La vie quotidienne à Roscoff - Rallye de vieux tracteurs 1999
Association
Garage
du Vieux Tracteur
Roscoff

 

Menu

logo-vieux-tracteurs.jpg (27023 octets)

Contacts :

  • Guy LE DUC - 02 98 29 96 04
  • Jean-Luc GOARANT - 02 98 29 51 45
  • Yvon JACQ - 02 98 29 91 01 ( le soir )
  • Contact - Bruno MORVAN - 02 98 61 13 24

Musée - Garage du Vieux tracteur

  • dans le jardin de la Maison de Retraite St Nicolas - 31 rue Brizeux à Roscoff

Internet et le monde des tracteurs

Téléthon 2001 - Rallye de Rennes à Roscoff, les 7 et 8 décembre

Rallye 2002
de tracteurs anciens

dans le Léon,

le samedi 22 juin et le dimanche 23 juin 2002

Parcours :

Samedi 22 juin 2002 :

  • 09 h 30 - Départ de Plouénan

  • 10 h 45 - Etape à Sainte Séve - 30 mn

  • 11 h 15 - Départ vers "Le Fumé"

  • 12 h 15 - Etape repas au Fumé

  • 13 h 15 - Départ vers Plougonven

  • 14 h 00 - Arrivée à Plougonven
    Manifestation diverses toute l'après-midi

Dimanche 23 juin 2002 :

  • 09 h 00 - Départ vers Plouigneau

  • 10 h 00 - Etape à Plouigneau d'une heure

  • 11 h 00 - Départ vers Morlaix

  • 12 h 00 - Etape repas à Morlaix

  • 13 h 00 - Départ vers Taulé, Penzé, Plouénan,
    arrivée du Rallye à Plougoulm

Cliquez pour avoir l'affiche complète, avec le parcours du rallye
Cliquer pour avoir l'affiche en grand format
voir itinéraire sur la carte

Rallye « Tad Koz » : Bruno et les vieux tracteurs

Tous les collectionneurs de véhicules anciens connaissent les grands musées où sont regroupés les modèles les plus rares, les plus beaux, et aussi les plus chers de notre patrimoine automobile. Il y a Mulhouse, Le Mans, et bien d’autres tout aussi prestigieux. Plus près de chez nous, nous avons aussi Lohéac… Mais savez vous que tout à fait à  notre porte, à   Roscoff, il existe aussi un tout petit musée? Un musée très modeste, où vous ne verrez pas de modèles prestigieux.  Pas de Bugatti, ni de Rolls… pas même de voitures, ce sont tout simplement des vieux tracteurs!

La passion et l’amour des autres

Bruno Morvan, responsable de la section « Utilitaires » de « Calandre et Torpédo », (on le rencontre lors de nos sorties avec son camion rouge « Goélette  Renault »  à ridelles en bois), est cuisinier de son état. C’est lui qui préside aux fourneaux de la maison de Retraite St Nicolas de Roscoff.

Il vit donc au milieu des personnes âgées qu’il aime bien. Il sait aussi que la plupart des pensionnaires viennent de la campagne, et que souvent ceux-ci se trouvent déracinées et quelque peu désorientées lorsqu’ils   doivent venir vivre dans un cadre communautaire et urbain. Sensible à ce problème, notre ami Bruno, qui, il faut bien le dire, est un animateur-né, et un passionné de vieilles choses,  s’efforce de leur offrir quelques repères: un thé dansant par ci, une kermesse par là, ou encore un concert...  Mais d’autres idées lui trottent dans la tête: pourquoi ne pas aménager dans la partie ancienne de la maison de retraite, un espace plus personnalisé qui puisse rappeler « le bon temps d’autrefois ». Avec l’autorisation « complice »  de son directeur, Pierre Cuzon, et quelques sous, il crée d’abord un « coin épicerie »  de village, puis un café-bar à l’ancienne qui a bien fière allure, avec son comptoir , ses affiches de bistrot, ses petites tables carrées… Ca donne envie d’y traîner un peu! On ne peut pas y commander de boissons alcoolisées, bien sûr, sauf parfois le dimanche, et les jours de fête. Mais les pensionnaires aiment à s’y retrouver pour bavarder, ou pour y jouer une partie de dominos ou de cartes. Ce lieu, qui offre par ailleurs une ouverture sur le monde extérieur, les visiteurs aiment s’y attarder, permet de redonner quelques repères à des anciens qui ont vécu dans cette ambiance. « Ils trouvent là une qualité de vie, nous dit Bruno, et une chaleur humaine ».

Le Garage des Vieux Tracteurs

Dans le fond du jardin de la maison de retraite, se trouvait une dépôt d ’ordures... Avec l’ardeur qu’on lui connaît, Bruno a su mobiliser les énergies pour y construire un hangar qui arbore fièrement sur sa façade l’enseigne « Garage des Vieux Tracteurs ». Avec quelques pensionnaires passionnés de machines, il y a rassemblé un quinzaine de vieux tracteurs, qui sont progressivement remis en état de marche. Une association est née, qui compte maintenant une quarantaine de membres, dont 7 pensionnaires de la maison. « Le garage, c’est leur affaire, explique Bruno. Ils sont 4 à s’en occuper tous les jours: ménage, propreté, entretien et réparations, et bien sûr accueil des visiteurs. Ils veillent à tout ».

Le « Tad Koz » , un  événement unique en France

Nous connaissons tous le « Mam Goz ». Savez vous que le « Tad Koz »  a été créé à Roscoff? Hé oui, c’était bien d’avoir ces tracteurs anciens dans le garage. Mais il fallait les faire rouler, et aussi les montrer! Alors ils ont créé un rallye… Roscoff-Lanmeur, pour la première édition, il y a deux ans. Un succès. Alors pourquoi s’arrêter? L’an dernier,   le 18 Juin, ils ont mis en place le 1er « Rassemblement National de vieux Tracteurs ». 150 engins fumants et pétaradants, retraçant l’histoire du machinisme agricole de la première moitié du 20ème siècle, sont venus d’un peu partout, attirant une foule considérable de visiteurs.

Cette année, durant le week-end du 16 et 17 Juin,  la 2ème édition du « Tad Koz », qui demeure, selon les organisateurs, un événement unique en France, a mené les vieux tracteurs sur les routes du Haut Léon. Précédé par deux voitures de « Calandre et Torpédo », (la NN Renault de Christian Guivarch, dotée d’un girophare, et la 2CV de Bernard Le Mer),  le long cortège des 45 tracteurs s’est élancé, le samedi matin, du Croissant de Plougoulm, pour arriver, après un périple de 86 Km, à Roscoff le Dimanche soir.

A 15 Km/h de moyenne, dans les décibels des échappements, dans les fumées de gas-oil, d’essence ou encore de pétrole, ils avaient bien fière allure, ces pilotes chevauchant leurs Massey Ferguson, Lanz, Farmall, Hanomag, Simca, et autres Fordson et Someca. Le doyen du « tour » était un Fordson de 1926, qui a malheureusement coulé une bielle au départ. Comment décrire l’ambiance parmi les participants? Sans être péjoratif on peut la qualifier de rustique, agricole, et pour tout dire, plutôt spartiate. Point de restaurant raffiné, des casse-croûtes par-ci, une barquette de frites par-là… et point d’hôtel à l’étape, avec un lit,  mais un couchage à la dure sous un chapiteau qui lui aussi devait avoir l’âge des tracteurs. Bref tout un esprit, détendu et convivial, que les participants ont apprécié. Inutile de préciser que le concert des « Glochos » le samedi soir était bien dans le ton!

Tractant des outils de labour, ou encore des chars, des remorques ou des roulottes, ils ont reçu un accueil des plus chaleureux dans les villes traversées, et les commentaires attendris des anciens allaient bon train.

Pour conclure cet article, le « Compteur » tient à vous livrer une réflexion , écrite par un ancien agriculteur de Roscoff, Mr Jean Louis Lallouet, en Juin 1997.

Le tracteur s’est imposé: 1947-1997

« Le labour, la longue et merveilleuse civilisation du cheval s'est estompée, non sans heurts ni nostalgie.

Avec le tracteur, l'homme a multiplié en moins de 50 ans sa productivité par dix sinon par vingt.

Avec les chevaux, labourer un hectare c'était 20 heures de marche à pied en sabots de bois, derrière une charrue, avec le pénible retournement de l'outil à chaque bout de sillon. Cela  représentait 30 à 40 kilomètres de marche.

Aujourd'hui, avec le tracteur moyen, un hectare se laboure en 3 heures, sans quitter son siège. Avec la prise de force, tout se broye sur place après l'enlèvement de la partie commercialisée, souches et tiges d’artichauts, trognons et restes de choux-fleurs, travaux auparavant particulièrement ingrats et pénibles.

Avec le rotovator, tout se défriche sans aucun outil manuel.

Avec la charrette, c'était transporter en pays vallonné 750 kilos par cheval à 5 km à 1'heure que nos anciens ont fait vers toutes les villes de l'Ouest avec leurs légumes.

Aujourd'hui, le tracteur c'est transporter en moyenne 8.000 kgs à 30 km à l'heure assis en cabine, à l'abri.

Avant le tracteur, tous les produits de la ferme et du magasin se soulevaient à bout de bras en 50 kgs et jusqu'à 100 kgs. Aujourd'hui, il suffit de presser un bouton ou de tirer une manette.

C'était aussi croc et fourche pour le fumier, le goémon, les gerbes de foin... Aujourd'hui, la même manette suffit.

Avec le tracteur et ses phares, la nuit n'arrête plus un chantier.

Avec le cheval, le plein d'énergie se fait 3 fois 1 heure par jour, avec des nourritures à produire sur la ferme.

Mais n'y avons nous pas laissé petit à petit un art de vivre ? plus de travaux en commun... des gens toujours pressés qui n'ont plus le temps de vivre... plus de veillées…  de moins en moins de voisins…

Avec les investissements en moyens coûteux, des coûts de production moins compressibles, et la puissance bancaire omniprésente et omnipotente…

On n'arrête pas le progrès mais comment ne pas perdre l'humain et la convivialité ».

Menu

 

Mise à jour : 02 nov. 2005