La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

169 170  171 172 173 174 175 176 177 178 179 180 181 182 183 184 185 186 187 188 189 190 191 192 193 194 195 196 197 198 199 200 201 202 203 204 205 206 207 208 209 210 211 212 213 214 215 216 217 218 219 220 221 222 223 224 225 226 227 228 229 230 231 232 233 234 235 236 237 238 239 240 241 242 243 244 245 246 247 248 249 250 251 252 253 254 255 256 257 258 259 260 261 262 263 264 265 266  267 268 269 270 271 272 273 274 275 276 277 278 279 280 281 282 283 284 285 286 287 288 289 290 291 292 293 294 295 296 297 298 299 300 301 302 303  304 305 306  -  Retour au sommaire   -   Menu

Précédent   - Suivant


Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 303 - 1976 - Juillet / Août / Septembre

- Les mémoires roscovites du Vicomte E. d'HERBAIS :
- Le costume de mariage,
- Les processions,


TOULL-EGUIN

Au sortir de l'été le plus long que nous ayons connu et le plus assoiffé, nous offrons. aux lecteurs :un rafraîchissement â TOULLEGUIN.

Ce tout petit terroir de Roscoff ne s'est signalé depuis le 15e siècle, jusqu’à la fin, du 19e siècle, que par la présence d'une unique maison, tout à fait isolée, dont le long profil bas attire encore, aujourd'hui le regard émerveillé des nombreux curistes qui se rendent à l'Institut Marin. Depuis quelques années le terroir de TOULLIGUIN s'est beaucoup construit. Précisons pour nos lecteurs lointains que l'Hotel LE TRITON se trouve à moins de 100 mètres de la vieille maison de TOULLEGUIN.

L'idée de proposer un rafraîchissement en ce lieu ne nous est pas venue de I’interprétation qui vient naturellement à des bretonnants : “'le trou du vin, TOULLIG-GUIN”. Bien souvent, nous l’avons observé, les meilleurs usagers la langue bretonne que sont les gens de la campagne, sont de bien médiocres étymologistes des noms de personnes ou de lieux. Il n'y eut jamais de bistrot dans cette maison ; les plus vieilles auberges de Roscoff .furent certainement implantées dans l’équerre qui va du BAR DES AMIS au PRESBYTERE, au village de CROAZ-BAZ, terminus de la route de Saint-Pol et embarcadère de l’île de Batz (que nous appelons LE VIL). Nous commenterons un jour un étonnant document du début du 14e. siècle relatif à ce sujet de CORAZ BAS.

D'un revers de la main nous écarterons une autre allusion au vin qui pourrait se réclamer de la lie de VIN, que l'on trouve écrit en breton dans le CATHOLICON (en 1464) sous la forme LY GUIN. Ce qui aurait donné ici TOUL-LY-GUIN.

CORAZ BAZ.

Certes, à en croire la chanson ROSKO, les Roscovites ont toujours eu beaucoup de “gin-gin”, ce que la chanson exprime en breton : “Kalz ijin o deus ive Paotred Rosko”. Ce n'est point un raison de faire du “trou à vin”, le “trou du génie roscovite”. On nous assuré, en effet, qu'il arrive du courrier dans ce quartier adressé à TOULL-INGUIN. Cette écriture est particulièrement pédante, à moins qu'elle ne soit simplement candide et ne témoigne d'une bonne volonté touchante de bien faire. Dans le breton du 15e. siècle où nous fait pénétrer le CATHOLICON le mot est écrit INGING.

Sans doute la sottise des pédants peut-elle être source de rafraîchissement dans la mesure du moins où l'on est encore capable de se décrisper et de rire aux éclats. Plus rafraîchissante, mais parce qu'émouvante, la maladresse orthographique de ces personnes de coeur, qui, surmontait ce handicap nous faisaient parvenir de l'étranger l'expression, ainsi libellée, de leur amitié.

Meusieur Labais Rêqueteure

de Roscoff  FINteune Jean

Finistère   Nord

France (29).

On ne s'étonnera pas qu'une telle adresse et la lettre qu’elle.convoyait soient assorties, dans le cahier où nous les conservons, du commentaire admiratif et reconnaissant : “LE CRI DU COEUR” ! S'il arrive a ces paroissiens de lire ce numéro qu'ils veuillent bien y trouver l'évocation d'un souvenir qui nous est cher. “Remenber to use the POST CODE” disait l’inscription postale avec son mélange de majuscules et de minuscules.

Le nom même de TOULL-EGUN nous va droit au coeur pour d'autres raisons : il est porteur d'une immense ESPERANCE , il est un HYMNE A LA LA VIE.

On pourrait sans doute tergiverser sur l'orthographe et préférer EGIN à EGUIN, les formes EGIN ou EGHIN, ou HEGUIN ou HEGIN, dont la variété orthographique est typique du vocabulaire breton, qu'aucune autorité incontestée n.'est parvenue à fixer solidement. Ce qui importe avant tout c'est de prononcer, dans le cas, “gin” comme “guin”.

Le terme EGIN nous est commun avec les GALLOIS, chez qui il se traduit par l’anglais SHOOTS, c’est à dire en français : “rejetons, bourgeons, jeunes branches”.

Depuis le début du 18e. siècle les dictionnaires bretons relèvent le mot EGHIN, HEGUIN avec le sens “ blé germé, germé, bourgeon d’arbre”.

Du temps où nous pouvions fréquenter les archives départementales de Quimper pour nos recherches sur Roscoff le nom même de TOULL EGUIN n’avait pas sollicité notre attention.

De ce fait, nous n'en possédons qu'une recension concernant un texte du 2 Septembre 1578 : “TOULHEGUIN”. Mais il s'agit d'une transcription postérieure de deux siècles, influencée peut-être par le dictionnaire FRANCOIS-BRETON de Grégoire de Rostrenen (1732) qui écrit HEGUIN.

Quoi qu'il en soit de l'orthographe du mots, il nous semble que le nom de TOULL-EGUIN soit à comprendre dans le sens de TROU A GERMER, ce que nous appellerions aujourd' hui un SEMIS (de choux, d'oignons)

De fait, le berceau de la culture légumière de Roscoff est à situer autour du terroir du Kerdalaer (nom corrompu en Gardaléas ) et du terroir contigu de TOULLEGUIN.

Les connaisseurs des terrains et des chemins autour de TOULLEGUIN savent bien que plusieurs terrains y sont en contre-bas des vieux chemins et parfois les uns par rapport aux autres. Mais le nom de TOULL ou trou peut provenir d'un trou de carrière, singulièrement abrité et propice à la germination des graines légumières. A quelques pas, le terroir ne s'appelait-il pas AR ROC’HIGOU, LES PETITS ROCHERS.

Certains y affleurent encore au niveau des chemins.

Cette nouvelle parabole roscovite, sur TOULLEGUIN, tendait à nous mener vers le rafraîchissement d'une ESPERANCE retrouvée.

Les Français aujourd'hui sont malheureux de se voir stoppés sur la voie de l'enrichissement. Leur hargne à peu près générale, leur agressivité leur donnent a tous des têtes insupportables au regard. Ils ne savent plus qu'aboyer, que râler. Les chrétiens eux-mêmes, pour n'avoir pas l'air d'être en reste, jouent les petits roquets méchants ou du moins qui montrent les dents. On ne voit plus que des têtes à claques. Quel profit en avons-nous?

“A quoi sert à l'homme de gagner l'univers s'il en vient à se perdre lui-même.?” disait Jésus. Mais qui l'écoute encore ?

La nuit peut être longue. La belle affaire si, au bout, la vie germez à nouveau, plus fraternelle.

Ca ne serait un luxe pour personne.

Et ce serait une joie pour tous. Jésus-Christ n'a pas d’autre désir Qu'il soutienne notre espérance.

Jean Feutren


LES MEMOIRES ROSCOVITES DU VICOMTE E. D’HERBAIS

Le Costume de mariage.

La mariée de ville revêtait également le shall Tapis, mais au lieu de la coiffe de tulle, elle portait la grande cornette, son tablier était en soie. Les repas de noces étaient moins primitifs qu'à la campagne et chacun avait son couvert ; les menus étaient à peu près les mêmes et le far au four y jouait également un grand rôle.

Dans la partie des Côtes du Nord que j'habite, les repas de noces se font encore à domicile, jeunes gens et jeunes filles s'occupent trois jours à l'avance à décorer la salle de banquet, ordinairement une grange à laquelle on fait un plafond de feuillages ou de branches de sapins. Les murs sont tendus de draps blancs dans lesquels, on pique des bouquets. Jusqu'à ces dernières années toutes les jeunes filles et souvent les jeunes femmes portaient la grande cornette ou catiole à deux pointes, encore plus seyante que celle à une seule pointe que l'on porte dans le Léon. Malheureusement la génération qui vient a complètement abandonné la coiffe et le châle. Plusieurs mères de famille ont essayé de réagir mais en vain.

L'usage de la bicyclette est aussi une des principales causes de l'abandon du.costume breton. Il est certain que le châle est peu pratique pour pédaler et que la coiffe, quand il pleut, ne l'est pas davantage.

Malgré tout on pouvait maintenir le costume pour les grandes fêtes religieuses et les mariages.

J'ai essayé de le persuader aux jeunes filles de l'aristocratie paysanne, car elles, donnant l'exemple, les autres auraient suivi. Malheureusement j'ai prêché dans le désert.

J'ai connu à Quemper Guézennec (Côtes du Nord) les filles du maire, paysannes cultivées et artistes, qui portaient fièrement le costume - note de S. de Kerdrel, née d'Herbais}.

Il m’est arrivé plusieurs fois d'assister à des mariages en Cornouaille. Entre autres au Moustoir et à Collorec près de Carhaix. Celui de Collorec, il y a 35 ans environ - les mariés; garçons et demoiselles d’honneur, avaient tous fait à cheval le trajet de la maison nuptiale à l'église. La mariée fut conduite à l'autel par une de ses soeurs suivie des demoiselles d'honneur. A ce mariage, pas de couples bras-dessus bras-dessous. Je n'assistai malheureusement pas au repas de noces, ayant déjeuné au Presbytère de Collorec en même temps que le.prêtre qui m'avait amené.

Le mariage du Moustoir qui eût lieu il y a une vingtaine d'années fut le plus intéressant de tous, gars et filles avaient tous revêtu le costume.

Les jeunes filles portaient la cornette sans le shall, inconnu dans le pays de Carhaix; où l'antique costume s'est conservé : justaucorps avec velours et dentelles aux manches et collerette de dentelles ; le costume des hommes très sobre : veste courte à plusieurs rangs de boutons. Les binious de Carhaix, si réputés à l'époque, étaient de la fête.

Les convives étant au nombre de 700 à 800, on n'eut pu trouver à Carhaix, située à 8 kms du Moustoir, assez de tentes pour les contenir tous. Aussi le repas eût il lieu en plein champ et à ciel ouvert, Ies,plats posés à même la terre. Les sièges ? la terre toujours la terre ou le mouchoir pour en isoler la partie la moins noble de notre individu. Les pieds reposaient au fond d'une petite tranchée creusée pour les jambes. Le banquet de noces me rappela ceux de Roscoff dans ma petite enfance.; chaque groupe de dix piochant.dans le même plat. Les cuisines se trouvaient au bout du champ contre un talus. Une vingtaine de grosses marmites contenaient bouillon et bœuf bouilli. Le rôti de veau se cuisait dans les fours du village. A un signal donné et à chaque service, serveurs et servantes au nombre d'une soixantaine se mettaient en marche, binious en tête.

Quant aux chants, ce fut une cacophonie insupportable. Il en sortait de tous les coins. Tous différents, bien entendu, mais au moins avaient t’ils le mérite d’être tous en Breton, la journée se termina par des danses au biniou dans une cour de la ferme.

Il y a trois ans j'assistai à un autre grandissime mariage dans une autre partie de la Cornouaille, près de Pont-Aven pays des beaux costumes par excellence. Ceci se passait à Nizon, A part les costumes, peu de couleur locale ; mariage à l'auberge dans 36 salles différentes, peu ou pas décorées ; menu banal et plats mal préparés. Il existe dans ce pays un usage assez singulier. Chaque invité paie son dîner qui est tarifé à 20 francs, en sorte que les mariés peuvent se constituer une petite dote, aussi les invités sont-ils généralement fort nombreux. Il y eut à ce mariage une débauche de merveilleux costumes féminins. Celui de la mariée, m'a-t-on dit coûtait 3.000 francs.

Les danses au biniou suivirent le banquet jusqu'à la nuit mais oh désenchantement ! après le dîner du soir, les binious disparurent et tout ce monde se rua dans un dancing de Pont-Aven où il sauta jusqu’au jour au son d'un jazz banal.

ROSCOFF - LES PROCESSIONS.

Roscoff - Archives Feutren - 1893

Dans ma petite enfance, les Saints et les bannières se louaient aux enchères. Des groupes de huit à dix jeunes gens et jeunes filles s'arrangeaient entre-eux pour pousser jusqu'à un prix de... Les Saintes les plus cotées étaient N.D. de Croas Batz et Sainte Barbe, les deux patronnes de Roscoff. Leur location montait parfois jusqu'à100 francs. Cette coutume un peu irrespectueuse il est vrai, était d'un gros revenu pour la Fabrique. Elle fut supprimée vers 1870 par le recteur Mr l'Abbé Serré, mort grand-vicaire à Quimper. C'est également lui qui supprima la quête du clergé, usage qui existe encore dans les Côtes du Nord. Actuellement, c'est le Recteur qui désigne les porteurs du haut de la chaire, mais il sait généralement à qui s'adresser et de grosses offrandes tombent encore dans la caisse de la Fabrique..

Il y a à Roscoff quatre grandes processions :

et aussi pardon du VIL qui, en langue celtique, veut dire esplanade, tertre, au-dessus de la. mer. Le Vil est en effet une esplanade que l’on traverse lorsqu'on va s'embarquer pour l'île de Batz. C'est là que jadis se donnaient rendez-vous, le jour du Pardon, la jeunesse de Roscoff, les jeunes gens régalant les jeunes filles de fruits et de gâteaux, puis la journée se terminait généralement par quelques danses en rond. Mais le pardon le plus important et le plus pittoresque était celui de Sainte Barbe dont la chapelle se trouve au sommet d'un rocher dominant Roscoff. Il y a une cinquantaine d'années c'était un spectacle féerique de voir la procession de Ste Barbe se dérouler le long des grèves, particulièrement quand la mer était haute.

Tous les jeunes gens à cette époque portaient encore le pantalon de piquée blanc, ceinture bleu sur gilet noir avec la veste d’un bleu-vert, rappelant énormément certain bleu de la mer par temps clair.

Les jeunes filles avaient soit la cornette, soit la coiffe de tulle et le châle-tapis avec le tablier de soie. Ajoutez à cela l'or des bannières et des ornements sacerdotaux et vous aurez un spectacle unique au monde.

Le pardon de Ste Barbe se compose de deux jours de fête lesquels sont précédés d'une neuvaine de messes à 5 heures du matin, messes très suivies jadis. Ste Barbe est un pardon essentiellement de dévotion et l'on y vient de plusieurs lieues à la ronde.

Roscoff - Pardon de Ste Barbe

Plusieurs aubergistes de Roscoff :y dressent des tentes où les pèlerins peuvent se restaurer. Lorsque j'étais enfant, ce pardon m'enchantait. Je partais dès le fin matin et n'en démarrais pas de toute la journée ; les aubergistes de Roscoff invitant tour à tour à manger avec eux sous la tente.

Les premières Vêpres se chantent le dimanche à 3 heures de l'après-midi.

La chapelle étant exiguë, toute la population se masse sur le rocher et ce n'est pas le spectacle le moins pittoresque de la fête. Le sermon se fait en plein air, sermon breton bien entendu, puis à l'issue des Vêpres, la foule se rend processionnellement au feu de joie dressé sur l'esplanade. Au milieu de l'amas de fagots de lande et de chêne constituant les éléments du feu de joie, on place généralement une perche au sommet de laquelle on attache soit un bouquet soit un vieil étendard. A Ste Barbe, jadis, on plaçait une grosse couleuvre, symbolisant sans doute le démon. Pour cela, on mobilisait tous les enfants de la région, car ce n'était pas chose facile que de découvrir cette couleuvre. Une bonne récompense était offerte au bambin qui l'avait trouvée. Depuis longtemps on a renoncé à cet usage.

Le lundi, vrai jour de Pardon, les messes basses se succèdent sans interruption, jusqu'à 10 heures, heure où a lieu la messe solennelle. La procession quitte l'Eglise de Roscoff vers 2 heures de l'après-midi afin d'être à Ste Barbe à 3 heures.

Roscoff - Pardon de Ste Barbe

Les Saints sont déposés sur le sommet du rocher ayant auprès d'eux les porteurs et porteuses pour leur faire une garde d'honneur. Des quêteurs (des jeunes. gens jadis) parcourent la foule, bousculant plus ou moins les différents groupes dont la position sur le rocher n’est pas toujours des plus stables, aussi n'est-il pas rare de voir des dégringolades heureusement sans gravité et qui attirent les rires, troublant le recueillement des fidèles.

Après les vêpres, retour à Roscoff processionnellement et bénédiction du St Sacrement à l'église de Kroaz-Batz.'

Jadis les danses n'existaient pas pour le pardon de Ste Barbe. Je ne sais ce qui en est aujourd’hui.

Les processions du St Sacrement avaient aussi un certain cachet. Jeunes gens et jeunes filles y arboraient bien entendu leurs plus beaux costumes. Pas une maison qui ne fut tendue de draps blancs, les personnes en deuil se contentaient d'un grand ruban noir sans aucun ornement. Ce pieux usage existe encore aujourd'hui. Dans mon enfance un groupe de jeunes marins prenait part à la procession et le bateau qu’ils portaient précédait immédiatement le dais. Il y eut malheureusement quelques abus et le Recteur, l'Abbé Serré, finit par supprimer le bateau, ce qui amena une sorte de petite révolution dans le monde maritime. Les jeunes filles furent particulièrement furieuses et cependant elles furent en partie cause de cette suppression du bateau. Actuellement  ce sont des angelots qui jettent des fleurs devant le St Sacrement. Jadis,c'étaient les jeunes filles du peuple qui se disputaient cet honneur et comme la plupart d'entre elles étaient filles de marin, celles avaient souvent parmi les jeunes porteurs du bateau, l'objet de leurs amours ; les pétales de fleurs se dirigeaient plus souvent du côté du bateau que du côté de l'Ostensoir.

Un autre usage consistait à donner au petit navire le mouvement de roulis que les bateaux ont sur l'eau et pour obtenir ce roulis les jeunes porteurs exagéraient leurs contorsions d'épaules ce qui attirait le rire. De temps à autre aussi un sifflement strident se faisait entendre, rappelant celui que les marins lancent en l'air pour appeler la brise. Je me souviens   qu'étant enfant de 3 ou 4 ans, je portais un étendard auprès du petit bateau. Effrayé par le premier coup de sifflet, je me mis à hurler. comme un âne, mes co-porteurs à peu près du même âge se mirent à hurler à l’unisson, bref mamans et bonnes furent obligés de me faire quitter la procession.

Je suppose que ce ne fut qu'une coïncidence, mais ce fut la dernière Fête-Dieu où parut le petit bateau. Ce bateau fut rétabli une trentaine d'années après,.par le Recteur Morvan mais le roulis et les coups de sifflet furent supprimés.

Le bateau actuel n’est d’ailleurs qu'une simple barque, sans mats ni voilures au milieu duquel trône un magnifique Saint Pierre.


Précédent   - Suivant