La vie quotidienne à Roscoff - Chapelle Sainte Barbe
Chapelle Sainte Barbe à Roscoff

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La chapelle

Le Pardon

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Roscoff,
perle du Léon
Chapelle Ste Barbe

Photos
du Pardon
de la Ste Barbe 2006
par Fanch Moal

Diaporama

Edifiée en 1619 pour "conserver par l'intercession de sainte Barbe le peuple du Minihy du Léon  et celui de toute la chrétienté des invasions des pirates et d'autres ennemis de l'église"  ( Nouveau Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Quimper et du Léon ).

Dédiée à la patronne de Roscoff, invoquée dans le passé contre la mort subite et les accidents, le trépas sans confession et sans communion, particulièrement redoutés par les croyants.

Sainte-Barbe n'est pas bretonne ni même française. Elle est hollandaise.

Le culte de la martyre Ste Barbe naît en Orient, vers l'an 200 / 300. Il gagne l'Italie, s'étend en Russie et en Finlande, atteint l'Allemagne et les Pays-Bas. En France, la sainte est connu depuis le 12ème siècle. Les marins, qui entretenaient de grands rapports commerciaux avec les Pays-Bas, ont ramené en terre roscovite le culte de la sainte.

Son clocher provient de la chapelle Saint-Sébastien  ( édifiée vers 1500 - La chapelle a été construite en même temps qu'un lazaret et un cimetière à proximité à l'est de la vile ( port en eau profonde actuel ). Les victimes de la peste ne pouvait prétendre à une sépulture dans les règles chrétiennes et furent enterrés dans le cimetière de la chapelle Saint-Sébastien. )

Le jour de leur départ pour l'Angleterre, les Johnnies au "Pardoun Santez Barba" saluaient la chapelle, hissaient le pavillon et entonnaient l'hymne roscovite:  "Rosko, sko mibin, sko kaled, sko atao".

Les murs blancs de la chapelle servent d'amer aux bateaux.

Peinture de Kerga, le port et Ste Barbe Peinture de Kerga : le port et Ste Barbe

Le pardon de Sainte Barbe - Pardoun Santez Barba

Précédé d'une neuvaine de prières, le pardon de Sainte Barbe, où les roscovites viennent honorer leur seconde patronne, se déroule le 3ème lundi de juillet.

Samedi.

Des bénévoles nettoient et décorent la chapelle et ses abords. quelques restaurateurs et débitants de boissons procèdent au montage des tentes sous lesquelles les participants pourront se substanter et étancher leur soif. En bordure de grève, des forains s'installent.

Dimanche.

L’après-midi, le clergé se rend au pied de la chapelle pour y chanter les vêpres en plein air. Après un sermon en français, les fidèles, Roscovites et habitants des communes voisines, font cercle autour d'un bûcher édifié au pied du tertre. Un feu de joie, "le Tantad " fait suite à la cérémonie religieuse. La foule se disperse lentement, empruntant la route qui longe la mer, et se retrouve dans le tintamarre de la fête profane où manèges, camelots et buvettes l'attendent,

Lundi, jour du pardon.

Le matin, les messes sont célébrées en plein air. quatorze heures, grand moment de la journée, la procession quitte l'église. A sa tête, dans sa tenue d'apparat, coiffé de son bicorne, hallebarde sur l'épaule, marche le bedeau, suivi de la croix paroissiale.

Bannière de Notre Dame de Croas Batz, de Saint Nicolas... statue de Sainte Barbe sortie de son autel et revêtue de son manteau, statue de Saint Pierre debout dans un bateau, portées sur des brancards par des cultivateurs et des pêcheurs, avançant d'un pas lent dans une attitude recueillie.

Des petites filles en costume traditionnel et leurs enseignantes, des sueurs du Saint Esprit, entourent la statue de Sainte Barbe que suivent les prêtres en soutane noire et chasuble blanche. Les porteurs de bannières et de statues ont fière allure dans la tenue qu'ils portent depuis la fin du 19ème siècle sous l'impulsion du barde Eugène d'Herbais : pantalon blanc serré aux cuisses mais évasé vers le bas sur la chaussure, chemise blanche à col rabattu et nœud de cravate noir, gilet bleu à manches sur un gilet noir sans manches, turban bleu en guise de ceinture.

D'autres porteurs ont revêtu le costume de cérémonie, le costume de " pardon " pantalon noir rayé en longueur tombant très bas et recouvrant la chaussure d'un pli cassé, chemise blanche et nœud de cravate, gilet noir avec manches à deux rangées de cinq boutons qui ne se ferme pas, laissant apercevoir le turban et un autre gilet noir sans manches à deux rangées de six boutons, orné d'une chaîne de montre.

Porter la bannière est un honneur qui ne peut être accordé qu'à un athlète accompli. Il faut la tenir verticale malgré le vent, aidé par des collègues qui en tiennent les cordons ; de la redresser après l'avoir inclinée pour saluer une autre bannière ou pour franchir le porche de l'église.

Des femmes, beaucoup de femmes, en tenue sombre, drapées dans un châle noir, portant la coiffe blanche du pays, quelques-unes en costume plus clair avec tablier et châle brodés, amenant une note colorée, entonnent le cantique :

" Santez Barba E Rosko " repris par tous les fidèles

Ni ho salud gant levenez,

Ni ho salut hor patronez.

C'houi ro d'eomp ho relegou,

Ni ro d'eoc'h hor c'halounou.

Meulomp leun à joa.

Meulomp Santez Barba.

La procession, selon un parcours immuable, s'étire sur plus de cinq cents mètres le long des rues pavoisées et fleuries et rejoint la chapelle. Devant une multitude de fidèles, le clergé célèbre les vêpres suivies d'un sermon en breton.

Dans la foule, imprégnés d'une ferveur grave, de nombreux " Johnnies " assistent à la cérémonie. Dès le lendemain, ils commenceront les préparatifs de leur départ pour l'Angleterre. La procession se forme à nouveau et se dirige vers l'église où un salut du Saint-Sacrement clôture la journée.

Extrait de " Lieu de culte et de sépulture " de G. Hisette – Art et Culture - 1997

Pardoun -  le pardon de Ste Barbe

Dans l'album de photo, une   page présente  le Pardon de Ste Barbe à Roscoff, le 21 juillet 2002


Le Télégramme du 24 mai 2009

Patrimoine Sainte Barbe, vigie de l'histoire Locale

Perchée sur le promontoire qui domine le chenal de quelque 25 m, la chapelle Sainte-Barbe est l'un des sites de Roscoff les plus fréquentés l'été.

L'édifice n'ouvrait que rarement ses portes jusque ces dernières années, si ce n'était pour le pardon annuel. Les visiteurs, attirés par le panorama qui embrasse, à la fois, l'entrée de la baie de Morlaix, le port de Bloscon, le chenal, l'île de Batz, le vieux port et toute la ville, ne consacraient qu'une attention distraite à l'intérieur de la chapelle.

Un rôle de protection Nicole Moysan, animatrice bénévole, s'est attachée depuis quelques années, à réunir une précieuse documentation, qui lui permet désormais de mettre en lumière cette construction. En puisant dans les notes de l'abbé Feutren, ancien recteur de la paroisse, les travaux de l'abbé Castel, et l'ouvrage de Gilbert Risette, Nicole Moysan a minutieusement étudié l'histoire de cette chapelle dédiée à sainte Barbe, protectrice de tous ceux qui se trouvent exposés au danger.

Une datation assez précise de l'édification a pu être établie (autour de 1619), et de nombreux détails architecturaux l'attestent: Peu de choses ont changé, même si des ouvertures ont été obturées, et qu'un retable du XVllle siècle a été dressé au-dessus de l'autel de granit.

Une importance capitale dans la vie locale

En accompagnant les visiteurs dans leur découverte des lieux, Nicole Moysan révèle aussi l'importance de la chapelle dans la vie locale tout au long des siècles : un amer précieux pour les marins, une protectrice des récoltes pour les agriculteurs, une patronne vénérée des johnnies, et un point stratégique aménagé pendant la Seconde Guerre mondiale sur les pointillés du Mur de l'atlantique.

La visite pourrait encore se prolonger lorsque Nicole Moysan révèle les plans en coupe de deux projets datés de 1895 et 1902 qui auraient totalement transformé le site. Le chanoine Abgrall avait imaginé reconstruire la chapelle en lui donnant les allures d'une basilique. Finalement, sainte Barbe l'a protégée de bien des dangers.

Rémy Sanquer


Eglise de Croaz Batz - Chapelle St Nicolas - Autres chapelles

Dernière modification : 26 mai 2009