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Progrès-Courrier - Samedi 03 avril 1999
«Les viviers de
Roscoff»
reçoivent le Trophée de l'économie
Une reprise
réussie
Le Trophée «Espoir de l'Economie» attribuée à l'entreprise de mareyage a été décerné par l'ACFCI (Assemblée des Chambres françaises de Commerce et d'Industrie) et l'AFB (Association Française des Banques) dans le cadre de l'opération «Entreprendre en France». La reconnaissance salue un parcours de reprise d'entreprise particulièrement réussi. Rappel de l'histoire...
La première installation de mareyage sur le site remonte à un siècle. Les dirigeants successifs de cet outil, notamment depuis 1992, avaient sans doute sous-estimé l'impact de la législation sur les mises aux normes sanitaires... jusqu'en 1994 où la prise de conscience des investissements à réaliser désormais dans l'urgence suscite la décision du PDG d'aller s'installer plus loin à Plougasnou. Les salariés, très attachés à leur outil de travail, peu convaincus de l'intérêt du transfert d'activité et persuadés de la viabilité économique de leur entreprise, résistent, se mettent en grève et, en parallèle, lancent leur propre étude.
Les conclusions de ce travail les confortent totalement. Ils décident de racheter l'entreprise. Les clients leur font confiance. De nombreuses personnes les encouragent localement et les épaulent. Ils réunissent les 210.000 F nécessaires et créent les «Viviers de Roscoff» le 27 juillet 1995. Depuis, les événements leur ont à leur tour donné raison : beaucoup de travail, beaucoup de pragmatisme et de rigueur ont permis à l'entreprise de retrouver le bon cap et la santé économique.
Crustacés
et poissons
La société commercialise en gros et au détail des crustacés (tourteaux, araignées,
homards, langoustes...), 55 % du volume ; des coquillages (bigorneaux, clams, amandes,
palourdes, huîtres...), 20 % du volume ; des poissons, 25 % du volume. La qualité de
l'eau, classée en zone A par la Direction des Affaires Maritimes, est exceptionnelle en
raison notamment de sa richesse en plancton et en éléments nutritifs. La situation du
site, à proximité du port de Bloscon, assure la diversité des approvisionnements.
L'ensemble des installations de l'entreprise couvre un hectare et demi. Les bâtiments,
desservis par une ruelle centrale, donnent à l'ensemble la configuration d'un hameau de
pêcheurs. Cette originalité confère à l'ensemble un cachet qui attire chaque année de
très nombreux visiteurs, dans le cadre d'un programme de tourisme technique.
A
l'export
Les produits sont livrés frais. Un atelier permet de travailler le poisson en entier, en
filets ou en darnes, selon les commandes. Les modalités de calibrage, très précis,
permettent de satisfaire les demandes les plus spécifiques. La clientèle est
diversifiée : elle se répartit, par ordre d'importance décroissante, entre les GMS, les
grossistes, les poissonniers, la restauration et les collectivités. Depuis deux ans,
l'entreprise s'est engagée sur le développement à l'exportation. La part des ventes
réalisées à l'international atteint aujourd'hui 8 %. Ces marchés se développent,
surtout en Europe.
17
MF de mises aux normes
Depuis sa création, a rappelé en substance Mme Calvez, l'entreprise a engagé un
programme régulier d'investissements. Prioritairement, la mise aux normes des ateliers et
des viviers a été engagée (1,7 MF). L'atelier de travail des poissons a été réalisé
en 1997. Un programme spécial (0,3 MF) a été réalisé par l'atelier de coquillages.
Les prochains projets concernent la rénovation de l'extérieur des bâtiments et des
bureaux. Les installations - qui remontent pour la plupart à la création du site -
n'avaient guère fait l'objet précédemment de soins particuliers : les coassociés
actuels ont adopté le principe de réinvestir une grande partie des bénéfices, d'année
en année, pour rattraper le retard.
Une
gestion sociale particulière
Sur le plan de l'activité, la volonté est de poursuivre une offre de qualité où les
valeurs du travail artisanal seront préservées, même s'il se déroule dans le respect
des normes actuelles exigées dans la profession. Le même outil permet de servir les
restaurateurs locaux et les acheteurs de la grande distribution. Sur le plan de la gestion
locale, l'histoire particulière de la naissance de cette entreprise a imprimé sa marque.
Certes, il existe un véritable dirigeant, désigné parmi les 20 cofondateurs, et chacun
lui est lié dans les rapports usuels de subordination, mais chacun se sent pleinement
responsable. Les pratiques managériales sont fondées sur la concertation, les résultats
et choix financiers sont exposés au personnel et un contrat d'intéressement a été
adopté. Les premières discussions visant le passage aux 35 heures ont été entamées.
P.A.