Plouegoulm (qui signe PLOUGOULM) marchant demeurant au bourg de PENPOUL a vandu livré, ceddé, delaissé et transporté et par les présentes vend, livre, cedde,delaisse et transporte à honnorable marchant sire Nicolas JAMES demeurant au bourg de ROSGO... sauft prisaige (à vérifier l’évaluation) et terme de racquit jusques a huy en six ans prochain ans prochains venantz (jusques au 28 mars (huy) 1596) SCAVOIR est ung parch et closturé de terre o(avec) ses droictz de fos (aujourd’hui appelés fossés) et-fossés (aujourd’hui appelés taIus); situé en la paroisse de Sainct Pierre au terrouer de LAGAT BRAN. Encore un qui a fait de mauvaises affaires et un autre qui apparemment fait son bonheur du malheur d'autrui ; peut-être nous tromperions nous. Les JAMES étaient de l'espèce rapace, mais Marie Plougoulm la femme de Nicolas était notoirement une très bonne personne. Nous aurions ici un arrangement familial avec un beau-frère. Le terrain acquis était mitoyen d'une terre à Marie Plougoulm.

"La dicte vante faicte pour le pris et somme de cent escuz soleil presentement payés et comptés au dict PLOUEGOULM acceptant en réalles d'Espaigne et quartz d'escu bons et de poix au contentement du dict Plouegoulm. Lequel vandant le dict temps de raequict sest constittué à tenir les dicts heritaiges à tiltre de ferme soulz et davecg le dict acquereur pour luy attribuer possession en iceux et luy en paier “soult par livre” (5%).de levée chacun an”. L'acte-est passé au domicile de James (angle nord-ouest du carrefour des rues LE FLO et Jules FERRY, emplacement CAROFF ?)

En 1593 (10 février) francois PLOUEGOULM qui demeure alors à ROSGO-Toussainctz !

Manifestement désargenté, reconnaît avoir reçu de Nicolas James “pour tout supplément et juste valleur des dicts hérittaiges” et cela entre ce jour et le jour de la vente la somme de vingt escuz sol(eil) dont ilz sen contante et quicte le dict James acceptant en rennuziant atoutz les dicts prisaige et terme de racquict”.

On comprend sans peine qu'il eût été trop pénible, dans bien des cas, au vendeur de procéder en personne à l'introduction de l'acquéreur dans une maison ou un bien patrimonial. Le droit prévoyait que le vendeur, dans l'acte même de vente, fît choix de procureurs qui accomplissent cet office. Dans la présente affaire il n'y eut en fait qu'un seul procureur. Sa nomination commence par un mot sorti d'usage “ET DABONNDANT (au surplus)”. Parmi les pouvoirs du procureur, maître Yves CORRE (Yves fait alors plus distingué que YVON) nous retiendrons la formule que nous annoncions. “A droict ester sy mestier est” (Archives K) On la retrouve identique dans un acte des mêmes archives en date du 11 août 1557 et dans un autre du 6 mây 1597

En publiant .ces derniers documents de 1527, 1528 particulièrement, provenant d’archives privées et non d'archives seigneuriales, nous ne voulons pas seulement entraîner nos lecteurs dans une plongée au sein de mondes révolus. Nous voulons attirer leur attention sur certains indices qui nous reportent à une époque antérieure au 16e siècle , ainsi l’existence d'une “vieille” maison en 1527 (rue Armand Rousseau), le nom de COZ-TY an Barquet, que nous retrouverons. De tels termes suggèrent un “état antérieur de nouveauté”.

Quand nous aurons fini avec Roscoff vers 1560, nous irons aussi loin que possible dans les siècles antérieurs, alors que les documents d'époque, sauf une charte de 1323, nous feront défaut.

La structure territoriale du BOURG de Roscoff en 1560, avant le lotissement, suggère par sa régularité l'idée qu'elle procède d'une volonté organisatrice et qu'il y a eu, à l’origine, un “lotissement” seigneurial. Mais nous ne disposons d'aucun acte d'afféagement, c'est-à-dire d'acte d'achat de terrains seigneuriaux antérieurs à 1500, sauf les deux de 1323.

Il nous faudra dès lors porter une attention extrême aux seuls indices qui soient conservés soit dans les textes, soit dans l'architecture; il faudra noter soigneusement surtout les charges féodales qui affectent ces vieilles propriétés du bourg et dont témoignent actes de vente:et partages, même encore au 18e siècle.

“C'HOARI A VO - Ca va être dur !”


NOMS ET SURNOMS

OU L’ON VOIT COMMENT ETAIENT TENUS NOS ANCIENS REGISTRES

Les doubles-prénoms apparaissent à Roscoff pour la première fois en 165ç, le 12 Septembre. Il s’agit de Renée-Janne de CREMEUR.

Entre cette date et la fin de 1669, nous avons relevé 47 doubles prénoms féminins.

Le démarrage est lent :

  1. Renée-Janné de CREMEUR     - 12.9.1654
  2. Marie-Anne LE GAC                  -  3.2.1657
  3. Marie-Anne SIMON                    -  9.4.1658
  4. Françoise-Gertrude PRIGENT - 12.5.1658

On en relève :

Dans la majorité des:cas les filles sont de familles “distinguées”, nobles ou “nobles gens”.

Les garçons ne suivent pas bien le mouvement. Nous ne comptons pas Jean-Baptiste comme double prénom. Du 29 Juillet 1661 où apparaît le 1er double prénom : Jan-Joseph, jusqu'à la fin de 1669 nous avons compté 17 doubles prénoms ; durant ce temps on relève 3 Jean-Baptiste. En outre un Jean-Marie, baptisé à SANTEC, est enregistré abusivement à Roscoff.

Le seul triple prénom rencontré mérite une annotation. Il s'agit de François Pierre Gilles Kersauson baptisé le 17 novembre 1669. Il était fils d'écuyer François Kersauson et dame Claudine FRANGUET sieurs de Kerbrat. II est porté : “né le 3 déc, et baptisé 17 nov.” ! Il eut pour parrain et marraine “deux pauvres de l'hôpital (st Nicolas) Jan Quéméner et Petronille DENES (forme bretonne de DENIS). Un tel parrainage ne s'était pas encore vu à Roscoff. Nous ne pouvons en percevoir les mobiles. Le plus généralement, en effet, le choix des parrains et marraines est fait dans la famille, les relations ou, si l'on est de situation très modeste, dans les familles plus huppées. Entre 1550 et 1576 chaque garçon a au moins. 2 parrains et une marraine, chaque fille l'inverse.

Le record des parrainages nous semble détenu par Christine Yvonne, baptisée le 10 mai 1554, Elle eut 6 parrains, tous des notables : Nicolas Tépale, Yves Jac, maître Hervé Gary, Guy Jac, Yves FOU et G. Guillochis et deux marraines du même milieu : Janne et Catherine LE FOU.

Comme si le clergé avait reçu des consignes, au cours de Janvier 1577, s'affirme une nouvelle façon de procéder : un seul parrain et une seule marraine par enfant. La vieille façon de faire aura encore ses tenants, mais de plus en plus rares. Sur les 29 baptêmes enregistrés en 1580, 28 n'ont qu'un parrain et une marraine.

En1670 s'accomplit une révolution dans la tenue des actes de baptême, de mariage et de décès. Jusqu'alors les baptêmes, les.mariages et les décès étaient enregistrés sur des registres propres à chacun de ces trois évènements ; les registres étaient utilisés de la première à la dernière page. “L'ordonnance de Saint Germain en Laye ou Code Louis d'avril 1667.réglemente la tenue de l'état civil : un seul registre pour les trois sortes d'actes, tenu en double exemplaire, dont la minute signée demeure dans la paroisse et la grosse, simple copie authentifiée.par le recteur, est déposée aux greffes des justices royales.” (Guide des archives du Finistère -p. 111). Désormais les registres sont annuels et revêtus au départ du visa des autorités royales de Lesneven. Baptêmes, mariages et décès s'emmêlent au jour le jour, en vrac.

Sur les en-tètes, d'abord manuscrits puis imprimés (le 1er en 1695) on ne retrouve plus nos termes de NON et SURNOM. En 1670, on lit “Le presant cahier... est pour y rapporter suivant l'ordonnance de sa Majesté les actes des Bastêmes, mariages et sépultures.”

En 1674 le papier timbré est rendu obligatoire. Pour la 1ère fois (1702) on trouve sur l'en tête “pour servir de minutte”. En 1706, on lit “pour servir de grosse”. Ces annotations disparaîtront à partir de 1737; une déclaration royale du 9 octobre 1736 imposait la tenue des deux registres en double minute, les deux actes étant rédigés en même temps et signés. C'est encore la pratique actuelle.

Les actes seront rédigés ainsi en vrac jusqu'à 1746 ; le 12 Juillet de cette année un arrêt du Conseil prescrit la tenue de registres séparés pour les baptêmes et mariages d'une part, les-sépultures d'autre part, afin que ceux-ci puissent être communiqués aux contrôleurs du domaine” (Guide des archives p.111) ceci est en place à Roscoff dès 1747.

A partir de 1748 jusqu'à la Révolution l'en tête porte la mise en garde suivante – “Avertissons les dits fabriques, tresoriers et autres qui sont dans le cas de se conformer à l'article 17 de la déclaration du Roy du mois d'avril 1736. Et faisant d'envoyer ou d'apporter à notre greffe les cahiers dans 6 semaines au plus tard après l'expiration de chaque année.; à peine d'y être pourvu à leur frais.”

En 1748 Ie sénéchal de Lesneven était Charles Nouvel de la GRENOUILLAYS ; en breton cela donne TOULRAN.

Ces bouleversements administratifs étaient dictés par la volonté d'assurer à chacun un ETAT CIVIL entouré de toutes les garanties du droit. On eût pu s'attendre dès lors à une évolution rapide du vocabulaire de l’identité personnelle a nom et surnom. Il n'en a pas été ainsi semble-t-il. Il existe en effet, â la mairie deux volumes de tables alphabétiques - l'un pour les années 1701-1714 et l'autre bien épais, pour les années 1670 - 1788. On trouve dans le premier le même en-tête “NOMS et SURNOMS (le 2e terme bien pâli)”.

Voici 1 en-tête du volume (1670 –1788 ) :

“Catalogue Alphabétique des cahiers de l’eglise de Notre Dame de Roscoff dressé et rédigé par Mire René Steun curé en l'an mil sept cens seize pour servir depuis l'an mil six cens septante -(d'une autre écriture) augmenté par Me N. Floch.

feuillets où commencent les lettres :

Le cahier comporte 280 folios.

Il est toujours de l'ordre alphabétique des “prénoms” au sens d'aujourd'hui. Les baptêmes (bap), mariages (ep.) et décès (m) sont indiqués en fin d’identité dans l'ordre même des actes. Il n'y a pas de tables distinctes pour chacun de ces trois éléments.

Nous avons publié en son entier cet en-tête parce qu'il fait apparaître deux choses. D'abord, la place réservée, dès le départ en 1716, à chaque lettre initiale est proportionnelle à la fréquence des “prénoms”. chacun pourra s'amuser à.deviner les prénoms importants en A, en F, en G, en J, en M, en P,.en Y.'

D'autre part l'alphabet des anciens, comme il apparaît ici, fait jouer à J la double fonction de I et J, et à V la fonction U, et, peut-être, W.

L'absence des lettres X et Z s'explique aisément dans notre cas, car on n'employait pas de “prénoms” “en X et en Z. Ces lettres sont par contre de vieilles pièces de l'alphabet de nos régions. Elles interviennent à leur tour dans la numérotation alphabétique de notre registre des baptêmes du 16° siècle. Après la série “fa, b,...y” on passe à AA, BB, ... YY” etc..

La lettre W est d'introduction tardive dans notre alphabet ; elle nous vient des pays du Nord. Sa présence dans le “PAPIER à COMPTES” ouvert en 1609 nous incite à un détour vers ce beau registre des comptes du 17e siècle.

La lettre W est inscrite en majuscule classique de couleur rouge ocre sur l'échancrure d'un folio du répertoire. Ces échancrures marquées d'une lettre alphabétique sont d'un emploi courant aujourd'hui encore dans les répertoires d'adresses et les “memo” de nos agendas. Les lettres du répertoire sont traitées en grandes majuscules dont la hauteur varie de 12 à 14mm. L'irrégularité des dimensions, hauteur et largeur, montre clairement que le compositeur n'a pas recouru à des pochoirs. La même encore ocre a servi à la rédaction en caractères gothiques de l'en tête du-cahier, que nous avons déjà publiée. Le cahier a été acheté pour le prix de 3 livres (folio 87 verso). L'origine du papier n'est pas précisée; le filigrane est superbe, mais nous né disposons pas du relevé où “corpus” des filigranes du papier européen aux 16e -17e s. L'emploi du W n'établit en aucune façon une origine flamande du cahier. En tête et lettres du répertoire nous paraissent au contraire de rédaction locale. Les achats à l'étranger étaient des plutôt courants ; on le verra.lorsque nous publierons des inventaires de mobiliers au 17e s. Il est question de meubles à la “façon de Flandres”, “de Rouen”, et même “à la façon du pays”.

Ce cahier des comptes a 248 folios outre sa table des matières. De nombreux folios sont vierges. La table elle n'a reçu que de rares annotations. La négligence des fabriques a une très large excuse. Les comptes, en effet n'étaient pas destinés à faciliter la recherche d'historiens à venir, mais leur rédaction était destinée à des “comptes-rendus” de fin de gestion (tous les 3 ans) devant la communauté des paroissiens.


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