La vie quotidienne à Roscoff - Histoire - Chro,iques publéees dans le Bulletin Paroissial de Roscoff

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Chroniques
d'histoires
publiées
dans le
Bulletin
Paroissial
de
Roscoff


de 1962
à   1977

n° 304 - 1976 - Octobre / Novembre / Décembre

- Les mémoires roscovites du Vicomte E. d'HERBAIS :
- Les feux de joie,
- Le gueler
- La quasimodo
- Les jeux
- La société régionale à la la fin du 19èmme siècle.
- Saint Ninien


NOTE DE LA REDACTION

Nous n'avons pu assurer cette année la régularité de la parution. Par bonheur Madame de Kerdrel est venue à notre secours en nous confiant les notes de son oncle, Eugène D’HERBAIS, dont la paraît dans la présenté livraison.

Nous n'avons pu non plus poursuivre durant ce temps nos recherches sur Roscoff. Mais nous voyons poindre le bout du travail entrepris sur le CATHOLICON. Aussi espérons-nous bien reprendre assez tôt dans l'année qui vient la publication de notre BULLETIN. Le document majeur de nos découvertes sur Roscoff et qu'illustrent déjà les derniers dessins de Jean-Claude Hélou, paraîtra dans le prochain numéro, janvier 1977, qui est distribué dans toutes les. familles. Que les lecteurs soient indulgents pour le chercheur-rédacteur.

Jean Feutren


TOULLEGUIN

Nous ne voudrions pas que les Roscovites si mortifiés de voir transformé en TOULLIGUIN le nom merveilleux de TOULLLEGUIN, le trou de la semence, s'en aillent se glorifiant trop vite de posséder et eux seuls ce bijou topographique.

Nous avons découvert depuis la publication du dernier numéro que Plouvorn possédait aussi un lieu dit du nom de TOULLEGUIN, bien orthographié. Il n'y en a pas d’autre dans le Finistère. Le petit- village n'est pas signalisé. Nous avons réussi à le trouver ; il est sur la pente d'un tout petit vallon, très humide et face au Sud. On y voit aujourd'hui une végétation florissante.


LES MEMOIRES ROSCOVITES DU VICOMTE E D'HERBAIS

 

LES FEUX DE JOIE

Les Feux de la Saint Jean particulièrement, existaient dans toute la France et le Roi lui-même tint à honneur de les allumer, mais je ne crois pas qu'ils fussent accompagnés d'un rituel aussi complet que celui que j'ai connu jadis à Roscoff où, d'ailleurs, le Feu de la Saint Pierre était au moins aussi en honneur que celui de la Saint Jean.

Saint Eloi, patron des chevaux avait aussi son feu de joie, mais l'on se contentait de brûler deux ou trois fagots. Les Feux de Saint Jean et de Saint Pierre revêtaient beaucoup de solennité.

Après le goûter de 4 heures, on attelait une charrette (chaque ferme du village à tour de rôle), laquelle était chargée de recueillir les fagots de lande ou de chêne destinés au feu de joie, puis vers 7 heures, tous les jeunes gens du quartier se réunissaient pour confectionner le feu ; l'honneur d’allumer le feu était réservé aux Jean ou aux Pierre de l'assistance. A défaut de Pierre ou de Jean, c'étaient les plus âgés qui s'en chargeaient. De gais propos s'échangeaient pendant la durée de la grande flamme. On profitait aussi de ce moment de loisir pour faire la distribution de bouquets de St Jean et St Pierre, sortes de plantes grasses dont j'ignore le nom scientifique (très différentes les unes des autres).

Dès que le feu s'était radouci, chacun promenait sa branche dans la flamme - pendant 2 ou 7 secondes - et s'en frottait les yeux (on attribuait aux bouquets de St Jean la vertu de guérir les maux d’yeux), puis rentré chez soi on piquait la dite branche dans une fissure du bois du lit-clos, sans l'ombre de terre pour l'alimenter.

Cette branche, chose extraordinaire, malgré sa petite promenade dans les flammes, continuait à prospérer parfois pendant plusieurs semaines. C'était un signe de bonheur ?: Mais lorsqu'elle s'affaissait, se desséchait promptement, alors c'était signe de malheur. D'aucuns allaient même jusqu'à dire que l'on mourrait dans l'année.

Lorsque le feu était réduit à l'état de braise, le plus âgé de l'assistance annonçait avec solennité la prière du soir. A Kerestat, pendant toute ma jeunesse, cet honneur était confié au vieux fermier Jacob, vrai patriarche, père de dix enfants. La prière du soir terminée, chacun faisait trois fois le tour du feu en récitant à voix basse 5 Pater et 5 Ave Maria, puis le même maître de cérémonie mettait les cendres aux enchères. La dernière enchère était généralement mise par moi et montait jusqu'à 5 francs, somme que je remettais au Recteur pour les besoins du culte.

On terminait par le balancement des enfants au-dessus du feu ce qui, disait-on, les faisait grandir. L'un les prenait par les épaules, l'autre par les pieds et le balançait ainsi neuf fois, en comptant en breton et à haute voix. Après le 9ème balancement qui se disait “Nao, tomma brao”, l'on tournait la partie la moins noble du patient du côté du feu et on le tenait ainsi jusqu'à ce qu'il criât grâces.

Cette, cérémonie tournait parfois au profane et il n'était pas rare de voir certains loustics s'emparer par surprise de jeunes filles et leur faire subir le même traitement qu'aux enfants. On attendait toujours: que le vieux patriarche Jacob se fut retiré, car il n'aurait pas manqué de fulminer.

Comme tout le reste, cet usage des feux de joie tend beaucoup à disparaître et dans les Côtes du Nord où j’habite actuellement, alors que dans la vallée, du LEFF une trentaine de feux s'allumaient à tour de rôle, on en compte. aujourd'hui à peine deux ou trois. Cependant la fête patronale est toujours précédée d'un grand feu de joie que l’on va allumer en procession.

 


LE GUELER ou AN KERC’HER - (L' encercleur )

Le GUELER, qui n'est autre qu'un feu follet, mais que les vieux prenaient pour une sorte d'être surnaturel, se montrait généralement en Avent. Cet esprit malfaisant avait pour spécialité de faire perdre sa route au voyageur attardé et se tenait particulièrement, comme tous les feux-follets, soit au-dessus de lavoirs et routoirs.,soit au bord de la mer. Il revêtait généralement la forme d’une boule de feu. Dans mon enfance, je me souviens d' en avoir vu plusieurs fois au-dessus de la baie près de Kerestat, sautillant parfois, presque sur place, parfois aussi faisant des bonds formidables d'un côté de la baie à l'autre.

Que de bonnes gens m'ont raconté avoir été “killed” (encerclés) et n'avoir pu retrouver le chemin qu'à l'aube, l'un d'eux affirmant-même avoir été rossé d'importance par le Gueler, un soir qu'il se rendait de Roscoff à Santec où il ne put arriver qu' à 7 heures du matin. après avoir erré toute la nuit sur les grèves.

Une vieille femme me conta aussi un jour qu'elle avait passé toute une nuit dans le bois de Kerestat sans pouvoir en sortir.

Tous ces récits fantastiques, Gueler, Korrigans, lavandières de nuit et autres, procuraient chez moi de singulières sensations de plaisir mêlées de crainte.


LA QUASIMODO

Un usage qui a maintenant complètement disparu et qui faisait la joie de tous les enfants de ma génération était celui qui consistait à casser les vieux pots le soir de la Quasimodo, usage très ancien.

Dès le matin, des enfants parcouraient les rues de Roscoff, frappant à toute les portes pour recueillir la vaisselle détériorée. Une vieille cruche simplement fêlée était la bonne aubaine.

Un long jeu s'ensuivait mené par les enfants, avec vaisselle cassée et gourdins. Le clou de la fête était les cruches cassées,


LES JEUX

Ils ne différaient guère de ceux d'aujourd’hui.

Le jeu de la boule était très en honneur il y a une cinquantaine d'années. Ma mère m'avait autorisé à installer une allée à Kerestat où le dimanche après Vêpres, (rares étaient les jeunes gens qui les manquaient à cette époque) toute la jeunesse de Kerestat et des villages environnants s’y donnait rendez-vous et ne la quittait qu'après le coucher du soleil. Personnellement j'étais un fanatique.

Un autre jeu très répandu était celui de la galoche, variété du jeu de palet des anciens, à la différence que les palets, au lieu de peser un gros poids, comme chez les grecs et les Romains, étaient de simples morceaux de fer pleins et arrondis d'environ 250 grammes.

Le bouleversement causé par la dernière guerre (Note de la rédaction - celle de 1914) a atteint tout ce qui a trait aux coutumes, costumes, jeux, vieux usages, etc.. Il en résulte un changement complet dans les moeurs et habitudes et le pittoresque aura bientôt complètement disparu de nos campagnes.

Les repas de noces se passent à l'auberge du village le plus proche. Les danses au biniou agonisent remplacées par une sorte d'orchestre que l'on appelle jazz, nom qui lui vient d'une danse américaine appelée jazz-band. C'est un métier fort ,lucratif que de faire partie d'un jazz. Ces messieurs se font payer 300 à 400 francs pour un mariage. Le besoin de confort se fait partout sentir.

Plus de ces jolies huttes de sabotier dans les bois comme jadis. Le four de campagne est abandonné. Adieu donc les bons gâteaux "beurrus" indispensables de chaque fournée et dont chacun se délectait. Adieu les bonnes tripes de jadis cuites au four de campagne!

Les innombrables moulins à eau qui ajoutaient tant de pittoresque à nos rivières, ne seront bientôt plus qu'à l'état de souvenir. De gigantesques minoteries s’érigent-un peu partout et tuent la petite meunerie qui ne vit plus que de la mouture de l'orge et du sarrasin, dont la farine sert à engraisser les porcs,et la volaille.

La traction automobile est pour beaucoup dans toutes ces disparitions. Les marchés et les foires n'existeront bientôt plus. Pourquoi le cultivateur se dérangerait-il puisqu'on lui prend tout et qu'on lui apporte tout à domicile ? Beurre, œufs, porcs, volailles sont enlevés par les innombrables camions qui sillonnent le pays et forceront l'élargissement complet de toutes nos petites routes, devenues très dangereuses.


LA SOCIETE REGIONALE A LA FIN DU 19ème SIECLE

Lorsque je me reporte à cinquante ans en arrière, il me semble qu'il s'agit d'une autre personne, tant les moeurs actuelles sont différentes de celles de cette époque.

Mes souvenirs les plus lointains remontent à la guerre de 1870. Je vois mon père partant pour le camp de Conlie où il venait d'être nommé capitaine de mobiles, quoique son âge le dispensât de tout service militaire. Je vois encore ma mère lui confectionnant des colis de victuailles dont il ne vit d'ailleurs jamais la couleur, avoua-t-il à son retour. Le camp de Conlie était une véritable pétaudière où nulle discipline n'existait et où le vol régnait en grand. Aussi fut-il dissous au bout de quelques mois. Je vois aussi notre cocher, Ollivier, partant pour le front dont il ne revint pas.

Mes parents fréquentaient beaucoup l'aristocratie de St Pol de Léon fort nombreuse à ce moment-là. Dans la rue des Minimes, qu'on avait surnommé le Faubourg St Germain, se trouvaient la plupart des hôtels de famille : Hôtel de la Marquise de Lescoët, hôtels du Rumain, du Laz, Kermadec, Rodellec, Coatgoureden, Lanlay, Parcevaur, du Baudiez, Courcy.du Penhoat. Eparpillés ici et là, les hôtels Kervenoaël, Kertanguy, Kerampuil, la Boëssiére.

On y potinait ferme, comme dans toutes les petites villes.

Inutile de dire que toutes ces personnes étaient royalistes jusqu'au bout des ongles et ne vivaient

que dans l'espoir du retour du Comte de Chambord.

Comte de Chambord

En 1873, cet espoir fut sur le point de se réaliser. Cela est si vrai que le Prince qui devait rentrer en France par la Belgique était attendu à Ingelmunster (à la frontière Flandres occidentales) chez la Comtesse de Montblanc où on lui avait préparé tout un appartement dans le château.

Ce fut une question de drapeau qui fit échouer ce projet, les intransigeants, dont la Comtesse de Chambord, ayant déclaré que son mari,ne pouvait rentrer qu'avec le drapeau blanc.

L'aristocratie St Politaine voulut aussi dire son mot.sur cette question épineuse. On tint conseil chez Mademoiselle de Rodellec du Porzic dont on avait surnommé l’Hôtel la Maison Royale. La presque unanimité de ces dames décréta qu'il ne pouvait être question du drapeau tricolore. Ma mère seule osa élever la voix pour dire qu'on pourrait peut-être renoncer au drapeau blanc plutôt que de voir échouer cette tentative de Restauration et que d'ailleurs puisqu'on avait combattu sous.le drapeau tricolore en Crimée et en 1870, ce drapeau pourrait à la rigueur être accepté.

Ma pauvre Mère faillit se faire écharper....


SAINT NINIEN

Roscoff - Chapelle St Ninien

Nous avons déjà signalé l'évolution du nom de la vieille chapelle roscovite, appelée communément, mais de façon erronée CHAPELLE DE MARIE STUART. Au début du 16e siècle on disait Saint STRIGNON. Par d'étranges glissements on en viendra à dire SAINTE UNION. Avec Saint Ninien ce sont les deux dénominations encore connues.

Dans un numéro tout récent de la revue CLUNY - MISSION nous trouvons quelques indications sur le saint écossais NINIAN et son culte. Le rapprochement avec Marie Stuart frappera plus d'un. Nous croyons devoir dire d'abord notre sentiment : saint NINIAN n'est pas probablement notre saint de départ, STRIGNON, TRIGNON ou DREIGNON.

NINIAN, Écossais d'origine, a fréquenté Rome. De retour dans son pays natal il établit son quartier général à Whithorn, au sud-Ouest des Basses Terres. Il va évangéliser les tribus autochtones : Scots venus d'Irlande, Pictes et Bretons. En l'an 397, il est évêque de GALLOWAY.

L'Irlande a un pèlerinage célèbre : le PURGATOIRE de SAINT PATRICK, à Lough Derg (Ulster) : la pénitence des pèlerins y atteint les limites de l'endurance humaine. L'Ecosse a aussi le sien, qui rappelle le souvenir de SAINT NINIAN.

On ne peut imaginer le catholicisme écossais sans le culte de ce saint au Ve siècle, qui a marqué l'histoire religieuse du pays. Quand Ninian mourut en 432, il fut enterré, dans une petite chapelle qu'il avait construite sur une colline près de WHITHORN. Sur.sa tombe les chrétiens venaient apprendre “la science des saints”. Une tradition associe à la vénération de la tombe une grotte où le saint aurait prié et fait pénitence, pour obtenir la bénédiction de Dieu sur son apostolat missionnaire chez les Britons.

Des fouilles effectuées en 1884 et 1950 ont permis de reconstituer l'origine du pèlerinage qui remonte au 8e siècle. La découverte de pierres tombales révèle que, quelque 20 ans après la mort Ninian, des chrétiens sont morts pour leur Foi dans ce lieu.

Au 12e siècle, la chrétienté de Galloway a grandi. Des chanoines Prémontrés viennent construire un Monastère à WHITHORN et les reliques de St Ninian sont le trésor du Prieuré. A l'ouverture du pèlerinage annuel, le mardi de Pentecôte, la châsse est portée en procession par de hauts dignitaires qui se transmettent ce privilège de père en fils. Un exercice pénitentiel connu sous le nom de “jeûne de St Ninian” était encore répandu en Ecosse au 17e siècle. Rois et Reines aussi bien que gens du peuple font à pied le pèlerinage dont la renommée s'étend au-delà des frontières. Le fameux théologien écossais, John Major, qui enseignait à l’Université de Paris, au 10e siècle, citait à ses étudiants comme exemples de dévotion nationale - le pèlerinage de St Jacques de Compostelle et celui de St Ninian en Ecosse.

Le roi Jacques IV (1488 - 1513) était très fidèle à se rendre à Whithorn. Mais quand sa petite-fille Marie STUART y vint à son tour, en 1563, la gloire du sanctuaire avait disparu : prieuré dépouillé de ses trésors et reliques du Saint dispersées. Seul un reliquaire avait échappé au pillage. Un jésuite anglais l'avait confié au Collège écossais de Douai. Mais à la Révolution française cette relique disparut à son tour.

Que reste-t-il du culte de St Ninian aujourd'hui ? L'église du Prieuré est tombée en ruines. Quelques Prémontrés essayèrent de la faire revivre en 1892. L'expérience ne réussit pas. Ils repartirent en 1896. Quand le Catholicisme eut de nouveau droit de cité en Ecosse, une église fut construite à Whithorn. Elle a été remplacée, en 1960, par un vaste édifice qui est devenu un haut-lieu spirituel pour les fidèles du diocèse de Galloway. Les pèlerinages y prennent chaque année de plus en plus d’importance. C'est un retour aux sources du Christianisme écossais..

S. NINIEN ou NINYAS Apôtre Des Pictes Méridionaux. L'an 432.

Saint Ninien eut pour père un prince des Bretons Cumbriens qui habitaient les comtés de Cumberland et de Galloway. Il parut dès son enfance uniquement né pour la vertu. Rien ne lui semblait difficile, lorsqu'il sagissait de se perfectionner dans l'amour de Dieu. Afin de s'affranchir de tous les embarras du monde qui auraient pu le distraire, il quitta sa patrie pour faire un voyage à Rome. Il passa plusieurs années dans cette ville, et s'y appliqua tout à la fois à l'étude et à la pratique de la religion. Ses progrè furent très-rapides dans l'une et dans l'autre. Se sentant de plus en plus animé de zèle pour la gloire de Dieu, il résolut de retourner dans son pays, où l'on n'avait encore qu'une connaissance bien imparfaite du christianisme. Il paraît qu'il fut sacré évêque à Rome , avant son départ de cette ville

Arrivé dans sa patrie, il acheva d'instruire ceux qui avaient déjà quelque teinture des vérités de l'Evangile. Il retira de l'idolâtrie ceux qui y étaient plongés, adoucit la férocité de Tudoval, Roi des Pietes, et bâtit une église de pierre dans le pays connu aujourd'hui sous le nom de Galloway. Jusque-là les Bretons septentrionaux n'avaient point vu d'édifices de pierre ; et ils appelèrent la ville où était celui dont nous parlons , candida casa ; c'est-à-dire, maison blanche. On la nomme présentement White- hern. Le Saint y fixa son siége épiscopal, et dédia l'église sous l'invocation de saint Martin. On croit qu'il avait visité le tombeau de ce Saint dans le cours de ses voyages. Il porta la lumière de la foi dans le pays des Cumbriens , dans toutes les provinces habitées par les Pietes méridionaux , jusqu'au mont Grampus. L'église de Whitehern devint une école de Saints et d'hommes apostoliques. Saint Ninien mourut le 16 Septembre 432. Il s'opéra un grand nombre de miracles par son intercession. Ses reliques se sont gardées à Whitehern , jusqu'à la prétendue réforme. Il y a un bras de saint Ninien dans l'église qui appartenait aux Jésuites à Douai.


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